Ma seconde famille
En novembre j’avais dressé un portrait de mes amis de promo. Greg, Gautier, Pierrot, Jod, Chérie. Nous nous étions retrouvés à la sortie de notre semestre à l’étranger, et miracle des miracles, alors qu’on ne se connaissait pas tous, on s’est mis à se marrer comme des cons tout le temps.
Là ou j’ai encore eu plus de chance, c’est que cette formidable entente a évolué en une formidable bande de potes.
Enfin, mieux que des potes, c’était un peu une seconde famille. On se retrouvait toujours chez Greg et Gautier pour manger des pâtes, boire le rouge dégueulasse de Pierrot, faire des pré soirées, rire des énièmes saloperies affectives de Jod, des petites copines compliquées de Greg, et des exemplaires du Monde qui traînaient dans la chambre de Gautier.
Ensemble tout était possible, les meetings de Ségolène, organiser un open-bar ou bien un gala à pas cher, partir en week-end à la campagne, chanter pendant des heures, se mettre à mal avec les voisins, gérer nos multiples problèmes relationnels.
Se retrouver dans le hall de l’école les lendemains de soirée, tous un peu pâles, se faire chambrer car on a encore embrassé n’importe qui, surtout moi, et en rire.
Une année scolaire magique pendant laquelle je disais tout le temps : « les quatrièmes années sont sympas » et qui me laissera des souvenirs impérissables.
Hélas, avec Jod à Paris, Pierrot à Grenoble, Gogo et Chérie à Strasbourg, Greg et moi à Lyon, j’ai la vague impression que c’est la fin d’une époque, qu’on ne vivra plus jamais les uns sur les autres à l’avenir. Sauf si la trentaine passée on décide de partir vivre en phalanstère à la campagne, mais j’en doute.
Heureusement, il reste les week-ends et les vacances afin qu’on fasse perdurer cet esprit pendant longtemps.
Je vous aime les chéris, la quatrième année me manque déjà.
Il est dégueulasse
Jod est le mec le plus ignoble que l’on connaisse. Un salopard de la pire espèce prêt à dire « je t’aime » à une fille afin de coucher avec. (véridique)
L’an prochain, si tout va bien, c’est mon colloc’. Je m’imagine déjà en train de consoler de pauvres filles éplorées, ou encore de proposer un café à celles qui, toutes honteuses, sortiront de sa chambre les lendemains de soirée.
Quoi qu’il en soit, il nous fait mourir de rire avec ses conneries. Il a frappé très fort jeudi dernier, à ramener un machin pour lui faire des choses sales.
Hier il a commenté :
« Putain quand je me suis réveillé, j’avais encore ma chemise et mes chaussettes! «
Un jeune homme talentueux
Un peu de pub ne fait pas de mal.
Allez voir ce jeune homme talentueux :
(Allez y je vous dis, j’ai pas couché avec, c’est un gage de qualité!)
Gogotango
Si je sors ou couche avec des tringles, j’ai quand même une belle brochette de vrais mecs bien dans mon entourage : mes potes.
Parmi eux il y a Gautier, alias Gogo (ou Gogotango).
Gogo cherche l’amour mais il est super timide : s’il y a une bombasse sur son canapé, grand gentleman il va se tenir à distance. Si une fille lui propose un rendez vous, il faut que je le traite de fiotte pour qu’il daigne oser une date.
Quand je lui propose une fille en sacrifice il me dit « non je suis déjà sur celle là » (laquelle n’est même pas à la soirée). Si une fille l’attrape sauvagement en soirée, il décline la suite, même un ridicule café l’après midi, car il n’est pas amoureux.
Vous l’aurez compris Gogo est un idéaliste, un rêveur, un mec gentil comme on n’en fait plus.
C’est aussi un futur grand journaliste, un touche à tout du moment qu’il y a du sens dedans : photos, radios, journaux, tout est bon. En ce moment il fiche le Monde, il ne se fiche pas du Monde, il veut ses concours d’École de Journalisme et il les aura.
C’est donc un portrait petite annonce : Jeune homme attentionné, mignon et passionné, cherche jeune fille du même acabit qui saura prendre les devants.
Super Amant
Note préliminaire : Hier soir j’avais une réunion de la-merveilleuse-association-d’aide-aux-étudiants-internationaux à laquelle j’appartiens. Nos réunions sont toujours passablement arrosées donc j’étais plutôt éméchée quand je suis rentrée me coucher. Mais avant de me coucher, j’ai été prise d’une furieuse envie d’écrire un article, cela a donné un truc un peu décousu mais assez juste que je vous livre ici.
J’ai un super amant, on ne s’est pas vus souvent mais je trouve que le terme lui va bien. On s’est connus trois ans auparavant en vacances, on s’est connus plus intimement un an plus tard toujours en été.
