Le crash-test des travaux

6 juillet 2011

Pour ceux qui ont vu une des premières saisons de How I Met Your Mother, Barney y exposait une théorie très intéressante, celle des autoroutes. En gros, chaque relation suit un chemin sur sa propre autoroute, et à un moment, elle se dirige inéluctablement vers la sortie. Il y a la sortie du premier soir, la sortie des trois semaines, la sortie des trois mois, la sortie à un an, la sortie à trois ans, la sortie à sept ans.

En creusant un peu la métaphore de la route, et croyez-moi, cela m’en coûte, je n’ai pas le permis, on peut aussi estimer que cette trajectoire est émaillée de crash-tests qui vont déterminer si l’on prend la prochaine sortie ou non. Dans ces crash-tests, on trouve le premier week-end à deux, les premières vacances, la rencontre des parents, la rencontre avec le terrible chat, le test de la cohabitation, etc.

Avec le Dernier Garçon, on s’est plutôt bien débrouillés sur les autres crash-test jusque là, alors, non sans appréhension, sans angoisse pour l’avenir et se poser des questions sur la future garde partagée de la balance électrique offerte par sa mère, on s’est lancé dans un gigantesque crash-test, le pire de tous : la réfection de l’appartement, à deux, dans des fringues sales.

Tout commence dans un magasin de bricolage, à choisir de la peinture, chose pour laquelle jusqu’à une date récente, je n’avais strictement aucune connaissance.

« Mais c’est quoi de la monocouche ? On devra passer qu’une couche ?
- Non, justement, on devra en passer deux.
- Mais, pourquoi mono ? Faudra pas passer plusieurs fois avec le rouleau ?
- Non, il faudra passer deux couches
- Je comprends toujours pas ? Pourquoi deux couches si c’est une monocouche ?
- …»

« Ma chérie, tu peux aller prendre du papier de verre ?
- Je prends quoi ?
- Bah du gros grain
- Euh…
- … Laisse je vais y aller »

Je vous passe le détail de la demi-heure passée devant les peintures pour choisir la bonne teinte : « t’es sûre que tu veux bien celle que j’ai choisie ? » « mais oui, il est très bien ce gris » « non mais je suis nul en couleur, on prend celle que tu veux » « non la tienne ». Sachant qu’il s’agissait de couleurs différentes d’environ un demi-ton.

Le lendemain, nous y voici, chacun dans vieux jean, à déplacer les meubles, et à devoir scotcher une bâche pour protéger le parquet. Dans un premier temps, il tendait la bâche, je posais le scotch.
« Marion, on a dit droit le scotch ! Et scotche la plinthe, pas le mur ! Fais un effort !»
- Mais j’y arrive pas, il y a ton bras devant moi ! »
-
Devant tant d’incompétence manifeste de ma part, il a posé le scotch et tout allait mieux.

Je ne sais pas vous, mais j’ai un souvenir assez mémorable de voir mes parents bricoler, ou plutôt, de voir ma mère commander un travail de bricolage à mon père, comme poser une porte de douche, entendre mon père hurler contre cette-putain-de-notice qui veut rien dire, contre les objets, les trucs qui vont pas comme il veut, contre ma mère, voir ma mère faire l’inspecteur des travaux finis et mon père lui crier dessus d’avoir réclamé des travaux si chiants. Autant vous dire, que le bricolage, chez moi c’est culturellement source de conflit.

Le Dernier Garçon a de son côté un père plutôt doué pour le bazar et qui a appris à ses fils certaines tâches manuelles, mais de manière plutôt musclée. En criant et avec beaucoup d’exigences sur les résultats attendus, donc.

Quelque soit le côté, on peut dire que le bricolage est plutôt une épreuve de la vie qu’un chemin pavé de roses.

Une fois la crise du scotch réglée, il m’a interdit de poncer : « je veux pas que tu encrasses tes poumons ». La vraie raison étant que je n’allais pas tenir dix minutes avec ma faible condition sportive. Puis on a sous-couché, mis une première couche, puis une deuxième le tour dans la joie et la bonne humeur. C’est plutôt amusant de peindre, surtout quant j’essaie de voir cela comme une gigantesque pose de vernis à ongles : base, première couche, deuxième couche, top-coat (finitions). En plus salissant, bien sûr.

