Catégorie “Réflexions métaphysiques d’une écervelée”

Les garçons sont des porcs limités

29 juin 2008

Ami lecteur, ne pars pas tout de suite. Tu vas comprendre.

Dans mon article sur le Zorro, ce phallocrate de Mister N m’a demandé de définir de qu’était pour moi la féminité. Car selon lui, mon rapport avec la féminité est biaisé, et je ne suis donc pas ce qu’un garçon attend en termes de fille féminine. Donc ce ne sont pas les garçons les fiottes, c‘est moi la Walkyrie et la goudou hystérique.

Soit, j’assume mon côté redresseuse de tort bornée. Mais je tiens à vous dire un truc, c’est que je vous emmerde. Parce que si pour lui, une fille féminine c’est une nana que l’on protège, et si pour vous aussi cela l’est, j’ai envie de vous dire que vous n’êtes que des porcs limités.

Reprenons là où les choses commencent, avec le mot. Wikipédia la toute puissante nous explique que : « La féminité caractérise d’abord la femme en tant qu’être biologique. Elle qualifie ensuite la femme en tant que genre sexuel (différenciation liée aux aspects de la condition féminine : psychologie de la jeune fille, maternité), et comme la virilité il s’agit d’une vertu au sens antique. »

La féminité caractérise donc ce qui est du sexe féminin. Comme je suis une fille qui a fait beaucoup trop de socio malgré elle, je crois fortement à l’acquis. Donc la féminité c’est ce qui a été inculqué aux petites filles pour qu’elles se comportent comme telles. Le rose, la douceur, la candeur, les battements de cils. Faire une filière littéraire et pas scientifique, être infirmière et pas mécanicien auto. Ce genre de choses, qui à l’âge adulte existe toujours. Sauf que les barbies ont été remplacées par des tubes de gloss, et l’amoureux de la récré qui faisait tomber ma trousse pour me dire qu’il était amoureux de moi a été remplacé par des connards/fiottes/machos/garçon qui me plait, ou pas. (Rayez la mention inutile). Je pense pas que ce soit dans mes gènes d’aimer les comédies romantiques.

Le truc c’est que comme on m’a tout le temps parlé de Pierre Bourdieu, notre maître à tous, (pensée spéciale pour la personne qui va lever les bras au ciel en lisant ceci), je crois fortement aux mécanismes de domination et de violence symbolique. On reproduit ces schémas parce qu’on nous les a appris, qu’on les a intégrés et que on le fait sans même s’en rendre compte. Ainsi une fille se doit d’être féminine, d’être protégeable, et d’adopter les comportements que l’on attend d’elle, sinon c’est une pariah, une esseulée, une trainée, une catin, une Bridget Jones, un lapin crétin… mais je m’égare. La seule question que j’ai envie de dire à Mister N, c’est : qui a dit ça en premier ? L’œuf ou la poule?
Homme protéger feu, tuer bison, nourrir femme, enfant, honorer couche, protéger foyer. Voi-là.

Je me fais encore l’avatar d’une néo génération de filles « émancipées » ou du moins qui essaient, mais je suis pas pour autant une féministe pure souche, les gars, les hommes, je vous aime. Je veux pas vous battre, ni même vous ressembler, je suis pas non plus une « freudienne » (comme on me l’a dit un jour) parce que je ne veux pas être à votre place (ciel non), je veux pas un pénis non plus, moi ce que je veux c’est pouvoir vivre ma vie dans toute sa complexité et sa cohérence.

Complexité. Le mot est lâché. Les filles ne sont pas compliquées. Non elles sont aussi complexes que la terre entière.

Parce que cela parait difficile à croire, mais je peux très bien me bourrer la gueule et faire des blague potaches à la cool, faire une crise d’hystérie parce que je trouve pas mon crayon noir « ah non sans mon crayon je sors pas », condamner mon coiffeur sadique aux mines de sel, pleurnicher toute seule chez moi parce qu’on m’aura dit des choses blessantes, faire des soirées de filles, entre filles à parler de trucs de filles, trainer avec des geeks et parler geekerie, refaire le Web autour d’un MacDo à deux heures du matin, pleurer et m’exalter devant une comédie romantique (encore elle), tenir à quelqu’un, me dire que quelqu’un me manque. Avoir des sentiments, des émotions. Tout ça quoi.

Tout le monde a besoin de tendresse, tentez sur les gens qui ont pas l’air d’en avoir besoin, c’est là que cela marche le mieux en général.

