Mon cerveau de garçon

31 mars 2008

La plupart du temps je suis une fille : je pleure si je me casse un ongle, je squatte la salle de bain, je fantasme sur des chaussures à talons. Mais le reste du temps mon cerveau fonctionne comme celui d’un garçon.

Je parle les notices Ikéa comme je parle le français. Je les comprends, je les ressens, elles sont pour moi aussi limpides qu’une bonne vodka. Pire monter un meuble est tout au plus une formalité quand j’ai des bras pour m’aider. Quand je montais mon canapé lit, Zaza était venue en renfort car je ne pouvais pas tout porter toute seule. Comme Christian Troy demandant pince et scalpel à son assistante, moi je demandais pince et tournevis à la mienne.

Je parle aux machines aussi. Du moment qu’il y a un peu d’électronique dedans. Je me rappelle qu’à Fréjus, cet été, j’avais réussi à réconforter une machine SNCF défectueuse et à lui extorquer mes billets de train. Là où Chérie avait abdiqué, juste après une belle crise de nerfs sur cette putain-de-machine-qui-marche-pas.

Quand j’habitais chez mes parents, j’étais toujours de service quand il fallait programmer un réveil, brancher l’ordinateur, débugger la LiveBox. La seule machine qui parle un langage qui m’est inconnu, c’est l’aspirateur.

Pire, j’ai le sens de l’orientation. Je vous jure que c’est vrai. Même pas deux semaines à Paris, et je me ballade déjà en sautillant tellement je n’ai même pas peur de me perdre. Je saute dans un métro pour aller là, je chope le RER pour aller ici. Ma mère, venue voir sa fifille ce week-end, était vraiment impressionnée de me voir nous orienter un peu de partout sans même un plan. Pire qu’à Lyon.

Le mieux c’est que contrairement à un garçon, je suis multitâche, si bien que je en plus me faire les ongles et répondre sur MSN en même temps.

C’est décidé, demain je passe le permis moto.

Afterwork

28 mars 2008

Hier soir, je sors de l’agence, je m’engouffre dans le métro, j’attrape au passage un appel de Dassou qui désespère d’avoir des nouvelles.

« Marion, ça va !? j’ai pas de nouvelles ? ». Il faut savoir que Dassou est la personne la plus allergique au téléphone au monde, elle répond quand elle en a envie, à qui elle a envie. Dans sa grande mansuétude, même si elle ne me répond pas de suite (téléphone en silencieux, en voiture, en train de réviser les horribles trucs qu’elle apprend en cours), je laisse un message et j’ai des news quelques jours plus tard. Sachant qu’elle était en semaine de partiels, j’ai pas jugé nécessaire de lui laisser mes traditionnels messages sur son répondeur. Ce qui l’a inquiétée, et elle est venue aux nouvelles.

Bref, on papote, on papote, la batterie de mon téléphone crie famine. Je raccroche.

Je sors du métro car j’ai rendez vous avec Pierrot, de passage à Paris pour un entretien dont il a rien à foutre, et d’autres gentils de ma promo de l’an dernier. On se retrouve, on fonce dans un bar en Happy Hour.

Pierrot : « Ouais euh, j’ai faim, donc je prends une Guinness, ça fait double emploi ».

On se trouve un petit coin de table, on papote. On se raconte ce qu’on devient, en stage dans des endroits divers, juste à tenter de préparer nos avenirs respectifs.

Ah le stage. Question générationnelle s’il en est : « et t’es où ? », « et tu fais quoi ? » « et ça te plait ? » « et ils sont comment tes collègues à toi ? », « et t’es indemnisé ? » « et tu commences tôt le matin ?».

La grande question vient sur le tapis : « et merde et nos idéaux ? ». Nos quoi ?

On était tous arrivés, jeunes et frais, en première année, complètement innocents, à se demander ce qu’on allait apprendre, mais remplis de bons sentiments pour changer le monde.

Il faut savoir qu’avec Pierrot on a rapidement su qu’on allait (joyeusement) vendre notre âme au grand Capital. Mais pour les autres, c’était de suite moins évident, forcément à vouloir travailler dans le secteur Public, ils se disaient qu’il y avait peut être un espoir de rester, non pas jeune, ça c’est foutu, mais peut être de ne pas devenir (trop) cynique.

Les seins d’Isa qui arrivent nous distraient vite de cette conversation.

Avec Isa on se raconte nos dernières histoires de cœur en date, surtout elle, moi je lui raconte ma cible du moment.

On continue nos bières, on alterne les sujets sérieux et les sujets légers, l’inquiétude pour ceux qui ne vont pas bien et qui sont pas là, le brassage de souvenirs, nos dossiers, qui s’est casé entre temps et les oh-il-est-bien-le-mec-derrière-là.

Puis tout ce petit monde rentre chez lui se coucher, car ce n’est pas tout, mais demain on se lève.

Merde, on est en train de devenir des jeunes actifs.

