Les femmes font-elles naturellement bien la vaisselle ?
Cette question avait été posée par un de mes profs de socio. La bonne nouvelle c’est que c’était rhétorique et que la réponse est toujours non. La mauvaise c’est qu’il y a des gens qui pensent que la réponse est oui.
Que la réponse soit non m’a toujours fort arrangé au vu de mes faibles compétences en tâches domestiques. Bien sûr, ma mère a bien tenté de m’apprendre à récurer, à nettoyer, à frotter, à astiquer, à épousseter car « tu dois apprendre à faire le ménage ma fille », je ne pense pas qu’elle ait appris cela à mon frère, mais jamais je ne poserai la question tellement je risque d’y obtenir un torrent de mauvaise foi. J’ai donc vaillamment lutté contre toute tentative d’éducation sur le sujet car dans les faits, je connais les gestes, je connais le principe, mais quand je me retrouve toute seule, je dois avouer que je n’y pense pas, et au moment de faire le ménage je suis prise d’une furieuse envie de faire la sieste.
J’ai grandi avec une mère hystérique du ménage, qui pourra vous expliquer le plus sérieusement du monde que « le plus important ce sont les coins », capable de se mettre à hurler à la mort à 8 heures un samedi matin à propos d’une casserole mal lavée, ou se lever de table en furie pour passer un coup de chiffon sur un placard car il y a « une marque » ; elle-même issue d’une famille du même acabit qui lui a aussi dit quand j’étais petite que si j’étais bordélique c’est que j’étais mal élevée. Ado, je l’avais même surnommée « La lavandière folle » en vacances car elle passait son paréo en machine tous les jours. Pour tout vous dire, à 25 ans, j’ai toujours peur de me faire engueuler quand je rentre car mon sac est mal rangé. Mon bordélisme est un traumatisme.
La vie faisant bien les choses, j’ai emménagé avec un garçon qui passe spontanément l’aspirateur. Là où l’idée ne me traverse même pas la tête, il a déjà l’appareil en main. Il est ordonné, m’engueule régulièrement car je laisse tout traîner : « Marion tu connais la différence entre un appart rangé et un appart en bordel ? » « Euh ? » « Ton manteau qui traîne sur le canapé ». On a de l’humour, notez-le. Alors que je suis du genre à empiler la vaisselle jusqu’au point critique où il n’y a plus assez d’assiettes, il trouve que la faire au fur et à mesure est quand même mieux et je trouve ça incroyable.
Sans compter qu’il sait en plus cuisiner, le terre entière me chante les louanges de ses burgers gastronomiques, porc à l’ananas et autres délicieuses recettes, coudre, il peut faire les déguisements comme les rideaux, bricoler, peindre, poser un parquet, installer une applique en l’insultant en breton. D’ailleurs on me demande souvent « qu’est ce qu’il ne sait pas faire ? ».
Je n’avais pas de réponse à cette question jusqu’à une date récente. Il était parti au ciné, je rentrais du taff, et je note qu’il a lancé une machine. Je me rapproche, et je vois qu’il a lancé un programme chaud et long – comme sa bite – alors que les serviettes de bains sont encore dans le panier. Petites sueurs froides. J’arrête la machine, je l’ouvre, elle contenait des jeans, des tops, des gilets fragiles et heureusement cela n’avait pas eu le temps de chauffer sinon j’aurais crié d’effroi. J’ai ensuite trouvé le linge déjà sec, qui était passé au sèche linge, avec ses tee-shirt qui avaient rétréci et qui désormais me vont très bien, un jean à moi, bien lui en a pris, il était trop grand et d’autres trucs froissés.
Je lui ai envoyé un message en lui demandant s’il avait perdu la tête, il m’a répondu que les machines à laver étaient sa kryptonite. Et, et, et… j’ai réalisé que ma mère n’avait pas totalement foiré son éducation. Quand il est rentré je lui ai fait un cours magistral, avec le noir d’un côté, le blanc de l’autre, les couleurs au milieu, les serviettes à droite, les draps à droite : « ça, tu laves en fragile à froid» « ça tu laves avec ça » « ça, ça passe pas au sèche linge » « ça tu peux » « les serviettes programme long », etc. J’ai remarqué que je savais également comment m’occuper des tâches rebelles et j’ai découvert du détachant dans un placard, sans doute acheté lors d’une absence. La folie.
Le partage des tâches a été redéfini en « mon chéri laisse-moi la lessive, même si j’agonise » et je sais désormais que je sais culturellement bien faire la lessive. La lavandière folle, c’est moi.
27 réactions effrénées à “Les femmes font-elles naturellement bien la vaisselle ?”
ta mere, cest une lavandiere folle, certes !
mais toi non, tu n’est pas une maniaque du ménage, c’est pas ar ce que tu sais bien le faire, par ce que tu as appris, que tu es une lavandiere folle comme elle. il y a une limite entre « savoir faire » et « faire a outrance ».
