Les trois phases de la rupture

11 juin 2010

Il est commun de dire qu’une rupture c’est un peu comme un deuil : dépression, colère, acceptation. Je n’apprends rien à personne, c’est le genre de clichés que l’on retrouve chez Danielle Steel, Arlequin ou bien chez la vieille Cartland.

Comme ce blog devient de plus en pus pathignon, cartlandesque, dégoulinant et rose, alors que je suis plus du genre à n’aimer les trucs roses que s’ils sont longs et durs, pardon pour cette blague douteuse, je vais m’autoriser à parler de ce bon vieux clichés des trois phases de la rupture, et à distiller ce message d’espoir à toutes les filles qui sont au fond du gouffre après une rupture.

D’abord il y a la phase de dépression, ça y est, c’est fini, l’odieux personnage est sorti de ta vie. Le congélateur est rempli de glace, le chat à la bonne idée d’être compatissant et affectueux et ah, mon dieu, ce que la couette est douillette, et ce que le monde extérieur est affreux. Si vraiment tu n’as pas d’amour propre tu vas tout faire pour le récupérer, le harceler de messages, d’appels, de mails, débarquer chez lui nue sous un trench, pour retourner ensuite, brisée, peut être baisée, mais toujours aussi seule, à ta TV et ton chat. Dans ton for intérieur, tu sais, tu sais vraiment que plus rien ne sera comme avant, il t’a brisé le cœur, tu as eu tellement mal que tu en as envie de vomir, et que non, vraiment, tu ne peux pas continuer sans lui.

Mais tu te trompes, car tu vas petit à petit être de plus en plus furieuse contre ce con, qui a osé se moquer de toi, te prendre pour une conne, te faire croire des choses. Donc tu vas passer aux insultes, au pourrissage systématique de sa personne, les cas extrêmes de colère crèveront ses pneus ou bien appelleront sa femme, jusqu’au jour où tu décideras que te taper la moitié de la ville et de profiter de ton célibat, et donc de passer à autre chose est une bien meilleure thérapie.

C’est un truc que les garçons ont toujours du mal à comprendre d’ailleurs, en bon machos : il est très courant qu’après une relation longue, une fille enchaîne les plans culs sans lendemain pendant un moment, c’est sa façon à elle d’accepter la rupture et de passer à autre chose.

Puis au bout d’un moment, tu ne seras plus en colère, ni amoureuse, ni triste, ni rien, ta vie aura peut être changé, mais la reconstruction aura été faite, doucement, calmement, et tu seras capable de dire, le plus naturellement du monde : « Mon ex ? Petite bite ! »

Et puis tout ira bien.

Sex and the city 2

3 juin 2010

Comme beaucoup de blogueuses, j’ai été invitée à voir Sex and The City 2 par la chaîne Teva, les premiers à passer la série en France si ma mémoire est bonne. Bon, je serais allée le voir quand même, avec ma future carte de ciné illimitée que le Dernier Garçon m’incite à prendre pour qu’on aille au ciné tous les deux souvent, encore une étape dans l’embourgeoisement qui me guette, j’en ferai un article un jour d’ailleurs.

Tout ça pour vous dire qu’une fois n’est pas coutume, j’étais à ma place parmi plein de blogueuses girly, car mon blog qui parle de bite et moi, on est des grands fans de la série depuis la première saison, diffusée sur M6 en 2001.

De la série, j’insiste. Les garçons critiqueront et diront que c’est une série pour les meufs et que c’est nul, avec Carrie qui cherche le grand amour et porte plein de chaussures importables. Vous avez tout faux : je suis souvent en talons de 10 cm et c’est tout à fait confortable.

Surtout que la série ne parle pas que du grand amour de Carrie, qui n’est qu’une fieffée emmerdeuse, tout le monde le sait. La série parle surtout de bite et de que l’importance que cela a dans nos histoires affectives. Riez, riez mais c’est universel comme sujet, surtout qu’à l’époque, parler de sodomie et de fellation dans une série « grand public » ce n’était pas gagné, et cela a ouvert la voie a pas mal de séries aujourd’hui beaucoup plus trash. Toi, le garçon qui te délecte d’Hank Moody, des frasques de Christian Troy et des partouzes de True Blood, je ne sais pas si ces séries seraient les mêmes si Carrie et ses copines n’avaient pas mis leurs talons aiguilles et leurs histoires de bite sur le chemin.