Chalibattaire

27 mars 2008

Ma voisine de pallier a un chat. Tigré, gentil, mais curieux. Si bien qu’il se ballade dans tout l’étage en tentant de rentrer chez les gens. Hier le voisin d’en face lui a ramené son chat qui s’était introduit chez lui par effraction. Ils ont papoté dix minutes, avec un peu de chance, le matou aurait peut être fait une bonne action.

J’aime bien les animaux, les chiens, les chats, les poissons rouges, et même les hamsters. Mais je suis infoutue d’en adopter un je crois : m’occuper de moi me prends déjà suffisamment de temps, entre mon alimentation, mes cheveux, mon maquillage, mes fringues et le rangement de mon chez moi. Alors si en plus il fallait que je m’occupe d’une bestiole, lui donner à manger, lui parler, lui changer sa litière, je crois que j’aurais même plus le temps d’aller boire des cocktails. Et ça, ce serait un coup dur.

Par contre, j’ai remarqué un truc : le chat est le compagnon favori de la demoiselle qui habite seule. Sur quasi tous les blogs de filles il est fait mention d’un chat, que la demoiselle soit célibataire ou non, de même que Bridget Jones a popularisé l’angoisse d’être retrouvée morte au bout de trois semaines, le corps à moitié dévoré par son animal de compagnie. Dans la version originale, Bridget mentionne le berger allemand, mais il faut avouer qu’un chat est nettement moins encombrant.

Ce qui me fait penser que dans un de mes coups d’éclats de misandrie (oui, j’ai honte, je sais), j’avais dit que les mecs étaient tous des irréductibles salauds, que l’on n’avait pas besoin d’eux, et que l’avenir de la femme se situait dans le vibromasseur et le chat de compagnie. (Ca va, hein ! J’ai déjà dit que j’avais honte).

N’empêche que j’avais vu juste.

Sans casseroles

26 mars 2008

Rassurez vous, je suis bien installée, j’ai résolu mes problèmes de bureau (merci Gogo) et de placard branlants parce que je n’avais pas le bon tournevis. Ton cruciforme va bien Simon, je songe à te le rendre bientôt.

J’ai toute une batterie de casseroles à ma disposition quand il s’agit de me faire de bons petits plats (ou pas.) Je suis une ménagère de moins de 25 ans dans le fond.

Non si je suis sans casseroles, c’est juste que je ne traine plus d’horribles histoires derrière moi, que je croise personne que je connais partout où je sors, et que je n’ai pas envie de voir, forcément. Qu’en plus, j’ai eu le courage de me débarrasser de toutes les choses qui auraient pu me peser sur le moral et la conscience ici.

Je n’ai pas de casseroles, pas de couteaux tirés, je vois la vie en Tupperware (facile à emporter partout) et c’est plutôt pas mal.

Par contre, la probabilité que je devienne une connasse de parisienne très rapidement augmente de jour en jour : je commence déjà à protester contre les gens perdus dans le métro.

Je peux t’offrir un verre?

25 mars 2008

Il m’arrive de draguer comme une dégueulasse. Pas plus tard que samedi dernier, à tout hasard, j’ai foncé droit sur un « goss’beau » (dixit Jod) : « Bonsoir, je voulais simplement te dire que je te trouvais très classe ».

Il m’a regardée, vaguement sur les fesses de mon attaque qui fait mâle. Il a sourit : « c’est bien la première fois qu’on me fait un coup pareil ». On a discuté, on a sympathisé et il m’a proposé de m’offrir un verre.

Notons comme subtilement la vapeur se renverse : j’attaque comme une brute, à la hussarde, sans même tenter de faire croire que je ne l’ai pas fait exprès, et c’est encore le garçon qui m’offre un verre.

Vendredi je donnais une interview (haha) à un jeune journaliste qui faisait un article sur AdopteUnMec et qui voulait avoir l’opinion d’une utilisatrice du site. Son angle était de savoir si finalement, même si on jouait le jeu de « la fille qui attaque » sur le site, on ne se retrouvait pas au même point une fois la première approche passée, en attente d’un signe de « L’Homme » : un message, une invitation, le moindre petit signe qui marque son intérêt.

Toutes considérations journalistiques mises à part, c’est toujours sympa de se faire offrir un verre en boîte, cela fait enrager Jod, certes, mais c’est surtout que le fabuleux hasard des soirées fait que cela donne toujours lieu a des moments cultes. (cf Party Animals)

C’est un des nombreux avantages d’être une fille. On rentre en boîte facilement, on se fait offrir à boire, et on peut même se faire raccompagner.

Mais au final qui est-ce qui attend vos appels prostrée derrière le téléphone, hein?

C’est la lutte finale, ou pas

21 mars 2008

Ou pourquoi je prête ma plume au grand Capital.

Tous mes lecteurs ne sont pas des blogueurs avertis, habitués aux us et coutumes de la blogosphère, donc il faut quand même que je fasse un petit billet d’explication.

Sur les blogs, certains sujets se monnaient très bien : mode, beauté, gadgets électroniques. Les blogueurs concernés par ces sujets reçoivent souvent des produits à tester, dont ils sont libres de parler, d’adorer, de détester, d’y être allergiques. C’est beau un mini-média la nuit.

