My heroe

On se rendait tranquillement à un apéro en métro, comme un samedi soir normal. Lors d’une correspondance, sur le quai d’en face, il y avait un homme déguisé en femme, chauve avec une barbichette et des vêtements féminin. A côté de nous, deux filles se moquaient de lui, l’interpellaient, l’appelaient « choupette ». Il ne les connaissait pas, elles ne le connaissaient pas, c’était parfaitement gratuit. Plus elles l’invectivaient, plus la personne en face était gênée et plus elles rigolaient car elle la mettaient mal à l’aise. Avec le Dernier Garçon, on a regardé ce désolant spectacle complètement effarés, puis lui s’est levé, s’est posté tout près derrière elles pour leur dire :

« Excusez-moi mesdemoiselles, on vous a jamais appris le respect? »

Elles ont sursauté, tellement perdues dans leur sordide activité qu’elles ne s’attendaient visiblement pas à ce que quelqu’un viennent les déranger, et sont parties rire en silence dans un coin du quai. C’était déjà ça.

Après ce fameux apéro, on rentre un peu plus éméchés qu’à l’arrivée, et on rate notre correspondance. On descend juste après, il n’y a évidement que très peu de métro et nos chances de rattraper une correspondance sont très faibles. Avec tergiversations, on se retrouve à marcher jusqu’au bus de nuit le plus proche. En chemin on passe devant un quartier plein de lieux de perditions pour noctambules en goguette. Sur un trottoir, une personne allongée, des gens autour, on se rapproche, un mec visiblement inconscient et surtout ivre-mort. Le Dernier Garçon retrouve alors ses réflexes de stagiaire aux urgences de pendant ses années de médecine, lui parle, note qu’il n’est pas inconscient, pas en plein coma, juste très très fatigué, qu’il a visiblement trop bu, et qu’il n’a pas la moindre idée d’où sont ses potes. Sympa les potes. Les gens à côté de nous appellent les pompiers au cas où.

Ce soir là, j’ai dit au Dernier Garçon qu’il était mon héros.

Cela me rappelle aussi la fois où dans un parc, on était passés à côté de deux gamins qui jetaient des pierres sur un canard qui n’avait rien demandé. Il leur avait dit « Vous aimeriez qu’on vous fasse pareil? » Et les gamins avaient couru rejoindre leurs parents, visiblement insensibles au sort des canards innocents.

Je l’ai donc appelé mon héros, ce qui est sans doute une des choses les plus pathignonnes de la terre, juste avant venant le fait d’en faire un article. Mais c’est juste que ce monde est pourri, qu’être un con cynique et mesquin est une valeur qui a autrement plus de succès que d’être juste gentil – sauf auprès de mes parents, qui me réclament à corps et à cris des petits enfants, des fois que cela serait génétique – que finalement, s’il y avait plus de gens pour prendre soin des hommes habillés en femme dont on se moque dans le métro, des mecs inconscients dans la rue et des canards, je pense que ce monde irait sans doute un peu mieux.

Au tribunal des Prud’hommes des histoires de coeur (2)

Souvenez vous, il y a quelque temps, je faisais une incursion imaginaire mais mémorable au tribunal des Prud’ Hommes des affaires de cœur.

Cette institution nouvellement créée afin d’aider le peuple à arbitrer ses relations amoureuses dispose d’un petit budget malgré l’importance de sa mission. Mes jurys sont bénévoles, les plaintes déposées y augmentent chaque jour – gageons que les criminels du cœur sont légion – alors voyant mon intérêt pour le sujet, j’y notais frénétiquement tout ce qu’il se passait, le juge de l’affaire à laquelle j’avais assisté m’a proposé de devenir jurée à peine sorti de la salle d’audience. Cela ne paierait pas mon loyer, mais le tribunal avait grand besoin de personnes sensibilisées au sujet : en ce moment, les jurés étant exclusivement des femmes bafouées, trompées, cocues et abandonnées, elles tendaient à une certaine intransigeance avec les hommes. Le tribunal peinait à recruter, beaucoup de volontaires étaient beaucoup trop blessées pour être des jurées impartiales, mais en même temps, il devait bien fonctionner, d’une façon ou d’une autre.

J’ai alors expliqué au juge que je ne serais pas injuste, mais que tout salaud, masculin ou féminin, méritait un lourd châtiment.

« Mademoiselle, vous savez que la semaine dernière, j’ai vu un jury se révolter pour une histoire de SMS perdu dans la nature qui a entraîné un lapin involontaire ? Que le malheureux que l’on avait sur le banc des accusés à bien failli être condamné aux mines de sel ? Sans mon intervention pour calmer l’une des jurées, qui avait visiblement subi beaucoup trop de lapins dans sa vie pour rester objective, il en aurait pris pour 6 mois !