Je suis tout à fait capable d’accepter qu’un garçon puisse être névrosé un jour, content le lendemain, et primate le surlendemain, voire même un peu cochon entre les deux. C’est un être humain, au fil des jours on adopte des comportements différents selon le contexte et les gens avec qui l’on se trouve. Sauf que j’ai l’impression d’être mise dans une case : pour untel je suis « la fille qui chope », pour un autre je suis « super pote », et le reste ne je préfère pas le savoir. Pour Flo c’est pareil, elle passe subitement du statut de fille libérée, à celui de pétasse parisienne, à la fille drôle et sympa. Sauf que dans le fond, elle est tout ça, et avec un cœur gros comme ça en prime. (et de super robes, et de super chaussures, et des gros seins…)

Vous êtes des porcs limités parce que vous ne vous concentrez que sur une seule partie de la personne en face de vous. Comme si de la même façon que vous êtes incapable de faire deux choses à la fois, vous êtes incapables de prendre en compte plusieurs réalités. Après la mère et la putain, on se retrouve avec une quantité de mini rôles féminins bien définis selon les filles : celle avec laquelle on couche pour l’hygiène ,la copine sympa, celle qu’on aura jamais, celle dont on tombe amoureux, maman, la copine lesbienne…Sans compter les multiples déclinaisons de plans culs et de bricolage relationnel.

J’en entends souvent râler comme quoi les filles en demandent trop : « viril mais pas macho, sensible mais pas pleurnichard ». Les mecs ne vous sous estimez pas, vous êtes tous cela à la fois. On n’en demande pas trop, c’est vous qui n’en demandez pas assez.

Le complexe du Zorro

26 juin 2008

L’homme est un gardien du troupeau, un héros des temps moderne, un chasseur de gazelles, un ouvre bocal de cornichons.

Non je n’en demande pas trop. Je ne veux pas à la fois un homme câlin et viril, doux et dur de partout, et j’en passe.

Non je constate juste que vous endossez souvent un espèce de rôle mythologique. J’en ai déjà parlé, mais j’aimerai revenir sur le Zorro, le sauveur, le chevalier à l’épée scintillante.

Parce que le garçon de base, mignon, poli, bien élevé, ce qu’il aime ce sont les filles à protéger. Les petits moineaux tombés sur lit, les fragiles au cœur sensible, les princesses emprisonnées dans un château fort de tourments.

Notre garçon de base, il voit ça, il a le cœur qui s’emballe, qui palpite, il saute sur son cheval, empoigne son épée, et part en galopant sauver sa future douce. Tagada, tagada, tagada.

Moi, je ne suis juste pas une fille à protéger. Pas de casseroles, que des Tupperwares. Pas de névrose, juste une cirrhose. Pas de bobos, juste trois kilos en trop.

Alors voilà, quand un garçon, même un ami, vient me voir parce que j’aurai de mauvaises fréquentations, j’ai envie de crier très fort, de trépigner que merde, je sais me débrouiller avec mes fréquentations, si mauvaises soient elles.

Je suis une grande fille indépendante.

Je vous arrête tout de suite, les lecteurs qui voudraient faire de la psycho de comptoir (sans rancune chouchou :) ), ce n’est pas parce que j’aime bien me débrouiller toute seule, faire mes petites affaires, que j’accepte pas qu’un garçon me plaise. Bien au contraire.

Dans le fond c’est ça que j’aime chez mes Connards divers et mes Bad Boys, c’est qu’ils n’ont pas le complexe du Zorro,et croyez moi, c’est reposant.

Version petite annonce : Grande Fille indépendante (1m70) cherche Garçon pas connard, mais pas sauveur du genre humain pour autant.

Le PC entre acronymes et dysfonctions

13 juin 2008

Partout où je passe, où je vais, quelle que ce soit la personne avec laquelle je discute, il est connu, pratiqué, adoré, encensé, détesté, enrubanné,ou bien l’a été.

On nous vend le Plan Cul, PC pour les intimes, plan cul régulier (PCR) pour les gens organisés temporellement, comme le summum de la facilité relationnelle : pas d’attaches, du cul, du cul et encore du cul, simplicité, efficacité, crédibilité. Oui, bon, on va enlever la crédibilité.

Mais je ne vois pas en quoi le PC nous simplifie la vie.

