Menthe Fraîche et patience épique

29 octobre 2008

Avec le garçon point, j’ai losé, j’ai merdé. On s’est fâché tout le week end, j’ai donc pas eu de rose au réveil, et encore moins d’aspirine. Entre temps on s’est réconcilié, via d’épiques messages Facebook, et colegram. (huhu) Voilà pour le contexte

Lors d’une session mojito avec Jérémie, j’ai eu la bonne idée d’envoyer des SMS à garçon point. C’est une de mes manies dramatiques : j’envoie des sms pathétique au bout d’un verre. Surtout aux garçons que j’aime bien.

Notons ici que je les ai supprimé très vite, je ne voulais pas lire ceci ce matin. Pas courageuse pour un sou que je suis.

Mon premier message disait quelque chose d’obscur à quoi il a répondu “Il veut rien dire ton message…. o_O”. Oui le Smiley, en ASCII dans le texte.

Je me suis pas démontée et j’ai persisté en répondant un truc encore plus obscur. Puis sans attendre sa réponse, j’en ai renvoyé un encore plus pathétique qui devait lui prouver par A+SMS à quel point il était formidable comme garçon et à quel point il devait certainement avoir une image totalement sublimée de moi. Moquez vous, cela me fait plaisir

La menthe fraîche, cela me rend romantique. Je vous jure que c’est la menthe, la preuve le whisky me rend sexuellement agressive, j’ai des témoins.

Il m’a répondu “Tu t’enflammes non?”

Ce à quoi j’ai répondu “Je m’enflamme pas, je suis allumée au mojito”. Humour, tout ça

Il a dit “je me disais bien aussi”.

Les garçons compréhensifs sont formidables. Ou alors il est juste fou

Mais pourquoi tu racontes ça?

28 octobre 2008

C’est une question qu’on me pose souvent. Pourquoi et comment tu fais pour raconter “tout ça”?Non c’est vrai, je raconte sans presque aucune pudeur mes histoires de mecs, de lose, de bite et mes immenses catastrophes.

En fait toutes ces histoires de bite, c’est pas important. Si, si. C’est juste un support pour exprimer des théories fumeuses, puisque en soirée quand je commence à divaguer sur les rapports hommes/femmes, ou sur la nouvelle insertion des supports 2.0 dans nos parades amoureuses, on me regarde comme si j’étais une forcenée, une échappée de l’asile, ou bien une pauvre fille qui finira dévorée par son chat. C’est de la théorie par l’exemple foireux.

Mon blog, c’est rien de plus que ma tribune à moi, le seul endroit où je peux trouver des gens qui viennent me lire parce que c’est moi, qui tapent “monde de Marion” dans Google, qui viennent rire cinq minutes sur le dernier concept fumeux, ou bien sur la dernière fois que j’aurai payé mes plots (volontairement ou bien par inadvertance), ou fait une blague qui est tombée super à plat. Ce qui arrive trop souvent.

Je m’étonne toujours d’être invitée à des trucs, à des machins pour faire de l’influence. Tenez ce week-end j’ai participé à un rallye de blogueuses, il y avait plein de ces filles que je lis tous les jours, c’était super chouette, je vous ferai le compte rendu dès que j’aurai un peu de temps pour le mettre correctement en forme. Dans le fond, ces bonus en nature ne sont que des bonus justement. D’ailleurs je tiens à le préciser : je suis lue par une majorité de garçons. Je n’ai donc pas une thématique féminine à proprement parler.

J’adore bloguer, c’est limite une drogue, un réflexe. Je me dis à chaque fois “Oh ce mec là, il ferait une histoire bien drôle”, mes copines me racontent leur histoires, je compile, et j’en fais une théorie sans aucune justification sociologique valable, juste sur ce que l’on a vu, expérimenté, cassé nos dents sur : c’est mon côté anthropologue des relations amoureuses qui foirent. Avouons que des fois je le fais limite exprès, je crois, enfin certainement.

Alors voilà, pourquoi je blogue? Parce que j’aime bien ça, tout simplement. Raconter ma vie, écrire, vous faire sourire. Le plus savoureux c’est quand un garçon me dit paniqué « Hé! Tu dis pas ça sur ton blog hein? » Comme si j’étais une menace pour sa réputation numérique. N’aie crainte jeune froussard, tu auras un pseudo, comme tout le monde.

Et au final ce que je préfère c’est quand on me dit : “Marion ton article m’a fait rire”. Ca c’est chouette : être influente, je m’en fous, tout ce que je veux c’est être amusante.