– Mais ? Qu’est-il arrivé à ce malheureux ?
– Tenez vous bien, il a été condamné à payer un envoi de SMS massifs à toutes les femmes de notre registre – environ 10 000 numéros – qui se sont déclarées comme victime d’un enfoiré même pas foutu d’envoyer un SMS, dans lequel il allait devoir s’excuser au nom de tous les hommes qui ont fait ça, comptez 15 cts le SMS et rajoutez 10 % de frais techniques, et ce brave homme a du payer l’équivalent de deux ans de forfait téléphonique.
– Mais il aurait pu envoyer un mail pour prévenir non ?
– Ah, je vois que vous me citez la règle du Code des relations amoureuses qui stipule qu’en cas d’annulation de rendez-vous, si la personne ne répond pas, l’annuleur doit tenter d’autres moyens de joindre l’annulée ? Mais, ce monsieur a tenté un email, mais l’annulée n’est joignable que par téléphone. A qui la faute alors ? Le code ne le prévoit pas, c’est pour ça que je suis intervenu en sa faveur.
– Enfin, monsieur le juge, il faisait quoi dans la vie ce monsieur, il était à la misère ?
– Non, non, il gagnait plutôt bien sa vie.
– Donc quelques 1500 euros et des brouettes d’amende, pour faire plaisir à des milliers de femmes, ce n’était pas le bout du monde non plus. Mais dites-moi, qu’est-il advenu de leur relation après cette affaire ?
– Ah bah, la plaignante l’ayant vu tellement affecté de se faire trainer en justice pour un SMS égaré par son opérateur téléphonique, que le rendez-vous annulé a eu lieu juste après que j’aie rendu mon verdict, depuis, ils roucoulent comme des pigeons bien nourris.
– Mais c’est merveilleux ! »

C’est alors qu’il me donna un dossier d’une vingtaine de pages, à lire pour demain matin 8 heures. Ma première affaire en tant que juré allait se dérouler.

« Je vous préviens, cela va être coton ».

J’avais hâte.

A suivre.

Le temps des mariages

Tout juste sorti d’une douce vie étudiante quasi insouciante, vous avez commencé à travailler, fait des rencontres, rompu, couché, vécu, éventuellement trouvé quelqu’un, bref vous avez mené un début de vie d’adulte somme toute assez normal, et cela vous convenait très bien.

Puis un jour, elle est arrivée, sans crier gare, la première d’une longue série : l’invitation à un mariage. Cela devait bien arriver un jour. Des amis du mec qui partage un appartement avec vous, qu’il vous a présentés il y a encore très peu de temps pour des raisons de contraintes géographiques.

Je ne sous-estime pas l’incroyable travail de logistique et de planification que c’est pour les mariés, d’ailleurs mes respects éternels, organiser mon propre anniversaire me met dans un état de stress permanent un mois avant. Mais je tiens quand même à souligner l’énorme problème que c’est pour les convives aussi. On se répand partout sur le côté festif, sympa, joyeux, sur les mamans qui pleurent de bonheur pour leur progéniture, le plus beau jour de sa vie, et tout le tralala, mais d’angoisses devant tout ce barnum et cet inconnu à gérer, point.

D’une manière générale, ces festivités se déroulent dans un lieu reculé, éloigné des gares et autres métros, dont le nom se termine par un nom de rivière totalement inconnu pour vous. Le premier problème qui se pose, c’est d’y aller et d’en revenir sain et sauf, sans avoir eu à marcher des heures sur une route de campagne en tenue de soirée. Je rappelle ici que je suis un boulet de la route, que je n’ai pas de voiture et encore moins le permis, tout simplement car je n’ai jamais été fichue de le passer, ou même de comprendre un strict mot au bouquin de code de la route. A ma droite, se situe un charmant garçon, dans le même cas que moi, dont je pense qu’il aura certainement le permis bateau avant le permis voiture, c’est dire. Nous voilà donc comme deux boulets, à devoir embêter des gens pour monter en voiture avec eux, à être une charge, des boulets à transporter, un peu comme des valises encombrantes. Il faut donc trouver un hôtel, se mettre d’accord avec les valeureux sauveurs dotés du permis de conduire pour pas être trop loin d’eux non plus, sans pour autant y passer son budget courses du mois.

Sauf quand c’est notre propre mariage – et encore – on ne connaît pas la moitié des gens, et à un mariage, des gens il y en a beaucoup, des tontons, des tatas, des cousins, des amis de facs, des petits-enfants, des collègues, et tout un tas de gens qui n’avaient jamais vocation à se rencontrer en dehors de la dite festivité. Le ton est donc, en dehors des habituels compliments sur la mariée, le buffet ou le DJ, à ce que l’on nomme « le small talk », ou cette capacité formidable qu’ont les gens à parler de pas grand chose tout en se faisant la conversation de manière soutenue. Autant vous dire tout de suite que me propre famille a dédié des conversations entières à me décrire comme une sale sauvage pas sympa, simplement car je suis dépourvue de toute habilité à faire la conversation. Pour tout vous dire, je ne serais même pas capable de parler de la robe de la mariée, tout juste de faire « ah », quand on me dira « oh comme elle est belle ». Croyez-moi, c’est un vrai handicap social trop méconnu. A cela s’ajoute un visage pas souriant, qui fait que depuis la nuit des temps on m’accuse de faire la gueule tout le temps, ce qui me faisait répondre inlassablement « il y a une différence entre faire la gueule et avoir une expression neutre. ». Au bout d’un moment, je finis par être agacée vous comprenez. Moi, j’ai les commissures qui vont vers le bas, ce qui est pratique pour ne pas attirer le relou dans la rue, mais moins lors d’événements sociaux où l’amabilité et la volubilité sont de mise. Je pense donc commencer à boire très tôt, très vite, et beaucoup, je préfère que l’on se souvienne de moi comme de « la fille pétée dès le vin d’honneur » plutôt que comme « la pimbêche qui fait la gueule ». Le tout va être de boire suffisamment pour être bêtement souriante, que tout le monde accuse les deux verres de kir que je viens de siroter sans se rendre compte qu’en fait je tiens l’alcool au moins aussi bien que le tonton alcoolo qui vide le Jack Daniel’s dans le coin là bas. Ce serait inconvenant.