Il a tout pour me plaire : grand, brun, la peau mate, la mâchoire carrée et la voix grave (moi ? aimer les caricatures ? jamais !).
Il a aussi tout pour déplaire : il aime beaucoup trop l’alcool, la fête, les femmes, le sexe, l’argent. Il a un enfant illégitime, des trucs illégaux dans la poche du jean et des problèmes d’interdit bancaire. Cela doit être un gros enfoiré affectif aussi.
Mais avec lui, cela a été instantané, je le voulais, il me voulait, zéros chichis.
Il était à Lyon avant que je m’exile en Angleterre pour six mois, mais je n’ai jamais osé relancer, trop peur de virer accroc.
Mais depuis juillet, j’ai plus peur : on s’envoie des SMS, des MMS (cf : « MMS moi ! »). On essaie de se voir, sans succès. Car il est imprévisible et incompréhensible. J’en attends rien, si ce n’est de le revoir juste une fois, histoire de.
Samedi, soirée à la con chez Greg et Gogo, on est épuisés mais on écoute de la musique de merde dans le salon. On se couche relativement tôt moi je squatte pour le week-end donc j’investis le canapé.
2 heures du matin : SMS de Super Amant : « T’es où beauté ? » (Notez l’emploi astucieux de la flatterie)
Ce con est à Lyon, il veut m’embarquer en boîte et plus. Moi je suis en pyjama (ridicule le pyjama), crevée car en vadrouille toute la journée et couchée très tard la veille. Très peu apte à faire des folies de mon corps, sur le dance-floor ou ailleurs. Je le repousse poliment, il s’acharne quand même, je coupe mon portable en désespoir de cause.
Blasée malgré tout.
L’an prochain si tout va bien, on sera dans la même ville. Mais ça, je ne lui ai pas encore dit.
Acoubayo Team
Avant de raconter les vacances, il faut que je raconte ce qu’est le Acoubayo Spirit, car c’est par là que tout commence.
Au commencement il y avait Romy et Marion. Compères de toujours et camarades de mini jupes.
Août 2002 : Samedi soir de vacances, Romy fait Sue Ellen, elle noie son chagrin de midinette dans la vodka pour oublier le mec qui veut pas d’elle. On rencontre une troupe de mecs complètement secs, super drôles. Le lendemain on les revoit à la plage. Ils nous invitent à un apéro le soir même. Un biskit. Un jeu d’alcool super drôle. On fâche les voisins, car une dizaine de garçons dans un appartement c’est bruyant. Fin des vacances, on se reverra sûrement l’an prochain, même heure même adresse.
Août 2003 : Du groupe de mec de l’an passé il reste Thomas, qui nous présente Julien son pote de toujours. Grosses soirées sur la plage, dernier soir on se fait un mexicain, nachos et cucaracha. On migre chez eux pour un biskit. Le premier qui a vraiment pris une dimension mythique. On termine en sous vêtements à se recouvrir de mousse à raser.
Août 2004 : Romy est amoureuse, Julien s’entraîne. Restent Thomas, Céline une nouvelle venue, ainsi que moi. Je suis là que une semaine. Gros n’importe quoi. On engrène même Romy et son copain à la Féria de Béziers. On montre nos parties génitales dans la rue, on s’asperge de sangria et on échoue sur une plage naturiste. Un biskit, c’est rituel. Les sous vêtements valsent, plage naturiste encore.
Novembre 2004 : Julien vient vivre à Lyon. Thomas descend un week-end. Soirées monstrueuses, apéro, boîtes et kolkhoze à 5 dans un studio.
Août 2005 : la naissance du concept, trois filles dans un appart, les mecs pas loin. L’Acoubayo spirit s’empare de nous. Biskits survoltés et n’importe quoi. Défi : « Ce soir on va au Bora et on se fait virer car on aura trop fait n’imp’ ». Raté ! Acoubayo yo, cri de guerre pour jeunes assoiffés, mais aussi concept de vie. Lendemains de soirées où on rigole encore de nos bêtises.
Acoubayo team, c’est nous, Ju, Thomas, Dassou et moi. On se voit pas souvent finalement, mais quand on se voit c’est « grosse caisse », gros n’imp et phrases cultes. Un concept avec ses rendez vous, comme le Acoubayo week end, l’engrène du n’importe quoi fin juin, les biskits, les anniversaires…
Il y a un consensus Acoubayo team, entre nous, pas de cul, rien de rien. Mais, car dieu merci il y a un mais, on se tape les annexes. Toutes mes copines y sont passées : Katia, Céline, Sandra, Céline (une autre), Emilie… Leurs potes aussi : Thimothé, Ben, Jb, Cyriaque, Flo la fiotte.
Cette année, on s’est fait une seule vraie soirée. Mais quelle soirée !