Déjà faut le trouver son PC : entre les personnes avec lesquelles on n’est pas compatibles, celles avec lesquelles non cela ne va pas être possible, et toutes les situations foireuses dans lesquelles tout un chacun se trouve, le chouette PC (CPC) est aussi rare que les cheveux sur la tête à Mathieu.

Pour un PCR réussi combien de PC Dysfonctionnels ?

Petit florilège :

Le FPC (faux plan cul). C’était bien parti pour pourtant, mais à un moment ce qui allait devenir une belle histoire d’entente sexuelle à dégénéré en faux plan cul. Se passe rien, ça marche pas. Pourquoi ? Bah on ne sait pas, mais c’est comme ça.

Le PCRA : (Plan cul régulier affectif). Le summun de l’hypocrisie : On s’adore, on couche ensemble, on se voit tout le temps mais on est pas ensemble. Donc en gros nous avons là deux personnes qui dans un système relationnel normal seraient ensemble, mais là, non à cause de choses et d’autres, elles ne le sont pas et se contentent de se plancul-ifier. Mignon, pratique, mais dangereux.

Je parle en connaissance de cause, il fut un temps j’étais dans une « open relation ship ». Pendant quelques semaines on s’est vus à la fin des cours, le samedi soir, le mercredi aprem. Des fois c’était même juste pour boire une bière. Je l’aimais bien mon « open petit ami », mais au bout d’un moment je me suis dis que la situation était certes très sympa mais que ce statut quo ne durerait pas aussi longtemps que les impôts. Parce qu’un petit-ami, même s’il est « open » cela m’embêtera toujours qu’il drague à côté, même si je ne l’avoue pas.

Le PCPC : le plan cul porte cochère, celui avec lequel on fait des trucs, mais jamais dans un lit. Pourquoi ? Bah on ne sait pas. Funky à souhait, mais des fois dans un lit c’est bien aussi.

L’EDPC : l’ex devenu plan cul. Non, non, non, et non. Ca c’est sale, c’est mal, c’est une source d’emmerdes sans fin.

PCP : le plan cul Picard, quand on tente de transformer un One Shot (plan d’un soir) en CPC au motif qu’il était super bien le One shot. Des fois cela marche, mais des fois cela sent le réchauffé, comme mon plat surgelé Picard.

La vie est vraiment une sombre jungle.

Sous la douche

3 juin 2008

Aujourd’hui, on va parler d’un sujet léger et aquatique.

On met les connards de côté, enfin, et on se concentre sur le spécimen du garçon hygiéniste.

Il faut le savoir, je suis quelqu’un de foncièrement bordélique, au grand désespoir des gens qui vivent avec moi je sème toujours du bordel malgré moi. Je suis du genre à ne pas pouvoir cuisiner sans en foutre de partout. Evidement, je suis quelqu’un de bien élevé, quand je suis pas chez moi, je fais attention, je range ; et je n’invite personne chez moi si ce n’est pas nickel-chrome.

Je me souviens qu’à une époque, Dassou nous avait dégoté 1m85 de muscles, d’UV, et de maniaquerie. Le tout empaqueté dans un jean Diesel et une coupe à mèche. Elle avait 18 ans on lui pardonne. Mais avec une compère de l’époque on avait dit en rigolant : « Lui je suis sûre qu’il plie ses fringues avant de baiser ! »

Ce qui nous avait follement amusé pendant toute une soirée : il nous en faut peu. Je dois avouer que je ne sais pas comment elle a supporté, parce que moi, les garçons fée du logis à l’extrême me rendent perplexe.

Dans un épisode de Sex and the City, Miranda a un amant qui court sous la douche juste après l’avoir honorée. Cette dernière en est d’ailleurs résolument perturbée, parce que non, ce n’est pas sale, et elle non plus. Elle se lave tous les jours, corps, mains, cheveux, et même avant chaque rendez vous, merci.

J’ai un ami qui dit toujours qu’il ne faut pas courir sous la douche de suite après, parce qu’il faut prendre soin de ses phéromones. C’est fragile et utile ces petites bêtes là. Là encore c’est un réflexe qui me plonge dans la plus grande perplexité, concrètement si on se frotte à l’autre pendant quelques instants, ce n’est pas pour filer sous la douche juste après : il est bien l’autre.

Sauf bien sûr douche à deux, canicule, plage, plein air, etc.

Entre le gros dégueulasse et le Monsieur Propre Hétérosexuel, il doit bien y avoir un juste milieu non ?

