La désintox

30 janvier 2010

Trois week-end à fixer le plafond et à caresser le chat, deux semaines la boule au ventre où je n’arrivais plus à manger. Enfin sauf les sushis, il faut bien que mon statut de pétasse serve un peu. Deux semaines où le téléphone sonne pas trop, où personne n‘est là pour s‘occuper de moi, de week-ends occupés à mater des séries, de Stargate Atlantis à Buffy contre les vampires, c’est dire si la palette est large. L’apocalypse avait démarré le premier janvier, et subitement, mon Stalker n’était plus le même, du mec adorable, toujours là à me dire des jolies choses ou bien à rire de mes blagues, j’avais un mur silencieux qui venait se blottir dans mes bras sans rien dire, qui envoyait subitement des mails creux et faisait des silences radios insupportables.

Le dimanche du troisième week-end, j’ai craqué, je lui ai demandé s’il voulait encore me voir, il m’a dit oui, mais qu’il n’arrivait pas à faire ce qu’il avait dit qu’il ferait. Le lundi, il est arrivé en larmes, de pas avoir les couilles, d’être fou amoureux de moi et de pourtant être un enfoiré de connard (de type 4, nouveau concept bientôt sur ces pages). J’ai bien failli vomir tellement j’ai eu mal. J’ai pleuré pas mal aussi et lui de concert. Après 20 jours d’insomnies, il avait pris dix ans de plus, dix jours de plus et on aurait pu le prendre pour mon père.

On a donc décidé de se séparer. Le problème est qu’on agit l’un sur l’autre comme une sorte de drogue, toujours l’envie de se parler, de s’écrire, de rire ensemble, de se toucher, de se voir, de s’arracher nos vêtements dès qu’on est seuls. Dure la drogue (CSB), qui provoque un shoot de plaisir dès qu’on en prend, et même qu’on se met à en réclamer toujours plus. C’est qu’il y a tellement tout ce qu’on peut vouloir en terme d’alchimie que cela en devient dangereux

Alors par une idée stupide, j’ai dit qu’on devrait peut être faire comme les anciens héroinomanes qu’on a mis sous méthadone. Arrêter progressivement, faire un sevrage, en diminuant les doses. Première semaine, on se voit 4 fois, deuxième semaine, on se voit 3 fois, et ainsi de suite, pour terminer sur un vendredi matin, où il arriverait avec des viennoiseries pour un ultime petit dej. Comme ça, on aura été romantiques jusqu’au bout.

Le lendemain de la décision, tout était reparti comme en 40 avec cette putain alchimie parfaite, alors des fois quand on évoque le D-day, on a un concept qui apparaît : les larmes autonomes, elles viennent toutes seules comme des grandes sans même qu’on les ait invoquées.

Rassurez vous, curieusement, maintenant que cette période angoissante est passée et malgré tout ce qui se passe, je vais très bien.

Pour la désintox, je vous le donne en mille, c’est mission impossible.


28 réactions effrénées à “La désintox”

  1. Jenna le 30 janvier 2010 21:02

    Comme c’est bizarre… Cette situation du type qui pleure, ça me rappelle quelque chose, et surtout quelqu’un!..

    Et conseil: n’essaie pas de le revoir, sinon, tu vas replonger la tête la première…;)

  2. boultan le 30 janvier 2010 21:26

    je suis sûr que tu peux trouver mieux
    (je parle des séries)

  3. Yoda le 30 janvier 2010 21:43

    Clairement faut trouver mieux que les séries vintages. Une cure sans série, sans télé, sans blog, sans internet dans une campagne quelquonque peut-être.

  4. Sofie le 30 janvier 2010 22:00

    Bon courage! C’est dur les désintoxs de ce genre, j’ai réussi à m’en sortir après loooogtemps mais y’a fallu couper les ponts et encore c’est un peu fragile, mais c’est possible! Bon courage!

  5. eri le 30 janvier 2010 22:05

    Suis passé par là l’année dernière, la même alchimie, la découverte des larmes « autonomes » (je les appelais « impromptues » ;) d’autant plsu que je n’avais quasiment pas pleuré dans ma vie), le sevrage qui ne marchait pas, une connexion/alchimie comme en rencontre très rarement dans sa vie (je ne pensais pas qu’on pouvait aimer à ce point, pour tout dire, et avoir tant de choses intéressantes à se dire, ou plutôt que TOUT était intéressant).

    Et il n’y a pas vraiment de solution, en fait. Même avec un sevrage radical (coupage de ponts depuis deux mois, notamment parce qu’elle a été trop lâche pour quitter son mec), ça ne marche pas vraiment : je pense à elle tous les jours et je rumine.