Faire bonne ou mauvaise impression

26 octobre 2008

Vendredi c’était l’anniversaire du Garçon aux suédoises. Jeune homme de bon goût qui les aime suédoises, blondes, et un peu vierges. Il porte également un costume et une pochette Paul Smith. Il me répète aussi inlassablement de ne pas coucher le premier soir.

Bref, pour sa soirée, il a envahi un sympathique bar du Marais. Sous mon bras, j’arrive avec Simon, mon objet tendance à emporter partout, qui lui débarque avec son matos Adopte un mec. Draguer une fille en lui filant sa carte de visite Adopte un mec, cela fait toujours son petit effet. (Ou pas.) Son ami insolent et sa douce sont de la partie, bien qu’ils nous abandonnent lâchement pour faire des choses dans un coin sombre. Tant mieux pour eux.

On dit souvent que les premiers instants où l’on rencontre quelqu’un sont déterminants dans le fait de faire bonne impression, ou non. Ce soir là, j’ai essayé de faire bonne impression. En vain.

J’arrive donc dans le bar, je tente d’enlever ma veste, et mon sac. Dans la bataille j’enlève également la moitié de ma robe. Je l’ai pas fait exprès hein, c’est juste qu’en enlevant ma veste, j’ai fait glisser les bretelles de ma robe. La première impression que les gens autour ont eu de moi, a donc été mon soutif. Dieu merci, j’en portais un.

Remise de mes émotions d’exhibitionniste malgré moi, je vais dire bonjour à Mr Rhum Arrangé. Jeune et fringuant garçon avec lequel on avait passé un torride instant autour d’une bouteille de rhum litchi. Puis un après midi autour d’une tarte aux pommes. Je lui garde le surnom de Rhum arrangé, Mr Tarte aux pommes c’est moins sexy. Notons qu’il est désormais un jeune homme avec lequel j’entretiens des rapports tous à faits amicaux. Les rapports entre garçons et filles de nos jours sont vraiment superbes.

Au moment de lui dire bonjour, le garçon aux suédoises crie à qui veut l’entendre « Elle couche ! », en parlant de moi évidement. Un ami de Mr Rhum arrangé surenchéri « Et Rhum Arrangé en fait des benchmarks ! ».

Deuxième impression : lamentable.

Ceci dit, j’ai quand même passé une très bonne soirée.

Le garçon point.

24 octobre 2008

Des fois certains protagonistes de ce blog changent de surnom. Forcément le surnom est choisi dans l’instant, et bien souvent les circonstances ne sont plus les mêmes.

Aujourd’hui je vais parler du Garçon Point. Protagoniste déjà présent sur ce blog, il change juste de surnom. Garçon ni correct, ni incorrect, ni connard, ni salaud. Il a été connard parfois, indécis aussi, largué comme une vielle chaussette également. C’est un garçon point-à-la-ligne.

Avec lui, à chaque soirée on m’accuse de faire le Gremlins “c’est drôle Marion, à un moment dans la soirée tu peux pas t’empêcher de lui sauter dessus”,il en était plutôt content cela dit, même si avec lui je suis juste la fille la plus chiante de la terre.

“Non mais tu vois, je sais pas en fait, je veux une relation avec toi, pas juste un plan machin”.
Puis “non mais tu vois je sais pas en fait, je crois que je veux juste un plan machin avec toi.”
Puis “mais en fait ça collera pas”, puis “’non mais tu me manques quand t’es pas là”.

Bref, je suis une fille, parfois.

Mais on a pris une grande décision. On a décidé de faire un truc à deux.

Samedi on va donc se faire un diner aux chandelles, puis un ciné. Puis on se couchera à 22h, et il viendra m’apporter une rose au réveil.

Hem.

Non, samedi, on va aller à une soirée chez des potes à lui. J’ai le droit de mettre une robe scandaleusement courte, de me saouler, et de payer mes plots. Lui songe à se mettre tout nu aussi.
On rentrera par le premier taxi qui voudra bien de nous, et le matin il me réveillera avec un verre d’aspirine.

C’est un plan Marion : temps dissolu, bières et plus si affinités.

Et lundi me direz vous? On sait pas, lundi c’est loin.

La formation qui a le plus influencé ma vie.

23 octobre 2008

Luc Mandret m’a tagguée dans une chouette chaine.(Mais depuis diable quand des blogueurs top rankés Wikio me tagguent?) Je dois expliquer quelle formation ou auto formation m’a le plus marquée.

