Le plan cul expliqué à ma grande soeur
Ma sœur lit mon blog. Pour plein de raisons, d’abord parce que je lui ai filé l’adresse. (Comme à mon grand frère il y a peu). Aussi parce que comme ça elle peut rassurer Papa qui s’inquiète sur mon célibat. Quoi que je doute que lui dire que je suis une croqueuse d’homme le rassure beaucoup, mais au moins ils savent que je m’emploie à ne pas finir ma vie dévorée par mon chat.
Elle dit lire ça “comme un roman”. Forcément, on est pas de la même génération, je suis sa petite sœur, il y a des choses qui sont un peu hors de son champ de compréhension.
Il faut savoir que je n’ai jamais présenté un seul mec à mes parents. Faut pas déconner, j’allais pas présenter le pompier blond avec lequel je sortais quand j’avais 17 ans.
“Maman, je te présente pompier blond, le mec avec qui je vais au ciné une fois par semaine depuis 9 mois et avec qui on fait rien d’autre”. (Je vous raconterai un jour promis)
Ou encore Sexy Bâtard, sur la plage quand j’avais 20 ans :“Maman, je te présente Sexy Bâtard, je l’ai aidé à siffler une bouteille de vodka mandarine hier soir….Il me surnomme “ma petite salope?”. Oui Maman c’est affectueux”.
Puis je n’allais pas non plus lui présenter des mecs qui allaient se volatiliser 3 jours plus tard.
Ma sœur suit donc avec assiduité mes aventures. Suite à l’histoire de la potée, elle m’a envoyé un mail à propos du Cadeau en me disant “épouse le de suite!”. Forcément, c’est un garçon qui cuisine. Les garçons non fâchés avec les tâches domestiques sont à épouser. En plus, connaissant mon bordel congénital, elle doit se dire que c’est le meilleur moyen pour que je vive dans un environnement salubre.
Je lui ai répondu que non, je ne l’épouserai pas. Elle m’a répondu qu’elle pensait qu’on sortait ensemble que ça avait pas l’air d’être juste un ami. (Cf potée).
Ma soeur vient de la génération pour laquelle le plan cul n’existait pas. Je suis de la génération pour laquelle c’est une solution satisfaisante à un ensemble de contraintes.
J’avais expliqué au Garçon qui ne promet rien que je pensais qu’une mise en couple était renforcer les contraintes qui s’appliquent à la personne : rendre des comptes, perte de liberté, assimilation de la vie de l’autre à la sienne. Il faut donc être parfaitement sûr que la personne vaut la peine de supporter toutes ces contraintes. Être amoureuse donc. Follement, se dire que c’est “The One” et puis c’est tout, qu’on va l’intégrer à sa vie, et que tout ceci se fera parfaitement naturellement.
Sans déconner, je n’arrive déjà pas à voir toutes les personnes que j’ai envie de voir en une seule semaine, alors si en plus je devais m’emmerder avec un mec que j’aime pas je pense qu’il faudrait que je me jette sous un métro tout de suite, là maintenant, ce sera plus simple. Mon célibat est parfaitement choisi, mieux vaut être seule que mal accompagnée.
Je suis peut être idéaliste, mais au final si à 23 ans je ne croyais plus au Prince Charmant, je n’aurai plus qu’à me mettre en couple avec le premier mec correct qui passe, à vivre une existence sereine, à me coucher tôt le samedi ou à profiter de la mise en couple pour avoir un appartement plus grand. Etc.
En attendant, je bricole, je bidouille, je plancute, je chope, et je m’amuse beaucoup.
On a tous besoin de recharger nos batteries en affection, tendresse, sexe, contact humain de temps en temps. Le Cadeau c’est ça, c’est un garçon qui pense un peu comme moi et qui en profite lui aussi.
C’est le garçon avec qui on se tripote le légume de temps en temps.
Garçons et soutifs
Il y a un apparat féminin qui reste une sorte de mystère insondable pour le mâle moderne.
Ce truc qui enveloppe nos jolis seins, qui les rends pigeonnants, rapprochés, bombés, coqués, recouverts de dentelle, et j’en passe.
Il y a des garçons qui se la jouent à la Joey Tribianni (de Friends pour les incultes) et qui d’un coup, de deux doigts le dégrafent en un temps record. Hop ! Plus rien ! Ils feraient sortir un lapin de leur chapeau que ce serait la même chose.