Souvenez vous, Sex and the City c’était aussi les répliques assez cultes de Samantha :
« t’es peut être à genoux Chérie, mais au moins tu les tiens par les couilles ! »
« Je ne crois pas aux parti républicain ou au parti démocrate, je ne crois qu’aux parties génitales ».

Mais revenons à nos chaussures. Le film. J’étais allée voir le premier film au cinéma, avec Connard 1er, pour rire. Franchement, c’était chiant, Carrie pleure tout au long du film et il n’y en avait que pour les fans de chaussures et les sponsors du film. Le deuxième a comparer, est beaucoup plus drôle. Samantha est en forme, et même si les filles ont vieilli et que leur vie de femme en couple est beaucoup moins drôle que leur vie de célibataire débridée (ça me rappelle un blog…), les fans de la première heure trouveront plaisir à les retrouver.

Cela reste totalement en dessous de la série, soyons réaliste : pas de débat enflammé sur des pratiques sexuelles, ou sur des micro-pénis ou des semences au goût douteux, le film reste très consensuel. D’ailleurs la majorité du comique est de situation : le mariage gay, une Samantha survoltée aux hormones dans un pays du Moyen Orient très traditionaliste, mais hélas rien qui risque d’alimenter nos débats entre copines du vendredi soir. Mais dans l’ensemble, malgré quelques longueurs, c’est drôle et distrayant, et les fans de la série passeront un bon moment. N’y emmenez pas votre mec s’il n’a jamais vu ou bien déteste la série, ce serait un motif de rupture. Pour être déçue, il faudrait en attendre quelque chose, et sérieusement, qui est assez dinde pour attendre quelque chose d’une adaptation ciné à but commercial ?

L’amour geek : être Geekignon

31 mai 2010

Ma grand-mère me disait toujours : « Les hommes, c’est comme les melons, faut en tâter plusieurs pour trouver le bon ».

Moi, les melons, j’en ai tâté.

Des grands, des petits, des décérébrés, des bruns virils, des blonds sexys, des homos refoulés, des littéraires, des scientifiques, des banquiers, un enfoiré de mec marié.

Pourtant, malgré mon entourage et mon boulot fortement corrélé à Internet et ses merveilles (hem), je n’étais jamais sortie avec un geek. Je suis déjà sortie avec plein de chefs de projets web, c’était même une de mes devises, déjà citée ici : « je serais allée dans l’Himalaya rencontrer le yéti, il aurait été chef de projet web ». Mais de vrai geek, point. Jamais avec un qui fait du jeu de rôle, lit et regarde des mangas, peut me raconter toute l’histoire Marvel pendant Iron Man 2, tire son humour plus que douteux de 4chan, a longtemps eu « vendeur de jeux vidéos » comme job d’été et consécration d’entre les consécrations, est quoté sur Bashfr, deux fois.

Sachant que je suis moi-même un peu geek, beaucoup moins que le dernier Garçon, mais un peu quand même, on pratique l’amour geek.

Comme il fait une collection de consoles, il a deux DS, et il m’a dit et promis qu’il allait me prêter la sienne, et m’offrir Final Fantasy 6 qui est sorti dessus, je l’ai regardé avec de grands yeux mouillés. De même que ce weekend, dans le train qui nous ramenait de notre weekend en Bretagne, il m’a prêté sa DS et laissé jouer à Thème Park. J’en avais la larme à l’œil d’émotion. C’est sa façon à lui de me faire plaisir.

L’amour geek, c’est aussi quand il laisse son deuxième chargeur d’Iphone chez moi, avant même d’y laisser sa brosse à dents, ou encore, pour les nuits où l’on ne dort pas ensemble, c’est s’envoyer nos sleep cycles, de l’appli Iphone du même nom le matin en MMS. On peut aussi parler manga pendant trois heures d’affilée, au restaurant entre deux bougies et une bouteille de blanc. Notre version à nous du romantisme en somme.

