"Pourquoi t’es encore célibataire?"
C’est la question que toute personne célibataire fortement intéressée par une autre personne célibataire lui posera à un moment ou à un autre. A la longue je suis sûre que cela pourrait être interprété comme un signe clair d’intérêt et devenir l’équivalent du « tu veux sortir avec moi ? » de nos douloureuses années collèges. Un code, un rite qui dit « toi plaire moi ». Connard 1er a d’ailleurs osé me la poser, ce qui montre le manque de subtilité de la question.
Mais c’est juste le test le plus parfait pour détecter la petite bête, le truc caché qui nous dit « n’y va pas », « n’y va pas » plutôt que « c’est pour toi que j’irai là bas. »
Voyons voir ce que l’on peut répondre ; en toute honnêteté et toute franchise évidement.
« J’ai vécu une histoire longue et j’ai eu du mal à m’en remettre. » Horreur malheur, j’entends déjà les casseroles tinter derrière la personne : ex copine jalouse, cœur brisé, alcoolisme pour oublier. Sauf un certain penchant pour le drame et l’assistanat social, mieux vaut partir sans se retourner.
« J’ai jamais trouvé quelqu’un avec qui j’accrochais vraiment ». Un éternel insatisfait ? Aïe, tout porte à croire que vous non plus vous ne serez pas ce crochet parfait.
« Je suis beaucoup sorti et j’ai eu quelques petites histoires ». Ainsi que beaucoup de one-shots. La lanterne rouge du crevard se met à clignoter sournoisement.
« J’ai rencontré les mauvaises personnes (connards, salopes, grognasses, pédés, lesbiennes, etc) ». Bon à partir d’un moment quand on ne rencontre que des mauvaises personnes c’est qu’on le fait exprès. A ce niveau là c’est la névrose qui pointe. (Et je sais de quoi je parle)
« J’ai vécu plusieurs histoires longues et là la dernière s’est terminée ». Un point ! Cela montre que tu n’es pas un enfoiré affectif inapte à s’engager. Après reste à savoir pourquoi toutes ces relations ont foiré…
Ce n’est pas simple, le mieux à faire finalement serait de ne jamais répondre et de rouler une pelle à la personne directement : on gagnerait du temps. Mais la bienséance veut que l’on réponde aux questions. On peut se faire une version plus Aldo Maccione à Saint-Tropez : « c’est parce que je ne t’ai pas encore rencontré (e) »
Quant à moi, si on me pose la question je peux dire au choix que je n’ai vécu qu’un enchaînement de catastrophes plus prévisibles les uns que les autres et que je collectionne les mecs pas fait pour moi aussi joyeusement que d’autres collectionnent les timbres.
Ou alors je peux mentir et dire « Ah mais c’est parce que pendant 5 ans j’ai consacré tout mon temps à mes études et mes potes, il n’y avait pas trop de place pour un mec ».
Je passe ainsi pour une intello et une no life, ou bien une alcoolique potache, pour ceux qui connaissent la réalité de la vie étudiante, reste à savoir si c’est mieux que se passer pour une névrosée.
Mais depuis Paris j’ai une technique imparable : « Bah, c’est normal cela ne fait même pas deux mois que je suis sur Paris ».
Le coup de la provinciale égarée, cela marche à tous les coups. A croire que les garçons adorent tout ce qui sent le savon.
Classé dans Les conseils avisés de Marion | Commentaires (19)Parlez vous le Connard?
Ce matin j’ai reçu un message Facebook de Connard 1er qui proposait que l’on se voie plus tôt que vendredi.
Que ce soit clair, ce mec, c’est un connard de compétition à un point tel qu’il en devient transparent. C’est un cas d’école, un truc que j’aimerai enseigner à ma fille un jour pour lui apprendre à se méfier, et à mon fils pour qu’il soit plus subtil que ça. Regardez un peu l’artiste :
Dans son deuxième message il me propose « ce soir alors, j’aime pas le lundi soir ». Le lundi ça sonne louche pour un rendez vous amoureux, cela rime plutôt avec adultère et portes cochères.
