La désintox

30 janvier 2010

Trois week-end à fixer le plafond et à caresser le chat, deux semaines la boule au ventre où je n’arrivais plus à manger. Enfin sauf les sushis, il faut bien que mon statut de pétasse serve un peu. Deux semaines où le téléphone sonne pas trop, où personne n‘est là pour s‘occuper de moi, de week-ends occupés à mater des séries, de Stargate Atlantis à Buffy contre les vampires, c’est dire si la palette est large. L’apocalypse avait démarré le premier janvier, et subitement, mon Stalker n’était plus le même, du mec adorable, toujours là à me dire des jolies choses ou bien à rire de mes blagues, j’avais un mur silencieux qui venait se blottir dans mes bras sans rien dire, qui envoyait subitement des mails creux et faisait des silences radios insupportables.

Le dimanche du troisième week-end, j’ai craqué, je lui ai demandé s’il voulait encore me voir, il m’a dit oui, mais qu’il n’arrivait pas à faire ce qu’il avait dit qu’il ferait. Le lundi, il est arrivé en larmes, de pas avoir les couilles, d’être fou amoureux de moi et de pourtant être un enfoiré de connard (de type 4, nouveau concept bientôt sur ces pages). J’ai bien failli vomir tellement j’ai eu mal. J’ai pleuré pas mal aussi et lui de concert. Après 20 jours d’insomnies, il avait pris dix ans de plus, dix jours de plus et on aurait pu le prendre pour mon père.

On a donc décidé de se séparer. Le problème est qu’on agit l’un sur l’autre comme une sorte de drogue, toujours l’envie de se parler, de s’écrire, de rire ensemble, de se toucher, de se voir, de s’arracher nos vêtements dès qu’on est seuls. Dure la drogue (CSB), qui provoque un shoot de plaisir dès qu’on en prend, et même qu’on se met à en réclamer toujours plus. C’est qu’il y a tellement tout ce qu’on peut vouloir en terme d’alchimie que cela en devient dangereux

Alors par une idée stupide, j’ai dit qu’on devrait peut être faire comme les anciens héroinomanes qu’on a mis sous méthadone. Arrêter progressivement, faire un sevrage, en diminuant les doses. Première semaine, on se voit 4 fois, deuxième semaine, on se voit 3 fois, et ainsi de suite, pour terminer sur un vendredi matin, où il arriverait avec des viennoiseries pour un ultime petit dej. Comme ça, on aura été romantiques jusqu’au bout.

Le lendemain de la décision, tout était reparti comme en 40 avec cette putain alchimie parfaite, alors des fois quand on évoque le D-day, on a un concept qui apparaît : les larmes autonomes, elles viennent toutes seules comme des grandes sans même qu’on les ait invoquées.

Rassurez vous, curieusement, maintenant que cette période angoissante est passée et malgré tout ce qui se passe, je vais très bien.

Pour la désintox, je vous le donne en mille, c’est mission impossible.

Problèmes techniques

18 janvier 2010

Lecteur, lectrice, l’heure est grave.

Il y a actuellement 37 commentaires en attente de validation. 37 innocents lecteurs qui ont commenté et qui se sentent floué, filtré, censurés.

Il n’en est rien, un souci technique non identifié m’empêche de valider les commentaires. Ceux dont l’email a déjà été validé une première fois peuvent commenter, ceux avec un email inconnu au bataillon ne peuvent pas pour le moment. Je vous dis quand c’est réparé.

En attendant, nouveau gadget 2.0, un truc très con et très pratique, et très chronophage, Formspring, vous pouvez venir me poser des questions sur le lien qui vient, même en anonyme, j’y répondrai directement. C’est beau.

http://formspring.me/marionmdm

2009 en Technicolor

12 janvier 2010

Elle regarde le flacon de sauce soja, attrape le deuxième flacon. Fronce les sourcils : aucun moyen de différencier l’un de l’autre. Au hasard, elle en verse dans sa coupette.

« Hum, merde c’est liquide c’est de la salée, je me suis plantée
- Ha, ha, tant pis pour toi, j’ai ma coupette pour de la sauce sucrée moi !
- Oh ça va hein, on peut partager, j’aime pas la sauce salée »

Il a commandé des makis maisons. Ils sont un peu gros, il en fait tomber un dans la fameuse coupette de sauce sucrée. Elle éclate de rire :

« Tu vois c’est le bon Dieu qui t’as puni !
- Fais pas ta judéo-chrétienne ! »

Le déjeuner se termine. Curieusement, en dessert, le serveur leur apporte des clémentines. Elle attaque une clémentine, le jus lui explose au visage. Il éclate de rire.