Je ne vous parlerai pas ici de mes années post bac, où c’est le cadre et la population de l’école qui m’ont marquée, bien plus que l’intégralité des cours. Disons que comme dirait Montaigne j’y ai “frotté et limé ma cervelle à celle d’autrui.” Des profs oui, des cours aussi, mais surtout mes confrères étudiants, partenaires de soirées étudiantes, d’organisation à la con de soirées à la con, de voyages à la con, des concours de blagues à la con. Dans confrère, il y a con, convenons-en.

Non, en fait, la formation qui m’a le plus marquée c’est une prof, une seule. Ma prof de Français en 5ème et en 4ème. Atypique, décalée, “originale” (pour citer les parents d’élèves), donc décriée et finalement poussée gentiment vers la sortie au bout de ces deux ans.

En fin de 5ème, elle nous a fait élire des délégués pour faire régner le silence pendant les heures de permanences. Cela se nommait la commission bruit. Je trouvais le principe fasciste. J’ai donc pétitionné, gueulé, organisé des votes, tenté une procédure “d’impeachment”, j’ai même voulu m’y faire élire pour la casser de l’intérieur. Mes premiers pas en tant que rebelle gauchisante, sans doute.

Cette même année, on a eu une rédaction sur le thème des blagues racistes et antiracistes, avec sondage à faire en famille à l’appui. J’en retiendrai une chose, une de ces répliques sur lesquelles je devais interroger : “Peut-on rire de tout? Oui mais pas avec n’importe qui!”. Faire citer Desproges à des mômes de 12 ans, c’est fort.

En 4ème, désespérée que dans la classe tout le monde aie mis “Le Bigdil” comme émission TV préférée. On a eu droit a une rédaction en forme de critique de l’émission.

Avec le recul, je ne pense pas avoir fait beaucoup de “français” avec elle. Enfin, si, on a lu des livres, étudié des textes, fait de la conjugaison et souffert en dictée. Mais au final, c’était plus une prof d’esprit critique, de créativité et d’humour qu’autre chose.

On avait même nos codes, je signais tous mes devoirs d’un gribouilli qui disait “j’ai fait un effort de différenciation”. Je rendais mes devoirs sur du papier rose, jaune, vert. Pour ma dernière rédaction, qui se voulait un recueil de poème sur un thème, avec explications à l’appui, j’avais assemblé de manière brouillonne 5 ou 6 poème sur le thème de “La vie”. Avec des dessins au stylo bille, au fluo, bref un bordel vivant. Pour la petite histoire, je l’ai encore ce devoir, chez mes parents, dans un placard. Je le garde jalousement.

Il y a quelques années je l’avais recroisée dans le bus. Elle bossait désormais pour un office de cours par correspondance, et s’occupait entre autre de modérer les forums et d’y répondre aux questions.
Je lui avais d’ailleurs demandé si le langage pratiqué sur les forums par les ados ne la dérangeait pas trop, elle m’avait répondu, amusée, qu’il s’agissait pour elle d’une nouvelle forme de poésie.
Mon côté intégriste de l’écrit sur le Web m’empêche d’y adhérer, mais quand même, j’aimerai lui dire ce qu’elle m’avait écrit, tout simplement, sur mon dernier bulletin de fin de semestre : “Love.”

(Oui c’était son appréciation sur l’année)

Là je taggue en retour Greg, Romain et Tim. Paf.

La répartie pourrie de la semaine

22 octobre 2008

Je l’ai dit vaguement, j’ai un taff. Si, si. Chef de projet Web junior dans une agence de pub.
Je dis pas le nom, j’ai toujours une confiance limitée en l’ouverture d’esprit des directeurs marketing envers mes histoires de bite. On est quand même sur un blog perso.

Dans cette agence, il y a des soirées, des machins et des trucs open bars de temps en temps, durant lesquels j’essaie de faire très attention à ce que je dis et fais.

Peine perdue. J’ai essayé pourtant. Je pensais avoir fait illusion, de pas avoir dit des trucs trop stupides. Mais non, il n’en est rien. Car lundi, le montage de la vidéo a eu lieu.

Sur un bout de film, on me voit en train de répondre à une question :

“Et toi Marion, tu fais du porno?
Seulement le dimanche!”

Et j’ai déclenché l’hilarité générale de l’open space.

En langage geek, on dit : “Pownée”.

Fair&Bio : un bien chouette tee-shirt

21 octobre 2008

Il y a peu j’ai reçu un joli colis qui contenait du foin,un kit de couture et un kit pour planter des graines de coton bio. Le kit de couture a été utilisé, surtout l’aiguille, pour confectionner une tunique en peau de tigre. Le foin a été soigneusement éloigné de mon (tigre) chat, histoire que mon appart ne se transforme pas en ferme. Je me demande si le coton peut faire une jolie plante, en priant que pour mon chat ne la mange pas.