Bref on garde nos rendez-vous, et à l’avenir que l’on soit en couple, rangés, casés,à l’étranger ou toujours les mêmes. Puisse le Acoubayo Spirit vivre longtemps !
"Gweg"
« C’est l’histoire d’un mec »
Je cite Coluche parce qu’il en est fan, mais c’est plutôt une histoire tout court.
Premiers jours en 1ère année ( dans la sacro sainte école dans laquelle je suis entrée par un presque miracle, c’est-à-dire réussir le concours grâce à une bonne note en histoire, une épreuve sur un bouquin dont les questions tombent sur les rares passages que j’ai approfondis et un tout pour le tout en anglais où j’ai misé sur l’humour) : je suis à la bibliothèque une fille vient me parler : « Marion tu te souviens de moi ? » « Uh ? ». Je tente de situer… Il s’agissait d’une fille qui habitait à côté de chez moi, on s’était connu en fréquentant le même cours de Modern Jazz quand on était en Troisième.
Chic une tête connue dans ce lieu encore inconnu ! Elle me présente Greg, avec qui elle a fait 3 semaine de prépa droit avant de savoir qu’elle avait eu ce foutu concours.
La première fois que je le vois, il courrait chez lui car il avait oublié de donner son sandwich à sa copine, avec laquelle il vit. Il nous parle aussi de son projet de créer une association pour s’occuper des étudiants étrangers de l’école. Ambitieux pour un première année fraîchement arrivé.
Peu de temps après on arrive tout les deux en amphi, plus de place près de notre amie commune, on se retrouve tout au fond. Du haut de l’amphi on entendait vaguement que le prof d’Economie Politique nous parlait de l’élasticité de la demande, et qu’il s’agitait au tableau à dessiner des courbes et des équations. On n’a pas suivi grand-chose, on s’en cognait complètement, on a passé le cours à se marrer comme des cons à cause de l’agitation frénétique du prof.
Les sales gosses…
Peu de temps après, arrive le week-end d’intégration, rituel obligé pour tout première année qui se respecte, pour se faire intégrer par les anciens et aussi tester l’endurance de son jeune foie. Greg avait entreprit une blonde avec qui il ramait visiblement, (mais n’avait t’il pas une copine ?), je décide donc d’éclaircir la situation et débarque tout sourire avec deux vodkas pomme (Open bar le week-end bien évidement), pour les dérider un peu. Au final, ma mission aura été accomplie, il l’aura chopée en bonne et due forme.
Après cela, je fais la fouine, il a théoriquement une copine, pire il habite avec, bref je comprends pas. Il me raconte donc ses malheurs sentimentaux et ses grandes bêtises, je lui raconte mes histoires à la con et lui chante mes chansons débiles, le tout en s’abreuvant de vodka pomme.
En suivra une longue amitié qui dure toujours, sur fond de glandouille en amphi, d’errances dans les couloirs, d’accueil des étudiants étrangers, de shopping en ville, de soirées, de vodka pommes et d’obsessions sentimentales, pour lui comme pour moi, mais surtout pour lui.
Greg c’est le mec qui débarque dans le bureau de sa banquière avec un grand sourire, il en ressort avec un « arrangement » pour son découvert, 500 euros de subventions pour une assoc’, ainsi qu’une pipe en prime.
Il tombe amoureux aussi, tout le temps, n’importe quelle fille qui passe, pour peu qu’elle soit mignonne et abonné à Libé, c’est la femme de sa vie. Dieu sait qu’il y en a eu beaucoup, généralement cela se termine par nos échanges d’emails, lui désespéré et moi tentant de lui prouver par A+B qu’il mérite mieux qu’une pétasse narcissique. Mais inlassablement il recommence, acharné et patient. Rêveur devant l’éternel.
Qui se souviens du nanard de première classe « Les charlots contre Dracula » ? Je pensais être à peu près la seule, mais il y a environ un an et demi j’ai découvert qu’il s’en souvenait lui aussi, mais qu’on se partageait également la même réplique cultissime : « Attention Dracula ceci est un saucisson à l’ail ! », avec un des Charlots qui menace Dracula d’un saucisson.
Il sait très exactement quel genre de mec j’aime, quand il en voit un et que je le vois aussi. Il prend son pop corn et un jus d’orange (il aime pas le Coca) et s’installe confortablement dans un fauteuil, histoire de ne pas perdre une miette du film.
Pour toutes ces raisons, mais aussi pour beaucoup d’autres, je lui dédie cet article, car mon « Monde Tranquille » ne serait pas ce qu’il est sans cet espèce de cinglé irrationnel.
NB : Le titre ne contient pas de faute de frappe. Greg est également parti en Angleterre. « Gweg », c’est juste une blague de merde de ma part, pour décrire la façon dont on allait le prénommer pendant 6 mois!
