La révolte des machins

16 décembre 2007

Ma mère me reproche souvent de ne pas lui raconter mes histoires de cœur, je lui réponds généralement que je vais pas m’amuser à lui expliquer à chaque fois que je roule une pelle en soirée. L’autre soir, sa question fut : « Mais Marion, te vexe pas, mais tu te donne pas un peu des airs de fille facile ? »

Oh merde, l’expression d’un autre âge.

Non Maman, je ne suis pas une fille facile, c’est l’époque qui est facile. Les célibataires de ma génération passent une bonne partie de leur temps à mater les célibataires de l’autre sexe (ou pas).

On mate, on drague, on emballe, on rentre ensemble en fin de soirée, on fait des saloperies, on n’en fait pas, on envoie des SMS, on attend une réponse qui ne viendra jamais, on passe à autre chose, on oublie, on craque, on pleurniche.

La chope est un peu devenue un sport générationnel, et nous sommes tous devenus un peu boulimiques : on bidouille beaucoup, mais on garde quand même en tête le fol espoir de tomber sur le « chopage » qui durera plus longtemps que les autres. Question de principe.

(On s’y prend mal ? Certainement)

Le problème dans tout ça, c’est que l’on tombe sur des problèmes de définition : le « chopage » on le nomme comment ?

Les prénoms sont définitivement trop compliqués. Alors on improvise. Depuis quelques mois, à mon initiative, c’est l’expression « machin » qui prédomine, souvenir d’un sujet d’Oral de fin d’année qui nous demandait si « l’ONU est-elle toujours un machin ? ».

C’est d’ailleurs un bon indicatif, si on commence à nommer quelqu’un par son prénom auprès de nos proches, non par un obscur surnom, ou bien par le « Machin » de rigueur, c’est qu’il nous plait.

Récemment, une copine lyonnaise m’appelle un dimanche midi pour me raconter sa dernière soirée avec son dernier machin. On avait passée la soirée chacune de notre côté : moi à draguer avec Francky, elle à bidouiller quelque part sur Lyon avec des potes et son machin.

Je l’ai au téléphone : à moitié morte de rire, à moitié furax : « Marion attends, faut que je te raconte ce qu’il m’a fait Machin ».

En fin de soirée, ils sont rentrés ensemble, comme deux machins qui se respectent. Au petit matin, chez lui, branle bas de combat, il lui dit : « Euh…Réveille toi, il y a ma copine qui vient d’arriver, faut pas qu’elle te voie. »

Nous sommes tous le machin d’un autre.


3 réactions effrénées à “La révolte des machins”

  1. Falconhill le 17 décembre 2007 10:09

    Touchant. Et pertinent.

    Enfin, je ne parle pas avec ma mere, de rien. Je ne peux pas savoir.

    Mais sur le fond, touchant ton billet. Bonne journée et bonne semaine à toi

  2. Mister N. le 18 décembre 2007 2:02

    Moi je parle avec ma mère, uniquement des personnes qui ont de l’importance dans ma vie, oui, parce que même si je tiens sur ce blog le rôle de l’immonde connard macho, j’ai des personnes qui comptent parfois dans ma vie. Ma mère ne sait guère plus. Mais je suis heureux d’arriver à lui en parler.

    Bien plus que du jour où elle a accidentellement trouvé un tube de lubrifiant dans le sac à main de mon ex qui lui avait dit de se servir en clopes par exemple…

  3. Marianne le 18 décembre 2007 19:41

    Le chopage, c’est comme le shopping. Mais gratuit.

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