Puis, il y a le problème majeur : la tenue. Les garçons, vous ne savez pas votre chance, les costumes sont passe-partout. Nous, pauvres filles, on a un choix considérable de vêtements à disposition, et autant de risques de se planter en beauté. Moi, les robes mi-longues ne me vont pas, je n’aime pas les trucs vaporeux ou avec des voiles, ni les couleurs « poudrées », pastel et autres choses très girly-mignonnes qu’on trouve adorables, c’est-à-dire que je trouve à titre personnel ce genre de robes chiant comme la pluie et que j’ai vaguement l’impression d’être déguisée dedans. Autant vous dire que me trouver une robe pour un mariage qui soit pas totalement inappropriée et qui me plaise un tant soit peu relève du parcours du combattant. J’ai plein de robes dans mon armoire, mais des noires, des grises, des courtes, une rouge, quelques moulante pour les soirées, des en coton, des basique pour la journée, bref rien qui ne corresponde avec le contexte. En plus il faut prendre en compte la tonalité générale du mariage, histoire de pas être totalement à côté si c’est un mariage en grandes pompes avec des chapeaux sur la tête de tous les invités. J’aurais l’air malin avec ma casquette en cuir. (Non je plaisante). Cela dit, cela pourrait être une belle performance : que l’on se souvienne de moi comme « la pétasse en mini robe pétée dès le vin d’honneur ».

Ces problèmes logistiques tendant un peu à m’obséder, surtout la robe, j’avoue, et le temps des mariages n’allant pas en s’améliorant, vu que je verrai un jour prochain mes amis les plus proches m’envoyer un petit faire-part, et là ma tâche sera plus grande, entre les organisations d’enterrement de vie de jeune fille, de garçon, autres danses sur Dam-Dam-Déo, discours durant la soirée, toutes ces foutues robes à choisir, à adapter à la situation, ces craintes de la faute de goût ou pire d’avoir la même que trois filles durant la soirée, et familles méconnues à qui sourire, je n’aurais qu’une chose à dire : Arrêtez tout, je veux descendre (ou allez vous marier à Las Vegas).

A nos exs manqués

Hé, hé , hé , hé , hé , hé, hé , hé, hé, hé, hé, hé, hé…
A tous mes loupés, mes ratés, mes vrais soleils
Tous les chemins qui me sont passés à côté
A tous mes bateaux manqués, mes mauvais sommeils
A tous ceux que je n’ai pas été

Vous m’excuserez pour cette introduction musicale qui n’a pour d’autre but que de vous mettre une chanson dans la tête.

J’ai beau dormir comme une marmotte la plupart du temps, il y a certains soirs où je peine à m’endormir. Alors que d’autres comptent les moutons, moi je compte les exs, si si, essayez c’est beaucoup plus drôle. Donc un de ces fameux soirs, je me demandais comment je réagirais si je devais par malheur tomber sur un ex dans le métro. C’est ainsi que j’en suis arrivée à la conclusion que j’avais 3 types d’exs, je ne mets pas là dedans ceux avec qui suis devenue pote, car par définition, ce ne sont plus des exs. Sachant que l’on peut définir un ex par « une personne avec laquelle on a eu une relation de nature amoureuse ou sexuelle, et avec qui les liens ont été rompus aussitôt l’histoire terminée. Si les liens ne sont pas rompus et que les relations restent ambiguës, on est toujours face à un ex ».

La première catégorie est celle de ceux à qui ont dit « Hey qu’est ce que tu deviens ? » sans vraiment s’intéresser à la réponse, car il faut bien rester polis, on entame une discussion conviviale, on fait des oh et des ah quand il nous apprend qu’il a totalement changé, qu’il n’est plus le gamin affreux de jadis et que désormais il enseigne dans une école privée très stricte. C’est l’ex que l’on croise dans le métro par hasard, avec qui l’on échange trois mots, et finalement on descend deux arrêts plus tard, bien content que cela ne s’éternise pas. C’est l’ex dont on se fout, celui qu’on a oublié très vite, une fois qu’il n’était plus dans notre vie (soit le lendemain).

La deuxième catégorie est celle que l’on n’assume pas. Celui que l’on voit au loin dans le métro, on se planque derrière ce que l’on peut en attendant qu’il passe, ou alors on prie très fort que d’avoir vieilli, maigri, coupé ses cheveux, laissé pousser sa frange suffira à ce qu’il ne nous reconnaisse pas. Lui on se demande quelle espèce d’idée saugrenue nous est passée par la tête quand on est sortie avec lui, car avec son appartement aux murs saumons, sa jalousie maladive et sa calvitie mal placée, désormais, on a honte.