Je râle je proteste comme quoi je serais pas présentable. Je tente de décaler au lendemain. Peine perdue, il m’annonce qu’il a un truc très important avec des gens très importants le lendemain. Au passage il me place donc l’air de rien qu’il a un taff super génial et qu’il a donc plein de pognon.
Il propose qu’on aille juste boire un verre pour ce soir et qu’on remette une vraie soirée à plus tard. Autrement dit, juste une petite pipe pour ce soir, on couchera ensemble une prochaine fois.
Je suis une kamikaze, une anthropologue des connards : j’y suis allée, comme un seul homme, le temps de changer de robe, d’enfiler des sous vêtements tous pourris en guise de pare feu (on sait jamais), un gilet, et hop là me voilà partie.
Entre temps je reçois un message de sa part qui me demande si je suis d’accord pour aller chez lui car il pleut, histoire d’alléger sa réserve d’alcool. Traduction : je veux bien coucher avec toi ce soir en fait.
Il vient me chercher au métro, on marche jusqu’à chez lui. Comme par hasard il a du champagne au frais. Le mec qui n’a pas prévu son coup du tout. Mais pas du tout.
On discute, on rigole. Il me dit qu’avec sa copine ça va pas, qu’il va la quitter, qu’elle lui a fait une crise de jalousie à cause de la « fille en rouge » à la soirée, qu’elle ne comprenait pas quand il lui disait que s’il me parlait c’était parce qu’on avait fait les mêmes études et que j’étais intéressante. Genre.
On parle de vrais trucs intéressants pour de vrai. Il me sert, et re-sert en champagne :
« Hé, essaie pas de me saouler, tu n’y arriveras pas !
- Mais pourquoi j’essaierais de te saouler ? »
Hum. Comment dire ?
A un moment, il me saute dessus. On se roule une pelle.
« Mais enfin Connard, tu m’as pas dit que tu avais une copine ?
- Ouais mais je vais la quitter…
- Elle est très très belle d’ailleurs. »
Et là, il m’a répondu cette phrase absolument mythique, que l’on peut inscrire au panthéon des goujats : « Non mais tu sais, la beauté ça fait pas la salade, j’ai envie de m’intéresser à des filles qui on des trucs à raconter. »
La salade, oui. Parfaitement.
Il devient très entreprenant. Ma robe a bien failli disparaître dans la bataille. Mais je résiste, et je lui dis que je ne couche pas le premier soir, parce que j’ai des principes. J’ai osé, je sais.
Il accepte en rechignant, en faisant tout de même de vaines tentatives. Il me raccompagne au métro, en me disant les trucs qu’il aurait aimé me faire, qu’il a envie de faire l’amour à un cerveau, que sa nana est un meuble, qu’il va la quitter, et qu’il m’appelle demain. De mon côté, je lui promets de mettre une robe jaune pour la prochaine fois qu’on se verra, ce qui l’a beaucoup fait rire, l’animal n’étant pas non plus totalement dénué d’humour.
En attendant, il l’a derrière l’oreille.
Classé dans Marion et ses bêtises | Commentaires (32)Le bricolage relationnel
Il y a quelques semaines, j’étais allée boire un Coca avec un lecteur de la première heure. Ancien lyonnais, cela fait deux ans qu’il est à Paris. Tous les deux on a fait la même observation sur les différences entre nos vies de provinciaux et nos vies parisiennes.
A Lyon, dans cette jolie ville de province. Tous nos potes sont en couple. Du genre sérieux. Casé, maqué, installé. Limite on en est à se demander quand est ce qu’ils vont faire un petit. Quand je faisais des soirées filles, j’étais le phénomène de foire, la distraction, une sorte de one-woman show qui raconte ses histoires de merde. Vu qu’elles avaient toutes un copain qui les attendait.