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir une maman féministe

15 mai 2008

Simon quand il ne râle pas, il râle. En vrai un peu moins, mais un peu quand même. Il râle souvent à propos des filles, cette bande de teigneuses qui s’en prend inlassablement aux gentils (déguisés en connards) de sa trempe.

L’autre jour sur son blog qui n’a pas la prétention d’en être un il a dit ça « Un mec qui couche aujourd’hui c’est un queutard, et on te le fait clairement comprendre. Alors qu’une nana qui fait de même, c’est une femme libre qui assume sa sexualité. ». Ce qui me fait penser que visiblement Simon a une maman féministe, et j’aimerai bien que l’autre de mes lecteurs qui a une maman féministe confirme. On a du lui apprendre depuis qu’il est tout petit à ne pas être un odieux petit macho déguisé en mec de son temps, je ne vois que cela.

Sans vouloir ressortir l’éternel débat sur les maries-couche-toi-là versus les filles biens, j’aimerai quand même dire que tout le monde n’a pas la chance d’avoir une maman féministe.

Parce que moi, il parait que comme je drague, que je chope, et que oui, il m’arrive de coucher, je ne suis pas une fille avec qui on veut rester. En gros il faudrait que j’attende le Prince Charmant chez moi, histoire qu’un jour il tape à ma porte : « Salut je suis le Prince Charmant, je viens t’apporter bonheur et félicité, on va faire des enfants, acheter une maison, un espace et adopter deux chiens, j’espère que t’es toujours un peu vierge ».

Un peu comme les mecs qui livrent des apéros tard le soir, il y aurait des mecs qui se livreraient tout seuls aux jeunes filles en fleur. Un « Speed Homme de ta vie » en somme.

Un jour une fille a même dit devant moi, et à ma mini robe, que « une fille qui s’habillait ras le fri-fri faut pas s’étonner qu’elle se fasse agresser ». C’est marrant, mon tonton qui vote Jean-Marie (on a tous un tonton qui vote Jean-Marie) il dit la même chose.

Sauf qu’il ne parle pas de « fri-fri » lui. Ce qui me fait penser que Charlie, honorable membre de la mafia gay a dit « Non mais si vous utilisez ce genre d’expressions horribles pour vous désigner faut pas s’étonner que je sois gay moi ». CQFD.

Je crois que j’ai une maman féministe moi aussi. Elle est toujours montée au créneau pour défendre les filles en mini-jupes et celles se veulent « maitres et possesseurs » de leur corps.

Ceci dit, malgré toutes les mamans féministes du monde, le machisme n’est pas mort, je vais peut être aller faire flamber mon Wonderbra en signe de protestation.

Typologie des connards

6 mai 2008

Quand je disais que j’étais une anthropologue des connards, je ne plaisantais pas. A force de les observer dans leur milieu naturel j’ai même réussi à en établir une typologie totalement arbitraire et partiale, mais je ne prétends pas à l’exactitude scientifique non plus. Les rapports amoureux sont une science inexacte.

Le connard connard

Le premier de tous, le plus simple, mon préféré. Celui qui ne s’embarrasse même pas de mentir, il est un connard, il l’assume et le vit très bien, merci.

Connard 1er m’a proposé que l’on organise nos retrouvailles dans deux semaines parce qu’avant il a trop de taf. Je lui demande si ce n’est pas parce que sa blonde est en vacances à ce moment là. Réponse du monsieur : « Ah non, elle part demain en vacances, et elle sera donc là quand je serais disponible pour te voir, je ne suis pas pathétique à ce point ». Traduction : Je me fous totalement qu’elle le découvre, ou bien qu’elle débarque chez moi à l’improviste et que tu doives fuir par la fenêtre sans ton string.

Sexy Bâtard, maitre ès saloperie, quand je lui disais « mais attends tu as même pas appelé », il répondait tout simplement « et alors ? », ou bien « je ne vois pas le rapport ».

En même temps, ce sont les plus faciles à gérer, on sait à quoi s’en tenir.

Le connard déguisé en mec bien

Celui là est très dangereux. Dans le fond c’est un connard, il agit pour lui, pour son propre petit intérêt, et tant pis pour les dégâts collatéraux. Mais contrairement au Connard Connard qui ne tente pas de cacher sa nature, il agit masqué et revêt un joli déguisement de mec bien. Ainsi, il peut vous extorquer votre affection, votre amitié (et oui…), votre string. Puis un jour vous remarquerez que c’est un connard car le costume ne dure pas éternellement. Et là, ça fait mal. Déception, larmes, cris, insultes. Tout ça.