Puis il y a la 3ème catégorie, celle contre qui, bien que beaucoup de liquides aient coulé, sous beaucoup de ponts et dans beaucoup de verres, à qui, quoi qu’il arrive on en voudra toujours, toujours, car il y a certaines choses qui ne se pardonnent jamais totalement. Si on croise cet ex là, on aura malgré tout un soulèvement au cœur à le voir apparaître dans un couloir de métro (vous voyez de quoi je parle hein ? ) et le regret éternel de ne pas être habillée comme une Wonder Woman et au top de son avantage, talons et rouge à lèvre sexy inclus. Histoire de bon, hein, lui montrer que tout va très bien, monsieur le marquis. Cela marche avec le salaud qui nous a brisé le cœur, abandonnée comme une vieille chaussette, oubliée à dessein sur un parking d’autoroute en pleine nuit, mais curieusement aussi sur le mec du collège qui nous a embêté jadis et à qui l’on veut montrer notre flamboyante (bien que parfaitement subjective) réussite.

La bonne nouvelle c’est que je n’ai pas de 4ème catégorie d’ex, le relou qui revient à la charge, qui se dit qu’il a encore une chance, une ouverture, ou tout simplement rien de mieux à faire ce samedi soir, et je ne m’en plains pas.

L’adultère

C’était un jour de gueule de bois, le Dernier Garçon bossait (oui il bosse l’été comme beaucoup d’étudiants), il devait rentrer à 15h. Je m’étais réveillée en même temps que lui, pour amener le chat voir le véto pour ses nombreux soucis de comportement. Puis une fois rentrée, je m’étais fait un petit-déjeuner, et j’ai commencé à m’ennuyer un peu.

Un jour de gueule de bois, il n’y a pas mille choses à faire. J’ai donc allumé l’ordinateur et lancé une connexion à Internet, cherché sur mes sites favoris, papoté un peu avec des copines à ce propos. Peu de temps après, j’avais trouvé ce dont j’avais besoin à ce moment-là.

J’étais bien, c’était bien, pendant plusieurs heures d’affilées. Je n’ai pas vu le temps passer, c’était prenant, c’était différent de tout ce dont j’ai l’habitude, c’était beau, c’était sexuel parfois, souvent très violent, et surtout vraiment génial.

Un peu après 15 heures, alors que j’avais totalement perdu le fil du temps dans cette folle féerie, il est rentré. J’ai sursauté, et tenté de cacher les preuves tant bien que mal, encore à demi nue sous la couette, il a tout de suite remarqué que quelque chose de louche se tramait, a fouillé un peu, s’est rapproché du lit

« Marion comment tu as pu me faire ça ?!
– Bah… Tu m’avais dit de le faire toute seule…
– Ah non mais je suis très très très en colère, pourquoi tu as regardé Games Of Thrones sans moi ? »

Autant vous dire qu’on a eu notre plus belle engueulade depuis des mois.

Le crash-test des travaux

Pour ceux qui ont vu une des premières saisons de How I Met Your Mother, Barney y exposait une théorie très intéressante, celle des autoroutes. En gros, chaque relation suit un chemin sur sa propre autoroute, et à un moment, elle se dirige inéluctablement vers la sortie. Il y a la sortie du premier soir, la sortie des trois semaines, la sortie des trois mois, la sortie à un an, la sortie à trois ans, la sortie à sept ans.

En creusant un peu la métaphore de la route, et croyez-moi, cela m’en coûte, je n’ai pas le permis, on peut aussi estimer que cette trajectoire est émaillée de crash-tests qui vont déterminer si l’on prend la prochaine sortie ou non. Dans ces crash-tests, on trouve le premier week-end à deux, les premières vacances, la rencontre des parents, la rencontre avec le terrible chat, le test de la cohabitation, etc.

Avec le Dernier Garçon, on s’est plutôt bien débrouillés sur les autres crash-test jusque là, alors, non sans appréhension, sans angoisse pour l’avenir et se poser des questions sur la future garde partagée de la balance électrique offerte par sa mère, on s’est lancé dans un gigantesque crash-test, le pire de tous : la réfection de l’appartement, à deux, dans des fringues sales.

Tout commence dans un magasin de bricolage, à choisir de la peinture, chose pour laquelle jusqu’à une date récente, je n’avais strictement aucune connaissance.

« Mais c’est quoi de la monocouche ? On devra passer qu’une couche ?
– Non, justement, on devra en passer deux.
– Mais, pourquoi mono ? Faudra pas passer plusieurs fois avec le rouleau ?
– Non, il faudra passer deux couches
– Je comprends toujours pas ? Pourquoi deux couches si c’est une monocouche ?
– …»

« Ma chérie, tu peux aller prendre du papier de verre ?
– Je prends quoi ?
– Bah du gros grain
– Euh…
– … Laisse je vais y aller »

Je vous passe le détail de la demi-heure passée devant les peintures pour choisir la bonne teinte : « t’es sûre que tu veux bien celle que j’ai choisie ? » « mais oui, il est très bien ce gris » « non mais je suis nul en couleur, on prend celle que tu veux » « non la tienne ». Sachant qu’il s’agissait de couleurs différentes d’environ un demi-ton.

