Vieux pot

30 décembre 2007

Il y a quelques jours, un garçon de tout juste deux ans de moins que moi m’a dit que j’étais une « vieille », avant de se rattraper en disant « mais c’est dans les vieux pots… »

C’est officiel, je suis un vieux pot.

Blague à part, je les attire les vieux pots. Notons à quel point c’est rassurant de constater qu’on est toujours le vieux pot de quelqu’un. Toujours est-il que je me fais systématiquement draguer par des mecs plus âgés que moi : un collègue de ma mère de 35 piges quand j’en avais même pas 17, un trentenaire par ci, un trentenaire par là.

Quand j’avais 20 ans je les surnommais les « tout-utilisés », par opposition aux « tout-neufs ». Maintenant j’évite : j’ai des potes qui se rapprochent de la trentaine, ils risqueraient de le prendre personnellement.

Mais si je sors, je peux être sûre qu’il y en a un qui va me tomber dessus, et ils sont fatalement de plus en plus vieux.

Pas plus tard qu’hier soir, un mec vient engager la conversation au bar d’une boîte de nuit. Grand, les tempes grisonnantes, assez classe : un vieux beau. Je papote, je suis polie.

« Mais dis moi, tu as quel âge ?
- 42 ans.
- Mais attends, tu sais quel âge j’ai moi ?
- Hum vu ton niveau d’études, je dirais que tu as pas plus de 23 ans.
- Ouais 22 ans. Mais tu as 42 ans et tu dragues des minettes en boite, t’es pas marié ? tu n’as pas d’enfants ?
- Je ne suis plus marié, et je n’ai pas d’enfants. (…) C’est marrant tu pourrais être ma fille. »

On continue de papoter tranquillement, quand question fatidique : « Marion, je peux prendre ton numéro ? »

Il y en a vraiment que rien n’arrête.

Fosse aux lions

26 décembre 2007

Mister N, l’ami du mot juste:

« Je pense que nous sommes jetés, dès que nous avons à faire aux relations, dans une fosse aux lions à laquelle nous ne sommes absolument pas préparés, et que chacun se démerde pour y survivre comme il peut en se berçant parfois de douces illusions. »

Trop Geek pour toi

20 décembre 2007

Un geek est un stéréotype décrivant une personne passionnée, voire obsédée, par un domaine précis, généralement l’informatique. Le type même du geek a un profil scientifique et est féru de superhéros et de science-fiction. (Wikipédia)

Halte là ! Cette définition commence à dater furieusement. Je suis moi-même une espèce de Geek, et pourtant je n’ai pas un profil scientifique, et je suis encore moins férue de SF.

Il y a en fait plusieurs sortes de Geeks. Pour simplifier à l’extrême ce qui n’est pas simplifiable, disons qu’il y a le Geek-code, et le Geek-usages.

Le Geek-code, c’est le développeur, le codeur, l’administrateur réseau. Il est bilingue PHP ; MySql lui obéit et il a passé ses années d’adolescence sur IRC. Evidemment il bidouille sous Linux, et crée des Userbars contre Microsoft et Windows Vista avec the Gimp. Un intégriste du code propre, un puriste en somme.

Puis il y a le Geek-usages, plus complexe, une catégorie moins fermée, accessible à quiconque est un tant soit peu curieux et considère que Google est son ami. Ces geeks là considèrent que toute question de la vie quotidienne peut trouver une réponse technologique ou numérique. Inutile de préciser que je considère que j’en suis.

J’aime bien faire des photos. Mais pas au point de me trimballer un superbe Reflex numérique comme mes copains qui font de vraies photos. Moi j’ai un compact, un bijou de technologie qui se glisse dans n’importe quel sac et que je suis toujours prête à dégainer quand s’il s’agit d’immortaliser un moment culte. En plus, il est assorti à mes bottes. D’ailleurs, les lendemains de soirée, j’ai deux réflexes : allumer l’appareil et voir quels trésors la carte mémoire contient ; se connecter sur FaceBook, pour vérifier si des photos ont pas été mises en ligne par mes Friends, tenter de reconstituer le tout, voire même de commenter quand la situation est vraiment trop obscure.

Inutile de préciser que mon premier réflexe le matin est d’allumer l’ordinateur, on sait jamais, quelqu’un aurait pu m’envoyer un mail, une Facebook request, aurait pu commenter mon blog pendant la nuit. D’ailleurs, je trouve que les comptes Google sont un don du ciel, même si ce monopole me fait vaguement flipper, tellement les boites Gmail sont bien foutues, et tellement j’ai accès à divers services qui me sont devenus indispensables. Avec SexyGeek, quand je dois corriger un truc qu’il a écrit, on se met en document partagé Google, et on peut ainsi travailler en même temps dessus ; plutôt que d’inlassablement s’envoyer le fichier via MSN.