Puis hier soir, je suis arrivée chez moi et j’avais une sympathique enveloppe avec un tee shirt à l’intérieur. Customisé à mon nom.

Une notice m’explique qu’il s’agit d’un tee shirt IDEO, en coton bio et issu du commerce équitable.

Ah! Mais! Je connais!

Oui, oui, oui, je ne suis pas qu’une greluche qui parle de bite, de mecs et qui roule de pelles. Oui, oui oui.

Même que j’ai milité dans une association qui faisait de la sensibilisation au commerce équitable. A l’époque, tout le monde croyait que le commerce équitable c’était juste du café, vu qu’un an plus tôt Canal + avait montré un reportage “l’Utopie Réaliste” de John Paul Lepers,qui parlait du commerce du café.

Donc nous, on expliquait que c’était pas que ça, qu’il y avait aussi du chocolat, du sucre,du thé, des céréales, des jus de fruis, des bananes, de l’artisanat et même des fringues. Je suis même une pro de la confection de gâteaux aux épices supers bons. Depuis avec vos baskets Veja et les hypers qui ont des rayons équitables pour eux tout seuls, je pense que vous êtes au courant.

Vous n’êtes donc pas sans ignorer que le commerce équitable c’est assurer une juste rémunération aux producteurs, ainsi qu’à tous les intervenants de la chaine de production, respecter les droits fondamentaux des personnes, préserver notre belle nature, assurer la qualité des produits.

C’est marrant c’est que j’avais déjà un tee-shirt Ideo, qui représentait une planète à l’envers qui disait “voir le monde autrement”. Maintenant j’ai un deuxième tee shirt fair et bio, avec un imprimé funky, ils ont même ménagé ma susceptibilité en me filant une taille S qui me va. (Donc ils taillent grand, en général je mets du M/L en tee shirt), et c’est donc très cool. Merci à ceux qui m’ont mise sur l’opé. :)

Ce tee-shirt sort donc du site Modetic, ainsi que tout une gamme de vêtements, accessoires, linge de maison qui sont bios et équitables.

Nb : Merci à Francky pour la photo

Chope-Floor II : le gag

17 octobre 2008

Il y a quelques années j’étais persuadée que j’étais une sorte de victime d’un immense jeu de télé-réalité, que des spectateurs sadiques tiraient les ficelles pour me faire vivre des trucs stupides. Ce qui me consolait c’est qu’ils devaient bien se marrer quand même, entre mes morts téléphoniques, une plainte pour harcèlement sexuel, mes chutes diverses et variées, et les innombrables losers qui se battaient en duel au milieu.

Ma vie est un running gag permanent.

Je répète inlassablement les même trucs à la cons, que ce soit des situations relationnelles plus merdiques que compliquées, ou mon payage de plots compulsif en soirée. Enfin pour le payage de plot, cela me permet d’avoir une réduction du chauffeur de taxi. (private joke).

Hier un truc con est encore arrivé. Et cela m’a fait rire au moins une heure, on s’amuse comme on peut.

Suite à mon article sur le garçon rouleur de pelles de l’autre soir, une lectrice, blogueuse, détentrice d’un site qui parle de ces cons de mecs, a commenté qu’il se pourrait qu’elle le connaisse.

Une semaine plus tôt , de passage sur Paris, elle était allée dans ce même bar australien, tables en bois et gros relous. Elle aussi a rencontré un brun, grand, barbe de trois jours. Il a essayé de lui rouler une pelle, dans l’émotion, toujours.

Je vous le donne en mille, c’était le même.

Ce qui fait qu’avec le Rouleur de Pelles, qui est au courant du bazar, on a désormais une amie en commun sur Facebook. Olé.

Chope-floor

16 octobre 2008

Il se passe un truc bizarre dans ma vie. Je ne chope plus sur le dance-floor. Ce qui est dramatique, convenons en.

A une époque, je sortais en boîte avec mes copines, je dansais, je roulais des pelles. Je donnais mon numéro, j’oubliais de répondre le lendemain. Ou bien je prenais un numéro, il oubliait de me répondre le lendemain. Dans le meilleur des cas on n’oubliait pas de répondre, et on allait boire un verre. Puis on oubliait encore.

Aujourd’hui je ne chope même plus comme ça. J’avais fait des sourires à Garçon Correct lors d’un apéro. Je drague en discutant, fou. Celui qui ne promet rien était un lointain contact twitter/blog/plurk. Connard 1er provient de mon réseau amical.
Bref, plus de dance-floor, plus de numéro perdu. Plus de vagues souvenirs le lendemain. Plus de doute sur ce à quoi il ressemble en fait. Tristesse, on a torpillé le chope-floor.

