La mort du Prince Charmant

8 juillet 2010

Dans le fond, j’ai toujours été une grande romantique, même si j’entends ici les lecteurs hilares qui me jettent en pâture tous mes anciens plans-culs, one-shot et relous du dance-floor en buvant de la bière.

Si, si je suis sérieuse. Comme beaucoup de filles, j’ai été nourrie et biberonnée à la culture Hélène et les Garçons, à pleurer devant Dawson (oui, bon), et à idolâtrer Ally McBeal. Ensuite j’ai découvert Samantha Jones, ceci expliquant cela.

Tous ces modèles à l’eau de rose ont fait de moi une incurable fleur bleue, qui croyait dur comme fer au prince charmant, au cheval blanc, à la mandoline, laï, laï, laï, laï. Au mec de ma vie, dont je serais amoureuse pour toujours, avec qui tout collerait, qui serait le premier et le dernier dont je tomberai dingue et que ce serait formidable.

Riez, riez, cela faisait sens dans mon âme de midinette fleur bleue et rose.

Un beau jour, j’ai reçu un mail d’un lecteur égaré à qui on avait conseillé la lecture de ce blog, j’ai répondu, il a répondu, et stupidement on est tombés amoureux en cassant tout ce qu’il y avait autour de nous. Il était une version masculine de moi, un peu plus vieille, défauts, manies, aspirations, tout collait. Quelques années plus tôt, je disais que je n’allais pas attendre que le Prince Charmant tape à ma porte un matin alors je chopais à droite à gauche pour le trouver, c’est pourtant ce qu’il faisait tous les matins de semaine. La coïncidence était trop belle, j’y ai cru dur comme sa bite.

Il s’est avéré que le Prince Charmant était un vilain crapaud à la bite pas si grosse que ça, et la passion, ça passe, vite, très vite, une fois que l’on a pigé. Au tout début de nos échanges, il surnommait sa femme « The One », ensuite il a arrêté, sans doute que cela devenait mal venu, au vu des circonstances.

Depuis, j’ai fortement revu mes croyances. « The One », « le prince charmant », et tout ça, le mec dont vous serez amoureuse toute votre vie, c’est de la connerie, pure, qui a été inventée à l’époque on se disait à 35 ans qu’avec deux gamins et un mari, on avait plus rien à attendre des histoires d’amour car notre vie était établie. Quelques milliers de divorces et de cocufiages plus tard, beaucoup de gens finissent dans des relations SARL par confort et croient encore que la personne qu’ils ont trompée au dernier degré est celle avec qui il passeront toute leur vie. On rencontre trop de gens, nos vies sont un chouya trop contraintes pour que tout roule tout le temps, et même si ça ne va pas, on reste ensemble.

Moi j’aime les couples quand c’est facile, quand ça glisse, que c’est évident, on n’est pas ensemble pour des raisons rationnelles car on n’a pas besoin de se poser la question du pourquoi, juste parce qu’on est amoureux car c’est le truc le moins rationnel de la terre. Sans vouloir faire mon oiseau de mauvais augure, mais quand on commence à se demander pourquoi on est avec quelqu’un, il faut courir vite.

J’en ai presque eu la larme à l’œil hier soir quand un garçon à qui j’ai roulé des pelles il y a longtemps m’a annoncé qu’il mettait bientôt un bébé en route avec sa douce. C’était mignon, car c’était évident, naturel, spontané, et même si statistiquement ils ont peu de chance de finir ensemble à la maison de retraite, on peut leur souhaiter tout le bonheur possible.

Avec le Dernier Garçon, on fait des projets, il se sent prêt à adopter mon chat, à prendre en charge l’organisation du frigo car je ne sais pas m’alimenter correctement, de toute façon il est déjà 7 jours sur 7 chez moi, même si cela durera ce que cela durera cela reste incroyablement chouette.

Je reste romantique, le Prince Charmant reste une vaste escroquerie, mais les garçons charmants existent encore. Dernier Garçon, peut être pas, Dernier Garçon en date, certainement.


21 réactions effrénées à “La mort du Prince Charmant”

  1. Archie le 8 juillet 2010 18:13

    En fait je crois que la vraie révélation c’est que le Prince Charmant n’est pas unique. Ce doit être ce que tu appelles les garçons charmants.