« Ca t’apprendra à te moquer de toi quand je fais tomber mon maki ! »

31 décembre 2009, Marion et son Stalker, un resto japonais perdu dans Paris.

C’est sur cette note que j’ai terminé 2009 : par un déjeuner magique avec mon Stalker.

Lors de mon anniversaire, Tim m’a dit que cette année avait été haute en couleurs.

Je confirme, en technicolor même. Elle a commencé doucement, janvier, février, mars, je gagne mes galons d’experte en relation sans conséquences, en PCRA inoffensifs. Avril, je fais pas exprès mais l’affaire @UnMec me tombe dessus. Mai, juin, une amie de toujours arrive sur Paris. On sort, on fait des fêtes incroyables. L’été, je sors avec un nouveau garçon, je fais toujours des fêtes incroyables, à l’agence ou bien avec des potes, un groupe qui s’est constitué tout seul. Je pars en vacances, je bronze, je fricote avec un encarté UMP, il fallait bien pour la gloire.

Septembre, je crois qu’avec le garçon avec lequel je sors, cela ne durera pas aussi longtemps que les impôts. 1er septembre, tout premier mail du Stalker, suivront plusieurs milliers d’acolytes. Plein de soirées dont on ne se souvient pas aussi, et des dimanches à rire beaucoup sur la veille. Octobre, il me stalke, on se voit une première fois dans ce fameux resto japonais. Novembre, on tombe amoureux en sept jours top chrono. Tout va trop vite et prend des proportions délirantes, à se dire que c’est évident, tout bêtement, juste parfait et magique malgré les circonstances. Sauf que non, non, non, ce n’est pas une bonne idée du tout. Je fixe une date, 15 janvier 2010, on arrête tout, on vivra cela comme une parenthèse enchantée.

En 2009, j’ai vécu pleins de trucs, j’ai trouvé un CDI aussi, confirmant mon rang de grand fille indépendante, j’ai consolidé, pas mal rigolé et foutu un peu de bordel un peu partout mais surtout dans mon appart, pour changer.

En 2009, je suis surtout tombée amoureuse, à en avoir mal au ventre et à avoir le cœur qui fait des saltos arrières dans la poitrine, à en perdre 4 kilos spontanément, comme ça, pouf. Mal au ventre car je n’imaginais pas la suite sans lui. Mi décembre, j’ai torpillé la date du quinze, il s’est dit prêt à tout plaquer. Depuis, je supporte les remarques désobligeantes et cyniques de mon entourage, j’ai mal au ventre parce que lui aussi a mal, car l’apocalypse a démarré, tant pis, je suis patiente. Je suis une midinette, mais j’y crois.

C’est un nouveau chapitre, 2009 s’achève sur cette rencontre incroyable. 2010 sera riches en emmerdes et en surprises, mais quoi qu’il se passe, lecteur chéri et adoré, on en parlera, et on en rira aussi, parce que c’est quand même la moindre des choses.

Les vieux cons

11 janvier 2010

Je ne sais pas vous, mais il y a des gens qui me terrifient, un jour ce sont vos amis, vos proches, les gens que vous côtoyez depuis quasi toujours, ils sont sympas et drôles, puis le lendemain, ils sont devenus une bête immonde : des vieux cons.

« J’ai moins de trente ans. J’écoute la radio, la télé réalité ne passera pas par moi. Je lis le journal. La presse magazine n’est pas sérieuse. Je cuisine des légumes, j’ai arrêté de me coucher tard. Je suis en couple dans un deux pièces. On fait tout à deux, nos amis nous ressemblent, on ne voit plus les autres : les célibataires pathologiques et les gens moins cultivés que nous, ceux qui se couchent tard et qui en sont encore à sortir en boîte. Ils ne s’entendraient pas avec les nouveaux.

Je brunche le dimanche matin, je vais au théâtre, je cours les expositions. J’assiste à des diners de couple, on rentre à minuit, il ne faudrait pas se coucher trop tard. On boit du vin dans de jolis verres. On traque les bons restos dans un petit guide, ou bien nos amis nous emmènent découvrir des endroits pour nous.