On est curieux aussi : on fait de la veille sur une multitudes de sites spécialisés, on passe des heures à surfer sur des forums, on se dit qu’un jour on publiera notre article sur Wikipédia. On sait que les flux RSS n’ont rien à voir avec l’empire soviétique. On a le monde à portée de main via nos ordinateurs.

D’ailleurs mon PC, mon extension de moi favorite, celui qui contient quelque chose comme toute ma vie ! Si on m’avait dit que l’hiver il fallait le protéger du froid, je lui aurai tricoté une écharpe. Mon drame du moment c’est qu’il a deux ans, et que pour un PC portable, je crains que sa fin de vie soit proche : quand je l’ai eu il ronronnait comme un chaton, désormais il grogne comme un vieux matou. Triste.

Mais comme dans tout chose malheur est bon, cette fin annoncée de ma plus longue, de mon unique relation amoureuse, me permet d’aller, sans culpabiliser, à la Fnac baver sur les MacBook, ces bijoux de technologies au design insolent.

C’est cliché, mais le Geek-usages fantasment sur la Pomme de la même manière que l’on fantasme sur une jolie fille. On veut, c’est tout. Il faut dire qu’ils ont des arguments chez Mac : lecteur MP3 qui fait Wifi, téléphone à écran tactile, des machines belles à en pleurer et des interfaces encore pire.

On est hyper-communicants aussi : MSN est toujours dans un coin de l’écran, et Gtalk me permet de discuter avec ceux qui ont pas le droit d’avoir MSN au travail. Je fantasme également sur le gadget communicant le plus inutile au monde : le Nabaztag, l’espèce de lapin électronique qui peut lire nos mails. L’autre jour, dans le bus, une fille en dessinait un sur un petit carnet. Je l’ai regardée avec des grands yeux brillants. Je crois qu’elle m’a prise pour une lesbienne, ou pour une folle.

Je vous arrête tout de suite, on est pas des No-life, on a une vie bien remplie, on est juste pas imperméables à l’innovation. Il faut faire gaffe à ce que vous dites, c’est sensible un Geek.

Comment t’as fait pour oublier?

18 décembre 2007

C’est une question que je posais souvent aux personnes qui sortaient d’un foutoir sentimental qui leur avait miné le moral.

Ils me répondaient tous : « Un matin je me suis réveillé, et je me suis rendu compte que c’était fini »

Un déclic.

Je n’y croyais pas trop. Pour moi, un travail de deuil passait par une reconstruction sur du temps long.

Puis j’en ai fait la joyeuse expérience.

Après plusieurs semaines de tergiversations et de moral en montagnes russes à osciller entre « je m’en fous », et le classique « connards de mecs ». J’ai réalisé que moi aussi j’avais eu cet heureux déclic. Je m’en suis rendue compte quand on m’a raconté un truc qui deux semaines plus tôt m’aurait mise au lit pour la journée, avec du chocolat et le dernier épisode de Desperate Housewives. Là, j’ai juste éclaté de rire. Oui, oui. J’ai dit : « Oh putain qu’est ce que c’est drôle ».

J’étais guérie, comme une mauvaise grippe qui s’en va, comme un gros dodo qui peut nous sauver de la gueule de bois. Tout de suite le froid était moins agressif, le ciel plus bleu, et les semaines à venir me semblaient nettement plus paisibles.

Avoir un déclic c’est quand même super sympa.

Poignées d’amour

17 décembre 2007

Comme toujours, en soirée, je parle au premier mec qui passe pour lui dire une connerie. En l’occurrence, celui là était torse nu avec des jolies tablettes.

« Oh mais t’es Gay toi !
- Mais non pourquoi tu dis ça ?
- Bah regarde tes abdos ! »

Il ne comprend pas. J’appelle Preux chevalier, et j’effectue une comparaison des tablettes : « tu vois lui il a des abdos Kro, il est donc hétéro ».

Je crois que ni l’un, ni l’autre n’a compris ma blague. Mais passons.

Tout ça pour parler de poignées d’amour.

Les jolis abdos c’est sexy, c’est grrr, c’est waouh. On a envie de toucher.

Mais c’est chiant. Surtout quand ils demandent de l’entretien. Il y a des garçons pour qui avoir des abdos en acier ne nécessite que de manger au MacDo tous les jours et de boire de la bière. Cette injustice passe néanmoins avec l’âge. Mais les autres, ils s’entretiennent durement à la salle de sport.