On s’est tous les deux convertis à une espèce de jeu redoutable sur Iphone : WeRule, dans lequel on s’occupe d’un un petit royaume mignon, en installant des maisons, des tables, des cavernes de dragon et en y cultivant des légumes. C’est terrible, mais le matin, au réveil, il me regarde, il me sourit, on se dit un bonjour endormi, et on va récolter nos asperges. Après, on peut s’occuper de la sienne.

Ce weekend, il s’est d’ailleurs exclamé, totalement désespéré : « On peut plus planter de choux-fleurs ! ». Les choux-fleurs étant une sorte d’item magique qui permettait de récolter plein de points d’expérience d’un coup. Je lui ai proposé le mien, histoire de le réconforter.

C’est ma version à moi du «lâche ton ordi un peu, chéri ».

Edit : Après réflexion, j’ai eu une fulgurance, je crois qu’on est en plein Geekignon.

Savoir faire des concessions

27 mai 2010

Quand j’avais 16 ans je sortais avec un pompier volontaire. Blond. Notez que mes goûts ont changé depuis. J’ai déjà raconté cette époque faste sur ce blog, mais ce que j’ai oublié de dire c’est que dè que je commençais à lui parler d’un truc et que je devais faire plus de trois phrases, il avait subitement l’air ailleurs et l’œil vitreux. Il répondait par des « ah oui » « ah mais d’accord », « je comprends » histoire de montrer qu’il était encore présent.

Oui, il ne m’écoutait pas.

J’avais confessé ce trait de caractère à ma sœur à l’époque, et elle m’avait répondu « Mais c’est un défaut masculin, ils n’écoutent jamais ».

Ce qui n’avait pas été pour me rassurer.

Plusieurs années après, beaucoup de garçons ayant défilé depuis, bien malgré moi, j’ai revu ce cas de figure : le garçon moyen tend à écouter d’une oreille distraite nos ravissants bavardages, en faisant au mieux quelque chose d’autre, ou au pire en prenant un air coquin pour que l’on passe à autre chose de plus réjouissant.

Le dernier garçon, oui, même lui que je croyais pourtant débarrassé des défauts masculins de base, celui qui sait environ tout faire, du bricolage à la cuisine, sauf couper les franges, hélas, a ce défaut terrible : quand je me mets à parler un peu trop, il est soudainement distrait par autre chose : mes seins, son Iphone, mes seins, une vidéo qu’on lui a envoyée par mail, mes seins.

Ce qui me fait dire « Non mais tu m’écoutes ? », telle une fille de base, une fille normale, une fille chiante. Ce qui m’est vraiment dramatique.

Convenons en, mes seins sont très certainement plus attractifs que ma conversation, mais comme je ne suis qu’une féministe aigrie, je refuse à ce qu’il ne m’écoute pas pour une paire de nichons, même si c’est la mienne.

Je vais donc me coller des enceintes sur les seins et je parlerai dans un micro.

Etre en couple, c’est aussi et surtout savoir faire des concessions.

NB : Pour ceux qui suivent, dans la saison 3 de The Big Bang Theory, Raj arbore fièrement des enceintes sur sa poitrine, il s’en sert de soundbox mais je pense qu’on peut en détourner l’usage assez facilement, je pense à déposer un brevet

La malédiction des cartes bleues

19 mai 2010

Je n’ai jamais été très douée avec l’administratif, entre les papiers perdus, les papiers non rendus et tout ce que je procrastine de faire, je me désespère moi-même.
J’atteins le sommet de mon art avec la banque, et plus précisément avec ce moyen de paiement incontournable qu’est la carte bleue.

En Novembre 2008, je me fais voler mon sac, et avec cela ma carte bleue de l’époque. Je fais opposition, j’en commande une nouvelle, qui n’arrive pas. Je les appelle : « Ah mais elle allait bientôt expirer, donc la nouvelle était déjà commandée, donc elle vous a été envoyée ». Chez mes parents donc, à Lyon. Humph.

