La théorie des contrats

17 juillet 2008

J’ai eu la chance incommensurable de participer à un apéro-débat sur les Nouveaux Rapports Amoureux. Le pitch était de rassembler quelques célibataires autour d’un plat de saucisses et de (plusieurs) bouteilles de vin.

Pour des raisons d’identité numérique et de confidentialité, nous en nommerons l’organisateur « le garçon aux suédoises ». Si l’on excepte le fait que j’avais déjà expérimenté le rapport amoureux avec un des protagonistes supposés bien avant (enfin, non juste un peu avant) le début de l’apéro (Marion et ses hasards à la con), on a pu échanger sur pleins de trucs.

Petit bilan :

- La vie relationnelle c’est une loterie, le seul truc bien c’est que même avec un mauvais numéro on tire quand même.
- On a tous été unanimement d’accord sur le fait qu’on veut tous une relation bien, mais qu’on est strictement incapable d’en obtenir une, que ce soit de notre faute ou de celle de la loterie. Méchante loterie, vilaine ! Bouh !

Mais la théorie la plus importante de la soirée, à mon sens, a été énoncée par le Garçon aux suédoises. Je la nommerai la théorie des contrats.

Chaque relation entre deux personnes est un contrat régi par des clauses.

Une relation longue est un contrat à durée indéterminée entre deux personnes amoureusement compatibles. Il y a des clauses, telles que l’amour, la fidélité, la loyauté. Elles sont liées par ces clauses. La transgression d’une clause entraine la rupture du contrat, et dans le meilleur des cas, sa renégociation.

Quand il s’agit de sexe, le contrat est en perpétuelle renégociation.

Le contrat d’une nuit expire une fois le pas de la porte passé. Si les parties ont eu la bonne idée d’échanger leurs coordonnées, elles peuvent éventuellement le renégocier par la suite, en communiquant. « Chère partie, que dirais tu d’un avenant d’une nuit à notre contrat de l’autre soir ? »

Sachant que le contrat d’une nuit est le contrat par défaut de toute relation basée sur le sexe. Si, avant que l’on passe le pas de la porte on veut négocier un contrat d’une semaine, il faut le préciser. « Chère partie, je me referais bien une partie avec toi dans la semaine, ce contrat expire dans 7 jours ».

De même si on veut un contrat illimité, faut le dire avant, négocier la clause fondamentale de l’illimité : exclusivité, ou bien pas exclusivité.

Comme on n’est pas des sauvages, chaque contrat s’accompagne d’un verni.D’un truc qui est censé effacer le côté juridique du bazar.

Le contrat d’une nuit se nomme : « j’ai vu de la lumière je suis rentré », ou bien « j’ai abusé sur le mojito ».
Le contrat d’une nuit renouvelé se nomme « j’avais oublié mon string chez toi, je peux le récupérer ? »
Le contrat illimité à caractère non exclusif se nomme : « c’est mon merle » « c’est mon assistante » (dédicace à Simon).
Le contrat illimité à caractère exclusif se nomme « petite copine » ou « petit copain ».

En bref, je trouve la théorie des contrats assez réaliste, bien que terriblement cynique. Elle n’a pas valeur d’exhaustivité, après tout, au loto il y a des milliards de combinaisons possibles.


23 réactions effrénées à “La théorie des contrats”

  1. Le garçon aux suédoises le 17 juillet 2008 16:21

    "« Chère partie, que dirais tu d’un avenant d’une nuit à notre contrat de l’autre soir ? »
    C’est tellement une phrase qui pourrait venir de moi…
    C’est un bon résumé de la soirée, merci mademoiselle la secrétaire de séance !

  2. Mademoiselle le 17 juillet 2008 16:29

    Oulala bientôt ce sera comme sur "Journal d’un avocat" ici…

    Non je plaisante, chez lui c’est trop chiant :)

    Pour les contrats, c’est vrai que j’identifie régulièrement mon couple à un CDI. Il y a eu une période d’essai, et j’ai décidé de le garder…
    hihihi

    ;o)

  3. Jujupiter le 17 juillet 2008 17:03

    Les vierges ont droit a un CPE alors?!

    Je trouve cette theorie tres interessante. Le truc marrant, c’est que chaque partenariat peut negocier ses propres clauses, genre "duree indeterminee mais non exclusif".

    C’est marrant, demain je devrais sortir ma propre theorie intitulee "Theorie de la Relativite Sexuelle", mais ca n’a pas autant de potentiel et puis, ca ne concerne que les homos. Quoique, avec un peu d’imagination…

  4. Eracius le 17 juillet 2008 17:13

    Ya un RMI quand on trouve pas de contrat ?