Des fois c’était drôle, parce que les prétendants d’une célibataire on peut en dire du mal gratuitement, et en rire en sifflant le vin blanc. D’autres fois, c’était carrément moins marrant, comme quand avec une copine de Dassou j’avais eu cette discussion cultissime :
« Mais Marion tu es célibataire ?
- Mais oui pourquoi ?
- Bah ça va ? Tu le vis bien ?
- M’enfin oui…
- Mais tu ne te sens pas trop seule ?
- Mais pourquoi je me sentirais seule ?
- Bah t’as pas de mec… »
Dire que des générations de femmes ont manifesté pendant cent ans pour obtenir l’égalité… Bref.
Le jeu aussi, c’était de me présenter les copains célibataires des uns et des autres. Bon je ne reviens pas sur les calamités successives : les fous, les dépressifs, les instables, etc.
Et j’exagère à peine ce côté Bridget, je vous le jure.
Par contre ici, dans les quelques cercles dans lesquels je gravite, c’est la bidouille généralisée.
Je passe une soirée avec dix personnes de mon âge et plus. Tous célibataires et affiliés.
Je vais chez Flo, qui est morte de faim, rappelons le, elle nous ramène deux de ses potes, plutôt parfaits de leur personne (mignons, grands, drôles, sympas, taff qui tue) : en pleine bidouille avec des filles obscures. Isa bricole, je fais de même. Simon couche à droite à gauche. On se prévoit des soirées chasse entre filles. Un des seuls mecs en couple que j’ai croisé m’a lamentablement draguée.
On fait du bricolage relationnel. Toujours plus ou moins quelque chose en tête, que ce soit quelqu’un ou les restes d’une vieille histoire qui se traine en longueur, mais au final il n’y a rien de concret. On rapièce, on se fuck-friend, on invente de nouveaux concepts pour avoir nous aussi droit à un peu de tendresse.
Je préfère ce bricolage-là à mon bête de foirisme lyonnais. Carrément.
Parce que j’ai l’impression de retrouver mes 18 ans, quand on se faisait des virées sorties entre copines, et que le lendemain on se racontait qui on avait dragué. Parce que même si on râle, si on proteste en terminant des œufs brouillés vers 5 heures du matin : « instables de mecs !», c’est rudement bien de se sentir un peu insouciant de temps en temps.
Classé dans Réflexions métaphysiques d'une écervelée | Commentaires (13)Machistadorette
Dans la vraie vie, je suis une super pote. Le syndrome de la bonne copine, c’est pour moi. Mes copains hétéros me racontent leurs vies amoureuses, je fais le coach personnel, je corrige les SMS. Et je peux même en faire un blog.
Sauf que. En soirée, je me métamorphose en une redoutable machine à draguer.
Cela commence comme d’habitude. Une soirée, un apéro, un dance-floor, des pintes de bière. J’accompagne Zaza et ses potes : des filles et des garçons célibataires.
Je commence à déconner avec un des garçons, pas mal et plutôt sympa. On se partage même une bouteille de rosé au goulot dans le métro. Dans la soirée, il me cite à un à un les mecs qui me matent. Oh ! Chouette ! Un nouveau copain hétéro. Puisque cela semble être la règle, je fais pareil avec une des filles, je lui dis qu’elle a une touche avec le mec au fond là bas. Elle m’explique doucement que j’ai une touche avec mon nouveau copain hétéro.
Ah. Mais pourquoi il joue le pote ?
Je déteste les gens qui brouillent les pistes en fait, c’est déjà assez dur de savoir si on plait à quelqu’un, alors si en plus il faut décrypter des signaux de fumée derrière une attitude de super pote. Sans déconner c’est un coup à se jeter dans la Seine.
