La crise des trentenaires : Connard 1er

28 octobre 2009

Voici le dernier article de mes déboires avec les trentenaires. Enfin pour le moment, on ne sait jamais, cette génération de paumés écume les rues de Paris aussi sûrement que j’écluse les mojitos.

Samedi, j’étais invitée à un évènement social de haut lieu : l’anniversaire de Connard 1er, il a 29 ans. Il est à noter que cet article pourrait aussi se nommer « Comment survivre dans une soirée objectivement chiante ? ».

Pour ceux qui prennent le blog en cours, Connard 1er est un sublime mec qui m’avait draguée à une soirée. Il avait une meuf totalement inutile (lui qui le disait), il s’est passé des trucs, on s’adore mais on est restés potes car c’est le genre de mec qui se laisse tellement déborder par son taff qu’il ne trouve pas le temps d’accrocher ne serait ce qu’un seul tableau au mur chez lui, alors sortir avec une fille, n’en parlons pas.

Me voici donc dans le 16ème, en robe noire à zip, cuissardes et veste un peu classe. Comme j’ai dit à Chérie, pour essayer d’avoir une alchimie subtile entre pouffe et classe. Suffisamment pouffe pour qu’il veuille coucher avec moi, suffisamment classe pour qu’il n’ait pas honte de moi devant ses amis. Salope chic donc. (Copyright Jules)

Je sonne à sa porte, il m’ouvre. Grand sourire Ultra-Brite et regard bleu azur. Il me montre un placard : « C’est le vestiaire ! ». Je lui demande si je dois donner un euro par article.

Toujours aussi bon public, il éclate de rire. Il me présente les lieux, c’est grand, c’est beau, il y a un grand balcon pour fumer, dans l’entrée un bar de softs (je n’y toucherais pas), dans le salon, une sangria et un buffet de sushis, ce qui me fera m’exclamer : « Tu sais, en général les gens prévoient des chips aux anniversaires ».

Puis il me présente aux gens : 90% de collègues, 9% d’amis d’Ecole et… moi.

J’essaie de discuter avec ses collègues, des gens pas forcément drôles, vu qu’ils ont un métier très très sérieux et important, du genre haut fonctionnaire. Formalités d’usages : « Et tu le connais d’où Connard 1er ».

Gros blanc dans ma tête : dire qu’il m’a dragué en soirée, qu’on a couché ensemble alors qu’il sortait encore avec une autre n’est pas une réponse acceptable pour ce soir.

« Euh…. chez des amis, et on a gardé le contact »

Puis, il s’est passé quelque chose de très bizarre : je ne comprenais absolument pas de quoi ils parlaient. Non pas que je ne comprenais pas la conversation, non juste parce qu’il n’y avait rien de perceptible, de défini, d’accrocheur. L’enfer sur terre, une sorte de cauchemar, en pire.

Là, ô miracle, Connard 1er, me présente une grande blonde : même robe que moi, en rouge. Miracle, Mazeltoff, une copine ! Elle était venue avec un ami collègue. Bon plus fun celui là, mais je n’arrive toujours pas à déterminer de quoi ils conversaient.

Même avec une copine blonde avec qui parler bite, la soirée est longue. Je mange des sushis, je siffle les flûtes de champagne, je demande à mon mec chiant préféré comment il va : il me répond très bien, et très mal. Il a trop de travail, il n’a le temps de rien, il se sent seul.

Encore un qui ne rigole pas tous les jours.

Je tente une nouvelle fois de discuter avec un des collègues. On parle immobilier, comme quoi il est top cet appart. Le collègue le trouve un peu excentré, moi je le trouve un peu vide, mon studio en bordel fournit avec un chat affectueux est plus accueillant. Il acquiesce, il me dit qu’il faudrait une fille pour rajouter une touche là dedans, et que un chat ça serait pas mal.

Ah, c’était donc bien joué la veste, je suis presque considérée comme fréquentable.

23h, j’ai envie de crier « Je bosse dans le web sortez moi de là ! ».

23h10 : Connard 1er me rattrape « Marion, reste, t’es jolie, intéressante, je vois pas pourquoi tu me dis que t’es pas à ta place ici, ils sont sympas viens on va danser »

23h15 : Je danse sur du disco

Minuit : 5 gays dansent le charleston dans le salon.

Puis à un moment, j’ai chaud. J’enlève ma veste.

Connard 1er me dit qu’il ne peut pas me regarder, que c’est indécent, cela risque de l’exciter.

Victoire sur la tenue.

Vers une heure du matin, après qu’il m’ait dit que j’étais la personne de la soirée avec laquelle il avait passé le plus de temps, après n’avoir toujours pas saisi de quoi parlaient ces gens et après que ma copine blonde m’ait tiré les cartes et dit que ma situation sentimentale ne m’amènerait qu’un torrent d’emmerdes, je suis rentrée me coucher. L’heure devenait beaucoup plus acceptable pour un départ. Je lui annonce quand même en partant, d’un marxisme triomphant « Tu sais, je t’adore, alors tu m’inquiètes, ne perds pas ta vie à la gagner »

Moralité de la soirée : la crise des trentenaires, cela passe aussi par fréquenter des gens chiants.