Le connard qui cherche la femme de sa vie dans le fond.

Danger. Danger. Danger. Celui là est un connard qui chope, chope et rechope. Mais dans le fond, à chaque fois qu’une fille lui parait se différencier de la masse, il va se mettre à y croire, il se dit qu’il va pouvoir arrêter de courir à droite et à gauche. Il en deviendrait presque un mec bien. Sauf qu’il va réaliser à un moment ou à un autre que la fille en question n’est pas la femme de sa vie et va se tirer sans demander son reste. Enorme déception pour elle, qui y croyait, larmes, cris insultes, tout ça.

En attendant d’un jour devenir une anthropologue des mecs bien, si, Je vous jure que j’aimerai; je poursuis mes expériences avec Connard 1er : « On doit se revoir ». A suivre donc.

Le bricolage relationnel

28 avril 2008

Il y a quelques semaines, j’étais allée boire un Coca avec un lecteur de la première heure. Ancien lyonnais, cela fait deux ans qu’il est à Paris. Tous les deux on a fait la même observation sur les différences entre nos vies de provinciaux et nos vies parisiennes.

A Lyon, dans cette jolie ville de province. Tous nos potes sont en couple. Du genre sérieux. Casé, maqué, installé. Limite on en est à se demander quand est ce qu’ils vont faire un petit. Quand je faisais des soirées filles, j’étais le phénomène de foire, la distraction, une sorte de one-woman show qui raconte ses histoires de merde. Vu qu’elles avaient toutes un copain qui les attendait.

Des fois c’était drôle, parce que les prétendants d’une célibataire on peut en dire du mal gratuitement, et en rire en sifflant le vin blanc. D’autres fois, c’était carrément moins marrant, comme quand avec une copine de Dassou j’avais eu cette discussion cultissime :

« Mais Marion tu es célibataire ?
- Mais oui pourquoi ?
- Bah ça va ? Tu le vis bien ?
- M’enfin oui…
- Mais tu ne te sens pas trop seule ?
- Mais pourquoi je me sentirais seule ?
- Bah t’as pas de mec… »

Dire que des générations de femmes ont manifesté pendant cent ans pour obtenir l’égalité… Bref.

Le jeu aussi, c’était de me présenter les copains célibataires des uns et des autres. Bon je ne reviens pas sur les calamités successives : les fous, les dépressifs, les instables, etc.

Et j’exagère à peine ce côté Bridget, je vous le jure.

Par contre ici, dans les quelques cercles dans lesquels je gravite, c’est la bidouille généralisée.

Je passe une soirée avec dix personnes de mon âge et plus. Tous célibataires et affiliés.

Je vais chez Flo, qui est morte de faim, rappelons le, elle nous ramène deux de ses potes, plutôt parfaits de leur personne (mignons, grands, drôles, sympas, taff qui tue) : en pleine bidouille avec des filles obscures. Isa bricole, je fais de même. Simon couche à droite à gauche. On se prévoit des soirées chasse entre filles. Un des seuls mecs en couple que j’ai croisé m’a lamentablement draguée.

On fait du bricolage relationnel. Toujours plus ou moins quelque chose en tête, que ce soit quelqu’un ou les restes d’une vieille histoire qui se traine en longueur, mais au final il n’y a rien de concret. On rapièce, on se fuck-friend, on invente de nouveaux concepts pour avoir nous aussi droit à un peu de tendresse.

Je préfère ce bricolage-là à mon bête de foirisme lyonnais. Carrément.

Parce que j’ai l’impression de retrouver mes 18 ans, quand on se faisait des virées sorties entre copines, et que le lendemain on se racontait qui on avait dragué. Parce que même si on râle, si on proteste en terminant des œufs brouillés vers 5 heures du matin : « instables de mecs !», c’est rudement bien de se sentir un peu insouciant de temps en temps.

La mort téléphonique

25 avril 2008

A 16 ans j’ai été frappée d’une sorte de malédiction. Je rencontrais un garçon, en boîte de nuit évidement, je ne draguais pas au lycée, il ne faut pas déconner avec ma timidité. On allait boire un verre, mater un film au cinéma. On discutait, on rigolait, j’avais le cœur qui s’emballait s’il me prenait la main, j’analysais le moindre geste, et j’en faisais un compte rendu à mes copines, avec force de détails et d’extraits de conversation.