Le lendemain, nous y voici, chacun dans vieux jean, à déplacer les meubles, et à devoir scotcher une bâche pour protéger le parquet. Dans un premier temps, il tendait la bâche, je posais le scotch.
« Marion, on a dit droit le scotch ! Et scotche la plinthe, pas le mur ! Fais un effort !»
– Mais j’y arrive pas, il y a ton bras devant moi ! »

Devant tant d’incompétence manifeste de ma part, il a posé le scotch et tout allait mieux.

Je ne sais pas vous, mais j’ai un souvenir assez mémorable de voir mes parents bricoler, ou plutôt, de voir ma mère commander un travail de bricolage à mon père, comme poser une porte de douche, entendre mon père hurler contre cette-putain-de-notice qui veut rien dire, contre les objets, les trucs qui vont pas comme il veut, contre ma mère, voir ma mère faire l’inspecteur des travaux finis et mon père lui crier dessus d’avoir réclamé des travaux si chiants. Autant vous dire, que le bricolage, chez moi c’est culturellement source de conflit.

Le Dernier Garçon a de son côté un père plutôt doué pour le bazar et qui a appris à ses fils certaines tâches manuelles, mais de manière plutôt musclée. En criant et avec beaucoup d’exigences sur les résultats attendus, donc.

Quelque soit le côté, on peut dire que le bricolage est plutôt une épreuve de la vie qu’un chemin pavé de roses.

Une fois la crise du scotch réglée, il m’a interdit de poncer : « je veux pas que tu encrasses tes poumons ». La vraie raison étant que je n’allais pas tenir dix minutes avec ma faible condition sportive. Puis on a sous-couché, mis une première couche, puis une deuxième le tour dans la joie et la bonne humeur. C’est plutôt amusant de peindre, surtout quant j’essaie de voir cela comme une gigantesque pose de vernis à ongles : base, première couche, deuxième couche, top-coat (finitions). En plus salissant, bien sûr.

Tout s’est donc passé dans le meilleur des mondes, ce qui au vu de nos backgrounds respectifs, n’était pas gagné… Jusqu’au terrible moment où il a fallu remettre les appliques au mur. Les fils étaient trop courts, on n’en avait pas de rechange, donc il a galéré, beaucoup, pendant environ une heure. C’est là que j’ai vu cet amour de garçon prononcer un torrent d’injures que je ne pensais pas possible venant de lui, qui est si doux, si délicat, si poli, si bien élevé, si civilisé :

« Putain de cons qui ont posé ces trucs ! C’est dangereux ! Putain de merde ! Bandes de connards ! Bras cassés ! Pignoufs ! Pourquoi faire 6 cm de fil quand on peut en mettre que trois hein ? Connard ! Si j’avais ce putain d’électricien je lui planterai le tournevis dans l’œil là ! »

Et autres mots fleuris et insultes en breton dont je ne me rappelle déjà plus. Autant vous dire que j’ai bien cru voir mon père face à un objet qui lui résiste. Ce qui n’est pas sans m’inquiéter.

Putain, cinq ans

J’ai bien compté. Mais depuis quelques jours, ce blog a cinq ans. J’avoue, j’ai failli oublier la date. Tout ça parce que Facebook ne l’annonce pas.

Cinq foutues années pendant lesquelles j’ai très peu scrupuleusement raconté des bêtises ici. Limite je ne voulais pas le fêter. Bon, j’avoue sur les blogs, la mode pour fêter son blog-anniversaire c’est de trouver des sponsors, se faire offrir des trucs et des bidules tactiles et se faire rincer par des marques en mal de visibilité pour faire « plaisir aux lecteurs ». Je vous aime beaucoup les lecteurs, mais faut pas déconner non plus, déjà qu’organiser mes propres anniversaires est un sacerdoce…

Donc pour faire simple et résumer ces cinq très chouettes années ici, voici quelques chiffres et données qui ont émaillé ces 5 années de vie de blog :

632 articles
8813 commentaires
Aucun classement rationnel des articles
Pas ou peu de tags
Aucun intérêt, appétence ou talent particulier pour le référencement.
Un gentil admin qui vide régulièrement la base de logs sinon la base de données fait la gueule.
3 ans et 3 mois de célibat plus ou moins joyeux
6 mois d’emmerdes
1 ans et 4 mois (tout pile) de joies avec le Dernier Garçon
Un chat, 3 ans, deux kilos cinq, 25 tonnes de mauvais caractère.
Un stage, Un CDD, deux CDI.
Deux apparts, 56 mètres carrés en tout. (Merci Paris)
Nombre de relous : inconnu.
3 ans et 3 mois à Paris, 1 ans et 9 mois à Lyon.
Nombre de mojitos éclusés : inconnu.

Putain, cinq ans.

La terrible liste des effroyables series TV qui prennent du temps à suivre

Souvenez vous, au tout début que l’on était ensemble, une des premières choses que l’on s’est présentées avec le Dernier Garçon, ce sont nos séries TV préférées.

Depuis, la situation n’a fait qu’empirer, et la situation est devenue critique de part le volume de séries suivies ou regardées dans leur intégralité. C’est quand même formidable, on arrive à ne plus avoir envie de regarder la télé, à se dire que c’est fini la perte de temps devant l’écran, pour vite replonger dans une addiction quasi similaire à base d’écran projetant des images et de surface moelleuse sur laquelle s’allonger. Donc pour changer un peu de d’habitude ici et enfin confesser au monde, que dis-je à l’univers, cette terrible chose, voici une liste, certainement pas exhaustive, et vaguement thématique de l’étendue du désastre.