Et ça, c’est assez pénible, parce que le mec sportif bien gaulé n’accepte pas les filles qui ne sont pas musclées, sportives et enthousiastes à l’idée de transpirer en jogging.

J’ai même une copine à qui son petit ami sportif avait offert une tenue de sport pour Noël, et avec qui le dimanche matin ne servait pas à faire des câlins sous une couette bien chaude, mais courir dehors en amoureux. Pire, il préservait même le capital minceur de sa petite amie au point de lui commander systématiquement un Coca Light et de bouder quand elle prenait du fondant au chocolat. Si, je vous jure, c’est vrai.

On passe déjà suffisamment de temps à s’obséder avec nos apparences, nos cheveux, nos fringues, nos ongles, que l’on n’a vraiment, mais vraiment pas besoin d’un mec qui soit au moins aussi pétasse que nous : « Chérie tu trouves pas que j’ai grossi ? ». Non merci.

Les poignées d’amour, c’est tout le contraire. Beaucoup de filles vous diront que c’est mignon, d’autres hurleront au scandale, certains mecs pousseront un « ouf » de soulagement et d’autres diront « berk ». Autant dire, que comme avec les poils sur le torse, il y a débat.

Mais pour moi, cela signe avant tout l’épicurien, qui va pas râler parce qu’il y a trop de fromage dans le gratin, qui aime le bon vin, l’apéro et les bons petits plats. L’homme, le vrai, qui refuse de s’alimenter comme un lapin sous prétexte qu’il traîne trois kilos de trop, et que non, sans déconner, le dimanche matin, il est hors de question d’aller courir.

Tout de suite, un mec gourmand, c’est nettement plus prometteur.

La révolte des machins

16 décembre 2007

Ma mère me reproche souvent de ne pas lui raconter mes histoires de cœur, je lui réponds généralement que je vais pas m’amuser à lui expliquer à chaque fois que je roule une pelle en soirée. L’autre soir, sa question fut : « Mais Marion, te vexe pas, mais tu te donne pas un peu des airs de fille facile ? »

Oh merde, l’expression d’un autre âge.

Non Maman, je ne suis pas une fille facile, c’est l’époque qui est facile. Les célibataires de ma génération passent une bonne partie de leur temps à mater les célibataires de l’autre sexe (ou pas).

On mate, on drague, on emballe, on rentre ensemble en fin de soirée, on fait des saloperies, on n’en fait pas, on envoie des SMS, on attend une réponse qui ne viendra jamais, on passe à autre chose, on oublie, on craque, on pleurniche.

La chope est un peu devenue un sport générationnel, et nous sommes tous devenus un peu boulimiques : on bidouille beaucoup, mais on garde quand même en tête le fol espoir de tomber sur le « chopage » qui durera plus longtemps que les autres. Question de principe.

(On s’y prend mal ? Certainement)

Le problème dans tout ça, c’est que l’on tombe sur des problèmes de définition : le « chopage » on le nomme comment ?

Les prénoms sont définitivement trop compliqués. Alors on improvise. Depuis quelques mois, à mon initiative, c’est l’expression « machin » qui prédomine, souvenir d’un sujet d’Oral de fin d’année qui nous demandait si « l’ONU est-elle toujours un machin ? ».

C’est d’ailleurs un bon indicatif, si on commence à nommer quelqu’un par son prénom auprès de nos proches, non par un obscur surnom, ou bien par le « Machin » de rigueur, c’est qu’il nous plait.

Récemment, une copine lyonnaise m’appelle un dimanche midi pour me raconter sa dernière soirée avec son dernier machin. On avait passée la soirée chacune de notre côté : moi à draguer avec Francky, elle à bidouiller quelque part sur Lyon avec des potes et son machin.

Je l’ai au téléphone : à moitié morte de rire, à moitié furax : « Marion attends, faut que je te raconte ce qu’il m’a fait Machin ».

En fin de soirée, ils sont rentrés ensemble, comme deux machins qui se respectent. Au petit matin, chez lui, branle bas de combat, il lui dit : « Euh…Réveille toi, il y a ma copine qui vient d’arriver, faut pas qu’elle te voie. »

Nous sommes tous le machin d’un autre.

L’appel de l’apéro

14 décembre 2007

J’ai le même numéro de téléphone depuis quelque chose comme sept ans, ce qui des fois, donne lieu à de drôles d’appels surprises. Hier soir, 23h30, je m’apprête à éteindre la lumière pour dormir, car je préserve le maigre capital jeunesse et santé dont je dispose en essayant de faire des nuits de huit heures, quand le téléphone sonne.