Je ne comprends pas ces gens qui vivent encore comme des ados, je leur ai dit, je suis honnête, je suis passé à autre chose, vivre en couple, fonder un foyer, se coucher tôt. Ma vie est chouette, on parle tous le même langage, on est d’accord. On se prévoit des week-ends culturels.

Je suis sérieux, intelligent, brillant et cultivé. Je fais tout pour. Je suis bien, je suis heureux. Je suis sérieux, je suis intelligent, je crois que je suis quelqu’un. »

Je ne suis pas croyante, je ne suis pas de religion, mais s’il y a un seigneur quelque part, perdu, caché dans le sub-espace, je lui demanderai de bien vouloir m’épargner dans cette impitoyable évolution de l’espèce, ces gens là ne font plus rire personne. Merci.

Bilan 2009 : les à-côtés du blog

6 janvier 2010

Juliette a lancé l’idée, Camille l’a reprise, je la trouve excellente, je reprends donc : faire un bilan de son blog sur l’année 2009. Un bilan pratico-pratique, sur des trucs pas drôles et bien souvent pas clairs : sur tout ce que cela peut rapporter en plus que le fait d’être lue et commentée.

Pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, je tiens ce blog pour l’amour du blog, de l’écrit, des conneries à raconter. Je ne travaille pas mon référencement naturel, ou si peu sans faire exprès, du type être en première page pendant quelques jours sur la requête « plan cul ». Pas d’articles opportunistes sur une star décédée, sur l’actu ou quoi que ce soit, histoire d’être quelques heures en première page de Google. Pas plus que je n’ai de page fan sur FB (tout au plus un obscur groupe créé il y a deux ans par Francky sur une blague d’étudiants et que je garde, dans le doute), ou que je linke mes articles sur Twitter. L’auto-promo ici, non merci, mon rêve secret étant de vivre dans le Larzac en élevant des chèvres, en cultivant des piments et en écrivant des romans d’amour le reste du temps.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, je suis désormais Community Manager dans une agence d’e-reputation. Avant j’étais chef de projet web : j’embêtais un gentil flasheur pour avoir des bannières moches, j’appelais un chef de projet technique une fois par heure à la demande de mon chef de projet senior pour savoir où en était la mise en ligne, le mec me filtrait, mon senior me criait après parce que j’étais filtrée, j’envoyais des mails de retours, et j’expliquais à des commerciaux d’agence de pub pourquoi la super animation en After Affect qu’il me demandait ne tiendrait jamais dans 50ko.

Aujourd’hui, je dois expliquer comment marchent les médias sociaux, ces machins là, ces trucs qu’on utilise tous les jours pour rire, avec ces marques qui veulent parler aux gens, qui eux critiquent, râlent, jouent, vivent et leur font un peu peur. Comment on peut les utiliser, à quoi ça sert Twitter, à quoi ça sert Facebook, et puis les applis-c’est-quoi, les blogs, les machins, les bidules. Donc, les blogs ça m’intéresse et pas que pour parler bite.

Donc les débats sur la monétisation, je les suis, je ne suis tranchée ni sur l’un ni sur l’autre camp. Ce que je n’aime pas, et je l’assume, ce sont les blogs à opés, du blogueur qui écume les soirées blogueurs, qui doit avoir une carte VIP à la Poste pour récupérer tous les colis qu’il reçoit ou une gardienne d’immeuble spécialement entrainée à recevoir les coursiers (la mienne n’y survivrait pas). Je ne cite personne, mais ces blogs manquent terriblement d’humain, d’écriture, de style : de plaisir. Une somme d’articles avec pour seul contenu « je suis allé là », « j’ai reçu une tondeuse à gazon », « j’ai testé pour vous un super réveil ». Tant mieux pour eux, mais je ne peux pas m’empêcher de penser au pauvre lecteur, qui lui veut juste se distraire un peu, et cela m’attriste, étant moi-même une lectrice de blogs.

Je ne ferai pas ma vieille gauchiste à vouloir un web cent pour cent sans pub, des blogs totalement libres, heureux et joyeux avec des auteurs désintéressés. Vouloir gagner de l’argent c’est humain, les blogs font de l’audience, ce sont des médias avec leurs propres pratiques, que les marques veuillent venir s’y exprimer est normal. Vouloir l’inverse serait utopique.

