Cloisonner et négocier une tireuse à bière

17 février 2010

Depuis que le Stalker est dans ma vie, j’ai appris à faire un truc assez incroyable, qui demande une discipline mentale de fer et pas mal de soirées avec de l’alcool. Cela se nomme cloisonner. C’est ériger pleins de petits murs autour de notre histoire, afin de la vivre pleinement sans pourtant pourrir ce que l’on a à côté. Des murs sans portes sur l’extérieur évidemment, car il ne peut pas passer ces putains de portes vers ma vraie vie. Donc quand je suis dans ma vraie vie de Marion, je sais je me répète, c’est pour la compréhension du concept, je continue d’agir comme je l’aurais fait avant lui. Histoire de survivre, et de ne pas passer mes week-ends à fixer le plafond seule avec le chat.

Vendredi, Dassou, la seule, l’unique, l’immense, la merveilleuse, la géniale ivrogne aux cheveux blonds et robes très courtes était en week-end sur Paris. Avec Monsieur Dassou, le seul, l’unique. Disons que sur terre, il y a trois personnes qui peuvent vivre avec Dassou, rire de ses crises de larmes sur la perte d’un crayon noir, admirer son sens du style et ses cheveux de soie, tolérer qu’elle s’endorme bourrée et nue sur le sol un soir, ou bien accepter avec résignation qu’elle mette des gouttes sur l’oreiller pour prévenir ses angines chroniques : ce sont donc, sa mère, moi, et Monsieur Dassou.

Monsieur Dassou a des amis sur Paris, des garçons de son âge, la trentaine accueilllante. Me voilà donc embarquée, moi, ma mini robe et mes bottes à talons, dans de hauts lieux de la capitale, à manger et surtout boire avec des plus de trente ans. Dans le tas, il y avait une vieille copine de Dassou, rencontrée en Angleterre quand elle apprenait l’anglais en sortant en discothèque avec des espagnols : Jolie, blonde, très blonde, superbement bien foutue, pantalon de cuir, esthéticienne à Cannes.

Ca vous pose le personnage.

Dassou, son monsieur et moi sommes les premiers dans le bar. Un ami à lui, que l’on nommera Le Vendeur de Bière arrive avec la Cannoise, qui se faisait « héberger » par ses soins sur Paris. Il arrive, dit bonjour et me dit « On s’est déjà vus non ? ». En effet, quand il était avec une fille depuis longtemps, laquelle détestait Dassou, et sur Lyon, et qu’il était donc l’ennemi public numéro un. Je me suis contentée de « oui chez Monsieur Dassou, à Lyon. ».

Nous voilà donc en soirée. L’esthéticienne parle appareils à lumière pulsée, je parle de bite avec Dassou, et le Vendeur de Bière essaie de me parler. Nous voilà donc en discothèque, à picoler comme des cochons bien nourris. L’esthéticienne est dans son coin, elle est fatiguée, a mal au ventre. Le vendeur de bière tente d’entrer en communication avec moi. Je lui préfère Dassou, je lance un jeu de ChatBite sur le dancefloor, on crie « A poiiiiiiiiil » à des inconnus, on titube, on crie, on chante, on roule sur les sofas, je dis quand même à Dassou qu’il est charismatique avec ses airs de sérial baiseur. Le vendeur de bière vient me parler, on papote, je lui demande ce qu’il fait dans la vie, il vend de la bière, je lui négocie une tireuse, il me roule une pelle. L’esthéticienne rentre chez lui en taxi.

Fin de soirée, je rentre chez moi en taxi, il veut venir chez moi. Je lui dis que non, cela ne va pas être possible, qu’il y a un chat méchant chez moi. Ca tombe bien il déteste les chats. Après réflexion il est prêt à faire un effort. Je rentre seule.

Le dimanche, il m’ajoute sur Facebook et me reparle de la tireuse à bière et de la super soirée qu’on a passée tous ensemble. Il a 35 ans, une gamine, et une ex agressive.

La tireuse à bière ne mérite pas ça.


14 réactions effrénées à “Cloisonner et négocier une tireuse à bière”

  1. Jules le 17 février 2010 20:48

    Salope.

    Je kiffe le style de ce billet… !!

  2. Séb le 17 février 2010 21:04

    J’ai découvert ton blog depuis ton Twitter (sur lequel je suis arrivé je ne sais plus comment >_<) et je dois reconnaître que j'aime beaucoup le style.. remarque, le billet spécial nouveaux mets dans le bain, faut le dire^^

    La tireuse à bière c'est sympa, le problème qu'on peut plus varier les plaisirs de façon régulière… au final, t'y gagnes !

  3. boultan le 17 février 2010 21:52

    le mot important est : tireuse

  4. resaoulemoipas le 17 février 2010 21:53

    clap clap clap

  5. doudou le 17 février 2010 22:03

    le coup du chat..magique!

  6. Jor le 17 février 2010 22:47

    « ce sont donc, sa mère, moi, et Monsieur Dassou. »

    On ce cite en dernier Madame !

  7. jojolabanane le 17 février 2010 23:30

    « ce sont donc, sa mère, moi, et Monsieur Dassou.  »

    On ce cite toujours en dernier(e) !

  8. Sylvain le 17 février 2010 23:50

    Énorme :)

    PS : Tu l’as négocié à combien la tireuse ? :D

  9. Amélia le 18 février 2010 0:17

    :-)

  10. Amélia le 18 février 2010 0:17

    :-) :-) :-)

  11. Yoda le 18 février 2010 1:52

    Moralité : boire c’est bien mais y’a toujours la partie après où il faut assumer la soirée … Par contre bien joué le coup du chat agressif, il l’est vraiment ?

  12. Faustine le 21 février 2010 19:04

    Suis assez d’accord, une tireuse à bière ne mérite pas ça mais toi tu ne mérites que des bonnes choses et perso tu me fais juste envie…

  13. 'lex le 25 février 2010 1:15

    bon… et cette tireuse à bière tu l’aas eu ou non ? :)

  14. lovny le 1 mars 2010 20:40

    Bienvenue dans le monde merveilleux des trentenaires : séparés, boulets, et autres cas sociaux welcome !

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