En juillet 2009, je retrouve cette carte bleue toute neuve en deux morceaux dans mon sac. Cette fois, je me décide enfin à ouvrir un compte à Paris, car ayant une banque régionale, les procédures étaient juste un enfer sur terre. Je connaissais même par cœur le nom des procédures spéciales que je devais demander pour retirer du liquide à Paris sur un compte basé à Lyon, à force on en devient plus efficace que le mec au guichet. Août 2009, me voici propriétaire d’une carte toute neuve, avec un compte domicilié à Paris.

Cette euphorie n’allait pas durer.

Un soir, j’étais chez moi avec le Dernier Garçon, mon chat me signale qu’il faut que je change sa litière. J’expédie le monsieur en courses acheter du vin, car changer la litière du chat, c’est un peu comme s’épiler ou se faire un masque pour le visage c’est un truc qu’on aime bien faire toute seule. Il part donc, comme un seul homme, avec pour mission de ramener du vin et des jus de fruits pour le matin. Dans ma grande mansuétude, je lui ai filé ma CB avec un code qui n’était autre que l’ancien digicode de l’immeuble.

A ma décharge ils se ressemblaient beaucoup. Ce qui devait arriver arriva, il a fait deux fois le digicode au Franprix, en vain. Il m’a appelée, je lui ai donné ce que je croyais être le bon code. En vrai, j’ai inversé les chiffres. Trois code faux, carte bleue bloquée. Hourrah.

Le pire c’est qu’on pourrait me dire que je devrais en profiter pour me faire entretenir. Mais la malédiction le frappe d’une manière encore plus terrible que moi.
Novembre 2009 : sa carte bleue se fait avaler sans raison par un distributeur mesquin. Elle sera renvoyée sans sommation chez ses parents, en province. Il en aura une nouvelle un mois plus tard.
Avril 2010 : sa carte bleue toute neuve se démagnétise comme une grande et sans prévenir. Il en commande une nouvelle. Nous sommes le 19 mai, il l’attend toujours.

Parfois, je me dis que les bas de laine étaient une solution pratique pour ranger ses sous.

Micro-typologie des mots d’amour

17 mai 2010

Il y a des mots que l’on prononce qui ont une sorte de vocation à se réaliser. Les dire c’est annoncer une action prochaine, imminente, un truc qui va se produire, ce sont donc les plus durs (CTB) à prononcer.

Prenez le « Je t’aime » par exemple, c’est toujours une forme d’engagement envers l’autre, même si ces quelques mots peuvent impliquer une multitude de contextes et de réalisations différentes. Même si des goujats les prononcent pour coucher, on peut estimer que dans une majeure partie de la population, ces mots ont encore un sens.

En général, c’est au garçon de le dire en premier, car c’est après tout lui qui a des problèmes d’engagement, je ne suis pas forcément d’accord avec cette affirmation, connaissant des filles avec des problèmes d’engagement, mais ce cas de figure existe, j’ai des copines qui l’ont expérimenté, ce connard de mec qui veut pas s’engager et surtout chérie ne lâche pas ton appart même si tu es chez moi 8 jours sur 7. Quand ce garçon dit enfin « je t’aime » alors que sa copine n’attend que ça depuis quelques mois, cela veut dire qu’il est prêt à assumer cette relation pour de vrai. Il a encore l’angoisse qui lui monte au nez quand elle ouvre un catalogue Ikea, mais doucement, il admet qu’il veut bien faire quelque chose avec cette demoiselle et il fait donc taire cette veine qui palpite sur son front. Brave garçon.

Il y a le « Je t’aime » qui nous a échappé, au bout de quelques jours, à peine, il marque le glas d’une histoire passionnelle, fusionnelle, et annonce pour sa part autant d’emmerdes que de joies. Celui là passera. Si, si.

Il y a celui qui apparaît tout seul au bout d’un certain temps, tout ça parce qu’il vous aura beaucoup manqué, et que le moment était propice, que vous étiez bien, qu’il avait un joli sourire et encore sauvé le chat d’une mort certaine sur les toits de l’immeuble. Il marque un peu le fait que là, cela commence à tenir la route cette histoire.

Il y a 8 mois, je n’avais rien vu de tout cela, les plans cul et autres bidouilles me suffisaient, depuis j’en ai vécu deux sur les trois, on peut dire que j’ai rattrapé mon retard. Je suis telle Moundir, une aventurière de l’amour.