!Alors n’ayant pas été élevée j’ai eu très peur de me mettre en couple ou en ménage…à cause du mot MENAGE!!!De plus avec un footballeur et là les clichés vont bon train!Mais heureusement l’homme a été élevé par un père cuisinier et une mère infirmière de nuit donc les rôles se sont inversés!Du coup je ne fais pas la vaisselle,pas l’aspi,pas les courses et pas la cuisine!Mais que fait elle????de la dentelle????Mais non je prends en charge le linge pour éviter que le chéri bousille les fringues qui ont couté un bras!!!!Je précise que tout cela se passe sous les yeux de mes 2 gars qui mettent le couvert et adorent cuisiner.Quel bonheur pour mes futures belles filles à con,dition qu’elles passent le test de la REINE MERE(moi)ce qui est loin d’être facile.Je détsete les maniaques,les maisons trop propres et bien rangées me stressent vive le bordel,vive la vie et vive l’aspi(avec son long tuyau comme celui de l’homme) tant que c’est pas moi qui le passe!
idem j’adore les lessives et je déteste le ménage. Il faut que je trouve le jumeau de ton homme !
Le partage plus ou moins équitable des tâches ménagères n’implique pas qu’on partage chaque tâche en deux (ou pire, qu’on fasse tout ensemble en se regardant amoureusement), mais que chacun prenne en charge celles avec lesquelles il a le plus d’affinités. Condition évidente de réussite et de survie du couple. Par exemple, je ne dois pas avoir sorti une poubelle ni vidé un lave vaisselle depuis dix ans, et c’est très bien comme ça.
Chichis que tout cela! Je lave tout à 40 degrés sauf les pulls, et ce qui ne tient pas le choc, je le jette ! Non mais sans blague, on ne va pas se laisser emm. par 3 chiffons… La literie à 60 degrés quand même pour éviter la prolifération des acariens, et il faudra bien que ça suffise !
Ha! Et puis pour le repassage, je jette toutes les chemises qui ne se contentent pas de sécher sur un cintre pour être potables… Non mais quel esclavage, tout ça!
Tiens: ça me fait le même effet qu’à toi le mariage!
Mais c’est vrai que t’es experte, ma Marion.
Bises flemmardes…
Article réjouissant s’il en est ou l’essentiel est dit : tout prendre avec humour !
Garçon élevé par sa mère, j’ai appris tôt à manier tuyau (en plus du mien que j’ai appris « tout seul » à m’en servir) et autre chiffon. Donc le ménage ne me fait pas peur.
Donc je suis pas maniaque mais la saleté me plait pas trop.
Par contre je ne suis effectivement pas hyper doué en lessive, mais je me demande si cela n’a pas un rapport direct avec l’investissement pécuniaire dans les vêtements…
Bref, on est content de voir que Marion s’épanouit dans sa vie de couple, chaude et longue, malgré des traumatismes enfantins que n’aurait pas désavoué mon psychiatre, le docteur Lecter…
Comme je me retrouve dans ta description. Et je retrouve aussi mon couple.
Petite je ne supportais pas l’éducation que mes grand-mères ont tenté de forcer mes parents à me donner. Je leur donnais en réponse des coups de pieds et des tirages de langues. J’étais donc la sauvageonne mal-apprise.
Pareil, l’idée du ménage m’est étrangère et le rangement également. La vaisselle n’en parlons pas, c’est comme la lessive, quand je vivais seule j’allais acheter de la vaisselle en carton et des fringues propres pour ne pas subir l’étape évier ou laverie.
Et puis, monsieur arriva, et lui est maniaque. Mais ne sait pas non plus faire une lessive. Et tout comme toi, j’ai absorbé comme une gentille petite éponge le savoir de ma génitrice sans m’en apercevoir.
Aujourd’hui je suis préposée à la lessive… lui au reste.
La seule négociation possible? employer une personne pour faire notre ménage/lessive/repassage… homme ou femme
MARION!!!!!Homme très intéressé par l’article veut commenter et comme je ne fous RIEN je fais sa secrétaire(vieux fantasme je crois…)Il est fou de rage contre ttes les marques de gants pour la vaisselle qui ne pensent pas qu’un homme puisse la faire…Il est gardien de but et fait une taille 12 en gants,et oui des mains immenses (comme sa…)et le XL des gants mapa ou autres est un XL femme!!!!N’est ce pas l’ultime preuve de cette société pleine de clichés????Voilà le cri de l’homme blessé aux mains caleuses à cause de la vaisselle mais c’est sexy les mains énormes et caleuses…ahem.
C’est quoi le repassage?Bordel on est en 2011 qui repasse encore??je fais une Antoine ,je jette si c’est pas portable juste séché sur cintre.
