Comment il a rencontré sa belle famille II

15 septembre 2010

Depuis que je suis à Paris, mon père me demandait inlassablement à chaque fois que je rentrais à Lyon les voir quand est ce que je leur ramènerais un petit « godelureau ». A savoir que mon père n’a jamais pu s’empêcher de parsemer ses phrases de mots en vieux français ou de mots inventés : vous connaissez désormais l’origine de mon attirance pour les néologismes.

Dans le langage paternel, un godelureau n’est autre qu’un petit copain sérieux, dérogeant là plutôt du sens initial. D’ailleurs pour mon père j’ai longtemps été une gourgandine, soit pour lui une fille légère mais néanmoins sympathique qui passait son temps à courir le guilledou dans les boites de nuits. Notez que je ne l’ai jamais détrompé là-dessus non plus.

En juillet, je ne lui avais pas dit que j’étais avec le Dernier Garçon, mais juste pour le plaisir d’être sadique, après un weekend dans le sud avec mon père et ma sœur, j’ai annoncé juste sur le quai de la gare qu’ils me reverraient en septembre avec mon godelureau. J’ai ce jour là déclenché une épidémie de réjouissances familiales, et un torrent de question s’est déversé sur ma pauvre sœur qui en savant un peu plus qu’eux. J’imagine que depuis mes parents ont brûlé un cierge chaque dimanche pour ce godelureau tant attendu.

Mon père a deux obsessions dans la vie : l’allemand et l’art, étant né en Allemagne et artiste peintre. Il a évidement, comme tout bon papa demandé au Dernier Garçon ce qu’il faisait dans la vie. Sa réponse fut « Histoire de l’art ». A ce moment précis, on a atteint le niveau 10 de la joie paternelle. Puis comme à chaque nouvel arrivant chez lui, mon père lui a également demandé s’il parlait un peu allemand. Il faut savoir que la malédiction familiale veut que j’ai un père qui soit bilingue allemand qui a traumatisé chacun de ses enfants avec la langue de Goethe, tant et si bien qu’aucun d’entre nous n’en pipe ne serait-ce qu’un mot, par contestation. Du coup quand le Dernier Garçon a répondu à cette question en allemand, on a atteint le niveau 20 de la joie paternelle, et du fou rire de ma mère quand j’ai dit « Mon dieu je le savais ». Une bonne partie du week-end fut ensuite consacré à des discussions sur la peinture, l’art, les musées, Murakami et Léonard de Vinci. Dieu merci, ils n’ont pas parlé d’art en allemand.

Ma mère étant d’origine méditerranéenne, elle met le trop plein de nourriture servie comme signe d’une adoption réussie. Si vraiment vous lui plaisez, elle vous considèrera comme un de ses enfants. On a eu donc dans l’ordre : du beurré salé car le Dernier Garçon est breton, et j’avais prévenu que les bretons ne mangeaient que du beurre salé. Des croissants pour le petit déjeuner, enfin un pain au chocolat pour moi, car je préfère ça, une salade avec des feuilletés de chèvre chaud à midi, les fameuses pâtes à l’italienne que toute personne qui vient manger au moins une fois doit connaître, et des cannelés en dessert. Pour le samedi soir, on a décliné le repas pour faire les sacs à vin avec Dassou. Je passe sur le resto gargantuesque du dimanche midi, et du « mais vous mangerez bien avant de prendre le train » du dimanche soir qui nous a obligé de manger de la charcuterie et du melon. D’ailleurs le Dernier Garçon est reparti avec un Tupperware de cannelés.

On peut donc dire que l’adoption fut totale… Un peu trop tout de même car entre les « bougez pas je prends une photo de vous deux », les « Ah mais tu rencontreras les oncles et les tantes de Marion bientôt », à savoir toute une smala de pieds-noirs qui votent Jean-Marie que j’essaie de voir le moins possible par respect pour ma conscience de gauche et pour ne pas m’arracher les cheveux suite à la conscience de gauche suscitée, et les allusions à nos futurs enfants ; je crois qu’il va falloir que je modère un peu ses fantasmes de se voir en mama d’une grande tribu et de l’arrivée de nouveaux petits enfants.


18 réactions effrénées à “Comment il a rencontré sa belle famille II”

  1. olivier le 15 septembre 2010 17:51

    et ben…
    finalement, c’est donc vrai que les filles veulent sortir avec leur père… ou quelqu’un qui le leur rappelle
    et pour les enfants, il suffit d’un (mal)heureux oubli :D

  2. zaza le 15 septembre 2010 19:20

    tu es presque enervante avec tes histoires de couple parfait !! bon, suis jalouse mais tres contente pr toi, surtout s’il fait de l’histoire de l’art le petit ;)

  3. Monsieur B. le 15 septembre 2010 21:31

    Dis-leur qu’il ne peut pas avoir d’enfants. Ou toi. Ou les deux. C’est méchant mais tu auras la paix.

    Et puis, c’est moins méchant que toi qui file le parfait pathignon tellement à mort qu’à ce niveau-là même moi je pensais pas que c’était possible tellement que tu nous donnes les détails.