Il y a les garçons qui maîtrisent le concept, les agrafes dans le dos par exemple, et moins bien la théorie. Donc ils s’appliquent, respirent un grand coup, tendent la langue, farfouillent notre dos, et dégrafent l’intrus, et terminent pas un « Hé oh ! je sais dégrafer un soutif hein ! »
Oui, oui, oui.
Puis il a les garçons pour qui ce truc est un mystère, qui bataillent, trépignent, luttent contre le monstre à bretelles. Cela n’arrive pas qu’aux lycéens de nos années de jeunesse, un garçon qui a eu une fille dans son lit pendant 3 ans m’a dit : « Non mais c’est normal que je ne sache pas faire, une fille maquée elle est tout le temps sans soutif (comprendre au moment opportun), donc tu n’as pas à le dégrafer ». C’est beau la vie de couple.
Il y a aussi les esthètes et les non esthètes. L’esthète, curieux et raffiné, va frémir à la vue d’un Aubade ou d’un Chantal Thomas. Il apprécie la lingerie fine, les jolies courbes et les bretelles bien placées. Le non esthète enlève le bazar et puis c’est tout. Chantal qui ? Aubaquoi? C’est pas un gel douche?
Les temps sont durs pour les soutifs.
L’amour post-moderne
Dans un de ses mails concernant sa Ford Fiesta, Martin Solveig et un garçon avec une barbe douce, Laurent m’avait dit « qui parle le mieux d’amour post moderne que toi Marion ? ».
J’étais restée bête. L’amour post-moderne ? Qu’est ce que c’est que ce machin encore ? Encore un truc opaque donc il a le secret ?
Puis j’ai réfléchi, chose qui ne m’arrive que peu, rassurez vous.
Wikipédia nous dit « La postmodernité est un mouvement philosophique et intellectuel (à ne pas confondre avec le postmodernisme), de la fin du XXe siècle qui tente, après l’effondrement des idéologies de s’inscrire dans le prolongement du structuralisme et du déconstructivisme, tout en critiquant l’héritage du freudisme et du marxisme. »
Une critique des anciennes idéologies ? Moi qui râle tout le temps contre l’héritage judéo-chrétien (dédicace à Francky) ? Formidable.
Mais en amour ?
J’ai réalisé que Garçon Correct était tout sauf post-moderne. Il est même sorti tout droit d’un scénario que Bridget Jones n’aurait pas renié, que Carrie a du voir et revoir. Fin de l’année 1999 tout au plus.
Je prends ton numéro, je te recontacte, je t’emmène au jardin des Tuileries pour une balade main dans la main, je te fais des câlins. Des bisous partout. Je te présente même tes potes. A un moment je me suis même dit : « mais enfin il en existe encore des mecs comme ça ? ».
Puis à la fin je te jette comme une vieille capote usagée au motif que je préfère ma vie de célibataire.
Mister Big lui-même n’aurait pas osé, c’est dire.
N’hurlez pas au connard, je l’ai déjà fait pour vous.
Mais si on remarque la situation, il met une espèce de dichotomie extrême entre « être avec quelqu’un » et « ma vie de célibataire ».Ce qui est Old School, terriblement Old School. Désolée.
Parce que sans être dogmatique, j’essaie parfois, je prêche inlassablement la théorie du bricolage relationnel et de l’amour liquide.
On m’a aussi dit un jour « dans le fond on cherche tous quelqu’un qui nous bouleverse ».
C’est exactement ça, l’amour post moderne c’est bidouiller ses plans culs, ses plans câlins, et ses coups d’un soir. Se dire en rigolant, bourrés, en pleine nuit : « Oh ! et si on jouait à aller aux Tuileries ? ». Où l’on tâte, où l’on expérimente, où l’on touche, où l’on gratte, où l’on piétine. C’est partager ses histoires avec ceux qui vivent presque les mêmes, tout en attendant quelqu’un qui nous bouleverse.
Fin d’une histoire, continuité du reste
J’ai toujours considéré le célibat comme une retraite paisible. Un lieu béni où je suis perpétuellement désolée pour hier soir, parce que j’aurai roulé des pelles aléatoirement, chanté toute la soirée, montré un bout de sein, un truc stupide dans le genre. Où je peux draguer n’importe quel mec, papoter, séduire, casser un bureau, rencontrer un connard. Lui rouler une pelle si j’en ai envie, pêcher à l’aveugle sur Adopte un mec. Me faire des potes, des amis, faire rire mes copines.