Alors qu’est ce qu’on a eu ici comme contenu plus marketing ici, histoire de savoir ? (Je risque d’oublier certains trucs, ne m’en voulez pas)

Billet sponsos :

Sur 2009, ce blog ne m’a pas rapporté un seul euro : pas de billet sponsorisé, je ne suis pas contre, je veux juste qu’ils s’insèrent dans la ligne éditoriale. Ah si, j’ai failli en faire un pour des Sex Toys, je suis habilitée à parler de ce genre de jouets, mais c’était sous 48h, et écrire sur commande, quand on me donne un temps réduit, j’ai tendance à ne pas y arriver. J’ai failli tester un téléphone aussi, test sponsorisé, axé autour du mode de vie, des façons de l’utiliser bien plus que sur la technique, mais cela ne s’est pas fait.

Si on compte l’hébergement, vous me coûtez des sous au sens strict.

Opé blogueurs :

Je suis allée à Londres pour une conférence sur Twitter et c’était cool, j’ai râté une séance de sport car j’étais au fond de mon lit, malade, et je suis allée une opé plus culturelle, avec une installation autour de la lumière, et aussi une soirée à boire plein de bière et c’était cool. Et puis pas grand-chose je crois. Je n’ai rien contre les opés, on m’en propose peu, je parle trop de bite, mais je suis toujours pour les expériences de vie qui nous donnent des histoires à raconter, ou pour les trucs qui me parlent sur lesquels j’ai des choses à raconter.

Cadeaux :

Je ne parle pas de produits, donc c’est limité : une chouette caméra avec le voyage à Londres (la Zi-8 de Kodak, les blogueurs font des podcasts avec, elle va très bien pour un usage plus casual aussi, vous me connaissez, des années que je rêve de filmer mes soirée : je le peux désormais). Il y aura bientôt le coffret Serum7, j’avais eu un lait pour le corps un peu avant de la marque, mais je l’ai égaré on ne sait où chez un garçon, j’ai donc même pas pu le tester.

Bannières :

Je ne suis affiliée à aucune régie, donc que dalle. Pas contre sur le principe, du moment que l’on a pas des bannières qui s’expandent sur la moitié de la page, qu’elle reste à leur place et ne dénaturent pas l’espace.

Pas de liens sponsos également, le lien sponso c’est dégueulasse.

Petit bilan statistique :

Pour que l’on arrête de fantasmer les statistiques des blogs, voici les miennes.

Du premier janvier 2009 au 31 décembre, il y aura eu ici :

147 765 visites
244 979 pages vues

Au niveau des accès :

37% provenant des moteurs de recherche
32% des sites référents
30% d’accès directs

Mon premier site référent est Twitter avec 10 000 visites environ, et puis vient Netvibes avec environ 7000.

L’affaire « UnMec » a joué bien sûr, avec des pointes à 1000 visiteurs jours pendant une semaine, et m’a fait gagner quelques 20% de lecteurs en plus chaque jour depuis.

Du côté de Google on a :

Grosso modo 12 000 visites sur des requêtes type « monde de marion » « monde tranquille de marion » « mondedemarion » « blog marion », un honorable 347 visites pour « grosse bite », suivi de près avec émotion par « plan cul » avec « 293 » égarés.

Pour le reste, c’est le moment des bilans, alors peut être que je ferai un bilan perso de l’année 2009, je ne promets rien c’est encore en gestation.

Facebook dans votre rupture amoureuse

4 janvier 2010

J’emprunte la construction du titre au sémillant Guewen, qui lui nous parlait de début de vie amoureuse sur Facebook.

A une époque lointaine et reculée, dans un royaume qui n’existe plus, une rupture c’était oublier un numéro de téléphone, et éviter de croiser la personne.
Dans notre époque proche et dans notre royaume qui existe bien, avec tout plein de 0 et de 1, de balises HTML et de bases MYSQL, rompre est devenu un chemin de croix numérique.

Fini le temps où l’on pouvait partir le matin en laissant un post-it, disparaître dans la nature, filer à l’anglaise, se tirer comme un malpropre et rompre comme un salaud, on ne peut plus. Car, pour peu que l’on ai entretenu une certaine relation avec la personne, une qui implique échange de numéro, d’adresses mails et de noms de famille, tous les moyens sont à notre disposition pour faire un scandale en cas de disparition lâche. Au choix, Facebook, Email, traque sur Viadeo et Copains d’Avants, retrouver les potes sur Facebook et crier.