Les séries qu’on a découvert à deux.

Misfits. Imaginez la fille cachée des amours coupables (je paraphrase Dédé Manoukian là, hein) entre Heroes et Skins. On obtient une série anglaise assez géniale, complètement anti politiquement correcte sur l’histoire d’une bande de jeunes délinquants anglais qui obtient des supers pouvoirs. Rien de joli et de propre là-dedans, on se doute bien qu’il ne vont pas s’en servir pour sauver le monde, mais pour sauver tant bien que mal leur peau. A noter, sauf si vous avez passé des années en banlieue anglaise, les sous titres sont obligatoires, l’accent y est, dirons-nous, très marqué. C’est jouissif, hypra drôle et excessivement bien fichu, non Misfits, ça a le génie des séries anglaises.

Chuck : Notre grand plaisir du moment. Connue il y a bien 8 mois, cette série, je ne pouvais pas la regarder. L’acteur principal ressemblait beaucoup trop à mon (enfoiré d’) ex. Depuis, le temps a fait son œuvre, et magie de la mémoire, je confonds désormais leur deux apparences, dans des souvenirs très flous et très lointains. Cette série est nerdy à souhait, imaginez un geek un peu paumé qui se retrouve à devenir le super ordinateur des Services Secrets. Rajoutez beaucoup d’humour, des références un peu partout, de l’action, des personnages excessivement attachants, des bad guys, et un scénario très cool qui se prend pas la tête et qui vous force à regarder l’épisode suivant, voilà comment on a tombé les trois premières raisons en quelques semaines.

Glee : Celle là, tout le monde ou presque connaît, la plupart des mecs détestent, ça chante, ça danse, c’est la plupart du temps ridicule et le scénario est devenu un poil creux, mais le mien continue d’adorer, musicien dans l’âme, il chantonne avec les personnages et tape des mains quand il y a du rythme. Moi, de mon côté, je suis une boule de sensibilité, qui pleure à la moindre vocalise.

Better Off Ted : Une que je lui ai présenté et qu’on a continué ensemble, le monde impitoyable d’une grande entreprise capitaliste et quasi satanique. Cynique, loufoque, et malheureusement arrêtée au bout de deux saisons. Tristesse absolue.

Community : Ah, Community. Mes copines ne comprennent pas l’intérêt de la série qui fonctionne à l’humour de référence (geeks, et souvent très obscures). Vos potes geeks vont adorer et trouver ça génial. Moi je me demande à chaque épisode ce que prennent les scénaristes, au juste, et s’il ne leur en reste pas un peu. Du coup, j’adore.

Modern Family Pour voir ce qu’est devenu Al Bundy, pour l’accent hispanisant de sa femme dans la série et pour voir un vrai couple gay, pas une caricature, qui a adopté une petite fille. En vrai car c’est une super comédie qui change la vision que l’on a du sujet « famille » aux Etats-Unis. Surtout si comme moi vous avez trop regardé Notre belle famille plus jeune.

Mad Men : On ne la présente plus, la série sur les années 60 et la pub’, ultra réaliste. Tellement réaliste que je suis obligée de la regarder à petite dose, tellement la condition des femmes me met mal à l’aise.

Breaking Bad : Je connaissais déjà. Tellement glauque et angoissant que c’est à petites doses uniquement, même si c’est objectivement très très bien.

(petite nature)

Sinon on a regardé Walking Dead, monsieur est fan des comics, V, mais ça s’est arrêté, c’est parce que j’adooooore à la folie les séries de SF, vous parler à une fan absolue de la franchise Stargate. Du coup on a Firefly qui nous attend au chaud. On a ri, beaucoup, devant the IT crowd, et je veux regarder Games of Thrones, mais il veut lire les livres avant donc j’attends.

Les séries que l’on connaissait déjà et qu’on regarde ensemble

How I met your mother : Je sais, c’est plus très drôle, plus très novateur. Mais bordel, on veut savoir qui c’est la mère !

The Big Bang Theory : je ne peux pas m’empêcher de ricaner bêtement devant, impossible.

True Blood : Moi pour Eric, sinon par habitude car la saison 1 était bien, et pour le générique (il paraît qu’il va changer, je suis désespérée).

Scrubs : Quasi terminé la série, elle devient moins bien avec le temps, mais ça se laisse regarder, pure distraction.

Sinon, monsieur prend des cours de rattrapage sur Californication, pour qu’on regarde ensemble la dernière saison.

Les séries que je regarde toute seule, de manière plus ou moins coupable

Spartacus Blood&Sand et Gods of The Arena. En gros, cela raconte l’histoire de Spartacus, de manière plus ou moins déformée, comment il est devenu gladiateur, comment il en est venu à se révolter, etc. C’est hypra violent, hypra sexuel et vraiment cliché. Certains diront que c’est un nanar absolu. J’ai envie de dire que c’est pour ça que l’on aime. Pour moi, c’est tellement violent, tellement exagéré, mais surtout tellement assumé que cela confine au pur génie, celui que l’on regarde tout seul dans son coin comme s’il l’on était en train de vider le pot de glace.