    Bref, long story short, et phrase clichée en sus : mieux vaut avoir vécu ça et en avoir chié que d’avoir eu une vie sentimentale plate/banale. Ayant pris l’histoire en cours par contre, je me demande ce qu’est le niveau 4 du connard…? Bon courage donc, et j’approuve Buffy.

  6. falconhill le 30 janvier 2010 22:23

    Je vais pas me faire gronder sur Twitter (rigolo ton twitt)

    Mais pas marrant ton billet. J’ai juste envie de t’envoyer un gros bisou du sud. Qui ne servira pas à grand chose, mais bon..

    Triste ton billet. Bon courage. Bisous

  7. limp le 30 janvier 2010 23:00

    ça m’a rendu triste rien qu’en lisant l’article.

    courage pour la suite. les nuits blanches et les envies de rien, j’ai connu. on est content quand ça s’arrête !

  8. Jibé le 31 janvier 2010 10:40

    Merde, t’es trop c****, Marion, j’ai les larmes aux yeux en te lisant ! (et je ne suis pas franchement du genre à m’émouvoir)

    Je t’envoie un gros « j’te prends dans mes bras en te disant : Pleure, ma petite, ça va aller, ça va aller… »

    Biz

  9. Chrissou le 31 janvier 2010 12:46

    Et si, tu plongeais complétement dedans … Et si tu avais besoin de ta dose tous les jours .. Et si cette idée stupide d’arrêter avec lui , était la plus stupide que tu es prise !
    Alors pose cette fichue télécommande, remballe des séries des ninety , et va plonger dans ton overdose. Tant pis des conséquences du lendemain… au moins tu vibreras … et puis c’est ça la vie, se sentir vibrer !!
    Oublie cette détox …

  10. mimi le 31 janvier 2010 16:32

    comme je te comprend…. cette alchimie, c’est tellement bon, de trouver ton autre ! que d’imaginer de ne plus le voir, le toucher, lui parler est juste insupportable, ca prend aux tripes c’est incontrolable !
    alors moi la seule solution que j’ai trouvé c’est de prendre la vie comme elle vient, vivre a fond les moments avec lui, et peut etre qu’un jour au fur et a mesure je me lasserai de cette situation?! ou bien que tout simplement qu’il aurait enfin les « couilles » d’assumer notre relation!

    enfin tout ca pr dire, faut pas reflechir juste prendre les choses comme elles viennent…

  11. La Marmotte le 31 janvier 2010 17:56

    Hey! Moi j’ai essayé la désintowx avec mon ex écossais, mais ça n’a pas marché. j’ai replongé, on s’est encore plus enagagé et la rupture a été encore plus dure.
    Mais si tu y arrive, bravo…

    Courage miss, et peut-être à un de ces jours, (j’ai appris que je venais à Paris pour 6 mois et je connais plein de jeunes centraliens célibataires sur Paris ;) Si tu veux faire un article sur « le centralien » ^^)

  12. Tchit le 31 janvier 2010 19:18

    Lol la desintox en se separant de plus en plus, c’est impossible, c’est comme le crack, il faut stopper net, en prendre n’amenera que l’envie d’en reprendre. Oui, non, je suis pas crackhead ;)

    Bon courage, tu en as besoin…

  13. zinnalice le 31 janvier 2010 23:10

    Buffy, c’est le mal. (Mouahaha.)
    Pour le reste, sincèrement, on n’a qu’une vie, et la passer sans prendre de risques, c’est mortellement chiant. ;)

  14. Nono le 1 février 2010 9:14

    There there

  15. Fabien le 1 février 2010 11:19

    J’aimerais croire que la désintox petit à petit marche, mais jamais pour moi alors (sourire).
    Souvent une façon de prolonger et d’etirer le temps, de retarder l’echéance en esperant l’evenement qui fera que l’ineluctable ne l’est plus.
    J’espère que tu auras plus de chance de ton coté. Vraiment !

  16. C. le 1 février 2010 11:31

    Oui, la désintox c’ets un concept foireux.
    On le sait tous, que ce qui marche en amour c’est la coupure net et le temps. Et on aimerait croire quand même qu’il y a une autre façon…
    C’est assez rare les mecs qui balancent leur femme pour leur maîtresse, mine de rien. Ou plutôt les mecs qui ne sont pas lâches.
    Fais juste attention de ne pas aller jusqu’à le supplier. Ça arrive assez vite.

  17. Katoune le 1 février 2010 16:08

    Je pense que nous avons tous notre manière d’anticiper ou encaisser ce genre de situation. En ce qui me concerne je préfère nettement m’habituer à une rupture, plutôt que de me préparer à la celle-ci.