Donc de nos jours, on est propres, on est gentils, on envoie un mail pour rompre.

Hem.

Une fois ceci passé, on pourrait souffler, respirer, tout débarrassé que l’on est de cette relation dont on ne voulait plus, ou bien à l’inverse si l’on est le destinataire du terrible élan de rupture, on pourrait pleurer, manger de la glace, boire de la vodka glace et caresser le chat. Mais non, là encore, on voudrait bien, mais on n’peut point.

Car, il y a Facebook.

Dessus, il y a votre ex, que vous voyez, au choix : en train de rouler des pelles à un(e) inconnu(e) à gros seins (gros pectoraux), ou qui a des statuts qui vous sont directement dirigés sans pourtant vous citer avec la fonction « @ », miracle du langage, et vous montrant par A+B à quel point il a une vie heureuse et douce, insistant sur le nombre de soirées dingues auxquelles il assiste, sans vous, avec ses potes, ses vrais potes, avec qui il se marre et rentre dans des états lamentables, hilare, heureux, joyeux. Sans vous. Tout ça pour vous démontrer que oui, la vie sans vous, j’insiste, c’est bien, qu’il trouve des gens qui sont mieux, plus beaux, plus riches et avec des performances sexuelles bien meilleures. Olé.

Alors voilà, l’ex on voudrait le rayer de la carte, mais non il est encore là, et on va perversement admirer son profil, histoire de continuer à se torturer ou a se dire qu’on a bien fait.

Le drame de ma vie c’est que j’ai un blog, je n’épiloguerai pas sur le nombre de cataclysmes que cet amas de PHP a déclenché dans ma vie, mais moi mes exs, certains lisent mon blog. (Coucou vous!)

Prenez le Patient Zéro, innocent et charmant jeune homme avec lequel j’ai eu une relation de deux mois cet été. On a rompu, il a lu le début de mes aventures avec le Stalker.

Enfer et damnation, que j’avais-je pas écrit ! J’ai eu droit, peu ou prou à : « c’est ça pour toi te sentir vivante : te faire tirer par un mec marié qui retrouve sa femme le soir ? ».

Suite à divers échanges du même style, il m’a supprimée de Facebook, je ne vois donc plus son profil, il ne voit plus le mien, et s’il veut lire mon blog, je le salue.

La suppression des réseaux sociaux, c’est désormais l’étape finale d’une rupture.

NB : tout ceci n’a rien à voir avec un certain 15 janvier, on y reviendra.

Récit de tuyauterie

18 décembre 2009

On l’a tous remarqué, il fait un froid à pas mettre le nez dehors. Hélas, trois fois hélas, on vit une époque cruelle qui nous empêche de rester sous la couette bien chaude, de préférence avec une bouillotte d’1m80 à l’intérieur. Chaque matin, c’est donc l’enfer. Heureusement, le seigneur a inventé la douche chaude pour nous récompenser de cet effort ultime et l’on peut à loisir vider la nappe phréatique en tentant de se réveiller. Le seigneur doit m’en vouloir particulièrement, car j’ai vu une sournoise diminution de la pression en eau chaude dans ma douche, jusqu’à ce qu’il ne me reste plusqu’un filet d’eau inexploitable. Que les écolos se rassurent, pour me laver les cheveux, je me débrouillais en faisant des stocks d‘eau chaude dans une bassine, mais sans pour autant me servir d’eau minérale.

Bref, j’en ai eu marre, et j’ai appelé un plombier en pleurant, comme quoi j’avais plus d’eau chaude, que j’avais froid et tout et tout. J’ai imploré mon boss de partir plus tôt, j’ai dit au Stalker que à 17h30 j’avais plombier, j’ai même prévenu Twitter que je voyais ce futur Saint Sauveur, en précisant que ce n’était pas sexuel. Évidement, Twitter n’en a pas cru un mot.

17H30, me voilà chez moi

17h35, cela tape à ma porte. Ô joie, Ô mon sauveur!
17h36 : C’est ma propriétaire, qui habite deux étage au dessous, pour me prévenir que la gardienne lui a laissé un paquet pour moi.