  2. François le 8 juillet 2010 19:00

    « pleurer devant Dawson (oui, bon) » t’abuses c’était grave émotionnel Dawson !!! ;)

  3. gogotango le 8 juillet 2010 20:08

    finalement, c’est toi qui a changé ! ;0>

  4. La Marmotte le 8 juillet 2010 20:10

    :)

    Ca y’est, tu es entièrement atteinte.

    Mais moi aussi ^^

  5. Ralfsen le 8 juillet 2010 22:59

    Je reste toujours estomaqué devant les jeunes filles/femmes d’aujourd’hui (ouille… depuis qq années déjà !) qui conjuguent « Prince charmant », « Romantique » et « choper tout ce qui bouge » dans la même phrase/le même concept…That’s life, mais j’en reste pantois…!

  6. SlvR le 9 juillet 2010 0:05

    Tout a fait d’accord :)

    Vis ta vie tant que ça glisse c’est ce qui compte :)

  7. Emi le 9 juillet 2010 1:50

    Il paraît que, au Moyen Age, les histoires de princes et de princesses servaient à faire accepter aux jeunes filles mariées de force leurs vieux maris dégueulasses…

    … au final aujourd’hui comme hier ça sert surtout à illusionner les célibataires et à torturer les « casées ». Ou l’inverse !

  8. Amnesia le 9 juillet 2010 12:09

    Non !

  9. Anouar le 9 juillet 2010 18:24

    Pourquoi pas chercher un compromis un gars avec qui ca colle et il pourrait se transformer en super prince charmant. Perso une fille ma litteralement transformé, j’ai tout fait pour être son prince mais pas de chance ca a pas coller. « trop parfait » la miss voulait un « bad boy ».

  10. Stef Toucourt le 10 juillet 2010 16:09

    C’est la vie qui est charmante…

  11. Morgan le 12 juillet 2010 12:38

    excellent texte Marion..

  12. la souris le 12 juillet 2010 20:26

    J’adore. Nous avons la même vision des choses, tes propos sont on ne peut plus réalistes. Je te lis et te lirai régulièrement. Hâte de connaitre le sujet de tes prochains articles.

  13. Sam Lowry le 13 juillet 2010 10:00

    Bon, mais vous vous installez quand ensemble avec le Dernier garçon ?

    J’ai hâte de voir ce que le passage de la théorie à la pratique fera de toutes tes théories sur le couple.

    (sinon, moi je pleure encore devant Nothing Hill, tu sais là scène où elle lui offre un tableau et où elle lui dit : « I’m just a girl, standing in front of a boy, asking him to love her »)

  14. Antoine le 13 juillet 2010 13:58

    Ah!Comme c’est curieux!Dernier Garçon « en date »,j’allais te le dire!
    A part ça,un peu d’esprit scientifique,ca recadre.Quand tu parles du Prince Charmant,à partir d’UNE expèrience,ta série est un peu courte,statistiquement parlant.C’est vrai aussi pour tous les Garçons de ta vie,qui sont trop peu nombreux dans chaque archétype pour constituer un échantillon représentatif…
    Mais nous,tout ce que l’on demande,c’est que ça nous donne
    des pages aussi savoureuses.

    Tendres bises,petite puçe.

  15. Antoine le 14 juillet 2010 15:15

    Ho!La faute…J’ai mis à « puce » la cédille de « puçon ».Ta
    prose me trouble !

  16. Alexis le 15 juillet 2010 2:03

    Je réagis rarement par écrit à un billet mais là je trouve que c’est trop gros.
    Je crois pas mal à mon idée de la thèse/antithèse/synthèse et au fait que la majorité des gens restent bloqué dans l’antithèse (exemple : racisme/antiracisme/égalité, conformisme/subversion/maturité). Ici j’ai l’impression que t’es sur prince charmant/pathos de l’instabilité sentimentale/équilibre ? Pas sur que j’ai de conseil à donner dans le domaine mais pour moi chaque individu peut construire quelque chose de durable (et sans limite) avec de nombreux autres individus. On a pas une seule personne idéale mais plusieurs, dans des styles différents.
    Si tu connais un bouleversement soudain qui modifie ta vie en profondeur, ton couple devra ou non absorber cette nouvelle donne, plus il sera solide plus il pourra encaisser mais parfois certaine chose sont irréversible (la révélation d’une homosexualité enfoui par exemple), c’est aussi simple que ça, très souvent les couples ne subissent pas de lourd défis et ça se passe bien jusqu’à la fin.
    Et pour finir, tu oublies un détail dans tout ça, c’est que parfois pour le bien de tes enfants tu peux être amené à faire des sacrifices, on peut même aller jusqu’à dire que ce sont eux qui peuvent sauver ton couple à base de cercles vertueux tout ça tout ça…
    Je vois que je suis tout sauf rigoureux dans ma construction mais c’est qu’un commentaire de billet, je peux pas développer de façon structuré donc bon…