Etre célibataire c’est sécurisant. On sait de quoi demain sera fait. Alors que quand on est dans une relation, notre humeur a une vague tendance à s’accorder selon les atermoiements de l’autre. Un message et tout va, pas de message, tout fout le camp.
Je sais, c’est vengeance rosesque comme attitude. Mais je suis une fille.
Toujours est il que garçon correct n’est plus ni correct, ni taquin, ni rien. Il est juste un garçon qui a estimé qu’il fallait en rester là, selon des motifs de garçon qui n’a pas envie d’une relation là tout de suite maintenant.
Au départ, comme toute vengeance rose qui se respecte (pour ceux qui ne suivent pas, la vengeance rose c’est l’étape avant la vengeance rouge), j’ai crié, râlé, l’ai traité de connard déguisé en mec bien. C’est vrai ça, il m’a sorti de ma retraite paisible en me disant qu’il allait démonter mes théories ! Le goujat, le pleutre ! Comment a-t-il osé ! Question rhétorique ! En plus il a tout fait pour que je m’attache à lui, à débarquer comme ça avec sa bite et son couteau ! Surtout sa bite ! Goujat, traître ! Connard de mec ! Infâme mécréant ! Saloperie ! Qu’on lui coupe sa bite et qu’on lui confisque son Iphone, ça lui fera les pieds !
J’en fais trop ?
Exact. Disons que je m’auto parodie.
En fait, ce n’est pas si grave que cela, je ne voulais pas y aller au départ, je disais même à Canard et à Mister N que je tentais une expérimentation pour savoir si j’étais relationnable. Vous comprenez après tout ce temps en célibataire je me demandais si c’était encore possible, si les garçons-avec-lesquels-on-sort existaient encore. S’ils n’avaient pas disparu, torpillés par les multiples plan culs et bricolages relationnels divers. Dans ma chance, je suis tombée sur un spécimen totalement Old School, pour qui les relations existent pour de vrai. Ce qui fait que je dois être relationnable quelque part.
J’ai pris un risque, j’ai joué, passé des bons moments sans même penser à l’expérimentation. Puis ça s’est terminé, end of story. Lecteurs, soyez ravis, je retourne à mes phénomènes de foire de garçons qui ont vu de la lumière et qui sont entrés.
Puis, à Paris, ici, tout va très vite, on n’est pas bien à un moment car on sent qu’on va se faire plaquer. Le lendemain on se perd dans le métro après sa soirée filles car au lieu de se concentrer sur notre itinéraire on a trouvé plus drôle d’appeler des gens pour leur chanter des chansons. (Je suis d’une bêtise inouïe des fois) On se retrouve à l’autre bout de Paris, on rentre tant bien que mal chez soi à 2h du matin. Le lendemain on fait rire la terre entière avec nos galères de fille éméchée.
Hier j’ai même vécu une soirée juste incroyable. Une soirée qui s’annonçait normale, sur un canapé à papoter, mais qui par le plus grand des hasards s’est terminée à chanter, crier, piailler pendant 3h sur des chansons de Boys Band ou bien des années 80, avec un Dj de choc complètement halluciné face à trois filles qui hurlaient, chantaient, criaient, ponctuaient chaque clip de « qu’est ce qu’il est beau putain » ou bien de « ohhhh une coupe mulet ». J’en suis sortie à 7h30 du matin, m’endormant épisodiquement dans le métro, sautant sous ma couette dès qu’elle fut à proximité.
N’arrêtez pas le monde, je ne veux pas en descendre.
Yeux fous et Vengeance Rouge
Je ne sais pas vous mesdemoiselles, mais dans mon entourage proche ou éloigné je remarque que certaines filles qui sont en couple développent une maladie relationnelle assez grave.
La maladie de la vengeance rouge, autrement appelée « les yeux fous ».
Les deux termes ne sont pas de moi, à mon grand désespoir.
La vengeance rouge provient d’un collègue qui a dit un jour « tu ne connais pas les vengeances rouges ? Ce sont les filles qui ont leurs règles tout le temps ! »
Sexiste à souhait, mais j’adore.