Je ne vous ai jamais parlé de ma gardienne, que l’on nommera La Gardienne, car elle englobe à elle seule tout ce que l’on peut trouver de caricatural dans une gardienne d’immeuble.

La semaine où des ouvriers repeignaient les couloirs de mon étage, je devais rester un matin pour qu’ils peignent sous ma porte. N’étant ni étudiante, ni retraitée, je suis allée lui demander si elle pouvait s’occuper de leur ouvrir la porte pendant mon absence afin qu’ils peignent. Elle m’a répondu que non, elle ne pouvait pas, qu’ils allaient se débrouiller, qu’elle voulait pas prendre la responsabilité de leur ouvrir la porte, car bon, elle allait pas pouvoir tout le temps les surveiller,car vous comprenez on savait jamais avec ces gens. Ah oui, les ouvriers étaient noirs.

Le jour où j’ai reçu ma Freebox, qu‘elle a malencontreusement réceptionné, elle m’a incendié car elle refusait de recevoir ce genre de colis de ces opérateurs. « Car vous comprenez, ils vous envoient des appareils sans vous demander et ensuite vous pouvez pas résilier ». Ah.

Bref ma gardienne avait eu la désagréable surprise d’avoir un colis à mon nom. Dans le couloir, elle a donc dit à ma propriétaire qu’elle pouvait pas prendre la responsabilité de le garder, car dixit je ne serai jamais là. Ma propriétaire avait donc un colis pour moi et est venue me prévenir.

17h40 : J’en profite pour lui parler de mon problème de douche.
17h42 On s’apprête à sortir pour aller récupérer le fameux colis chez elle, un peu encombrant à porter pour une dame de 80 ans. La Gardienne est impitoyable.
17h43 : Stalker sur le pas de la porte.Je lui dis de pas bouger. Je vais récupérer mon colis, qui s’avèrera être le sac de transport de mon chat, un truc tout léger et tout fin, empaqueté dans 70 centimètres cubes de carton vide.
17h50 : Stalker me dit qu’il croyait que le coup du plombier c’était une feinte pour qu’il vienne s’occuper de ma tuyauterie. J’éclate de rire et lui explique que non, j’ai de vrais soucis de plomberie. Il s’assoit sur le canapé et boude.

Le plombier arrive, délivre l’eau chaude. Je lui dis qu’il vient de sauver mon hiver. Stalker éclate de rire depuis le canapé. Une fois le plombier parti, le Stalker confessera adorer mon bordel naturel.

Mes secrets pour presque plaire aux garçons

17 décembre 2009

Le Stalker, il fait juste trop de compliments pour être honnête. Ou alors il est vraiment fou, ou aveugle. Car pour lui je suis tout le temps jolie, canon, sexy et j’en passe. Même qu’il me trouve même pas trop grande avec mon mètre 70 que je renforce désormais sans complexe avec des talons de neuf, même que mon cul n’est pas gros, mes seins pas trop petits et j’en passe, et ce même quand j’ai fait le sac à vin la veille et que j’ai encore les lèvres violettes car gercées, même quand j’ai le teint gris de la parisienne qui voit plus les néons de l’open space que le grand air du la campagne, même quand il débarque et que je dors encore, il éclate de rire car je me lève en grognant et que j’ai une mèche de cheveux qui part à droite, l’autre mèche de cheveux qui part à gauche, un œil ouvert, un œil fermé et que je grogne encore et toujours sur l’heure trop matinale, le parquet froid ou le cauchemar que je viens de faire avec Morceau 1er qui me dit que mes cheveux sont trop épais, ce qui reste un traumatisme profond pour moi.

Des fois, j’ai l’impression de retrouver ma mère, qui quand j’étais ado, ingrate, moche et très très consciente de l’être ne faisait que me répéter que j’étais super jolie, ce qui me faisait immanquablement hurler comme quoi elle me mentait que c’était gentil de vouloir me préserver mais qu’il fallait que je m’y fasse au fait d’être moche, histoire d’apprendre à lutter dans ma vie avec ce triste héritage. Depuis, j’ai vieilli, et si comme tout le monde, je ne suis jamais forcément en paix avec moi-même, j’ai élaboré tout un tas de secrets de sioux pour me sentir à peu près bien dans ma peau.