Puis. Puis. Puis plus rien. Il disparaissait de la circulation. Ne répondait plus aux SMS, vu que je n’osais pas téléphoner. J’avais appelé ça la mort téléphonique.

Le plus grand et le plus fort de tous s’appelait Thibaut. Rencontré au hasard d’une soirée. Il était beau, il était drôle, il sentait bon la vodka coca. J’avais décidé que c’était l’homme de ma vie. Pas de suite dans la soirée hein. Mais après, quand on s’est revus, même s’il ne se passait rien de folichon, juste parce que je l’avais croisé dans mon bled paumé à un concert pour la fête de la musique alors qu’il n’habitait pas vraiment dans le coin. Parce qu’un hasard pareil c’était un signe vous comprenez. J’étais en fin de seconde, il m’en fallait peu.

Puis il me fait sa première mort téléphonique. Je suis effondrée, je maudis ces salauds de mecs, ces lâches sans scrupules. De Tiébotoi, surnom inventé avec Dassou un soir d’imitation d’accent italien, il devient Tiélachetoi, alias TLH, acronyme que j’ai inlassablement griffonné sur tous mes cahiers de l’époque.

L’année suivante, je l’ai recroisé, par hasard encore. Re homme de ma vie, c’était obligé ! Après un an, se retrouver comme ça, cela ne veut pas dire autre chose. J’étais en première, il m’en fallait toujours très peu.

Il a en quelque sorte popularisé le concept. La terrible mort téléphonique. Grâce à lui j’ai pu dire pendant mes années lycée que les mecs étaient lâches et cons. C’est rassurant de voir que je ne change pas finalement.

Il y en a eu plein d’autres de morts téléphoniques en plus : Alcool, t’es mon seul grand amour, les autres se sont tirés ! (cf Marina Foïs dans Filles perdues cheveux gras) Et Mickael et Thibaut, et Gérald, et Aurélien…Hips !

L’enfer absolu sur terre. Le pire c’est qu’à l’époque on pouvait disparaitre purement et simplement : on ne se connaissait ni d’Eve, ni d’Adam. Aucun pote en commun, pas encore de visibilité numérique pour se trouver sur Facebook. Pire on n’échangeait même pas nos noms de famille. Il suffisait juste de cesser de répondre à quelqu’un pour disparaître de sa vie.

Et toi derrière le téléphone tu attends des réponses qui ne viennent pas, tu n’as plus qu’à faire ton deuil de tes espoirs.

Aujourd’hui si je rencontre un mec, j’ai très vite son Facebook, son numéro, son mail, son MSN. Je peux même Googler son boulot et obtenir son adresse pro. Il faut dire que dans une autre vie j’ai fait mes armes au KGB. J’ai aussi très certainement des amis communs avec lui. On est hyper-reliés dans le fond.

Mais cela n’empêche personne de faire de la mort communicationnelle. (Notez le subtil changement de terme.) C’est toujours le pire truc au monde d’ailleurs. Car l’espoir tue.

On envoie un message, quelque soit le canal, et l’on attend. Inexorablement on attend. On n’attend pas que le monde change, non, on attend juste une réponse qui des fois ne vient pas, et ne viendra jamais.

Alcool, t’es mon seul grand amour…

Célibataires perdus, cheveux propres.

Potentiel de champion

16 avril 2008

Un jour je discutais avec un pote qui m’expliquait qu’il y avait deux types de filles : celles avec qui il couchait et celles avec qui il ne couchait pas. Pour cela il avait un critère : une note sur dix. Au dessus de 5, il couche, au dessous il ne couche pas, et à 5 il réfléchit cinq minutes pour se décider. S’en est suivi une conversation très réjouissante : « Et elle tu lui mets combien ?
- Hmmm, 7.
- Donc tu coucherais avec ?
- Définitivement, oui.
- Et elle ?
- 3.
- Ok. »

Je me suis refusée à poser la question de quelle note j’avais. La suite m’apprendra que mon côté super pote m’empêche de rentrer dans ce genre de considérations.

Je vais encore donner des os à ronger et du grain à moudre à mes gentils lecteurs persécutés par des filles compliquées. Mais dans la vie relationnelle d’une fille célibataire, il y a (en dehors des potes et des inconnus) aussi deux types de garçons. Mais c’est légèrement plus subtil.

