Le D-day

14 février 2010

Je sais, vous allez encore me dire que je fais dans le pathos, qu’on ne parle plus assez de bite ici et que je me transforme en vraie meuf, mais je vous jure je fais pas exprès. Pas ma faute, et faut bien que je vous raconte quelques trucs, sinon après je reçois des mails me demandant si tout va bien.

Le matin du début de la désintox, on a fixé une date pour arrêter. C’est con de fixer des dates, vraiment, je le sais, mais dans ce cas précis, c’est un peu une obligation. La désintox avait pour but de se déshabituer l’un à l’autre, de se voir moins, de s’écrire moins, de laisser le quotidien reprendre le dessus sur cette histoire trop jolie, trop disruptive de nos vies respectives.

Evidement, on s’est vus plus, écrit plus, et été encore et encore plus proches. De la fin de soirée en semaine où il me rejoint chez moi et repart en taxi au début de la nuit, tous deux dans un état plus qu’approximatif, de l’after-work au champagne, ou par nos classiques before-work. D’ailleurs, je pense que mes voisins doivent se dire que je tourne du porno pour arrondir mes fins de mois.

J’ai même cédé, et je lui ai libéré un porte manteau pour qu’il accroche sa veste, de même qu’un petit tabouret pour qu’il pose ses affaires, ce qui quand on connaît le stock de fringues que j’accumule dans mon mini-appart, et le bordel systématique qui y règne, tient du miracle. Chaque matin, il arrive avec un journal gratuit, et je passe mon dimanche à ramasser ses vieux journaux qu’il sème un peu partout.

Tout se confier aussi, mes déboires de la semaine, les beuveries du week-end, les histoires de boulot, ses anecdotes concernant ses potes, les inquiétudes de sa maman, les appels de ma grande sœur, les soldes, ma serrure qui lâche, mes chaussures à talons trop haut, ses chemises cintrées et son aversion pour les cravates. Je refuse juste qu’il me raconte sa vie quotidienne, ça m’angoisse.

Se dire qu’on s’aime bien sûr, tout le temps, à chaque mail, à chaque fois, que notre histoire est trop belle et que la vie est une salope. Rire à toutes nos blagues, être d’accord sur l’essentiel, se foutre du reste.

On peut le dire, cette mauvaise idée a été une sorte de gigantesque échec. Le D-day arrive, et donc on se dit qu’on ne va pas y arriver.

Pourtant, j’y suis allée, on se prenait dans les bras une dernière fois, j’avais décidé d’être un peu costaud. La veille j’avais discuté avec une demoiselle qui a mis six ans à se débarrasser de son connard de type 4 à elle. Motivée, motivée, résolue, allez zou, file, sors de ma vie, on garde les bons souvenirs, on fonce dans le brouillard et on avise après.

Il pleurait silencieusement, les larmes autonomes coulaient sur ses joues, je respirais son parfum, celui qui me file des décharges quand je croise un mec qui le porte chez Zara. Il s’est finalement sorti du lit, s’est rhabillé, en se cachant bien pour pas que je le voie, alors que d’habitude, il me regarde tout le temps à ce moment là. Je suis allée vers lui pour un ultime câlin et lui dire au revoir. Au moment de passer la porte, il s’est effondré en sanglots, il tremblait. Il a fini par partir en courant, toujours en larmes.

Le reste de la matinée a été une sorte de cauchemar cotonneux, flou, étrange, je voyais son fantôme partout sur le trajet, rue, portiques et rame du métro, ma boîte mail était remplie de mails de ventes privées, et pas un seul de lui, rien. Je me demandais combien de temps j’allais tenir sans lui envoyer un seul mail.

3 heures plus tard, il craquait le premier et envoyait le premier mail.

A suivre ? Très certainement, mais pas tout de suite. Mais vous inquiétez pas non plus : ça va quand même.


20 réactions effrénées à “Le D-day”

  1. juliette le 14 février 2010 22:58

    bouuuh ça suffit tout ça ! c’est trop triste ! mais qu’il la largue, sa bonne femme, et qu’on n’en parle plus !!

    (bon, j’ai qd même vu sur fessebook que tu avais roulé deux pelles ce WE ?)

  2. Marion le 14 février 2010 22:59

    Voui !Faut bien s’occuper :)

  3. Yoda le 14 février 2010 23:34

    Qu’il la quitte ou non, mais surtout qu’il assume. Je ne veux pas juger sans trop savoir, mais je pense que s’il souffre c’est surtout pour un manque de courage. Toi profite de tout ce que tu peux, et puis le point positif c’est qu’il ne peut pas te reprocher une non exclusivité!
    Courage

  4. lcm le 15 février 2010 0:15

    Oui, c’est un gros manque de courage systématique. Chez tous les mecs. La peur de quitter le quotidien, la peur des emmerdes passagers, la peur de faire mal … c’est pas vraiment de la noblesse de sentiments, hein, juste la trouille, la vilaine chiasse verte, tout simplement.

  5. doudou le 15 février 2010 0:36

    triste,mais a vivre…(non?)