24 commentaires à “La crise des trentenaires : Connard 1er”

  1. Polochone dit :

    N’empêche que c’est pas tout les jours qu’on voit 5 gays danser le charleston dans un salon !

  2. Nan Nan dit :

    Je veux pas faire ma provinciale de merde mais j’ai l’impression que cette crise est propre aux trentenaires parisiens…Certains de mes potes ou de mes collègues, connaissances, etc ont 30 ans, et ne me paraissent pas aussi…pitoyables ! Dans ces moments là, je suis vraiment contente d’habiter dans mon Sud !
    Marion, tu devrais peut-être viser les jeunots…ou les provinciaux, parce que là, ça va devenir tendu !…bah, d’un côté, les mecs de 20 ans sont pas franchement interressants/matures/les deux (ya des exceptions…nos p’tits frères quoi !), et les relations à distance….Ok, moi et mes idées en mousse, on sort !

    • Marion dit :

      Le souci c’est que je plais beaucoup plus aux trentenaires qu’aux jeunots, donc je vais bien là où on veut de moi.

      Puis sont plus intéressants aussi.^^

      Et moi aussi je suis une provinciale de merde :D

      • Amnésia dit :

        Ben c’est normal que tu plais à nous, les trentenaires. On dit que quand on est jeunes on est bête, et avec le temps on choisit avec classe et goût et qu’on reconnait les millésimes…
        (combo compliments, avec un pour moi parce que ton post m’a quand même fait déprimer)

  3. Je viens de manquer de rigoler dans ma reunion plein de gens sérieux à cause de ton billet. Nous les trentenaires on est pas paumés mais on connait juste des gens chiants en veillissant, enfin pas que mais beaucoup.

    Sinon à mon avis connard 1er va (a déjà ?) te passer à la casserole.A nouveau.

  4. LaurentLC dit :

    Mon ptit, allons…. « après que »+ indicatif, merci

  5. Jules dit :

    « Salope chic ». Y sont où mes copyright sur le concept ???

  6. Et encore, je te dis pas les soirées chiantes quand tu fréquenteras des quarantenaires… Quoique, y aura aussi moins de soirées.

  7. Pandi dit :

    Si je me retrouvais seule trentenaire dans une soirée blindée de djeuns de moins de 25 ans, je taperais ma crise aussi.

    • Marion dit :

      J’ai aussi des amis trentenaires drôles, là c’est plus une histoire de milieu social quiles rend chiant, ou qui fait qu’ils ont jamais été drôles.

  8. La Marmotte dit :

    C’est la vie… dans peu de temps on sera entourées de couples avec enfants alors… :p

  9. Jack Larsen dit :

    C’est pas spécialement propre aux trentenaires d’être chiants, je crois, mais plutôt effectivement de milieu social.
    Après, c’est jamais évident de passer une soirée avec 99% d’inconnus, aussi marrants soient-ils…

  10. Jul dit :

    Qui te dit que ces gens ne se sont pas amusés comme des fous et ont trouvé la petite enfant en robe noire extrêmement déprimante en cs disant que les jeunes d’aujourd’hui ne savent décidément plus s’amuser :)

  11. Olive dit :

    « Tu sais, je t’adore, alors tu m’inquiètes, ne perds pas ta vie à la gagner »
    Très fort cette citation, faudra que je la ressorte en soirée aussi …

    Sinon, tout comme Jack, le soucis c’est le milieu social. ( Quoi ?!, ouais j’entame la dernière ligne droite avant la trentaine ! )

  12. Sakana dit :

    ouai même chose… la citation de fin elle m’a laissé penseur…

    S.

  13. Jibé dit :

    C’est bizarre, j’ai eu 30 balais le mois dernier et j’ai l’impression que je fréquente de moins en moins de gens chiants… C’est peut-être parce que je deviens comme eux.
    Sinon, je confirme, tous les trentenaires ne sont pas paumés (je ne parle pas forcément pour moi, ceci étant…)

  14. Je viens de découvrir ton blog.

    Malheur, ma fille, que tu écris bien ! …j’espère que tu n’es pas encore blasée de ce genre de compliment…

    Je ne sais pas s’il existe réellement une crise des trentenaires. Il me semble en voir certains, en crise permanente, un peu comme des coureurs de fond de la crise existentielle.

    Le passage…… « Me voici donc dans le 16ème, en robe noire à zip, cuissardes et veste un peu classe. …………… Salope chic donc »…me fait penser au style d’une bloggueuse que je lis régulièrement : http://www.duelausoleil.com.

    Que l’inspiration soit avec toi.

  15. Daphné dit :

    Ne pas comprendre une conversation en soirée, je plussoie tellement.
    Le regard vide, à essayer d’animer les muscles de son visage pour paraitre interessée, et ne rien enregistrer de ce qui se passe… Ahem

  16. TheCélinette dit :

    Moi je plais plus aux jeunots qu’aux trentenaires. On échange ? :)

URL de Trackback | Flux RSS pour les commentaires

Laisser un commentaire

Nom (obligatoire)

Email (obligatoire)

Site web

Exprimez-vous ! (avec modération)

    Je Twitte
    Le pire du pire est sur Facebook