Il y a les champions et les potentiels.

Le champion mène une véritable course d’obstacle. Echauffé, en tenue de sport très chic, le poil soyeux et l’œil brillant, il se lance dans la course. Serré de prêt par d’autres champions, qui eux aussi veulent ravir le cœur (ou le string) de la fille. Hop ! Il saute le premier obstacle de l’ex envahissant ! Pendant que son challenger s’est vautré dans la boue ! Hop ! Il continue sa course et passe avec brio l’épreuve du SMS avant d’aller se coucher, puis il tombe nez à nez avec l’obstacle du lapin. Hop il réagit bien, et est encore dans la course, yeah ! Pendant que son autre challenger s’est fait distancer : il était trop occupé à protester… Entre temps le champion fait le gardien du troupeau, il déverse son fiel sur les autres champions pour convaincre la fille qu’il est le plus grand, le plus musclé, le plus intelligent.

Finalement, au bat mot 25 obstacles, trois semaines de dur labeur, notre champion arrive face à la ligne d’arrivée ! Va-t-il réussir ? Oui ? Hourrah, on a un nouveau champion, nos vœux de bonheur à tous les deux ! Non ? Tant pis, l’essentiel c’est de participer !

La vie d’un champion est atroce, tout ce travail, ces espoirs, pour peut-être rien, car son plus vil adversaire rôde. Ce ne sont pas les autres champions, pourtant identifiés comme des adversaires à abattre par le champion susnommé. Non, les vrais dangers c’est que dans la vie d’une fille il y a aussi les potentiels.

Le potentiel c’est celui qu’elle observe doucement en espérant que cela se décante bien, celui dont elle analyse le moindre SMS en le transférant à ses copines. Avec le potentiel ce n’est pas facile, il faut ramer, brasser, gratter, creuser, sans vraiment savoir si.

A tous les champions, rassurez-vous, je crois que, dans le fond, on déteste les potentiels autant que vous.

La quête du Bon

6 avril 2008

Il faut le savoir, je fais le désespoir de ma mère et de ma soeur. Enfin, pas moi. Ma foirite aiguë plutôt. Elles ne comprennent pas comment je me débrouille pour foirer à ce point, et à chaque fois, inlassablement, avec le même plaisir intact. A chaque fois, la conclusion est imparable (et facile) : « tu n’as pas trouvé le bon ».

Simon disait peu ou prou la même chose, l’autre soir, quand il se plaignait. Il n’avait pas trouvé « la bonne », tout simplement.

Hier chez Flo, après que j’aie déclenché l’hilarité générale (école du rire level 3) en avouant la durée de ma plus longue relation. La sentence a été sans appel : « mais quand tu en trouveras vraiment un, ce sera le bon ». Dassou reste persuadée que quand je trouverai ce fameux « bon », je finirai mariée et enceinte dans l’année. J’ai toujours adoré son sens du romanesque.

Un gentil lecteur m’avait même envoyé un gentil mail à ce sujet un jour.

Mais quand même, ces trois foutues deux et trois lettres sont un peu la patate chaude qu’on se repasse de discussions en discussions, de tentatives de comprendre en tentatives de comprendre.

Le Bon ce serait donc un Prince Charmant sur mesure, spécialement taillé pour moi, qui va comprendre tout de suite l’immense complexité de mon être : que je suis pas sa super pote, que je suis pas une nana hystérique et jalouse, que j’ai pas envie de m’encroûter non plus, mais que j’ai quand même envie d’être avec lui aussi. Tout un programme. Un soupçon d’humour, une poignée de virilité, une pincée de sel, un filet d’intelligence, et il va se fondre à ma carnation tel un fond de teint fait juste pour ma petite peau sensible.

Ou pas.

Tout ça me fait penser à une théorie tout droit sortie du film Mensonges et Trahisons, comme quoi l’amour serait à la base l’invention d’un fou du roi en manque d’inspiration, qui s’est mis a inventer des jolies histoires entre les hommes et les femmes, parce que les histoires de guerre ennuyaient ceux qui l’écoutaient. C’est un peu la même chose, le Bon a été inventé par une Barbara Cartland altruiste pour pas que les célibataires désespérées (ce que je ne suis pas) se jettent par la fenêtre de suite.

Blague à part, le Bon c’est un peu le même principe que les horoscopes : on veut bien y croire, mais seulement si ça augure de quelque chose de bien.

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