Madame Râteau
Ah que j’aime ce titre.
Déjà parce que j’aime bien me moquer de moi-même, et ensuite parce que le râteau est la chose la mieux partagée au monde. Même qu’il en existe plusieurs types.
Il y a le râteau formalisé : « je veux pas de toi ». Cash, clair, efficace. Pars pleurer dans ton coin.
Il a aussi celui auquel je suis habituée. C’est quand il n’est même pas formalisé, mais que je sais que non je n’y arriverai pas. Et croyez moi, vu ma tendance à me ridiculiser, je sais quand ça marche pas, cela se sent quasi instantanément. En plus, je crains l’eau froide. (Et le râteau aussi.)
Il y a aussi le râteau non formalisé mais qu’on sent passer. Et sans vaseline, s’il vous plaît.
Lors d’une obscure soirée, j’ai roulé des pelles. Notons que comme les contes qui démarrent par « il était une fois », mes histoires à moi commencent par « j’ai roulé des pelles ». Oui, je sais.
C’était avec le garçon à la meilleure technique de drague au monde. Lui-même. Soirée d’agence donc. Situation surréaliste qui fait dire à mes collègues : « merde c’est donc vrai le Marion Style, des trucs cons se passent vraiment ».
Les gars, ce n’est pas ça le Marion Style. La suite y correspond plus, vous allez comprendre. Par un heureux et alcoolisé hasard, ce jeune homme m’accompagne chercher mon sac dans mon open-space. Où l’on a fait du mal à un bureau en roulant des pelles dessus. Par un deuxième et miraculeux hasard, on habite à côté. Par un troisième et non-miraculeux hasard, ce soir là « j’peux pas j’ai mes règles ». C’est toujours quand on tombe sur un mec sexy qui nous fait des frissons de partout que ce genre de truc arrive. Mais peut être que cela ne tombe que sur moi en fait. Bref. On dort, on fait des câlins qui font des frissons partout durant toute la (courte) nuit. Il a une barbe toute douce (depuis je bloque sur les barbes toutes douces) et il porte des slips American Apparel, orange le slip. Il a la classe, convenons-en.
Au matin je rentre chez moi me préparer pour retourner bosser. Je mène l’enquête, je suis l’oeil de Moscou, rien ne m’échappe : ce mec est sorti de nulle part, pas de l’agence, personne le connaissait ce soir là, mais on a quand même un ami commun sur FaceBook. Youhou ! Je lui envoie donc un message drôle et inspiré, rédigé par Mister N lui-même, qui lui proposait un entretien pour discuter des modalités de réparation du bureau. Je vous le donne en mille, il n’a jamais répondu.
Les garçons sans humour sont un fléau.
Parlez-vous le Marion?
J’ai toute une batterie d’expressions que je place tout le temps et selon les circonstances. Déjà que je n’articule pas, et que donc je suis très souvent inaudible, je tiens quand même à révéler les clefs de mon langage à moi.
Quand j’ai décidé d’être peste :
Je fais des comparaisons qui n’ont rien à voir : la présence d’esprit d’une armoire, la spontanéité d’un bulot cuit, aussi drôle d’un frigidaire. Ou encore, je fais des comparaisons qui ont tout à voir : « Alors lui, il fait mentir tout Bourdieu », pour un garçon qui a des parents CSP+++ et qui a oublié son cerveau quelque part. Ou pour une fille vraiment trop bête, blonde de préférence : « alors elle, elle justifie à elle seule toutes les blagues sur les blondes ».
Pour parler des garçons :
Dans mon petit monde manichéen, on trouve des fiottes, les garçons sans courage et les connards, les autres. Au milieu il y a les poulpes, les bestioles gluantes, et les copains gays, qui ne sont pas des fiottes. (Pardon aux amis, tout ça)
Parfois je peux même sortir du champ, pour parler d’un copain très fort physiquement je dirais « alors lui c’est pas une fiotte ! »
Quand je fais une blague pourrie
Soit tout le temps. Je m’excuse après.
Exemple : dans une soirée dans un appart. J’entends « Mets pas Deezer pour faire la musique ».
J’ajoute donc « mets plutôt Onze Heures ». Oui je sais.
Devant les regards désespérés des gens autour de moi et leur « Marion…… » de circonstance, j’ai ajouté, comme toujours dans ces cas là : « désolée ».
Mes cris de ralliement en soirée :
« A pooiiiil », « Paye ta teub ! » « Paye tes plots !»
Désolée.
Je fais « yiiii » aussi, souvent.
Quand je m’énerve :
Un soir je rentrai chez moi en métro, alors que je descends un escalier, je croise un groupe de mec qui montait. J’étais en mini robe, ils ont commenté « Oh t’as chaud toi !! ». J’ai donc hurlé : « et ta sœur ? ».