    Quitte à avoir une période d’adaption, autant que ce soit pour s’en remettre que de s’y plier ;)

  18. michael le 1 février 2010 22:58

    Chacun d’entre nous s’est déjà retrouvé à écouter la conversation, d’un couple, de collègues de travail. Ce midi, j’ai mangé au réfectoire (endroit ou les ouvriers mangent). Comme souvent, quand j’arrive, les trois mêmes personnes sont déjà là. Ils se racontent leur WE, leur vie, leur matinée de travail… N’ayant rien d’autre à faire que de les écouter en plus de manger, je note (dans ma tête) leur sujet de conversation. Et comme souvent en l’espace de 10 minutes, le temps pour moi de manger ce que m’a préparé « Marie », les sujets s’enchaîne. Par exemple ce midi, ils parlaient du mauvais temps, de la neige, du verglas. Au moment de partir ils en étaient à parler de leur services militaire (Dans le temps les hommes devaient une partie, période plus ou mois longue, de leur vie à l’état).
    Vous me direz qu’il n’y a aucun rapport entre eux. C’est pas faux et c’est ce qui est amusant je trouve

  19. Greg le 2 février 2010 2:21

    au moins t’ es vivante !

    je suis passé par là mais en inversé, avec une meuf mariée et une petite fille, c’est bon et ça fait mal en même temps. Mais ça vaut la peine d’être vécu, exactement comme une drogue.. le plaisir , l’addiction, le manque, les montagnes russes!

    Ca s’est terminé quand elle a déménagé après 2 ans et demi, très loin de Paris, avec son mari

    On se revoit de temps en temps.. un sourire radieux, du plaisir en barre et, je le souhaite, une complicité éternelle

    à ce jour, celle qui a le plus compté, qui a compté plus que tout

  20. Mart' le 2 février 2010 13:33

    Mouais, tout arrêter d’un coup, ça m’évoque des scènes peu ragoûtantes de Trainspotting. Dans certains cas, il me semble que la désintox peut trouver son utilité!
    Dans tous les cas, Marion, keep it up!

  21. Jack Larsen le 2 février 2010 15:55

    Chacun cherche (et trouve parfois) la meilleure façon de se désintoxiquer… Bon courage dans ta cure, la bise.

  22. viktorzonix le 2 février 2010 18:19

    Ah merde Marion… il faut que j’arrête de te lire au boulot, j’ai l’air fin avec mes yeux tout mouillés maintenant. Moi ça fait 1 an et demi qu’on essaye d’arrêter, mais qu’est-ce que tu veux quand c’est bon la drogue tu rechute toujours à un moment ou a un autre. Cela dit je crois que ça nous fait de moins en moins mal de nous séparer au fur et a mesure.

  23. Archie le 2 février 2010 20:40

    Le labo pharmaceutique qui va inventer la pilule du courage pour les mecs va se faire un pognon monstrueux.
    Les avocats aussi du coup parce que ça va divorcer sec dans les chaumières.

  24. Barbwa le 2 février 2010 21:05

    Je suis triste pour toi, j’aurais voulu avoir tort. Qu’il te choisisse et qu’il te rende heureuse…

    On connait tous le remède mais on le deteste tout autant: le temps…

    Plein de courage!!

  25. Sylvain le 3 février 2010 17:35

    @Archie : Ce genre de situation que ce soit homme ou femme c’est la même chose.

    Je trouve que celui qui trinque le plus dans ces situations c’est l’amant.
    C’est celui qui rentre le soir chez lui se retrouve seul ou avec son chat et pense à la personne qu’il aime dans les bras d’un/d’une autre, tout en espérant que demain sera un autre jour et que son/sa bien aimé ne sera plus que pour lui.
    Mais forcé de constater que ce genre de « belle histoire » se finis rarement aussi bien…

    J’avais aussi espéré me tromper et j’aurais préféré ! En tout cas je te souhaite plein de courage . et puis il y’a toujours ton chat :)

  26. Le Golem le 5 février 2010 15:14

    Salut! Ton billet me fait vraiment me dire la chose suivante:

    Pourquoi fuit-on si souvent le bonheur?

    A croire que les émotions noient trop souvent nos envies profondes. Celles-ci remontent parfois par nos larmes dans d’ultimes convulsions, avant de laisser les sentiments sombrer.

    Cela dit attention au romantisme, il peut faire beaucoup de mal quand on le pousse un peu trop loin (Cf. Alfred de Musset dans « Confessions d’un enfant du siècle » par exemple).

    Bon courage.

  27. ost le 5 février 2010 19:54
  28. dahue le 10 février 2010 0:24

    « Comme c’est bizarre… Cette situation du type qui pleure, ça me rappelle quelque chose, et surtout quelqu’un!.. » <– idem, et la personne en question a depuis l'extrême sensibilité de faire comme si je n'existait pas, comme si j'étais transparante quand on se retrouve dans la même pièce…

    Courage Marion ! :(

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