  6. boultan le 15 février 2010 1:42

    c’est con, t’auras plus de journeaux

  7. boultan le 15 février 2010 1:43

    (c’est encore plus con d’écrire « journeaux »)

  8. juliachou le 15 février 2010 11:41

    pff saynul les garçons !

  9. Camille le 15 février 2010 11:59

    Je me demande ce qui explique vraiment le fait qu’il ne veuille pas quitter sa femme, puisque ça le rend si mal de ne plus te voir. A part le principe du mec qui veut pas divorcer parce qu’il vient de se marier, il me semble que tu ne l’as pas vraiment expliqué, si ?

    Courage, vraiment.

  10. Jack Larsen le 15 février 2010 12:24

    Est-ce que ca ne vous est pas venu à l’esprit que ce pauvre bougre était marié à une nana qu’il aime? Qu’il rencontre Marion, et que les sentiments lui tombent sur le coin de la gueule? Et que s’il morfle, c’est peut-être parcequ’il est tiraillé par des sentiments forts pour les deux, et que quitter l’une ou l’autre lui bousillerait de toutes façons le truc qu’il a quelque part entre le ventre et le dos?
    M’enfin, je ne fais qu’être empathique pour ce type, parceque j’ai jamais aimé hurler avec la meute… Et parceque Marion le raconte si joliment que ça doit être une très belle histoire…

  11. Leslie le 15 février 2010 12:30

    Courage!
    je suis curieuse de la définition du « connard de type 4″ ^^
    hâte de lire ça :)

  12. Pas le droit de dire mon nom le 15 février 2010 12:58

    Hé, ma cousine.. celle qui trainait son connard type 4 depuis 3ans.. J’avais laissé un commentaire il y à qql temps..

    Ben elle l’a à domicile maintenant.. Je dis pas que c’est chouette là tout de suite hein, parcequ’ils vont en baver, que ça lui couter un bras, que les gosses vont être cassés mais.. Ils ont surmonté, ils ont franchi. Il leur reste à franchir la suite et après, c’est qu’une autoroute de bonheur et de mièvrerie.. je leur souhaite.

    Peut-être que vous aussi..

  13. Farfadette le 16 février 2010 16:31

    C’est dur oui mais cela peut etre une bonne chose aussi ! Si il tient autant a toi pourquoi ne pas quitter sa femme ? le mieux est peut etre d’en rester la pour ne pas vous faire + de mal !
    Mais bon il arrive aussi que le gars tombe vraiment amoureux …
    enfin courage la miss !

  14. zinnalice le 16 février 2010 23:00

    si un jour cela se finit, tu le sentiras et cela te paraîtra évident, en attendant, vis! ;)

  15. Nicolas le 17 février 2010 0:28

    Ca fait quelques jours que je passe sur ce blog et je me demandais bien ce qui clochait dans cette histoire!!
    Suffisait de lire les comm !
    Il trompe sa femme, c’est tristement banal en fait.

  16. Little S. le 17 février 2010 13:13

    les garçons c’est nul !

    Little Sushi

  17. Zeb le 17 février 2010 14:51

    Cette tristesse m’inspire… Courage Marion bof essaie !

  18. Tobaspoon le 17 février 2010 20:57

    Bon j’ai eu la flemme de lire les précédents commentaires donc ça risque de n’être qu’une répétition -.- » m’enfin c’est pas grave j’avais juste envie de poster.
    Poster pour dire que quand j’ai lu ce billet, je me suis sentie extrêmement triste. J’aimerais bien pouvoir dire « mais putain quand on aime quelqu’un autant, comment on peut rester avec une autre? » mais je peux comprendre de loin que c’est plus compliqué que ça, qu’il y a peut être des enfants, et que s’il s’est marié, c’est bien qu’il l’a aimée à la folie cette fille et que ce qui se passe entre vous deux, c’est imprévu et génial mais ça ne peut pas durer.
    Mais bon, ça pue (traduction très approximative de « it sucks »), alors bonne chance. J’ai l’impression que c’est le bon moment pour apprendre à jouer de la guitare pour chanter des airs folks rock déprimants au clair de lune (moi je dis ça, jdis rien).

  19. AB le 19 février 2010 11:06

    « Je me demande ce qui explique vraiment le fait qu’il ne veuille pas quitter sa femme, puisque ça le rend si mal de ne plus te voir. »

    Il y a une réponse extrêmement simple à cette question. En termes d’affaires, on dirait que le ratio « risk/reward » est trop élevé. Divorcer pour s’engager dans une autre relation, c’est un risque sans parachute derrière. Donc, le status quo est pour lui la solution la plus confortable. Ce qui conforte mon équation d’il y a deux mois : Stalker + risque = petite bite :-)

  20. Itshe le 5 mars 2010 14:50

    OH MY GOD, ce mec me fait penser à stephane, c’est donc connard de type 4 l’appelation ?

Réagissez à votre tour

Nom(obligatoire)

E-mail(obligatoire)

Site web

Allez-y, ça va bien se passer.

  • Je Twitte

  • Le pire du pire est sur Facebook