Les yeux fous proviennent de How I Met Your Mother. Sur une fille en la regardant dans les yeux on peut détecter si à un moment de la relation elle va devenir complètement folle. Ses yeux se remplissent d’une lueur diabolique et se mettent à tournoyer. Je vous jure que ça fait peur.
Blague à part. je ne sais pas d’où cela provient, mais nombre de filles qui sont dans une relation avec un garçon deviennent des cas cliniques bons à enfermer à Sainte Anne.
Dans Biba ce mois ci, une demoiselle explique qu’elle a enfilé une perruque brune pour suivre son mec.
J’ai déjà vu une demoiselle bien sous tous rapports, polie, bien élevée, sympa, se transformer en mégère tyrannique qui arrive à faire trembler son mec de peur rien que par un coup de fil. Lui faire quitter une soirée précipitamment pour lui passer un coup de fil, sinon l’horrible monstre qu’elle est devenue allait lâcher les foudres de l’enfer sur lui.
Il y en a qui supportent pas que leur promis ait des amies filles, elles font savamment le ménage, genre en bloquant/supprimant tous les contacts MSN de type féminin du monsieur.
D’autres encore qui cassent de la vaisselle, déchirent des chemises, se roulent par terre, pleurent, hurlent, vomissent.
J’arrête là ce dramatique inventaire, mais je suis sûre que vous avez tous autour de vous des filles devenues complètement folles en sortant avec un garçon.
Devenir une vengeance rouge est ma grande angoisse. Il y en a tellement des yeux fous, que cela doit être contagieux, ou bien hormonal.
Est-ce parce que je fréquente Garçon Correct mes yeux vont se mettre à rouler sur leur orbite ? Vais-je me rouler par terre parce qu’il n’a pas appelé ? Vais-je me mettre à penser que ce mec est tellement le centre de ma vie que je dois le garder à tout prix, quitte à investir dans un forfait SMS-flicage illimité et dans une tenue de filature ?
NB : il va de soit que j’assume totalement mon côté sexiste.
Tergiversations relationnelles sur Facebook
Le mot est lâché. Facebook. Réseau social du malin. Outil du démon. Messagerie instantanée à la con. Haut lieu de drague. Briseur de carrières.
J’arrête là pour vous parler d’un sujet auquel Facebook a donné une saveur toute particulière : l’outing de relation. Quand on dit « yiiiii j’ai un copain ». Rassurez vous, cela ne m’arrive pas, je préfère parler d’endives, de machins, ou de garçons corrects. La faute de ma non relationnite aigue tout ça.
Dans l’outage de la relation, il y a deux écoles. J’aime bien dire qu’il y a deux écoles, cela me rappele affectueusement de pompeuses dissertations.
La première est celle des gens relationnables. Oui, ceux qui, quoi qu’ils fassent, enchaineront les relations et vivront ceci comme un élément naturel de leur vie. Hop, aussitôt, un nouveau garçon, une nouvelle relation, et ils changent leur statut. Untel is now in a relationship, pire ils rajoutent même le « With » tout de suite. Enfer et Damnation. Bon, il se peut qu’ils créent des relations de toute pièce, mais cela ne nous regarde pas.
Notons qu’en bonne intégriste, j’ai gardé mon Facebook en anglais. J’essaie ainsi de préserver le peu de culture anglophone qu’il me reste. Et puis, Facebook en français, c’est moche.
La deuxième est celle des flippés de la relation, des perplexes et des cyniques en tout genre. Ils s’accrochent à leur statut comme une vierge s’accroche à sa culotte en coton. Jalousement.
Quelqu’un dans leur vie ? Ouuuuh, frilosité. Bon si on est « single », on va déjà dire qu’on ne l’est plus, et encore, on va attendre quelques semaines. Bon, ok, il se pourrait qu’on soit « in a relationship » ? Bon, ok le « with Machin » attendra encore un peu.
Ce qui fait beaucoup de « bon », mais plus c’est bon, plus c’est long.
Autour de ces deux écoles, gravitent plusieurs déclinaisons.
L’absence totale de statut peut signifier un flip total quand à l’outing de sa vie relationnelle sur Facebook, on le comprend. Ou bien quelqu’un qui n’assume pas sa relation naissante, sa relation pourrie, ou bien son célibat difficile. Notons que Connard 1er arborait fièrement un non statut relationnel.