Si je vous livre tout ça, les filles, car j’ai bien conscience que tout individu doté d’un pénis aura disparu après le deuxième paragraphe, c’est parce que l’ami François, m’a invitée, ainsi que plein d’autres bloggeuses, à écrire un billet sur mes secrets de beauté, à l’initiative de Sérum 7, pour ceux qui ne connaissent pas c’est une marque de cosmétiques des laboratoires Boots (j’y trainais beaucoup quand j’habitais en Angleterre).

Le but, c’est de gagner un coffret de produits de beauté de la marque, avec à l’intérieur : du contour pour les yeux, de la crème de jour, et du sérum de beauté. Potentiellement, il peut même y avoir une bague à l’intérieur : une Eternamé en or blanc et améthyste.

Toute personne ayant vu ma salle de bain sait que je voue une véritable passion aux crèmes diverses (cf conseil numéro 2)

Ma mère, encore elle, me disait toujours : « Ma fille – elle a un côté mère juive – tes cheveux c’est 90 % de ta beauté ». J’ai eu les cheveux courts à une époque, et je me sentais juste super moche, faut croire qu’elle avait raison. Depuis, ils sont longs, et j’ai même une super frange qui tue. Après des années à les couvrir de produits à la con, lissants, bouclant, de tirer dessus au fer, au sèche cheveux, j’ai trouvé le produit miracle, le shampoing purifiant Kérastase acheté chez le coiffeur, il coûte un bras, mais ils sont doux, brillants, souples, n’ont quasi pas besoin de lissage, je les sèche et ils sont heureux. Pour moi qui ai passé le reste de ma vie à hurler sur ma tignasse, ça tient de la révolution.

Secret numéro un: toujours investir dans de bons produits ad hoc, et bien se faire conseiller par un pro sympa, même s’il est payé à la commission, on y gagne en temps, et en place dans les placards de produits à la con qu’on jette au bout d’un mois car ils nous rendent le cheveux ou la peau terne.

Comme toute citadine, j’ai le teint gris et brouillé parfois, et la peau capricieuse le reste du temps. Evidement, je me surcharge en fond de teint et autres poudres, ce qui n’arrange rien. Bon là, ne mentons pas, tout le monde le dit, il faut bien se démaquiller, appliquer une lotion, un contour des yeux et une crème hydratante qui va à votre peau. Moi j’alterne entre la Caudalie premières rides et une hydratante plus riche pour affronter le froid quand je pèle, et des fois un masque coup d’éclat pour faire genre j’ai dormi douze heures et je vous emmerde. Tout un équilibre subtil, je suis trop une meuf parfois.

Secret numéro deux : Même bourrée, même fatiguée, même transie de froid, toujours passer par la salle de bain avant de se coucher.

Il paraît que je suis radieuse en ce moment, perdu quelques kilos, peau plus douce, teint rose même si je ne dors pas beaucoup. Le sourire, la patate même s’il fait froid. De l’humour à en revendre. On en a déjà parlé.

Secret numéro 3 donc : être amoureuse (je sais, je triche)

Et aux lectrices qui voudraient gagner une bague elles aussi, ou bien un réveillon à se faire chouchouter. Il y a un tirage au sort.

Moi, Gilles, 50 ans, voisin de pallier

16 décembre 2009

Je vis seul dans un studio au 8ème étage d’un immeuble parisien. Ca pourrait être glauque à mon âge, mais non c’est distrayant. Pensez-vous, en face, il y a une collocation d’anglais qui ne dorment jamais. Cela fait hurler la voisine du fond du couloir, mais moi, je dors peu, alors je m’en fous.

Et puis il y a ma voisine de pallier. Elle a débarqué il y a bientôt deux ans, elle s’est demmerdée pour bloquer l’ascenseur tout un week-end avec des bouts de placards dedans. Elle fait hurler la gardienne car elle reçoit des colis d’obscurs sites de ventes privées tout le temps.

Moi, ma voisine de pallier, elle m’épuise. Déjà, elle chante faux, parfois ils sont 5 ou 6 chez elle, le samedi soir. Au bout d’une heure, c’est immanquable, elle se met à brailler des chansons des années 80, très fort, et très faux. Bizarrement la voisine du fond du couloir n’intervient jamais pour lui demander de baisser le volume, elle doit aimer Michel Sardou, je ne vois pas d’autre explication. Moi je n’ose pas, je suis un vieux réac, mais je laisse les jeunes boire, cela me rappelle le temps où j’avais leur âge. Par contre, cette bande de petits cons, s’ils pouvaient ne pas chanter l’internationale quand à minuit ils partent dans un bar, cela serait sympa.

