L’anglais du couloir
Je vous l’ai déjà expliqué, mais j’ai un voisinage particulier, Gilles, que vous connaissez, un couple de cinquantenaire dont la femme est chiante et se mêle de tout, l’autre jour elle a réussi à me tenir 15 minutes de conversations sur l’ascenseur, et une collocation d’anglais.
Tiens d’ailleurs, début janvier, je rentre chez moi le soir. J’essaie d’ouvrir la porte. La clef ne tourne pas. Je m’énerve, je tempête, je pleure. Rien, nada. J’envoie un twit de détresse, j’ai plein de gentilles réponses compatissantes. J’appelle un serrurier, histoire qu’il vienne me délester d’un rein et d’un bras pour que je puisse entrer chez moi. Dans la bataille, le serrurier sort un chalumeau, ya des étincelles de partout, et cela fait un bruit pas possible. La voisine chiante sort, commence à demander au serrurier qui il est, le prenant pour un Arabe Cambrioleur pas discret. Moi j’étais planquée dans un coin, par peur des étincelles. Je réapparais en disant que ma clef ne passe plus, elle me demande si j’ai bien testé ceci et cela, car évidement, elle s’y connaît très bien en serrurerie selon sa qualité d’emmerdeuse de cinquante ans. Je la rassure, il n’y avait plus rien à faire pour cette pauvre serrure, il fallait l’achever, je tente un sourire, le serrurier dit qu’il n’est pas un voleur : elle reste tout de même sur le pas de la porte. C’est ma version à moi du chien qui garde les enfers.
Il y a aussi les anglais, toujours prêts à me prêter un tire-bouchon quand je viens taper, le visage baigné de larmes car je ne peux ouvrir la bouteille de vin que j’ai en main. Rappelons que je l’avais oublié chez un garçon, le mien, que mon chauve préféré m’avait offert un limonadier que j’ai gardé dans mon sac à main pendant des semaines, avant de m’en séparer à regret quand j’ai vu que il y avait un peu beaucoup de portiques de sécurité à traverser pour prendre l’Eurostar. Ou alors toujours prêts à faire hurler la voisine d’en face car ils transforment régulièrement leur appartement en discothèque, ou bien prêts à laisser la porte entrouverte toute la nuit, car ils sont rentrés bourrés, et que à 8 heures quand le réveil sonne, personne n’arrive à se lever.
Ils ont des amis anglais aussi, que je croise dans le couloir, souvent. A mon grand regret, parfois.
C’est qu’il y a quelques temps, avec le Stalker, on avait décidé de se rejoindre en fin de journée, le 18h30-19h30 étant notre version de parisiens pressés et débordés du 5 à 7. Je n’ai pas sorti le jeu de cartes, et on a fait nos affaires comme on en a l’habitude : en faisant beaucoup de bruit.
Ma porte est un peu fine, donc on entend quasi tout ce qui se passe dans le couloir. Après notre séance destruction de canapé lit qui grince, et étant revenus à des choses plus saines comme des câlins, on a entendu une voix s’élever dans le couloir, qui parlait en anglais, au téléphone. Un garçon, un innocent, qui criait un peu fort en disant à la personne au bout du fil qu’il l’attendait depuis une demi heure devant sa porte.
On a éclaté de rire, évidement.
Le Stalker a préféré attendre que l’anglais s’en aille, excédé, pour sortir de chez moi. Personnellement, je pense me consumer de honte à tout anglais croisé dans le couloir.
9 réactions effrénées à “L’anglais du couloir”

Continuez, il en va de l’honneur de la France
vive la france !!! mdr
Je serai vous jserai fière ! Faire l’amour c’est écolo, ça coûte rien ça polue pas, et le plaisir c’est bon pour la santé !
comme le disait Georges Mikes: « Les habitants du continent ont une vie sexuelle, les Anglais ont des bouillottes d’eau chaude. »
Cerbère.
De toute façon, c’est la réputation des français: Les français aiment le sexe. Ils le savaient en venant ici, du coup ce serait triste pour eux si c’était différent dans leur couloir
Dis toi que tu leur rend service.
Plus exactement pour les étranger les français(es) n’aiment pas le sexe, mais sont le sexe personnifié. Problème : les femmes passent pour des salopes/filles faciles et les hommes pour des Don Juan
Tout ca pour nous expliquer que tu es comblee….
Pour conclure, vu la réputation que nous avons chez nos amis les anglais, vous entendre a été pour eux ce qu’est manger de la gelée verte en Angleterre pour nous : très typique.