  17. A. le 21 juillet 2010 13:54

    Salut Marion

    Après avoir découvert ton blog il y a 2-3 semaines, ça y est : j’ai ENFIN fini de lire tes 59 pages de billets !
    Déjà, merci pour ces moments de lecture, il est vrai qu’on sourit quelques fois dans la lecture de tes billets, tant dans les expériences de vie que tu racontes que dans l’énonciation de certains de tes principes.

    Néanmoins, après cette lecture « intensive » de ton blog, il y a un point que je retire principalement de ce blog et qui m’ont fait posé quelques questions :

    Le point qui m’a le plus gêné dans toutes tes expériences de vie, et sur lequel j’avais déjà une opinion bien forgé, c’est apparemment (ce que tu laisses paraître, pour moi, quand tu le racontes) ton je-m’en-foutisme que le mec ait déjà quelqu’un dans sa vie ou soit même marié. Quand la fille ou le mec n’est pas au courant de la relation de l’autre qui et joue le connard ou la connasse de type 2, pourquoi pas, mais en connaissant cette situation et en n’éprouvant APPAREMMENT aucune gêne à cette situation et continuant malgré tout de cocufier une autre personne, je ne vais pas dire que j’ai été « déçu », on ne se connait pas lol, mais voilà, c’est sûrement LE mauvais point que j’ai pu trouver dans ce blog.

    Voilà, malgré ça, j’te souhaite une bonne continuation pour ton blog, ça fait plaisir un peu de lecture fun sans revendication aucune sinon le point de vue « sur la vie » d’une personne.

    Bonne journée ! =)
    ciao

    (ce commentaire n’est pas forcément destiné à être publié, c’est juste que j’ai pas trouvé de mail pour te contacter directement)

  18. Gueslie le 15 août 2010 9:53

    Juste une remarque (j’arrive ici, je découvre) : le concept de relation SARL j’approuve !

  19. mehdi le 12 septembre 2010 14:53

    je découvre ton blog, affective ment instructif, je vais le lire de bout en bout…..

  20. MlleRapunzel le 24 octobre 2010 2:06

    La mort du prince charmant, c’est l’avènement du crapeau.

  21. Eliane le 30 octobre 2010 16:18

    Eh bien je ne suis pas d’accord. Les gens ne restent pas toujours ensemble jusqu’à la fin par confort ou par manque de courage pour refaire leur vie. Ayant des parents mariés depuis 20 ans et qui s’aiment, ayant des grands-parents qui s’aiment, voyant autour de moi des couples parfois très vieux se prouver leur amour de diverses manières, je peux te dire que tu te trompes sur toute la ligne.
    En fait, ton erreur, c’est que tu confonds aimer et être amoureuse. Etre amoureuse, c’est sûr, c’est sensationnel, c’est fort, c’est intense, c’est pathignon, tout ça. Mais si une histoire est faite pour durer, ce sentiment évolue en amour, plus profond, plus durable et tout aussi beau, même si moins « visible à l’oeil nu ». Tu ne décideras pas pour les gens la raison pour laquelle ils restent ensemble. Pour la plupart, c’est parce qu’ils sont bien, très bien ensemble. Appelle ça confort si tu veux, mais il y en a qui se sentiraient si mal sans leur femme ou leur mari… Au point de ne jamais vraiment s’en remettre.
    Le divorce a été une révolution, c’est certain. Mais ça a poussé les gens dans une direction un peu incertaine : le mariage pouvant se terminer, il devient un engagement moins fort. On le prend plus facilement. Plus vite. Souvent avant de pouvoir savoir si on aime vraiment. C’est pour ça que ça ne marche qu’une fois sur deux, selon moi.

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