Il y a également l’open relationship, qui va faire rire l’intégralité de vos potes, comme quoi vous faites vraiment de la merde. Certes, mais vous, vous baisez. Ah mais.
Notons que si une fille est « In a relationship » avec une de ses amies filles, alors qu’elle dit préférer les garçons, on va dire qu’une tripotée de connards a du passer avant. Arrière connard ! Ou l’on te la coupe !
Le truc drôle c’est qu’à une époque pas très lointaine, j’étais mariée à Francky, avec qui a tendance a les aimer plus jeunes, plus orientaux et de préférence dotés d’un pénis. Blasée des garçons, un peu, oui je l’étais. Des personnes qui ne m’avaient vue qu’en soirée, en grande forme donc, demandaient à mes amis : « je ne savais pas que Marion était mariée ! » Tous surpris qu’une telle chose (et je pèse mes mots) soit possible. Cultissime, convenons en.
On va terminer par ces putains de « feed », ce qui fait que régulièrement on reçoit des « Untel is now in a relation ship ». « Machin is now Single »
Voyeuriste, dramatique et étrangement jouissif.
Que celui qui n’a jamais vu son cœur se briser à voir quelqu’un se caser me jette le premier octet. Que celui qui n’a jamais jubilé de voir quelqu’un qu’il n’aimait pas devenir subitement célibataire m’offre un mojito. Que celui qui n’a jamais guetté le célibat de certains m’offre son abonnement Meetic, j’ai des expérimentations à faire.
Fellation et premier soir
Espoir…
Blague de merde à part, je trouve que l’on ne parle plus assez de bite ici. Donc sujet léger pour aujourd’hui.
On a déjà parlé de savoir s’il fallait ou non coucher le premier soir. Le fait est que, cela arrive. Le fait de ne pas coucher le premier soir peut également être une super excuse pour esquiver un garçon trop entreprenant.
Avec mes copines, on a un dernier grand principe auquel on ne déroge pas, sauf alcool. Enfin comme me disait ma sœur : ta première fois avec un garçon, faut être très amoureuse ou très bourrée. Délicieusement old school mais assez juste. Pour le coup c’est pareil. Donc ce principe, comme c’est certainement le dernier à résister aux tentatives de corruption, on le chérit très fort, et on en prend grand soin.
On ne suce jamais le premier soir.
La première raison, baptisée la Dassou est « si t’en fais trop, il rappelle jamais ». Me demandez pas pourquoi mais c’est comme ça. Cela a été vérifié par toute une armée de filles célibataires. Et cela m’a été confirmé par des garçons ici même.
En fait après discussion avec le Garçon aux Suédoises, j’en suis arrivée à la conclusion qu’il y avait une différence entre le coït en lui-même qui symboliquement est un acte reproductif (à la base), et la fellation qui est un acte de plaisir pur, qui de fait, n’implique aucune notion reproductive. Ce qui fait que la pipe peut être considéré comme un acte de salope. La mère et la putain, tout ça.
Je ne le pense pas, la mère et la putain cela me passe au dessus, rassurez-vous, mais je m’adapte, du moins j’essaie, à la symbolique et à la psychologie masculine un peu primate (des fois).
La deuxième raison est toute bête et purement égoïste, le garçon non plus se bouscule pas au portillon pour descendre. Donc on range le matos, point barre.
La troisième raison est beaucoup plus pragmatique. A l’heure où l’on doit renégocier souvent nos contrats sexuels, il est bien d’avoir gardé quelques cartes en mains, quelques atouts dans sa manche, ou dans sa bouche. Histoire de ferrer la proie. Le lapin qu’on sort du chapeau : « tadaaaa »! C’est un argument comme un autre.
Fellation et deuxième soir, victoire.
Le salaud d’un autre
Un jour, j’ai dit à Simon que je n’avais jamais brisé le cœur de quelqu’un. Ce qui est vrai. Principalement parce que j’ai bien souvent été la chaussette laissée sur le bas côté de l’autoroute, on ne reviendra pas dessus.