Je n’ai donc pas pu m’empêcher de lui rouler une pelle pour l’empêcher de faire le bon copain. Admirez ma générosité.
5h30. Premier métro. Mon chevalier servant descend sagement deux arrêts avant moi : j’avais poliment décliné sa proposition de s’inviter chez moi.
Une fois seule dans le métro, pour tuer le temps je commence à converser avec un charmant jeune homme qui me faisait des sourires. D’ailleurs c’est vachement bien le métro parisien à cette heure là. Il n’y a que des gens qui rentrent de soirée avec le teint vert et des cernes sous les yeux. On n’est pas au mieux de sa forme, mais pour draguer c’est tellement facile.
J’apprends que lui aussi vient d’arriver de Lyon pour un stage sur Paris. Il doit descendre juste une station après moi. Cela commence à faire beaucoup de points communs. Je descends à ma station. Je lui fais un signe de la main en battant des cils. Sur le quai, je me retourne pour un dernier coucou. Il sort du métro : « je pense que ça me ferait pas de mal de marcher un peu ».
On marche, on papote, on stagne cinq minutes là où nos chemins se séparent. Chabadabada. On se fait la bise pour se dire au revoir, on part dans des directions opposées. Chabadabada.
Je compte jusqu’à deux. Je me retourne, il était toujours au même endroit, à ne pas savoir quoi faire. Chabadabada. Je fonce sur lui : « tiens prends mon numéro ». Il tente de me rouler une pelle, je lui fais la bise, plutôt. Je rentre me coucher.
Je suis une missionnaire de la drague, je l’avoue.
Classé dans Marion et ses bêtises | Commentaires (12)La mort téléphonique
A 16 ans j’ai été frappée d’une sorte de malédiction. Je rencontrais un garçon, en boîte de nuit évidement, je ne draguais pas au lycée, il ne faut pas déconner avec ma timidité. On allait boire un verre, mater un film au cinéma. On discutait, on rigolait, j’avais le cœur qui s’emballait s’il me prenait la main, j’analysais le moindre geste, et j’en faisais un compte rendu à mes copines, avec force de détails et d’extraits de conversation.
Puis. Puis. Puis plus rien. Il disparaissait de la circulation. Ne répondait plus aux SMS, vu que je n’osais pas téléphoner. J’avais appelé ça la mort téléphonique.
Le plus grand et le plus fort de tous s’appelait Thibaut. Rencontré au hasard d’une soirée. Il était beau, il était drôle, il sentait bon la vodka coca. J’avais décidé que c’était l’homme de ma vie. Pas de suite dans la soirée hein. Mais après, quand on s’est revus, même s’il ne se passait rien de folichon, juste parce que je l’avais croisé dans mon bled paumé à un concert pour la fête de la musique alors qu’il n’habitait pas vraiment dans le coin. Parce qu’un hasard pareil c’était un signe vous comprenez. J’étais en fin de seconde, il m’en fallait peu.
Puis il me fait sa première mort téléphonique. Je suis effondrée, je maudis ces salauds de mecs, ces lâches sans scrupules. De Tiébotoi, surnom inventé avec Dassou un soir d’imitation d’accent italien, il devient Tiélachetoi, alias TLH, acronyme que j’ai inlassablement griffonné sur tous mes cahiers de l’époque.
L’année suivante, je l’ai recroisé, par hasard encore. Re homme de ma vie, c’était obligé ! Après un an, se retrouver comme ça, cela ne veut pas dire autre chose. J’étais en première, il m’en fallait toujours très peu.
Il a en quelque sorte popularisé le concept. La terrible mort téléphonique. Grâce à lui j’ai pu dire pendant mes années lycée que les mecs étaient lâches et cons. C’est rassurant de voir que je ne change pas finalement.
Il y en a eu plein d’autres de morts téléphoniques en plus : Alcool, t’es mon seul grand amour, les autres se sont tirés ! (cf Marina Foïs dans Filles perdues cheveux gras) Et Mickael et Thibaut, et Gérald, et Aurélien…Hips !