La phase des présentations

10 mai 2010

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, je sors avec un garçon, et cela fait exactement deux mois et demi. Ce qui veut dire, que je sors avec ce garçon (j’insiste) depuis plus longtemps que tous les autres. Connard de mec marié précédent excepté.

Ce qui veut encore dire, que l’on a passé le stade où l’on se faisait des petits rencarts clandestins dans des bars à cocktails, on est entré dans le stade des présentations. Si l’on regarde bien, dans un début de relation, il y a plusieurs phases :

La première c’est quand on est que tous les deux, on se voit doucement au début, le jeudi par exemple, puis on décide de se voir le samedi, le dimanche se fait chacun de son côté, bien souvent suspendu au téléphone pour débriefer auprès des groupes d’amis. Si ça s’est bien passé, on va décider de se revoir, et ainsi de suite, en espaçant de moins en moins les rendez-vous. C’est la phase où l’on s’apprivoise, celle où l’on regarde si son caractère colle avec le notre, avec notre environnement, nos manies diverses, ou bien s’il ronfle : le dernier garçon ronfle, mais je m’y suis curieusement bien habituée, sans doute qu’avoir un chat qui passe des nuits à mâchouiller des sacs plastiques aide à avoir le sommeil profond.

Puis, plus ou moins rapidement, on va sortir de cette exclusivité pour se présenter nos vies. Dans la première phase, on s’est déjà présenté nos organes génitaux, donc on passe désormais à des choses plus terre à terre.

En bons geeks, on a commencé par se présenter nos séries TV préférées : je lui ai présenté Better off Ted, il m’a initiée à the IT Crowd. On a déjà The Big Bang Theory et How I Met Your Mother en commun, c’est une grande chance. Par contre nous ne sommes pas encore d’accord sur quelle version de Final Fantasy il faut préférer, la 6 ou la 7? Pour moi c’est la 6, pour lui la 7. On ne peut pas être d’accord sur tout.

Puis, on passe à des choses qui ont beaucoup plus de conséquences : l’entourage. Je l’ai amené à une soirée, il y a rencontré mes fous-cinglés-alcooliques de potes, lui m’a présenté son frère peu après, et je flippais comme une collégienne. Le frère ne m’a pas jeté de cailloux, ni tomates et encore moins sa bière au visage. Il est bien éduqué. Pourtant, j’ai l’impression que le pire reste à venir car plus le Dernier Garçon me parle de sa mère, plus j’ai l’impression que je vais devoir me munir d’une épée, d’un cheval et d’une armure pour aller affronter un dragon.

Retour sur un passage au Grand Journal

5 mai 2010

Je fais cet article pour répondre un peu aux (nombreuses) questions reçues depuis hier.

Ce blog est depuis le début un nid à situations étranges. On en a atteint le paroxysme, le jour où j’ai reçu un commentaire d’un certain Jean-Claude Kaufmann qui me demandait mon email pour m’envoyer son dernier bouquin qui parle d’Amour et de Web.

J’ai d’abord cru à une blague : pour mes lecteurs qui n’ont jamais fait de sociologie de leur vie, ce monsieur est sociologue. Même que quand je trainais encore mes baskets dans des amphithéâtres (et surtout en soirées étudiantes, faut pas déconner), j’avais même étudié un de ses bouquins. Imaginez donc, c’est un peu comme un groupe de danse amateur qui se ferait citer par Mya Frye dans une de ses vidéos. (Jean-Claude, pardonnez moi pour la comparaison)

J’ai donc googlé l’adresse mail qu’il avait laissée dans les commentaires. Ô stupeur, ô stupéfaction c’était bien lui. J’ai donc envoyé un mail et quelques semaines plus tard je trouvais le bouquin en question dans ma boite aux lettres (enfoncé sauvagement par ma classique gardienne agressive). Je l’ai lu, et j’ai fait des « hiiiiiii », et des « hhhhhhhiiiiiiiiii » quand j’ai vu que certaines de mes histoires y étaient racontées et qu’un de mes concepts relationnels à la mord-moi-le-nœud était longuement expliqué, avec des mots beaucoup plus intelligents que les miens en plus.