  5. Simon le 17 juillet 2008 17:22

    Le contrat illimité à caractère non exclusif a l’avantage de pouvoir être rompu à n’importe quel moment sans trop donner de justifications…

  6. Simon (l'autre) le 17 juillet 2008 17:57

    Et tu fais quoi de la transgression de contrat?
    Genre la fille qui demande un renouvellement automatique après la rupture du contrat « j’ai vu de la lumière je suis rentré »…
    L’avantage d’un contrat, c’est qu’il a un poids juridique, que tout problème peut être porte devant une juridiction, tandis que la c’est chacun sa merde quand on se fait niquer…

  7. Simon (l'autre) le 17 juillet 2008 17:57

    Et tu fais quoi de la transgression de contrat?
    Genre la fille qui demande un renouvellement automatique après la rupture du contrat « j’ai vu de la lumière je suis rentré »…
    L’avantage d’un contrat, c’est qu’il a un poids juridique, que tout problème peut être porte devant une juridiction, tandis que la c’est chacun sa merde quand on se fait niquer…

  8. Le garçon aux suédoises le 17 juillet 2008 19:31

    Simon (l’autre), arrête de spammer mes amis d’abord. Mais ton point sur le renouvellement automatique de contrat est très pertinent.

    En fait, il faut distinguer accord tacite et accord explicite. C’est ce qui donne le piment à la situation ;-)

  9. romain blachier le 17 juillet 2008 19:35

    ah et puis il faut évoquer la clause de révocabilité immédiate.Sinon trés jolie la photo avec francky et les cheveux en pétard

  10. romain blachier le 17 juillet 2008 19:36

    ah et pour les couples blasés y’a la tacite reconduction!!!

  11. Bettie le 17 juillet 2008 20:27

    Si seulement les relations étaient toutes aussi simples qu’un contrat…

    Je crois que c’est un peu ce à quoi on veut aboutir, aujourd’hui, avec nos relations libérées, nos plans culs reguliers ou pas. Mais résultat, y’a toujours un moment où ca merdouille (l’un ou l’autre s’attache ou s’ennuie, imagine que c’est plus ou moins…).

    Comme qui dirait "on est pas des machines" (et pas non plus des juristes de notre vie sexo-sentimentale)

  12. LudoFJ le 18 juillet 2008 11:00

    les clauses de contrat, pas mal. surtout quand on pense aux suites juridiques en cas de non respect des dites-clauses.

    de l’intérêt de ne jamais rien "signer". ou de multiplier les avenants. au choix…

  13. bibz le 18 juillet 2008 14:20

    Moi j’ai deja eu un CDD. Un vrai contrat : "ok, on se plait, mais tu te casses le 15 fevrier à l’autre bout du monde donc on dit que ce jour là, tout est fini." Etrange …. et c’est bien galère quand on tombe amoureuse quand même …

  14. polluxe le 18 juillet 2008 14:43

    Très drôle cette théorie des contrats :-)
    Et en cas de licenciement abusif on a des indemnités ?

  15. Francky le 18 juillet 2008 20:23

    Avant tout, désolé pour la photo Marion, mais je ne t’ai pas taggé!

    Cet article est hilarant. Meetic est donc l’ANPE, adopteunmec.com est un site d’appel d’offre… Et la bonne copine (pas la belle, sa copine) devient avocate experte. Gosh…

  16. laplusbelleclola le 15 août 2008 21:49

    Et le pluriel d’un bail empythéotique, c’est un bel empythéotique… pas de chance, les baux empythéotiques ne sont acceptés qu’en matière rural… et tu m’as l’air plutôt urbaine
    Et la tendresse, bordel !
    NB/PM

  17. laplusbelleclola le 15 août 2008 21:52

    Quant aux clauses suce-dites, une seule régle: ne pas parler la bouche pleine !
    B2M

  18. Les garçons dont il ne faut pas tomber amoureuse dans Le Monde Tranquille de Marion le 19 janvier 2009 19:03

    [...] total de savoir vivre. Forcément, c’est juste ne pas respecter les règles élémentaires du contrat que vous avez passé avec [...]

  19. chulie le 20 janvier 2009 9:16

    Je fais tourner cet article à ma copine RH qui recrute les mecs comme si elle allait bosser avec :D

  20. DorianGray le 20 janvier 2009 11:28

    merci Chulie

    étant juriste de formation, je ne peux que me sentir concernée par cette théorie des contrats…

  21. Marion le 20 janvier 2009 11:35

    @Chulie et Doriangray : hahahahahaha mais c’est parce que j’ai fait un peu de droit à l’école, j’ai été traumatisée, dans le fond :)
    Mais je plussoie, trouver un mec c’est comme faire passer des entretiens d’embauche^^

  22. hh le 17 juillet 2009 19:05

    J’ai atterri ici en faisant une recherche des plus sérieuses sur la théorie des contrats (que je dois développer dans ma thèse)!!hihihi
    Bravo pour la théorie qui ne demande qu’à être modélisée :-))Mon prof serait très content de m’accompagner dans cet exercice looool

  23. Tobaspoon le 26 décembre 2009 18:25

    Cet article est géniallissime.
    Si je peux me permettre, ce qui est chiant dans les relations (illimitées ou non, non exclusives ou si, bref) c’est qu’en fait, on ne rédige pas vraiment de contrat avant. Ce qui peut donner lieu à des quiproquos genre « ah tu croyais que j’étais la femme de ta vie? Non mais attends je pars en nouvelle-zélande dans un mois », ou « ah tu attendais plus que du sexe? »?
    C’est pour ça que j’ai adoré le concept des bracelets en boîte, une couleur pour un état d’esprit (célib, cherche relation sérieuse, cherche a « fling »…). Ca fait un peu (beaucoup) chien mais c’est pratique.

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