  4. Antoine le 16 septembre 2010 1:04

    !!!Qu’est-ce que c’est que cette affreuse interface!Ma pauvre Marion ton blog est en dépannage,ou quoi?Où est le charmant petit monde de jeune fille
    où j’avais tant plaisir à me promener,il ne manquait que les peluches,ton sourire et ta gentillesse!On se croirait dans un forum,quelle horreur!Sans
    parler de l’anglomanie…Ton « Allez-y,ça va bien se passer » donnait envie de t’écrire un petit mot,alors que « add a comment »…

    On m’a changé ma Marion.

    A part ça,que dire sinon que je ne voyais pas DernierGarçon comme ça.C’est qu’il a l’air sympathique ce gendre idéal qui plait tant à papa.Comme je le disait la semaine dernière,c’est de mieux en mieux parti.

  5. Antoine le 16 septembre 2010 1:08

    Oublie ce que j’ai dit,aprés avoir envoyé le message,je retombe sur ton interface personnalisée.Bizarre…Ca vient de chez toi ou de chez moi,cette curiosité informatique?

  6. léa le 16 septembre 2010 4:12

    c’est vrai qu’on s’ennuie un peu.

  7. Raphyslash le 16 septembre 2010 8:58

    Quitte le !!! On s’ennuie ferme là…

  8. Marion le 16 septembre 2010 9:54

    @Olivier : Rah non, le Dernier Garçon ne perd pas ses cheveux !

    @Zaza : huhu c’est gentil, mais il est pas encore parfait (mais j’y travaille)

    @Monsieur B : Non je vais leur demander de l »argent pour élever les futurs enfants, ca les calmera :D

    @Antoine : sur l’interface ; bug passager, peut être un problème du à ton cache ou à ta connexion. Non mon thème est déjà tout pourri graphiquement mais il a le mérite d’être pratique, donc j’en change pas.
    Tu le voyais comment le jeune homme sinon?

    @Léa et @Raphyslash : Désolée mais entre être heureuse et votre amusement de lecteurs face à mes lose, le choix est vite fait hein. :)

  9. FilGB le 16 septembre 2010 12:13

    Bah moi j’aime bien ! :)

    Bientôt le monde tranquille de Marion ressemblera au blog de Pacco version prose… ahah…quoi quelle pression ? :D

  10. Antoine le 17 septembre 2010 15:54

    Plus léger,plus superficiel,peut-être.Jusqu’a ce que je te découvre,je me faisais une idée fausse du monde des boites de nuit,et apparemment il m’en reste quelque chose…Tu m’as appris qu’une fille qui sort énormément en boite et aligne les conquêtes peut être
    interessante,même brillante,et que tâter toute une floppée de melons pour finalement trouver le bon était une conception de l’existence très respectable,aussi agréable qu’efficace!

    Discothéque et bibliothéque ne sont pas antinomiques, pour le Dernier Garçon comme pour toi.

  11. Le Dernier Garçon le 18 septembre 2010 13:35

    @Antoine : d’autant que nous ne nous sommes pas du tout rencontré en boîte de nuit ou discothèque, mais bon… C’est à Marion d’en parler, pas à moi.

  12. Alexis le 18 septembre 2010 17:10

    Personnellement la perspective du billet sur la rencontre avec les oncles et les tantes me laisse confiant quant à la suite de ce blog !

    Sinon plus sérieusement cela fait quelques mois que je lis ce blog et j’aime bien cette tournure (ceci dit, de quoi je me (on se) mêle), l’intérêt d’un bon blog par rapport à un bon film, c’est que ça peut se finir bien ;).

  13. Auryn. le 18 septembre 2010 21:17

    Hahaha je suis pas la seule à avoir été traumatisée par l’allemand. Mes deux parents sont bilingues, et – comble du malheur – ma mère est prof d’allemand. Et moi l’allemand, c’est un peu comme toi, overdose et rejet en bloc lorsque l’on aborde le sujet à la maison. Du coup, ma mère aime beaucoup demander à mes copains s’ils ont fait de l’allemand. La dernière fois qu’un pote lui a dit qu’il adorait l’allemand, elle était à deux doigts de lui faire signer des papiers d’adoption. (copains tout court déjà, je n’ose même pas imaginer le jour où je lui ramène un petit copain qui lui annonce qu’il aime l’allemand. Réflexion faite, je crois que je ferai une sélection sur critères dudit futur petit copain).

  14. Freud le 20 septembre 2010 1:58

    J’aimerais savoir d’où vient cette envie inlassable de raconter sa vie à tout le monde…? Oui je sais, je pars!

  15. juliachou le 21 septembre 2010 12:52

    Je suis tout à fait d’accord avec Alexis ! J’aime les « happy end » et ton style est toujours aussi frais, looseuse ou amoureuse. Alors pour te connaître un peu personnellement, et connaître aussi un peu le dernier garçon, je vous souhaite d’être heureux et de nous raconter les péripéties des oncles et tante :)

  16. Priximmo le 27 septembre 2010 11:14

    Eh ben… intéressant tout cela. Bonne continuation, sympa ton blog.

  17. Cyril le 19 octobre 2010 19:45

    Ton style est top

  18. Cyril le 19 octobre 2010 19:45

    Ton style est top

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