L’enfer absolu sur terre. Le pire c’est qu’à l’époque on pouvait disparaitre purement et simplement : on ne se connaissait ni d’Eve, ni d’Adam. Aucun pote en commun, pas encore de visibilité numérique pour se trouver sur Facebook. Pire on n’échangeait même pas nos noms de famille. Il suffisait juste de cesser de répondre à quelqu’un pour disparaître de sa vie.
Et toi derrière le téléphone tu attends des réponses qui ne viennent pas, tu n’as plus qu’à faire ton deuil de tes espoirs.
Aujourd’hui si je rencontre un mec, j’ai très vite son Facebook, son numéro, son mail, son MSN. Je peux même Googler son boulot et obtenir son adresse pro. Il faut dire que dans une autre vie j’ai fait mes armes au KGB. J’ai aussi très certainement des amis communs avec lui. On est hyper-reliés dans le fond.
Mais cela n’empêche personne de faire de la mort communicationnelle. (Notez le subtil changement de terme.) C’est toujours le pire truc au monde d’ailleurs. Car l’espoir tue.
On envoie un message, quelque soit le canal, et l’on attend. Inexorablement on attend. On n’attend pas que le monde change, non, on attend juste une réponse qui des fois ne vient pas, et ne viendra jamais.
Alcool, t’es mon seul grand amour…
Célibataires perdus, cheveux propres.
Classé dans Réflexions métaphysiques d'une écervelée | Commentaires (23)Sur Facebook, du nouveau
C’est la nouvelle de la journée sur les blogs, Facebook intègre désormais une messagerie instantanée. Elle marche assez bien en plus. Sobre comme un Gtalk, avec la quantité de contact d’un MSN bien fourni, et donc tous nos champions et nos potentiels en date. On va donc pouvoir mesurer lesquels de nos Friends passent leur temps sur Facebook. Niark.
Voilà donc une nouvelle étape dans la Facebook drague.
Avant c’était, je te poke, tu me pokes, je t’ajoute, tu m’acceptes, je t’envoie un message, tu réponds, réponds, et reréponds, et on s’ajoute sur MSN. Oh yeah !
Désormais cela va être, je te poke, tu me pokes, on s’ajoute, on se message. Puis quand on se croise en messagerie instantanée on se lance des « kikoo sa va ? » à la gueule, on se fait de chouettes discussions stériles, et peut-être qu’enfin un jour on passera sur MSN, oh yeah !
Encore un truc qui va me donner des idées d’articles je le sens.
Ceci dit je suis de mauvaise foi. Car j’ai un truc à confesser. Honteux le truc. Moi aussi je drague sur Facebook. Si, c’est vrai. De la manière la plus ridicule qui soit en plus.
J’ai attaqué le vampire de connard Ier avec mon propre vampire. Deux fois. Et même qu’en retour il m’a attaquée avec son zombie.
Classé dans Marion et ses bêtises | Commentaires (13)L’effet robe rouge
En exclu.
Connard 1er m’a donc ajoutée sur Facebook hier. Messages, on convient d’un rendez-vous vendredi prochain (le 2). Monsieur ayant une semaine de « boulot » chargée. Convenons qu’il doit plutôt y avoir une blonde dans les parages.
Pour la petite anecdote, j’étais en rouge vendredi. La fameuse robe rouge, celle avec laquelle ça marche à tous les coups.
Comme je suis en bleu sur mon avatar FB, il me rappelle cet état de fait de la robe rouge dans un message, et me demande si j’ai été traumatisée par les schtroumphs dans l’enfance. Le bleu, le rouge, tout ça. Prépa école du rire pour lui.
Il me confirme d’ailleurs que le rouge c’était « pas mal », qu’il ne faut pas que je me sente obligée de porter du gris surtout.