Puis une semaine plus tard, un mail qui me demande si je veux bien l’accompagner au Grand Journal pour la promo du livre. Là, ma timidité habituelle a fait « Gniiiiiii », mais après je me suis dis que ça pourrait être drôle, de parler de bite sur Canal.

Comment c’était le Grand Journal alors ?

Au début, jusqu’à ce que le taxi vienne me chercher, je n’y croyais absolument pas, j’étais trop empêtrée dans les malwares qui ont attaqué le blog depuis samedi pour y penser. Je stressais quand même, hein, mais sans y croire. Puis une fois sur place, dans une loge en attendant de passer au maquillage, je me suis dis « et merde ».

Je tremblais comme une feuille car c’était juste impressionnant. Ou alors je suis trop émotive, sans doute. Je vous passe l’effroi qui s’est emparé de moi quand on m’a dit que j’allais devoir descendre 4 marches pour arriver sur le plateau. Filmée et tout. Sans déconner, c’est un truc à se casser la gueule et à finir au zapping. Ou pire, à casser un talon, l’angoisse.

On m’a pas mal posé la question du temps de parole : d’abord, on n’est pas des politiques, alors le temps de parole on s’en branle, moi je suis juste citée dans le livre, j’y étais à ce titre. Cela n’a pas été précisé dans l’émission mais ça change tout.

L’angle choisit par l’émission était forcément réducteur : les rencontres sur Internet.

Précisons déjà que le sujet du livre n’est pas les rencontres sur Internet, mais comment Internet change notre rapport au sexe et à l’amour. C’est une technologie facilitatrice à mon sens, on peut communiquer plus facilement et plus rapidement que jamais, et l’anonymat qu’on peut avoir parfois rend les choses beaucoup plus faciles. Non parce que l’amour moderne admet plein de déclinaisons : du oneshot, au plan cul, au PCRA (Plan cul régulier affectif), en passant par le plan câlin, tout en attendant quelqu’un qui nous bouleverse et avec qui ça collera, celui ou celle avec qui on voudra faire un truc.

Pour les nouveaux lecteurs, je n’accepte aucune proposition de partouzes et autres plans glauques, de même qu’en ce moment je suis en couple, donc cherchez pas, je dirai non. Pour ceux qui veulent passer par là et lire un peu, allez-y c’est ouvert. Je le maintiens, c’est un blog de bite, pas de sexe, je ne raconte pas mes parties de jambes en l’air par le menu, ici, on parle de ce qui se passe avant, et de ce qui se passe après. On parle de connards, de garçons, de filles, de couple, mais surtout d’amour, dans le fond. Vous pouvez commenter, soyez courtois, polis, distingués, mais surtout efforcez vous d’être drôles, c’est le concept.

Le bouquin est chouette, je l’ai lu, dedans on retrouve plein de blogueurs habitués ou non des lieux, il raconte très joliment toutes nos histoires, et c’est dommage que l’émission soit restée si limitée. Du côté des podcasts de France Inter, ils en parlent aussi, et c’est beaucoup plus intéressant.

Pour le reste : les divers haterz qui n’ont que ça à foutre que de critiquer ceci ou cela, sans déconner : get a life.

Comment ruiner un petit déjeuner en un bond

27 avril 2010

Je ne suis qu’une emmerdeuse : quand il a débarqué l’autre soir en disant « J’ai pris de quoi te préparer un petit dej demain : du pain, du Nutella, du jus de fruit, mais il y avait plus de cookies CSP +, je suis désolé », je me suis dit que je n’allais pas le laisser faire. C’était franchement héroïque de sa part, d’ailleurs, dans cet appartement, on ne trouve que des trucs pour survivre à la gueule de bois : de l’eau, du thé et le numéro de Planet-Sushi. Enfin, ce n’est pas encore dit que cela soit des méthodes de survie efficaces, mais on essaie, on essaie.

Dans la nuit, alors que l’on dormait paisiblement, j’ai décidé de prendre la tangente, de fuir, de me barrer de là en vitesse avant que ça ne dégénère.