Je ne connais pas le numéro, mais il me dit vaguement quelque chose :

« -Moui ?
- Allo Marion ? C’est Greg, ça va ?
- Greg ? Mais quel Greg ? »

Je rappelle que mon meilleur ami s’appelle Greg, et que dans ma tranche d’âge c’est juste le prénom le plus courant chez les garçons.

« Tu as tant de Greg que ça dans ton téléphone ? Tu sais, je suis le Greg qui habite vers…. Tu m’as déjà oublié ? »

Ah. Ce Greg, là.

Gentil Choupi mimi à l’été 2005, souvenirs d’un mois de juillet où il avait fait très chaud, on allait se balader dans les champs armés d’un repas à emporter, même qu’une fois on était même allés au ciné. On jouait aux dames sur MSN aussi. Bref, un gentil PCRA, un truc sympa et funky qui avait duré le temps d’un mois même pas, qui ne laisse que des bons souvenirs, pas de crises ni de drame, juste l’envie de se voir l’espace de quelques temps.

Je me souviens très bien, nous nous sommes parlés sur MSN il y a quelques semaines, parce que oui, je garde quand même contact.

Son pote braille derrière : « Mariiiiiiiiiioon, il te regrette »

Ah. Ca y est. J’ai compris. C’est l’appel de l’apéro.

« Hum, dis moi Greg, tu pars en soirée et avant tu appelles toutes les filles avec lesquelles tu as couché hein ?
- Euh… »

Pia pia pia, on converse quand même. Il est toujours aussi chou mais son pote est relou, un grand classique : tout mec dispose d’au moins un pote relou, c’est une loi générale.

« Non mais Marion tu le sais que tu me plais hein ? (…) Diiiiiiiiis, Marion, on se refait une soirée bientôt ? »

Bref, vous avez compris. Deux remarques cependant :

1) Ouais, ok, c’est définitivement l’appel de l’apéro et ça me fait furieusement penser à ce groupe FaceBook absolument mythique « Les sms que l’on envoie bourré et dont on a honte (quand on s’en souvient)».

2) Etant d’une grande tolérance envers les gens à l’apéro, et c’est bien normal sinon ce serait très mal placé de ma part, j’accepte avec plaisir de genre d’appels, SMS, MMS de mec pas encore saoul. Je le prends juste avec humour, alors si vous avez un truc important à me dire ou à m’écrire, c’est avant 21 heures, merci.

L’appel de l’apéro

14 décembre 2007

J’ai le même numéro de téléphone depuis quelque chose comme sept ans, ce qui des fois, donne lieu à de drôles d’appels surprises. Hier soir, 23h30, je m’apprête à éteindre la lumière pour dormir, car je préserve le maigre capital jeunesse et santé dont je dispose en essayant de faire des nuits de huit heures, quand le téléphone sonne.

Je ne connais pas le numéro, mais il me dit vaguement quelque chose :

« -Moui ?
- Allo Marion ? C’est Greg, ça va ?
- Greg ? Mais quel Greg ? »

Je rappelle que mon meilleur ami s’appelle Greg, et que dans ma tranche d’âge c’est juste le prénom le plus courant chez les garçons.

« Tu as tant de Greg que ça dans ton téléphone ? Tu sais, je suis le Greg qui habite vers…. Tu m’as déjà oublié ? »

Ah. Ce Greg, là.

Gentil Choupi mimi à l’été 2005, souvenirs d’un mois de juillet où il avait fait très chaud, on allait se balader dans les champs armés d’un repas à emporter, même qu’une fois on était même allés au ciné. On jouait aux dames sur MSN aussi. Bref, un gentil PCRA, un truc sympa et funky qui avait duré le temps d’un mois même pas, qui ne laisse que des bons souvenirs, pas de crises ni de drame, juste l’envie de se voir l’espace de quelques temps.

Je me souviens très bien, nous nous sommes parlés sur MSN il y a quelques semaines, parce que oui, je garde quand même contact.

Son pote braille derrière : « Mariiiiiiiiiioon, il te regrette »

Ah. Ca y est. J’ai compris. C’est l’appel de l’apéro.

« Hum, dis moi Greg, tu pars en soirée et avant tu appelles toutes les filles avec lesquelles tu as couché hein ?
- Euh… »

Pia pia pia, on converse quand même. Il est toujours aussi chou mais son pote est relou, un grand classique : tout mec dispose d’au moins un pote relou, c’est une loi générale.

« Non mais Marion tu le sais que tu me plais hein ? (…) Diiiiiiiiis, Marion, on se refait une soirée bientôt ? »

Bref, vous avez compris. Deux remarques cependant :

1) Ouais, ok, c’est définitivement l’appel de l’apéro et ça me fait furieusement penser à ce groupe FaceBook absolument mythique « Les sms que l’on envoie bourré et dont on a honte (quand on s’en souvient)».