Variante en discothèque, plus comique : « et ta bite sur mon épaule ? »
Mes mots récurrents :
Le célèbre « bite » qu’on ne présente plus. Ainsi que ses acolytes : chatte, couille et nichon.
« Oh ça va hein ! », quand quelqu’un se moque de moi. Je le dis donc très souvent.
« Roulage de pelle », « rouler une pelle », curieusement souvent présent dans mes débriefs de soirée.
« Caliiiiiiiiins », « bissssssouuuuuuus » : je suis bisounours, vous l’ignoriez ?
« Non mais attends », tic de langage horripilant, vous m’en voyez désolée.
Je dois bien en avoir d’autres, mais ce sont ceux qui me viennent à l’esprit spontanément.
L’art ancestral et délicat de l’esquive
Pendant la mythique soirée de vendredi, Damien nous a dit « Ah les filles j’avais oublié à quel point vous étiez cons quand vous êtes toutes les deux ».
Cons, bêtes, gratuites, et tout ce que vous voulez. Du genre à chanter toute la soirée « Brazil, la la la la la la » sans raison vraiment définie. Bref.
On attire aussi tous les mecs collants de la soirée, Damien craquait à la fin « j’avais également oublié à quel point les mecs sont relous ».
Il faut le savoir : virer le mec relou, c’est un art ancestral quasi impossible à réaliser.
La première technique spontanée, c’est l’esquive. Dassou se faisait poulper, oui, du mot poulpe, par un obscur garçon. Elle fuit. Dix minutes plus tard, il revient à la charge « Marion, au secours, il me poulpe ».
Bon, on décide de changer de méthode. Partant du principe qu’il n’y a rien de tel pour faire fuir un mec que de lui faire peur, je m’y attelle.
En effet, j’ai déjà viré un relou en lui disant de lâcher l’affaire parce que j’avais une mycose/des champignons/de l’herpès, et que donc c’était dangereux. Il avait détalé sans demander son reste. Là je décide donc d’employer les grands moyens : « Hé ! Lâche l’affaire, c’est un transexuel pas opéré, avant on l’appelait Julio ». Dassou prend tout à coup l’accent brésilien pour appuyer mon propos.
Le garçon part, on croit avoir réussi. Manque de bol, dix minutes plus tard il revient. Grands moyens bis, on décide de dire qu’on est lesbiennes.
J’arrive donc en courant, en alpaguant le malheureux : « Hé toi, lâche ma femme ! ». Notons que je me comporte comme Josianne Balasko dans gazon maudit, la batte de criquet « légèrement plus contondante qu’une batte de base ball » en moins, mais qu’avec ma mini robe et mes talons, j’étais tout sauf dans le personnage.
D’ailleurs, je déconseille la technique du « on est lesbiennes, on n’aime pas les mecs », cela n’a d’effet que d’exciter le chaland, et on se retrouve vite avec quatre garçons autour de soi, comme si le relou se multipliait comme des Mogwais.
Au final, c’est Dassou qui aura le dernier mot : « Mais qu’est ce que tu me saoules toi ? Je n’ai pas envie de te parler, tu comprends ?! JE VEUX PAS TE PARLER! ».
Parfois, le plus simple est le meilleur.
Les soirées avec Dassou, c’est toujours un succès
Je sors de l’agence en frétillant. Mon premier bébé web est sorti, wouhou, et elle arrive. Dassou est dans le train. Elle va arriver Gare de Lyon. Je cours, je saute, je vole jusqu’à chez moi. Je chope Dassou au métro, on pose sa valise, on perd pas de temps. On court, on vole, on fonce vers Bastille.
Happy Hour. Le Barman râle parce qu’on arrive juste avant la fin. On a quand même nos mojitos, Dassou a agité ses cheveux blonds en faisant « Yiii », redoutable. On discute avec des habitués. Le barman est grognon, nous dit qu’il est débordé et que pour (re)commander ça va être long.
Je lui dis ne de pas s’inquiéter, car plus c’est long, plus c’est bon. Il rigole, Dassou de même. Nos shooters arrivent très vite finalement. On change de bar, on discute, on rigole, je lui raconte mes bêtises parisiennes que je n’avais pas eu l’occasion de lui dire de vive voix.
Je lui avais réservé une surprise. Elle a une sainte horreur des soirées déguisées. Enfin, à vrai dire, cela lui fait peur. Pour la peine, je l’emmène à la « Nan mais tu vas pas sortir comme ça ?!! ». Improbable soirée dans un bar, dont le thème est toujours de se dire qu’on ne sortirait jamais comme ça.
« Marion, c’est déguisé ?!
- Oui, tiens j’ai des accessoires ».
Je sors deux paires d’oreilles de lapin de mon sac. Hi hi hi.
Je croise des blogueurs, (Davidous, Po et Lys (des desperate singles)). Si tu ne vas pas à la blogosphère, la blogosphère vient à toi.