J’ai sauté par la fenêtre de la cuisine et je suis tombée un étage plus bas, sur le toit du 7ème dont je ne pouvais pas m’échapper. J’ai commencé à me dire que j’avais eu une mauvaise idée.

Vers 7h40, la fenêtre quasi attenante au toit sur lequel j’avais échoué s’est ouverte et on m’appelait. Evidement, j’ai le vertige et comme en bas de la fenêtre il y avait sept étages de vide, j’ai refusé de sauter. Il a tenté de m’attraper par le cou pour me faire rentrer, mais non, je ne suis pas assez grosse, j’ai pas assez de peau pour que l’on m’attrape par là. Finalement le voisin est sorti et a prêté une caisse.

Il lui aura fallu 45 minutes de supplications pour que je daigne y grimper et qu’il me soulève délicatement pour pas que j’ai peur. J’ai atterri dans les bras de ma maîtresse qui m’a dit que j’étais qu’un emmerdeur de chat.

En tout cas, je leur ai ruiné leur petit dej et ça a fait ma journée.

Le garçon aux mille imprévus

14 avril 2010

Je vais encore vous assommer de lieux communs, mais un des charmes tout particulier à sortir avec quelqu’un plus d’une nuit c’est de découvrir certaines caractéristiques qui lui sont propres au fil du temps. Parfois c’est chouette, on découvre qu’en plus d’avoir une grosse bite il cuisine bien, et parfois non, car on tombe sur des traits de caractères qui nous plongent dans la plus profonde perplexité : il habite encore chez sa mère à 35 ans (Moundir, si tu me lis), il a un python de compagnie, un tee-shirt Kaporal, il est colérique, jaloux, macho ou bien tout simplement super con et vous n’aviez rien remarqué.

Le dernier garçon n’échappe pas à la règle, et j’ai très vite découvert un trait de sa personne que je n’avais jamais rencontré chez personne au cours de ma modeste carrière, du moins pas à ce point.

Sa vie est une somme d’imprévus. Riez, riez, dites moi qu’au moins comme ça je ne m’ennuie pas. Mais sachez le, pour un tyran dans mon genre, une fasciste des choses qui se déroulent comme on les prévoit, cela tend à me dérouter.

Je peux être sûre que s’il l’on prévoit de passer le weekend ensemble, je disposerai de plein de temps pour moi malgré tout car des évènements vont venir se rajouter et faire qu’il va devoir aller s’en occuper et me laisser vaquer aux occupations que je n’ai pas. La dernière fois c’était un souci de famille. Je suis prête à parier que la prochaine fois, ce sera une rage de dent qui le contraindra à disparaître de la circulation. D’ailleurs, si vous le connaissez, ne partez jamais en voyage avec lui : retards au décollage et loupé de correspondance garantis.

Un autre soir, on devait se retrouver après nos restos respectifs. A partir de 20h, j’appelle, j’appelle, je SMSe je deviens une fille, pas de réponse, et je tombe directement sur son répondeur. 23h, je suis chez moi, passablement grognon je me couche, je m’endors. 23h40, cela tape à ma porte : « Désolé j’étais dans un endroit sans réseau ».

De même que je ne compte plus les fois ou la batterie de son Iphone a fait des siennes, me laissant dans l’expectative, tant et si bien que je compte lui offrir un mini-générateur de poche. Ni même les fois, le monsieur ne travaillant pas à des heures de bureau, sa journée change d’une heure à l’autre et où se rejoindre à une heure fixe est de l’ordre de l’impossible.

Le pire c’est que c’est contagieux : on a tenté le ciné une fois, l’Arnacoeur, pour faire comme tout le monde, et comme la séance était blindée, on s’est retrouvés chacun à un bout de la salle entourés de parfaits inconnus. Cela dit, tant mieux, j’ai pu pleurer comme une dinde à la fin du film, et baver le reste du temps devant Romain Duris sans que le garçon à côté de moi ne s’offusque.

Je prends les choses avec philosophie, je pourrais m’énerver, mais à chaque fois que je râle, il conclut par un sourire désarmant de bonne foi et un « je suis désolé » des plus sincères. Je crois que je suis bonne pâte.

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