Grand sondage donc : des idées de couleur pour vendredi prochain ?
Classé dans Marion et ses bêtises | Commentaires (31)Ma fin du communisme
Il y a un an j’entrais dans une phase de transition : toute fin d’école, et recherche d’un avenir, rien que ça. Dossier de master 2, le cauchemar que l’on sait, recherches pour le mémoire, nostalgie des derniers partiels dans ces putains de matières dont on n’a rien à foutre.
C’était aussi les ultimes moments à partager avec les potes. Avec cette seconde famille étudiante qui allait se disséminer à droite à gauche. Week-end en kolkhoze à la campagne, où l’on chantait magiquement autour de cette table recouverte de Pastis. Soirées avec la promo, sous l’orage, pour se dire au revoir après l’ultime examen.
On était une communauté, liés les uns aux autres par un cadre commun.
Puis on est tristement passés à autre chose, avec plus ou moins de mal, en tentant, parfois avec succès, parfois non, de faire revivre cet esprit communautaire : entre chouettes week-end vitamines et réveillon sordide. On s’aime toujours autant, mais juste que ce n’est plus pareil que les emmerdes et l’incertitude ont eu un peu raison de notre insouciance. Et puis, l’avenir bordel.
Ces potes là partis de Lyon, j’ai eu la chance de recréer un petit bout de quelque chose avec ma mafia gay, que je ne remercierai jamais assez d’ailleurs. De m’avoir sauvée d’un guêpier sentimental sordide dans lequel j’ai sauté à pieds joints comme une grande, et d’une solitude presque inexorable. Francky, Charlie, leurs mecs, leur ex et les pelles de l’amitié.
LeGeek, mon padawan, me disait qu’il ne savait pas qui de moi ou de Paris était fait l’une pour l’autre. On ne le saura jamais, mais toujours est t’il qu’ici je retrouve cette douce impression que j’ai eu pendant mes 4 années d’école. Celle qui me dit que je suis là où je devrais être. Et ça, c’est quand même super chouette.
Le seul truc qui me fait bizarre c’est que j’ai l’impression de vivre la fin du communisme en URSS. (Ouais je sais j’ai des références bizarres)
D’une communauté étudiante, soudée, avec ses codes, ses rites, son langage, et mêmes ses pratiques sexuelles, tiens, je passe à l’individu. J’ai successivement un Jod (dépressif) à l’apéro, une Chérie entre deux trains pour l’Allemagne, un Pierrot qui passe à Paris pour un entretien, un Francky en week-end.
Et ça, ce n’est pas vraiment 2.0.
Classé dans Marion et ses bêtises | Commentaires (9)Tout ce à quoi vous avez echappé…
En ne passant pas le week-end avec moi, contrairement à Francky qui a subit mon humour bête et mes petites manies tout le week-end.