Bière. Dassou a peur. J’lui présente Flo, qui porte un tee-shirt et juste un porte jarretelles avec des grandes chaussettes. Le cauchemar de toutes les mamans du monde : « Mais ma fille ? Tu ne vas pas sortir comme ça ? ».
« Toi c’est Dassou ? » « Toi c’est Flo ? »
Ah bah j’avais balisé le terrain, yaha!
Bière pas chère, wouhou ! J’enfile mes oreilles, dans les starting-blocks, prête, ready, en position, yaha !
Un garçon est déguisé avec plein de fleurs, je lui demande si je peux lui faire une fleur. Il me répond que c’est la première fois qu’on lui fait celle là, et il apprécie l’originalité. Je lui demande à qui il compte offrir sa petite fleur. Il trouve cela moins original, forcément.
Il engage la conversation avec Dassou, il nous offre une bière. Il ne boit que du coca, on insiste pour lui offrir un coca. Il refuse. Il est déçu d’apprendre que Dassou n’est là que ce week-end. Comme Dassou fait des études pour devenir huissier, je lui dis : « Bah maintenant la seule solution pour la revoir, c’est te mettre ton entreprise en faillite » Dassou éclate de rire, lui un petit peu moins.
Je vois un des organisateurs de la soirée, qui est mon Copain de problèmes d’élocution. Il parle vite en chochotant, je parle vite sans articuler, cela crée des liens. Il me demande pourquoi je raconte tout ça sur mon blog, et où j’en suis avec mes 5 mecs.
Hum. Il ne sait pas lire, définitivement.
« mais, euuuuh, j’écris sur mon blog parce c’est drôle, et puis j’ai pas 5 mecs en rotation,tu sais pas liiiiiiire, yiiii »
(Oui je fais des « yiiii » moi aussi)
Pas de chance, on en arrive à discuter du « Non mais tu vois Marion, pour que nous les parisiens sortions avec une fille faut qu’elle soit comme ceci, comme cela, et pas comme ça, ça et ça ». Le malheureux. Il n’aurait pas du dire ça. Il a réveillé le monstre, la combattante qui sommeille en moi. La bête immonde qui redresse les torts à coup d’épée.
Il a lancé Marion la Walkyrie. Je sors mon épée, je hurle qu’il est un cochon machiste ; je lui tranche la tête, et je me ressers une bière pour la peine. Yaha !
Flo roule des pelles. Walkyrie Marion va voir l’impudent pour le questionner : « Et quelle est ta conception des rapports homme/femmes ? Et sur une échelle de machisme sur dix, tu te situes où ? Hein ? Et ta maman elle est féministe ? »
« Flo, elle me fait peur ta copine… »
Bref. Je retrouve Dassou :
« Mariiioooon, yiii, il te dit pas quelque chose le mec là ? ce n’est pas le frère d’Amandine ?
- Dassou t’es bourrée, qu’est ce qu’il foutrait là ? ».
Pour situer : Amandine est une copine de collège, de notre banlieue lyonnaise, avec laquelle Dassou jetait des tomates sur des voitures et piquait des seaux et des pelles dans des jardins d’enfants.
Le mec vient me parler : « On se connait non ? »
- Merde… t’es le frère d’Amandine ?
- Oui !
- DASSSSSSSSSOUUUUUUUUUUUUUU ! Yiiiii ! Tu avais raison ».
Small World.
Je pars sur la piste, Flo roule des pelles. Je montre des dents. Flo veut se débarasser de son roulage de pelles . Je le menace à l’épée. Il s’en va, penaud.
Ils passent « Résiiiiiste, prouve que tu exiiiiistes ». Fort à propos. On chante, on crie. On Yiiise.
Un mec à la barbe toute douce porte un Stetson en paille. Je lui échange contre mes oreilles. Il trouve qu’elles vont mieux à moi, même si je porte bien le Stetson.
Fin de soirée. Dassou « Oh mince c’est fini ? On va manger ? »
Trouver manger vite.
Des garçons déguisés en révolutionnaires sortent en même temps que nous. On chante l’Internationale.
On ne trouve pas à manger. On pleure, on crie famine, on se roule par terre, on yiise, bon on rigole aussi. On rentre chez moi. Je fais des pâtes, amoureusement.
On fait de beaux rêves alcoolisés.
I’ll be back soon
Merde, je n’ai pas écrit depuis 4 jours. Bon, rassurez vous, je suis en vie, je n’ai tué aucun garçon, ni aucun coiffeur. C’est juste que pas trop sortie ces derniers temps pour cause de rapport de stage. (Berk et re berk)
La grande nouvelle c’est que l’immense Dassou vient demain soir pour deux jours. Deux soirées. Pour la petite histoire, Dassou c’est ma meilleure pote depuis la maternelle, et quand on nous lâche en soirée toutes les deux, on est ingérables et puis c’est tout. (Elle est là)
De nouvelles aventures bientôt donc.