Sauf que. Un jour, bien avant que je connaisse Simon, un garçon m’a dit que non, à une époque reculée, genre il y a deux ans et demi, quand j’étais jeune et décadente (hem), j’avais déçu un garçon ( ?) qui apparemment aurait aimé faire quelque chose avec moi. Je ne sais toujours pas de qui il s’agit. La personne en question ne voulant strictement pas le révéler. (Garçon (?) déçu, si tu me lis…)
J’essaie toujours d’agir honnêtement, de pas faire croire des choses à qui que ce soit. Quand je ne sais pas quoi faire d’un garçon je lui dis, quand je tergiverse, je lui dis aussi. Mais cette révélation qui me trotte toujours dans la tête, me fait dire que quelle que soit la façon dont on essaie de mener sa vie, en respectant la morale, religieuse, ou pas. On est toujours le salaud d’un autre à un moment donné.
De même que mes salauds à moi seront les mecs biens d’une autre.
Le jour où j’ai appris qu’un de mes super potes que j’avais toujours considéré comme un vrai mec bien et honnête s’était comporté comme un mec de base avec sa copine : « Oui mais non », « je ne sais pas », « je te quitte puis je reviens », jusqu’à la laisser durablement en larmes et traumatisée j’ai levé les bras au ciel. C’est donc un connard ! Enfer et damnation ! Qu’on lui coupe !
Oui mais seulement dans ces circonstances particulières.
Depuis je suis très tolérante à ce que l’on nomme les connards. Je ne pense pas rencontrer spontanément des gens odieux et malfaisants, ou alors c’est rare, seulement face à un mec très limité comme Sexy Bâtard, merci pour lui, alors la salaud attitude n’est finalement qu’une conséquence directe de nos existences liquides.
Avec les différentes contraintes qui nous font face, on se retrouve dans une incertitude généralisée. Des fois on se comporte en personne bien quand les circonstances font que, des fois non. L’amour est révocable à la demande. Le salaud est convocable à l’envie.
Nos grilles de contraintes amoureuses
Plein de garçons ont traversé ma vie. Pas mal d’histoires éphémères, des relations soufflés au fromage, des morts relationnelles ou bien téléphoniques, il y a même des fois où j’ai compté mes incisives sur le dancefloor. (Oui je sors beaucoup). Enormément de fois où j’ai loupé le coche et où je me dis encore « putain Marion tu aurais pas pu te bouger au lieu de tergiverser ? ». Soit dit en passant j’ai eu peur panique du vide (et des serpents aussi) alors me jeter dans le vide, même relationnellement j’en suis incapable. L’Histoire m’a également appris que quand je me lance je ne trouve aucun parachute. Alors bon, je crois que ceci explique cela.
Je me rends compte que parmi toutes ces micro-histoires, chacune m’a apporté un truc, mais m’a surtout donné une exigence de plus. Ils m’ont tous plu, à leur façon.
Sexy Bâtard était un connard sans limites, et il le vivait très bien. Du genre à tromper sa nana avec la cousine de la nana sus citée, ou encore se faire prendre en flagrant délit de levrette avec une fille « random » par son officielle. La classe, convenons en.
Je le savais aussi, même que je savais qu’il ne changerait pas et je m’en foutais royalement. On ne s’est pas vus souvent durant toute la durée que son ombre a rôdé au dessus de moi, mais je me souviens surtout que quand j’étais avec lui il me faisait me sentir la fille la plus bonne de la terre.
Avec un autre, je me disais que si ce n’était pas interdit par les lois en vigueur dans ce pays je le séquestrerais bien dans une pièce histoire de pouvoir aller lui rouler des pelles quand je voulais.
Avec un autre c’était simple, on se voyait quand on en avait envie, et sinon tant pis. Du genre à se choper sur MSN après les cours, moi à la bibli, lui dans son amphi : « on va boire une bière ? ». Ouais !
Maintenant, c’est plus fort que moi, je suis une foutue midinette fleur bleue, j’ai tendance à faire une grille d’exigences pour évaluer si éventuellement cela pourrait marcher : qu’il me trouve bonne comme Sexy Bâtard, qu’il soit drôle comme lui, chou comme lui, tendre comme lui, blonde comme moi.
Un jour un garçon me confiait que pour lui c’était plus un système de grilles avec des points : « elle fume : – 10 pts », « elle porte des pantacourts moches : – 10 points », « elle s’entend bien avec mes potes : + 10 points ». Cynique, mais terriblement efficace.