Dans un sens tant mieux, car les rencontres sur le dance-floor sont encore plus stupides qu’Eve Angeli elle même.

Mais je vous ai menti, j’avoue, je ne chope presque plus en boîte.

Il y a peu, je vais dans un obscur et grand bar dansant, australien, table en bois et gros relous avec une copine. On boit notre bière, on se ballade, on se fait accrocher par des gros relous. Du classique.
Passe un brun, grand, barbe de trois jours, ma routine à moi. Je le regarde, il me regarde. Je vais lui parler. Dans l’émotion, il me roule une pelle.

C’est beau les rencontres de nos jours.

On continue de rouler des pelles une bonne partie de la soirée. J’ai le droit au classique, depuis que j’habite toute seule comme une grande : “Chez toi ou chez moi?”. Je réponds que je vis avec un gay, un chat, et que j’ai une copine tout le week end, et très certainement que je ne couche pas le premier soir non plus.

Soit. On roule des pelles. Soit.

Fin de soirée, je rentre, il me file son identité. Le lendemain je l’ajoute sur Facebook, il m’accepte. Il est In A Relationship.

Ah, délicieux concept de fidélité.

Je lui ai donc envoyé un joli poème qui disait entre autres que si ma démarche était vile, je n’en avais pas moins la rime facile,mais que, ceci dit, le statut n’ayant pas été dit, je ne m’en allais pas l’importuner, et que je me souviendrai de ses baisers.

Ce à quoi il m’a répondu, peu après : “Chère Marion, je ne suis pas dispo pour une union, mais en tant qu’amateur de poésie, j’apprécie”.

Ce qui est élégant, convenons en.

La Nouvelle Carte du tendre

14 octobre 2008

Au 17ème siècle, ils avaient la carte du tendre. Ils s’écrivaient des poèmes, des missives, passaient par le pays de la courtoisie, le respect, la tendresse, la sensibilité, ordre non contractuel.

En 2008, on a la carte du Web 2.0 relationnel. Le principe est simple, chaque étape de la relation virtuelle avec l’autre passe par une intrusion. Plus la complicité et l’envie de parler à l’autre progressent, plus on avance d’un degré dans l’intrusion.

J’en ai déjà parlé, mais c’est toujours éminemment présent, et comme j’utilise de nouveaux services, je veux mettre cela à jour.

Ajouter sur Facebook ce n’est pas intrusif, tout le monde le fait. Tout au plus il sera relégué sur les profils que je ne visite jamais.

Envoyer un message Facebook, c’est une intrusion minime, mais il faut quand même avoir quelque chose à dire, chatter sur Facebook est une entrée dans le quotidien. MSN est le summun de la conversation du quotidien. Le mail est pour les proches et les choses sérieuses.

Il y a également le micro blogging : modèle hybride entre lire le quotidien d’une personne en se taisant, ou bien en chattant pépère, en rebondissant sur ce qu’il dit, en se proposant des trucs, des soirées, des events divers.

Je rencontre un garçon au hasard, je ne prends plus son numéro, je prends son Facebook, c’est moins intrusif.

Peut être qu’avec un peu de chance on va s’envoyer des messages, ou bien chatter en direct sur le site. Peut être même qu’un jour on va s’ajouter à MSN, se dragouiller gentiment et finalement se voir, en vrai.

Je sympathise avec quelqu’un sur Twitter, il me le rend bien, on se trouve sur Facebook, et ainsi de suite.

Je tombe sous le charme d’articles écrits par un garçon, de ses commentaires acidulés, de sa présence numérique. C’est l’homme idéal virtuel, je lui dis, il me répond la même chose, que je suis sa femme idéale. Peut être qu’un jour on ira boire des bières, s’il passe par là.

Il y a quelques années, le flip de nos parents c’était qu’avec la TV on perde tout sens de l’écrit, qu’on finisse tous obèses à mater des séries stupides. Je suis peut être une puriste privilégiée, mais l’écrit n’est pas mort, bien au contraire.

Parce qu’avec la nouvelle carte du tendre, on passe toujours par les mêmes étape, courtoisie, respect, sensibilité, tendresse. Le romantisme n’est pas mort, lui non plus, il s’est dématérialisé.

L’homme idéal reste donc virtuel.

NB : Et je ne parle même pas des sites de rencontres, parce que je suis infoutue de m’en servir. Je vous expliquerai.

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