"Le changement, c’est quand on prendra les Arabes en stop" Coluche
Nb : ajout de la musique suite aux commentaires
Quand j’étais au lycée je n’étais pas trop « bande de copains ». J’avais plutôt deux ou trois copines, Dassou en tête, avec lesquelles je soignais ma timidité et tentais de comprendre pourquoi le reste de la classe ne m’aimait pas.
Donc les groupes de lycéens je les ai beaucoup plus observés que je n’y ai participé. Il y a des constantes qui font tourner le groupe : le couple qui se fait des bisous, les trois copines mignonnes et bien habillées qui ricanent, le mec charismatique, le rigolo de service, etc.
Tout à l’heure, dans le bus, j’observais un groupe de lycéens. Il y avait la minette avec une frange et un jean slim qui faisait des bisous à son copain, la copine de la minette, tout aussi minette qu’elle mais sans mec autour de son cou, le garçon qui attirait l’attention de tout le monde, donnait les directives : à quel Mac Do ils allaient manger, si il y avait des contrôleurs, le tout dans un blouson de cuir bien élimé. Les clichés ont la vie dure. Sauf que.
Il y avait aussi dans ce groupe deux garçons, qui devaient avoir seize ans, qui se faisaient des bisous super tendrement, se souriaient, se câlinaient.
J’ai eu une pensée émue pour mes copains gays, pour tous ceux qui n’ont fait leur coming-out que bien après le Bac, qui ont toujours des problèmes pour le faire accepter à leurs familles, pour cet ancien copain de l’époque croisé un jour dans ce même bus qui m’a avoué que en fait il était gay, pour tous les mecs que je connais pas qui un jour, au lycée, se sont fait traiter de « sale pédé ».
En repensant à tout cela, je me suis dit que finalement les choses changeaient quand même un petit peu.
9 réactions effrénées à “"Le changement, c’est quand on prendra les Arabes en stop" Coluche”

Oui… c’est émouvant. Le changement, c’est quand les parents arrêteront de dire à leurs enfants au moment du coming-out des mots tels que "pervers", "déviance", "honte" et "malade". C’est quand "sale pédé" aura disparu des blagues rigolotes. C’est quand les gens ne limiteront pas leur connaissance des gays à la gay-pride, c’est quand le milieu cessera d’être ce qu’il est car il n’aura plus de fonction ghettoïsante pour se couvrir, c’est quand une mère glissera, en pleurant, à l’oreille de son fils "c’est le plus beau jour de ma vie" quand il épousera celui qu’il aime.
Je me battrai jusqu’à ma mort pour que la génération qui vient soit celle de la tolérance, et j’en suis intimement persuadé, the wind of change is blowing…
How many times must a man look up
Before he can see the sky?
[...]
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
The answer is blowin’ in the wind.
Oui, je crois qu’on peut se permettre un petit peu d’optimisme de ce côté, même si les choses changent trèèèèèèès lentement.
Très joli clin d’oeil
C’est vrai qu’on avance doucement vers un monde où justement, croiser un couple gay enlacé n’attirera pas plus le regard qu’un couple hétéro.
Mais je pense que le chemin est encore long, surtout dans le monde rural (ils prennent pas encore les arabes en stop :’) )
Comme Franck, c’est émouvant !
C’est beauuuuuuuu
(mais si ça avancera c’est OBLIGE!)
Lentement je sais pas, y’a pas encore si longtemps c’était un peu un crime que d’avoir des rapports homosexuels.
A une échelle historique, au contraire les choses vont de plus en plus vite. Et c’est tant mieux.
oui, enfin il y a aussi la monté en puissance des religions qui ne débordent pas de tolérance envers les homos…
ça me fait plaisir de lire ça !!! Un peu plus de tolérance envers l’amour, c’est bien !!!
Ca me rappelle mes premiers amoureux au lycée ^^
Je ne sais pas s’il n’y a pas tant les personnalités et les histoires que le changement. Mais peut-être vient-il, tout en prenant son temps. Gros con.