L’ultimatum à la supérette
On avait une soirée, donc forcément, je m’arrête à la supérette pour acheter à boire, mais aussi des trucs à manger pour le petit déj. Me voilà donc munie d’une bouteille de vodka, de pains au lait, de thé aux fruits rouges, et d’un tas d’autres trucs comestibles. A la caisse, je m’apprête à payer, quand la dame juste avant moi a failli embarquer ma bouteille en rangeant ses courses. Je bondis, théâtralement désespérée : « Prenez les pains au lait si vous voulez, mais laissez moi la vodka »
Les discussions de gens bourrés :
Je ne reviens pas sur mon honteuse séance de drague lourde. Mais dans la soirée, avec Francky, on a aussi parlé avec des gens. Des sympas, des drôles, des vieux, des jeunes. Au milieu de tout ça, une nana complètement bourrée, qui ne semblait plus trop savoir où elle habitait, ni qui elle était. Elle commence à me lancer sur le Web 2.0, dont elle ne savait strictement rien. Je tente de lui expliquer le concept de communauté, de réseaux sociaux, de personnes, d’Influenceurs. Au bout d’un moment, comme on arrive plus à communiquer, elle tente une vanne : « mais tu es une chasseuse ou une pisteuse de tête ? ». Voulant en finir au plus vite, j’ai sorti spontanément ma plus belle, à ce jour, reprise d’une réplique de film : « Non moi je suis une suceuse de queues ». (Tirée de la toute dernière réplique du film Muriel, passé récemment sur la TNT)
Elle devient juste verte. Francky est mort de rire, et moi de même : « Bon on va fumer une cigarette ? »
Les joies du métro, le retour de la vengeance
Samedi, minuit et demi. Une ligne de métro, Francky et moi sur les strapontins, on papote et on ricane. Il y a un vieux dégueulasse avec une cigarette en face. A un arrêt, un choupi mimi monte avec une grosse valise. Il pose sa valise pile devant mes genoux encollantés entre mon short et mes bottes. Vieux dégueulasse : « Enlève ton truc là, tu me gâche la perspective ». Je regarde le choupi mimi d’un air atterré. Il pousse un peu sa valise. Et le vieux dégueulasse se lance dans une diatribe d’un quart d’heure en parlant très fort : « c’est la plus belle perspective que j’ai jamais eu, raaaah, la plus belle perspective, raaaah, ça c’est d’la femme ». Je regarde Francky d’un air désespéré : « Putain il a pas beaucoup vécu alors. » Les cinq ou six personnes autour hallucinent proprement. Ces trois stations ont été les plus longues de ma vie. Berk.
Le dimanche matin, pour me faire peur, Francky me réveillera avec un « raaaaah c’est la plus belle perspective que j’ai jamais vue, raaaah » criant de vérité.
Marion, école du rire, level 1, dans le métro :
Francky : « Tu crois qu’on va avoir le droit à l’accordéon dans cette rame ? »
Moi : « ou à une grosse trompette ? »
Francky : « … »
Francky : « Donc on prend la 6/ Nation »
Marion : « tournoi ? »
Francky : « … »
Bon en vrai, on a aussi fait des vrais trucs, comme se promener, me faire perdre un poumon à Montmartre, prendre le soleil, manger des crêpes, boire de la bière, chanter du Marc Lavoine.
D’ici quelques mois Francky sera sur Paris et cela va être une énooooooooorme….teuf.
Classé dans Marion et ses bêtises | Commentaires (16)How I met your boyfriend
Ou plutôt ton connard de petit copain.
Hier c’était l’anniversaire de Damien. Pour situer, j’ai connu Damien en vacances, j’avais quelque chose comme 16 ans et on est tombés l’un sur l’autre dans un After glauque, on a donc fait un nombre incalculable de soirées stupides les années qui ont suivi. On avait même organisé un faux mariage de lui avec Dassou, moi en guise de curé, histoire de bien rassurer ses parents sur son statut de vieux garçon.
Donc une soirée chez lui, même s’il a la trentaine très bien tassée, on y va en mangeant une belle assiette de pâtes avant pour prévoir le choc.
Sur place, aussitôt arrivée, munie de mon Francky national, un mec du genre canon me dit bonjour, et commence à plaisanter. La soirée se présente bien, je fais un tour, je nous sers à boire, on grignote un peu.
Le mec canon est vraiment canon, brun, la peau mate, bien foutu à vue de nez, et des yeux incroyablement bleus. J’aime bien les garçons aux yeux clairs, cela me permet de leur dire tous les trucs improbables que les Aldo Maccione de seconde zone m’ont déjà dit à propos des miens. Même Francky, dont ce n’était pas le genre du tout, a reconnu qu’il était tout à fait praticable. Il était hélas accompagné de sa copine. Blonde, un visage de poupée, des gros nichons et une peau magnifique. Autant dire que je ne tiens absolument pas la comparaison. Il faut être réaliste.