J’ai longtemps cru qu’elle vivait avec quelqu’un, vu que je l’entendais parler, mais en l’entendant le soir rentrer chez elle et en disant « Bonjour toi ! ça va ? » et que j’ai entendu un « miaw miaw » pour toute réponse, j’ai compris, elle parlait à son chat. Elle lui crie dessus, il a l’air infernal ce chat, des fois j’entends un grand « baaaaaaaaam », et puis ma voisine hurle, et le chat court sur le parquet, je comprends ainsi qu’il a fait tomber un truc. Brave bête.

Il y a une autre fille qui a vécu chez elle, avec elle. Un soir, elle devait avoir oublié ses clefs, car je l’ai trouvée endormie sur le paillasson. Elle m’a dit un « bonsoir », toute gênée, et dix minutes plus tard, j’entendais ma voisine arriver trottinant sur ses talons, puis tout plein de ricanements. D’ailleurs, heureusement qu’elle est partie sa colloc, c’était pénible d’entendre chaque soir que Dieu fait le mot « Bite » suivis de rire gras. Des fois, je me dis que les jeunes ont vraiment un humour particulier.

Longtemps, je l’ai cru lesbienne, jamais de garçon chez elle, juste un chat, des copines et des apéros bruyants, mais depuis quelques semaines, il se passe un truc bizarre.

Tous les matins de la semaine, elle se lève très tôt, à 7h30 ca tape à sa porte, elle rigole, ils font des bruits que la décence m’empêche de détailler, le lit grince, j’entends des rires, des fois on entend un truc qui tombe et un « merde la lampe ! ». Puis ça se calme, plus un bruit, il lui dit de se dépêcher, elle lui dit « non je ne suis pas ridicule en collants », il lui dit « tire pas les fils de ta jupe, elle va être encore plus courte après ». Puis ils sortent et courent dans le couloir en rigolant. J’ai d’avis que tout ceci n’est pas très catholique. Je devrais peut être les dénoncer à Frédéric L.

Les Aprioris, un bar qu’il est bien

15 décembre 2009

En tant que parisienne, presque célibataire, avec des amis et une tendance à l’alcoolisation régulière, j’ai adopté un mode de vie particulier. A base d’alimentation déséquilibrée, de fréquentation assidue des bars parisiens et de se dire que le mojito c’est comme si on mangeait déjà deux fruits et légumes par jour, car c’est le du citron et de la menthe.

Chérie est à Paris depuis 6 mois, elle n’est en rien célibataire, mais elle a pour autant adopté mon mode de vie. Bon quand elle vivait chez moi, on se faisait des apéros sur mon canapé à parler de bite, mais depuis qu’elle a son propre logement on est sans cesse en recherche de bars sympas.

Puis, un jour, en allant comme toujours dénicher les bons plans restos et bars chez Aude (je vous recommande ce blog, amis parisiens), je suis tombée sur une merveille : un bar à vin et fromage, dans le Marais, qu’Aude encensait.

Un soir, la situation était critique, le Stalker, toussa, j’avais besoin d’une soirée avec Chérie, à parler de bite et à ricaner bêtement. Je l’ai donc prise sous le bras et je l’ai emmenée dans ce bar.

Ce bar, c’est les Aprioris. Petit cocon sympa, où l’on s’empiffre (soyons clairs) d’excellents fromages, des rillettes juste ouf, avec un accueil sympa sympa sympa, et des patronnes qui se souviennent de toi quand tu reviens deux semaines plus tard. Elles ne nous prennent même pas pour des dingues, quand le lundi soir on se siffle la bouteille de rouge en parlant de bite, les deux seules acharnées à rester encore un peu.

On y est retournées, avec plus de gens, samedi, et on a demandé le même vin rouge, parce qu’il était bien, et je cite Chérie « Très bon, pas rapeux, qui piquait pas, doux, il passait tout seul… mais je me souviens plus son nom ».

Bref, un bar où l’on se sent chez soi, en plein cœur de Paris, qui va certainement devenir un endroit où j’emmènerai plein de gens.

Les Aprioris

82 rue des Archives,
75003 Paris
01.48.04.39.14

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