Gossip Girl & 90210 : séries de filles, c’est le même principe que de feuilleter un magazine féminin, après on a envie de mettre du vernis et de se faire un brushing.

Pretty Little Liars : Découverte lors des vacances de Noël de l’ennui à Lyon, c’est un mélange de Desperate Housewives et de Gossip Girl, je regarde les deux, je ne pouvais qu’accrocher. Après, les garçons y sont mignons, et ils font tout pour qu’on regarde le suivant, alors…

The Vampire Diaries : Mieux que Twilight, moins trash que True Blood, moins bien que Buffy, mais sympa comme tout quand même, et puis j’adore les histoires de vampires suite à un fantasme adolescent sur Entretien avec un Vampire, alors…

J’en ai certainement oublié, je pense consulter. Mais vous pouvez suggérer aussi, hein !

Le lit, lieu de toutes les batailles

Depuis donc tois ans et demi que j’étais dans mon mini studio sous les toits, je dormais sur un canapé-lit. Amené en petits morceaux dans des boîtes, matelas encore roulé et sous plastique, depuis le grand Suédois de Lyon. J’avais choisi avec le plus grand soin un BZ, qui s’ouvre en tirant et pas un clic-clac qui s’ouvre en dépliant. C’est une différence très importante vous savez. Le BZ ayant l’avantage de pouvoir garder les draps et la couette en place une fois replié et ne force pas à tout ranger dans un tiroir du dessous. Et surtout, il n’a pas l’audace de basculer en pleine nuit car, suite à une repas trop chargé, on est devenu un peu trop lourd et on fait pencher le lit telle une vieille balance rouillée. Pour ensuite tomber sur le sol. Riez, riez, ça m’est déjà arrivé.

Je me demande d’ailleurs ce qui peut pousser tous les ados de la terre à réclamer un canapé lit en même temps qu’un scooter, moi y comprise, dans la mesure où – vieille conne que je suis devenue – rien ne vaut un lit douillet plein de coussins. Sans doute en prévision de gagner de l’espace pour avoir un lit deux places et de ramener sa petite copine en douce. Quoi que, quand on est jeune et fou, le lit une place, cela a son charme. Fin de la parenthèse.

Avec un matelas couchage régulier, le plus cher, histoire de ne pas me tuer le dos, déjà que je ne fais pas de sport, on n’allait pas en rajouter comme ça à ma mauvaise condition physique. Puis, ne me demandez pas pourquoi, mais j’ai pris un 160. Un grand lit. Un poil trop grand pour le studio. Si grand qu’on peut quasi y dormir à trois. Ne cherchez pas, ça tient, j’ai testé un soir de cuite entre copines. Rien de sexuel.

Depuis trois ans, je suis l’heureuse propriétaire d’un BZ très douillet, qui a constitué le point névralgique de l’appartement pendant tout ce temps. Le temps a fait son œuvre terrible, et un boulon est tombé, la barre centrale ne tient plus, le matelas a absorbé tellement de liquides divers, scabreux, ou de chocolat chaud de régression, ou de sauce soja des sushis de lendemain de soirée, ou bien du Mister Freeze – mon ultime rempart à la gueule de bois, ce que je mange quand tout l’espoir est perdu – il grince horriblement, qu’il va bien falloir s’en séparer un jour.

Ce n’est pas l’amour qui dure trois ans, ce sont les canapés-lits Ikea.

Ces considérations d’équipement, non pas pour vous aider à vous endormir, mais pour amener un sujet grave : le lit, ce combat.

Le premier combat est celui de la température. Je suis ce que l’on peut qualifier de malade mentale. Même par 30° la nuit, je suis incapable de bien dormir sans une couette très épaisse sur moi. Le Dernier Garçon lui ne supporte pas la chaleur. En bon Breton, il a chaud à partir de 24° au soleil. Récemment, à cause des températures qui rendaient l’appartement sous les toits invivable la nuit, il a gagné, et on a enlevé la couette pour mettre un drap à la place. Donc chaque nuit, je me réveillais, en tirant et retirant le drap, en grelottant alors que j’avais chaud et en me collant à lui, qui avait déjà trop chaud « : « mais j’ai froid ». Depuis, j’ai gagné, et j’ai remis la couette, je me roule en boule dessous, tandis que lui est à moitié dessus. Un point pour moi.

Le deuxième est celui de l’espace. On pourrait croire que dans un lit 160 on dispose de tout l’espace souhaité. C’était sans compter l’intervention du chat. Parfois, quand le matou est de bonne humeur, il décide de se coller à moi la nuit. Pile dans l’espace que je laisse entre le rebord et moi. De l’autre côté dort le Dernier Garçon, toujours en ronflant, toujours en grinçant des dents, mais toujours sans me réveiller, c’est beau. Ce qui fait que je me retrouve coincée, comme si l’on dormait à trois, sans pouvoir bouger. Je ne sais pas par quel miracle de la nature, mais ce chat – deux kilos et demi- est un poids mort, il est impossible de le bouger d’un poil, alors je pousse le Dernier Garçon – soixante-sept kilos- qui roule un peu plus sur le côté, sans râler, heureuse nature qu’il est. Un point pour le chat.

