"Gweg"
« C’est l’histoire d’un mec »
Je cite Coluche parce qu’il en est fan, mais c’est plutôt une histoire tout court.
Premiers jours en 1ère année ( dans la sacro sainte école dans laquelle je suis entrée par un presque miracle, c’est-à-dire réussir le concours grâce à une bonne note en histoire, une épreuve sur un bouquin dont les questions tombent sur les rares passages que j’ai approfondis et un tout pour le tout en anglais où j’ai misé sur l’humour) : je suis à la bibliothèque une fille vient me parler : « Marion tu te souviens de moi ? » « Uh ? ». Je tente de situer… Il s’agissait d’une fille qui habitait à côté de chez moi, on s’était connu en fréquentant le même cours de Modern Jazz quand on était en Troisième.
Chic une tête connue dans ce lieu encore inconnu ! Elle me présente Greg, avec qui elle a fait 3 semaine de prépa droit avant de savoir qu’elle avait eu ce foutu concours.
La première fois que je le vois, il courrait chez lui car il avait oublié de donner son sandwich à sa copine, avec laquelle il vit. Il nous parle aussi de son projet de créer une association pour s’occuper des étudiants étrangers de l’école. Ambitieux pour un première année fraîchement arrivé.
Peu de temps après on arrive tout les deux en amphi, plus de place près de notre amie commune, on se retrouve tout au fond. Du haut de l’amphi on entendait vaguement que le prof d’Economie Politique nous parlait de l’élasticité de la demande, et qu’il s’agitait au tableau à dessiner des courbes et des équations. On n’a pas suivi grand-chose, on s’en cognait complètement, on a passé le cours à se marrer comme des cons à cause de l’agitation frénétique du prof.
Les sales gosses…
Peu de temps après, arrive le week-end d’intégration, rituel obligé pour tout première année qui se respecte, pour se faire intégrer par les anciens et aussi tester l’endurance de son jeune foie. Greg avait entreprit une blonde avec qui il ramait visiblement, (mais n’avait t’il pas une copine ?), je décide donc d’éclaircir la situation et débarque tout sourire avec deux vodkas pomme (Open bar le week-end bien évidement), pour les dérider un peu. Au final, ma mission aura été accomplie, il l’aura chopée en bonne et due forme.
Après cela, je fais la fouine, il a théoriquement une copine, pire il habite avec, bref je comprends pas. Il me raconte donc ses malheurs sentimentaux et ses grandes bêtises, je lui raconte mes histoires à la con et lui chante mes chansons débiles, le tout en s’abreuvant de vodka pomme.
En suivra une longue amitié qui dure toujours, sur fond de glandouille en amphi, d’errances dans les couloirs, d’accueil des étudiants étrangers, de shopping en ville, de soirées, de vodka pommes et d’obsessions sentimentales, pour lui comme pour moi, mais surtout pour lui.
Greg c’est le mec qui débarque dans le bureau de sa banquière avec un grand sourire, il en ressort avec un « arrangement » pour son découvert, 500 euros de subventions pour une assoc’, ainsi qu’une pipe en prime.
Il tombe amoureux aussi, tout le temps, n’importe quelle fille qui passe, pour peu qu’elle soit mignonne et abonné à Libé, c’est la femme de sa vie. Dieu sait qu’il y en a eu beaucoup, généralement cela se termine par nos échanges d’emails, lui désespéré et moi tentant de lui prouver par A+B qu’il mérite mieux qu’une pétasse narcissique. Mais inlassablement il recommence, acharné et patient. Rêveur devant l’éternel.
Qui se souviens du nanard de première classe « Les charlots contre Dracula » ? Je pensais être à peu près la seule, mais il y a environ un an et demi j’ai découvert qu’il s’en souvenait lui aussi, mais qu’on se partageait également la même réplique cultissime : « Attention Dracula ceci est un saucisson à l’ail ! », avec un des Charlots qui menace Dracula d’un saucisson.
Il sait très exactement quel genre de mec j’aime, quand il en voit un et que je le vois aussi. Il prend son pop corn et un jus d’orange (il aime pas le Coca) et s’installe confortablement dans un fauteuil, histoire de ne pas perdre une miette du film.