Mais voilà, il était du genre connard. Un connard sociable en plus, avec une tendance à discuter avec tout le monde en laissant sa copine, moins sociable pour le coup, dans un coin avec un verre de jus d’orange.
Forcément on en arrive à papoter tous les deux. On découvre qu’on a fait la même école, moi à Lyon, lui à Grenoble. On a même des souvenirs communs de tournoi sportif inter école en 2004, j’étais alors une jeune première année toute innocente et lui un quatrième année en fin de parcours. Il se trouve aussi qu’il est prof d’une matière horrible dans la version parisienne de mon ancienne merveilleuse école, et donc une version ou on est censé être vraiment cultivé, et vraiment intelligent. Ceux qui savent de quoi je parle comprendront, les autres s’en prendront à Google et ses mystères.
En plus il travaille également dans une des plus hautes institutions de l’Etat Français.
C’est donc très facile de le chambrer sur son statut de mec chiant : « Francky, Francky, il est prof de politiques comparées ha ha ha », « et donc tu ennuies tes élèves ? ». Il me chambre sur mon statut de stagiaire. Bon esprit.
On continue la soirée, il retrouve sa blonde, qui commence à franchement faire la gueule. Damien sort le champagne, on papote, on socialise.
Je retrouve mon connard préféré dans la cuisine. Je lui fais remarquer qu’il n’est pas très sympa avec sa copine.
« Mais j’ai le droit d’être sociable non ?
- Ouais mais je connais plein de couples qui s’abandonnent pas de la sorte, même sociables.
- Mais tu fais pareil avec ton mec toi. »
Oh merde. Si c’est une feinte c’est très bien joué. Je lui explique que non Francky n’est pas mon mec et qu’il me manque un certain appendice pour ça : « Ah d’accord, c’est pour ça que je jouais le mec poli avec toi en fait ».
Oh le beau salaud. Rassuré sur mon statut marital, il me demande où j’habite. Pas très loin de lui en fait. Dans ses yeux je vois une lueur diabolique s’allumer, qui dit « Chouette un plan cul à proximité ».
Je continue ma soirée, je discute avec des gens saouls, j’attaque le Rhum. Puis, idée subite, j’attrape un petit bout de papier je note mon prénom et mon nom de famille, suivis de la mention Facebook. (Notez à quel point je suis geek, je ne donne même plus mon numéro, je pense directement à FaceBook). Sur le dos du papier, je griffonne un mot d’humour : « l’essentiel c’est de participer… Les JO c’est bientôt non ? ».
Je m’adapte à ma cible, comme toujours. Face à un mec visiblement cultivé et intelligent, j’essaie la touche d’humour. Le jour ou je drague un Geek, promis je parlerai jeux vidéos et serveurs.
Pas de chance, il me devance : dans un coin, il me dit « Faudra qu’on aille boire un verre », suivi de « tu me fileras ton numéro ». Je rigole, et je lui donne mon petit papier.
« Mais Marion, pourquoi Facebook ?
Comme ça on pourra toujours dire que c’est juste pour échanger nos réseaux pro… »
Sourire carnassier de sa part.
On poursuit la soirée, on socialise, je le remarque au loin me lancer des regards (pardonnez moi l’expression) qui sentent le cul au dessus de l’épaule de sa copine. Elle commence d’ailleurs à me regarder d’un air vraiment mauvais.
Fin de soirée, avec Francky on décide de rentrer. Il nous dit au revoir, très poliment, limite froid. Il me fait la bise et me chuchote à l’oreille : « je t’écris » et nous lance, complice, une fois qu’elle a le dos tourné : « Oh ça va juste chauffer ce soir »
Voilà c’est officiel on détient le connard de l’année. A la jolie blonde qui l’accompagnait, je voudrais demander de m’écrire, elle aussi, comme ça, on se fera des soirées filles, et on lui trouvera un mec bien mieux que ce goujat.
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