Le troisième combat est celui de la folie nocturne. Quand lui me réveille en pleine nuit pour me dire « Il faut faire un trou dans le mur. ». Et moi de ne pas comprendre, de lui demander s’il ne serait pas en train de rêver de Minecraft au juste. Moi je me réveille en sursaut, je lui dis qu’il y a des serpents à un mariage neutre. Il ne comprend pas. Je répète, il ne comprend toujours pas. Je pleure dans un demi-sommeil. Il me dit que je suis en train de faire un cauchemar de mes deux grandes phobies et que ça va aller. Un point pour lui pour la compréhension.

Le dernier et ultime combat est celui de la violence conjugale. Pendant une nuit paisible, j’ai ouvert les yeux, pile au moment où son front rejoignait mon nez pour un magistral coup de tête dans son sommeil. J’ai crié, cela l’a réveillé, il s’est excusé. Le lendemain j’avais le nez un poil contusionné et un joli mal de tête. Pendant une autre nuit paisible, j’ai entendu le parquet grincer bruyamment, j’ai alors cru qu’il était debout pour un verre d’eau dans la cuisine. J’ai donc décidé de m’étirer, de prendre toute la place. C’est là que je lui ai mis un magistral coup de coude dans son œil droit. La personne sur le parquet, c’était le chat, toujours deux kilos et demi, toujours plus bruyant qu’un grand garçon d’1m84. Je me suis rendormie après le coup, sans même m’excuser. Egalité dans la violence, prime pour moi pour le sommeil profond. Un point de diversion pour le chat.

Le pire dans l’histoire, c’est que c’est le chat qui gagne. C’est pas comme s’il dormait dessus toute la journée. Non, non, non. Enfoiré de chat.

Le dilemme du nouvel appartement

Donc on a un nouvel appartement. On a quasi tout rangé, on pense repeindre les murs, mais je ne vous parlerai pas de déco dans cet article, j’ai déjà un traumatisme sous-jacent sur le sujet dont je parlerai certainement un peu plus tard. Non, le problème du nouvel appartement c’est qu’il comporte un luxe inconnu dans mon studio d’antan: un lit et un canapé. Le lit ne se transforme ni en canapé, ni en salle à manger le jour, ni même en lieu d’apéro le soir. Il ne contient pas de miettes et ne se retrouve pas tâché au vin rouge. De même qu’on a un frigo qui tient plus de deux bouteilles de coca alignées, et une salle de bain avec baignoire. Du chauffage, l’eau chaude, pas de câble électrique dans la douche, une fenêtre dans la salle de bain…J’ai limite l’impression d’être Liliane Bettencourt tellement tout ce luxe est indécent.

D’ailleurs, cela me fait penser à un truc que je soupçonnais depuis longtemps, une des principales raisons pour lesquelles les gens se mettent en couple dans les grandes villes, et Paris, n’en parlons pas, c’est pour optimiser le logement. Qu’est ce que l’amour à côté d’un dressing qui tient toutes nos paires de chaussures, franchement ?

Face à tout ce luxe, chaque jour, en rentrant du boulot, mon cerveau rentre dans une sorte de frénésie intense de dilemme. Mon ange et mon démon personnels s’affrontent dans une lutte sans merci, pour savoir si je dois être une fille chiante ou une fille sympa. Entre profiter un peu du luxe du nouvel appart, et faire ce que j’aime faire d’habitude avec le Dernier Garçon. Tout commence par la question : « je rentre directement ou je fais quelque chose avant ? ». Au choix, aller boire un verre, aller au cinéma, aller à un apéro, etc.

Démon personnel : « Non, rentre, tu pourras prendre un bain pendant que le Dernier Garçon te prépare un bon petit plat »

Ange personnel : « Non mais ça va pas ? Allez faire un tour au bar d’en bas d’abord, il faut toujours avoir de bonnes relations avec les commerçant du quartier. »

– Mais, non, Ange, ils ont du vendre un rein pour payer la caution de l’appartement, ils doivent rentrer, car ils n’ont pas le premier sou pour fraterniser avec cette racaille que sont les tenanciers de bars.
– Que nenni, tu sais bien qu’en gens déraisonnés, ils ont toujours une petite enveloppe pour ne pas tuer leur vie sociale.
– Mais, c’est qu’elle bosse le lendemain Marion.
– Oui, mais je te rappelle qu’il y a une voisine folle au-dessus qui marche en talons tous les soirs sans s’arrêter, cela n’a rien de reposant. Donc autant sortir !
– Mieux vaut la voisine que les relous du coin du bar.
– Oui mais regarde comme elle dépérit Marion quand elle ne sort pas ou quand elle s’ennuie en soirée, elle a besoin d’une vie sociale cette petite. Et puis elle adore les relous dans le fond, discuter avec des piliers de bars obscurs, ou juste des inconnus, et chanter faux.
– Oui mais il faut bien profiter du nouvel appartement, regarde comme c’est douillet, et ils ont plein de séries à regarder…
– Oui mais non, elle est trop jeune pour devenir chiante et boire de la tisane le samedi soir !
– Mais tu dis n’importe quoi, on est jeudi ! »

C’est ainsi que l’on se retrouve avec une migraine carabinée, et que l’on rentre effectivement ronchonner en réclamant du paracétamol et un petit repas.