Pour toutes ces raisons, mais aussi pour beaucoup d’autres, je lui dédie cet article, car mon « Monde Tranquille » ne serait pas ce qu’il est sans cet espèce de cinglé irrationnel.
NB : Le titre ne contient pas de faute de frappe. Greg est également parti en Angleterre. « Gweg », c’est juste une blague de merde de ma part, pour décrire la façon dont on allait le prénommer pendant 6 mois!
11 réactions effrénées à “"Gweg"”
T’as oublié de préciser que si on a besoin de qq chose (des capsules de bouteilles, un disque dur, faire à manger, etc.) Greg l’a ou le trouvera. Et que Greg est un féministe des temps modernes. Et que Greg et Marion c’est un peu comme un vieux couple qui s’engueule tout le temps pour rien et se réconcilie autour d’un plat de quenelles.
(qu’est ce que tu foutais à la bibliothèque?)
(moi aussi je trouve ça louche, l’histoire de la bibliothèque…)
J’avoue, c’était le tout début de la première année, on avait des plans détaillés en droit constit…
Bref on ne m’y a plus repris :p
Ah sinon pour les quenelles, on ne se réconcilie pas autour d’un plat de quenelles, Constance, la dernière fois qu’il nous a fait des quenelles (la seule et l’unique) tous ses convives on passé le cours qui suivait à dormir affalés sur le bureau tellement il y avait de la sauce…
Même sans quenelles, je passe les cours affalée ou presque sur le bureau à dormir ou presque.
Ai-je un problème ?
ou les quenelles sont-elles innocentes ?
Je suis ravi de voir que d’autres personnes partageaient mes inquiétudes quant à la présence de Marion à la bibliothèque
Portrait on ne peut plus fidèle. Je rajouterais que Greg peut aussi écrire des descriptions d’associations à n’importe quelle heure du jour et surtout de la nuit.
Marion était aussi à la bibliothèque la 1ère fois que nous nous sommes rencontrées… Mais bon, c’était le début de sa 2ème année, elle devait avoir plein de bonnes résolutions, on peut lui pardonner!
Oui c’était en début de ma deuxième année, j’avais des résolutions et du temps à perdre avant une conférence de Noël Mamère (à l’époque je ne vivais pas encore dans l’atrium)
Marion a la bibliotheque ???
Nan mais faut arreter les quenelles les cocos…
oula !!!!! la réputation avec cette histoire de biblioteque !!! MDR !!!
bref je voulais juste laisser une trace pour mettre un sourire sur la belle amitié que tu décris dans cet article, j’avais l’impression de vivre la meme expérience du moins très similaire ….
mais c’est beau, c’est fort …. l’amitié je dis tjs que c’est le plus pure des amours qui existe .. sauf quand se mélange des histoires de cul !!! lol
Il est des jours où l’on devrait réviser des partiels de CO, mais où l’on préfère se perdre des heures sur le blog de Marion, à lire, relire des articles toujours plus passionnants.
Je n’avais jamais lu les commentaires écrit sur cet article qui est pourtant de loin la plus belle déclaration d’amitié qu’on ne m’ait jamais faite. Je ne pourrais pas dans un simple commentaire dire tout le bien que je pense de Marion, mais il faut bien que justice soit faite. Qui est-ce qui est toujours là, après qu’une nouvelle fois une de mes relations avec une lectrice de Libé soit tombé à l’eau??? Marion évidemment, protectrice, ange-gardienne, mécène providentielle, appelez-là comme vous voulez, Marion est toujuours là.
Elle est là, pour me mettre sur mon chemin des lectrices potentielles de Libé (tu tu tu, comprenne qui voudra), pour me faire rire, me surprendre, me saouler, me débaucher, me surveiller, me critiquer (;)). Notre vieux couple, incapable de ne pas se chamailler a ce charme indéfinissable qui fait que je regrette tous les soirs ne pas avoir pu accorder suffisamment de temps à celle qui est et restera, l’amie dont j’ai besoin. Ye l’aimerai toujours.