Je ne rentre pas dans le débat du pour, du contre, du bien au contraire. Mais vu ma ligne éditoriale, je n’ai jamais été vraiment concernée. Je peux très bien tester de la cosméto, ce n’est pas le souci, mais je suis sûre que ceux qui viennent ici seraient profondément ennuyés par le bazar.

Il y a aussi les billets sponsorisés, où moyennant pépettes, le blogueur va parler d’un sujet et en mettre le lien sur son blog.

C’est ce que je vais faire, je me suis inscrite à un site qui met en relation les annonceurs et les blogueurs.

Rassurez vous, je choisirai scrupuleusement mes sujets, et je me fixe pour règle absolue de ne pas écrire d’articleS que je n’aurai jamais écrit en temps normal. Autrement dit, je reste fidèle à la ligne éditoriale du blog : filles, garçons, cul, couples (ou pas), et gentilles catastrophes.

Il va sans dire que les bénéfices tirés de l’opération seront reversés à une organisation caritative : Le financement des soirées parisiennes de Marion : jolies robes et vodkas pomme.

Chacun ses petits problèmes

21 mars 2008

Conversation de filles qui se plaignent (extrait) :

Zaza : « Je dois avoir un truc qui fait que les mecs veulent bien coucher avec moi, mais pas sortir »

Marion : « Je te bats, moi on veut être mon pote et pas coucher, alors sortir ça relève d’une autre dimension »

Anticernes

19 mars 2008

Hier soir, je rejoignais ce parisiano-parisien de Simon pour aller boire un verre et grignoter des saloperies dans un pub. Comme j’ai du traverser tout Paris pour le rejoindre, d’Ouest en Est, j’ai eu le temps d’admirer les parisiens de la ligne 14.

J’ai eu un choc.

Partout où je posais les yeux, je ne voyais que des cernes violacées, des poches sous des yeux gonflés et des petits mines.

Le parisien est donc fatigué, lessivé, épuisé.

Je me suis regardée dans la vitre, et me suis jurée de carburer au thé et légumes verts, et de me coucher tôt le soir.

10 minutes plus tard, je buvais un cocktail et mangeais des saloperies grasses et pleines de sauce. Je vais peut être investir dans de l’anticernes.

Qu’est ce qui fait craquer les filles?

18 mars 2008

Je suis un peu une seconde maman, en plus tolérante, pour toute une horde de garçons maladroits avec les filles. Sur MSN, on vient m’expliquer la dernière aventure (catastrophe) en date, et on me dit souvent : « mais comment je peux lutter face à un mec pareil ?» (Le mec pareil étant évidement grand, fort, musclé, viril, etc)

LeGeek m’a même demandé si Mister N était un beau gosse de la mort qui tue pour choper comme ça.

La réponse est oui, certes, mais pas que.

Car j’ai un scoop à vous annoncer : une grosse bite et une belle gueule ne font pas tout.

J’ai pratiqué, je le dis donc en connaissance de cause, les mecs qui arrivent avec leur bite et leur couteau pour tout bagage, on s’en lasse plus que vite.

Je ne pense pas être un cas à part, mais, voilà, moi, ce qui me fait craquer, ce qui me fait rester, surtout, c’est l’humour. Tout ce qui contient un minimum de finesse et d’intelligence. Et croyez moi, c’est très rare.

Coco Chanel disait qu’il n’y avait pas de femmes laides, il n’y avait que des paresseuses.

Marion vous le dit bien fort, à vous, mes geeks préférés, mes timides favoris, mes losers et mes lecteurs : il n’y a pas de garçons moches, il n’y a que des garçons sans envergure.

Avec placards, mais sans tournevis

17 mars 2008

Finalement mes bouts de placards sont sortis par miracle de l’ascenseur diabolique : ils sont apparus dans la cage d’escalier, encore un super héros des temps moderne qui passait par là : le réparateur d’ascenseur.

J’ai pu passer mon week-end à faire des « bim » et des « bam », c’est-à-dire à inlassablement faire tomber tout bout de placard à fixer à ses copains bouts de placards, à me taper sur les doigts avec mon petit marteau, et à criser sur la hotline de Free, ne pouvant décemment vivre sans une connexion fixe.

Ceci dit, tout est monté, assemblé, en place. Je suis vivante, pas encore dévorée par un berger allemand, mais j’ai fait connaissance avec le chat tigré de la voisine, qui, quand j’ai tenté de lui dire bonjour (au chat) a juste voulu me griffer la main.

Juste un truc, ne pouvant pas porter la vitre de mon bureau toute seule, je recherche un homme fort pour m’aider à porter ce truc, le petit fils ayant disparu, et s’il pouvait se munir d’un tournevis cruciforme j’apprécierai aussi.

Là, je suis derrière mon poste, qui est un PC, Francky tu as perdu ton pari, et je me familiarise avec mon environnement de travail.

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