D’ailleurs on me dit que mes grilles d’exigences à moi sont dans un registre positif : un fêtard notoire, qui soit sexy, et qui ai ça, ça, ça, ça, ça, ça et ça en plus. Je suis dans le plus. Alors que je connais des filles qui sont dans le registre inverse : elles ne veulent plus d’un radin, d’un lapin, d’un sinistre, d’un mec qui ne sort pas, d’un trop âgé, d’un homme marié (haha), etc. Elles sont dans le moins. Et vous?
J’en entends hurler d’ici, comme quoi on est trop exigeantes, qu’on veut un homme à la fois viril et sensible, macho et féministe, etc etc. Non Simon, ne te cache pas, on t’a tous reconnu. Mais j’en ai parlé avec plusieurs personnes, et le fait est que plus on chope, plus on vit des histoires qui ne marchent pas, plus on est paradoxalement difficile. Encore une belle preuve de modernité liquide chère à Laurent : non seulement l’individu est soumis à des contraintes en perpétuel mouvement, mais il enrichit sa vie amoureuse de nouvelles contraintes à chaque instant.
Des fois j’ai une vague envie d’avoir 16 ans à nouveau, quand je craquais juste sur un mec parce qu’il m’avait fait rire, ou bien juste parce que c’était un grand brun avec un joli sourire.
La théorie des contrats
J’ai eu la chance incommensurable de participer à un apéro-débat sur les Nouveaux Rapports Amoureux. Le pitch était de rassembler quelques célibataires autour d’un plat de saucisses et de (plusieurs) bouteilles de vin.
Pour des raisons d’identité numérique et de confidentialité, nous en nommerons l’organisateur « le garçon aux suédoises ». Si l’on excepte le fait que j’avais déjà expérimenté le rapport amoureux avec un des protagonistes supposés bien avant (enfin, non juste un peu avant) le début de l’apéro (Marion et ses hasards à la con), on a pu échanger sur pleins de trucs.
Petit bilan :
- La vie relationnelle c’est une loterie, le seul truc bien c’est que même avec un mauvais numéro on tire quand même.
- On a tous été unanimement d’accord sur le fait qu’on veut tous une relation bien, mais qu’on est strictement incapable d’en obtenir une, que ce soit de notre faute ou de celle de la loterie. Méchante loterie, vilaine ! Bouh !
Mais la théorie la plus importante de la soirée, à mon sens, a été énoncée par le Garçon aux suédoises. Je la nommerai la théorie des contrats.
Chaque relation entre deux personnes est un contrat régi par des clauses.
Une relation longue est un contrat à durée indéterminée entre deux personnes amoureusement compatibles. Il y a des clauses, telles que l’amour, la fidélité, la loyauté. Elles sont liées par ces clauses. La transgression d’une clause entraine la rupture du contrat, et dans le meilleur des cas, sa renégociation.
Quand il s’agit de sexe, le contrat est en perpétuelle renégociation.
Le contrat d’une nuit expire une fois le pas de la porte passé. Si les parties ont eu la bonne idée d’échanger leurs coordonnées, elles peuvent éventuellement le renégocier par la suite, en communiquant. « Chère partie, que dirais tu d’un avenant d’une nuit à notre contrat de l’autre soir ? »
Sachant que le contrat d’une nuit est le contrat par défaut de toute relation basée sur le sexe. Si, avant que l’on passe le pas de la porte on veut négocier un contrat d’une semaine, il faut le préciser. « Chère partie, je me referais bien une partie avec toi dans la semaine, ce contrat expire dans 7 jours ».
De même si on veut un contrat illimité, faut le dire avant, négocier la clause fondamentale de l’illimité : exclusivité, ou bien pas exclusivité.
Comme on n’est pas des sauvages, chaque contrat s’accompagne d’un verni.D’un truc qui est censé effacer le côté juridique du bazar.
Le contrat d’une nuit se nomme : « j’ai vu de la lumière je suis rentré », ou bien « j’ai abusé sur le mojito ».
Le contrat d’une nuit renouvelé se nomme « j’avais oublié mon string chez toi, je peux le récupérer ? »
Le contrat illimité à caractère non exclusif se nomme : « c’est mon merle » « c’est mon assistante » (dédicace à Simon).
Le contrat illimité à caractère exclusif se nomme « petite copine » ou « petit copain ».
En bref, je trouve la théorie des contrats assez réaliste, bien que terriblement cynique. Elle n’a pas valeur d’exhaustivité, après tout, au loto il y a des milliards de combinaisons possibles.