La vaisselle, je crois que ça fait presque dix ans que je ne la fais presque plus : on avait un lave-vaisselle chez mes parents et que ce soit mon ex ou l’Amoureux, ils ont toujours préféré faire la vaisselle qu’à manger. Chose qui me convient tout à fait vu que j’adore cuisiner et que j’ai une sainte horreur de la vaisselle! Le monde est bien fait!
Par contre, je confirme, ne jamais confier le linge à un mec! Soit ils ne savent pas trier, soit ils ne savent pas choisir le programme…
Moui. Pareil. Mais depuis que Princesse travaille de nouveau elle a tendance a procrastiner et comme je ne veux pas partir a poil le matin j’ai repris les machines. Mais juste mes fringues, j’ai pas non plus envie de me faire engueler…
Un truc utile: j’utilise non pas un séchoir à tambour, mais une armoire de séchage à température réglable (de 20 à 85 degrés)dont j’ai hérité,un modèle Boeing des seventies à soufflerie d’air chaud qui ne se fait plus depuis des lustres. Rien n’y rétrécit, c’est utilisable pour tout. On peut y sécher en même temps 5 chemises sur des cintres, 5 T-shirts, 5 slips et 5 paires de chaussettes…
Ce que j’ai trouvé de plus équivalent sur Google, c’est la Sabomat TS6…
Antoine te lire est un rêve…je veux cette armore de séchage et si tu vas tt nu dedans après la douche ça marche????On dirait un épisode de « Aujourd’hui madame »j’adore les petites astuces d’Antoine…Combien ça vaut cette merveille de technologie?Tu livres à domicile?
Marion ce post est trop cool, je l’ai envoyé à ma Maman. #lavandieresfamily
Et là je me dis « c’est Marion ou ses lecteurs qui sont un peu fêlé du bocal ? » « Mais je suis un lecteur !! » « Donc ce sont bien ses lecteurs qui ont le bocal non étanche… »
Que dire de cet article? je dirais: hi hi hi. ^_^
Tu viens de m’apprendre qu’on ne lavait pas les serviettes avec le reste… Damn. Merci Marion !
On en oublie ses classiques ? c’est pourtant le seul truc valable que Kaufmann a mis en lumière dans « La Trame conjugale », du moins me semble-t-il.
je me retrouve carrément dans la description de ton bordélisme, surtout côté vaisselle. Et ma mère est la copié-collé de la tienne ^^
@Pandasse Je n’avais pas lu ce bouquin ce Kaufmann, désolée. En même temps il a 20 ans ce livre (1992), beaucoup de choses ont changé depuis. Lui même disait qu’entre « La femme seule et le Prince Charmant » (que j’ai lu pour le coup, avec Premier Matin), et Sex@mour beaucoup de choses avaient changé de 1999 à 2010.
@laurent : mais oui ils sont tous félés du bocal, toi y compris, quelle idée saugrenue de venir ici hein.
Sinon, vous me rassurez tous en fait avec ces histoires d’incapacité collective pour la lessive. Et je sais mon rythme de validation des commentaires et de réponses est dramatique.
Avec ton angine blanche, tu es pardonnée. Pas mécontent d’y avoir coupé, à celle-là. Hin Hin Hin…
A part ça, pour moi, ce n’est pas de l’incapacité: tout comme la couture, le ménage est un bricolage comme un autre, et un esprit d’homme et son sens technique y ont matière à s’exercer. Dans machine à laver (ou à coudre…), il-y-a machine. C’est ton conjoint qui te la répare, il peut tout aussi bien s’en servir à bon escient. Et ces histoires de tissus – taches biologiques = enzymes et trempage, qui dit couleurs dit problèmes de résistance à la chaleur, qui dit longues fibres dit là aussi problèmes de résistance à la chaleur, avec rétrécissement et feutrage, etc, etc… – relèvent du raisonnement scientifique.
Mais il se trouve que ces petites misères de la vie quotidienne m’ennuient: je les limite au maximum. comme dit plus haut, on ne va pas se laisser gâcher la vie par des chiffons. J’ai mieux à faire de mon temps.
Et je soupçonne beaucoup d’hommes de faire semblant de ne rien y comprendre pour pouvoir vous laisser vous en occuper…
Ça ne vous a jamais titillé, ça: comment quelqu’un qui me change le thermostat de ma machine quand il est en panne peut ne pas penser qu’il faut adapter la température de lavage aux tissus ?
Faut vraiment tout vous dire …
Hin Hin Hin !
Bon. Maintenant, tout humour mis à part, il ne faut peut-être pas généraliser. Un, je passe avec facilité du littéraire au scientifique et retour. Ce n’est pas si fréquent. Et deux, je suis un célibataire endurci et j’ai donc bien dû appliquer mon esprit masculin aux tâches ménagères.
Pour te paraphraser, Marion, je suis donc culturellement enclin à les considérer comme des bricolages comme les autres…
Bises ménagères !