2) Etant d’une grande tolérance envers les gens à l’apéro, et c’est bien normal sinon ce serait très mal placé de ma part, j’accepte avec plaisir de genre d’appels, SMS, MMS de mec pas encore saoul. Je le prends juste avec humour, alors si vous avez un truc important à me dire ou à m’écrire, c’est avant 21 heures, merci.

La Relationite Aigüe

12 décembre 2007

Vous l’aurez compris, je suis un être social. Je fais des rencontres, je papote, les personnes me racontent leurs vies, ce qui me donne une matière brute assez conséquente pour ce blog. Depuis quelques mois, je prends conscience d’un phénomène qui m’attriste. Je l’apercevais sporadiquement, mais là, plus je vieillis, plus les personnes que je rencontre accumulent les années, plus je le vois.

Le déclic c’était à une soirée. Une fille, célibataire depuis peu, me demande si je suis célibataire. Effectivement, oui. Elle me demande si je le vis bien. Décidément très bien, merci. Pas elle, elle me dit qu’elle veut trouver quelqu’un car le célibat c’est horrible.

Peu après, j’apprends que suite à une soirée trop arrosée avec SexyGeek, ce jeune bourrin, on a dit de moi « Non mais Marion si elle veut se trouver un mec, il va falloir qu’elle change de comportement ».

En fait, j’avais payé mes « plots ». Soit. SexyGeek avait lui payé sa « teub », c’était pour ramener l’égalité au niveau des bêtises alcooliques. Cela faisait au moins un an qu’on avait pas fait de stupidités en soirée, et c’était vachement bien, même qu’on en rigole encore.

Mais, tout de suite, quand on est une fille, célibataire, on n’a pas le droit de s’amuser. Enfin si, on a le droit, c’est juste qu’il faut pas s’étonner de finir seule à moitié dévorée par un berger allemand après. En gros, j’aurai juste le choix entre être douce et soumise, trouver un mec bien qui daignera me faire l’amour une fois par jour et m’emmener au restaurant ; ou bien rester une pauvre fille noctambule et pathétique qui rigole bien, certes, mais qui va finir vieille fille.

Alors déjà, je ne cherche pas un « mec », ni « quelqu’un », et je ne trouve pas le célibat horrible. Ce qui ne fait pas pour autant de moi une goudou hystérique qui rejette les hommes en bloc, la tendresse, ou que l’on me prenne dans ses bras. Oui, des fois, moi aussi je râle quand un mec qui me plait répond pas aux SMS, fait le mort, est un salaud, disparaît dans la nature, est perdu corps et bien. Moi aussi j’ai passé des heures sous ma couette à pleurnicher contre des connards.

C’est juste que je n’ai pas la Relationite Aigüe.

Je ne fais pas de liste de critères pour définir quelqu’un qui me plait et avec qui je pourrai dire que c’est mon mec aussitôt qu’il m’a roulé une pelle.

Je n’appelle personne « mon petit copain» après juste une nuit passée avec. Faut pas déconner non plus.

Je ne cherche personne frénétiquement histoire de tromper ma solitude.

Je n’attendrai jamais de trouver quelqu’un d’autre avant de larguer quelqu’un avec qui cela ne fonctionne plus.

Je me dis jamais « avec lui ça va marcher et je fais tout pour », parce que c’est la meilleure façon de créer un truc totalement artificiel qui tient uniquement parce que l’on fait tout pour, et qui inévitablement se cassera la gueule quand le naturel reviendra au galop.

En somme, je ne fais pas de la relation à deux un idéal de vie que je dois obligatoirement atteindre sinon j’aurai râté ma vie.

Je ne suis pas une intégriste, c’est juste que je pense que ce genre de comportements ne font que donner des trucs bancals et pas vrais, que finalement, la relation et les sentiments ne se créent pas, ils s’imposent à nous aussi sûrement que l’on mûrit.

Dans le fond je suis une intégriste idéaliste.

Caricature

10 décembre 2007

Il se profile une soirée à thème, encore. Cette fois, il faut venir en personnage célèbre. On brainstormait pour se trouver des idées de déguisements quand Preux Chevalier a eu une idée :

« J’ai qu’à venir déguisé en Marion, je mets une perruque, des lunettes de vue, des chaussures à talons. J’oublie de mettre une jupe, je garde mon verre toute la soirée, je tape sur Abruti 1er, je parle sans articuler et le tour est joué ».

J’ai la vague impression de n’être qu’une caricature de moi-même.

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