Tout s’est donc passé dans le meilleur des mondes, ce qui au vu de nos backgrounds respectifs, n’était pas gagné… Jusqu’au terrible moment où il a fallu remettre les appliques au mur. Les fils étaient trop courts, on n’en avait pas de rechange, donc il a galéré, beaucoup, pendant environ une heure. C’est là que j’ai vu cet amour de garçon prononcer un torrent d’injures que je ne pensais pas possible venant de lui, qui est si doux, si délicat, si poli, si bien élevé, si civilisé :

« Putain de cons qui ont posé ces trucs ! C’est dangereux ! Putain de merde ! Bandes de connards ! Bras cassés ! Pignoufs ! Pourquoi faire 6 cm de fil quand on peut en mettre que trois hein ? Connard ! Si j’avais ce putain d’électricien je lui planterai le tournevis dans l’œil là ! »

Et autres mots fleuris et insultes en breton dont je ne me rappelle déjà plus. Autant vous dire que j’ai bien cru voir mon père face à un objet qui lui résiste. Ce qui n’est pas sans m’inquiéter.

Putain, cinq ans

29 juin 2011

J’ai bien compté. Mais depuis quelques jours, ce blog a cinq ans. J’avoue, j’ai failli oublier la date. Tout ça parce que Facebook ne l’annonce pas.

Cinq foutues années pendant lesquelles j’ai très peu scrupuleusement raconté des bêtises ici. Limite je ne voulais pas le fêter. Bon, j’avoue sur les blogs, la mode pour fêter son blog-anniversaire c’est de trouver des sponsors, se faire offrir des trucs et des bidules tactiles et se faire rincer par des marques en mal de visibilité pour faire « plaisir aux lecteurs ». Je vous aime beaucoup les lecteurs, mais faut pas déconner non plus, déjà qu’organiser mes propres anniversaires est un sacerdoce…

Donc pour faire simple et résumer ces cinq très chouettes années ici, voici quelques chiffres et données qui ont émaillé ces 5 années de vie de blog :

632 articles
8813 commentaires
Aucun classement rationnel des articles
Pas ou peu de tags
Aucun intérêt, appétence ou talent particulier pour le référencement.
Un gentil admin qui vide régulièrement la base de logs sinon la base de données fait la gueule.
3 ans et 3 mois de célibat plus ou moins joyeux
6 mois d’emmerdes
1 ans et 4 mois (tout pile) de joies avec le Dernier Garçon
Un chat, 3 ans, deux kilos cinq, 25 tonnes de mauvais caractère.
Un stage, Un CDD, deux CDI.
Deux apparts, 56 mètres carrés en tout. (Merci Paris)
Nombre de relous : inconnu.
3 ans et 3 mois à Paris, 1 ans et 9 mois à Lyon.
Nombre de mojitos éclusés : inconnu.

Putain, cinq ans.

La terrible liste des effroyables series TV qui prennent du temps à suivre

16 juin 2011

Souvenez vous, au tout début que l’on était ensemble, une des premières choses que l’on s’est présentées avec le Dernier Garçon, ce sont nos séries TV préférées.

Depuis, la situation n’a fait qu’empirer, et la situation est devenue critique de part le volume de séries suivies ou regardées dans leur intégralité. C’est quand même formidable, on arrive à ne plus avoir envie de regarder la télé, à se dire que c’est fini la perte de temps devant l’écran, pour vite replonger dans une addiction quasi similaire à base d’écran projetant des images et de surface moelleuse sur laquelle s’allonger. Donc pour changer un peu de d’habitude ici et enfin confesser au monde, que dis-je à l’univers, cette terrible chose, voici une liste, certainement pas exhaustive, et vaguement thématique de l’étendue du désastre.

Les séries qu’on a découvert à deux.

Misfits. Imaginez la fille cachée des amours coupables (je paraphrase Dédé Manoukian là, hein) entre Heroes et Skins. On obtient une série anglaise assez géniale, complètement anti politiquement correcte sur l’histoire d’une bande de jeunes délinquants anglais qui obtient des supers pouvoirs. Rien de joli et de propre là-dedans, on se doute bien qu’il ne vont pas s’en servir pour sauver le monde, mais pour sauver tant bien que mal leur peau. A noter, sauf si vous avez passé des années en banlieue anglaise, les sous titres sont obligatoires, l’accent y est, dirons-nous, très marqué. C’est jouissif, hypra drôle et excessivement bien fichu, non Misfits, ça a le génie des séries anglaises.

Chuck : Notre grand plaisir du moment. Connue il y a bien 8 mois, cette série, je ne pouvais pas la regarder. L’acteur principal ressemblait beaucoup trop à mon (enfoiré d’) ex. Depuis, le temps a fait son œuvre, et magie de la mémoire, je confonds désormais leur deux apparences, dans des souvenirs très flous et très lointains. Cette série est nerdy à souhait, imaginez un geek un peu paumé qui se retrouve à devenir le super ordinateur des Services Secrets. Rajoutez beaucoup d’humour, des références un peu partout, de l’action, des personnages excessivement attachants, des bad guys, et un scénario très cool qui se prend pas la tête et qui vous force à regarder l’épisode suivant, voilà comment on a tombé les trois premières raisons en quelques semaines.

Glee : Celle là, tout le monde ou presque connaît, la plupart des mecs détestent, ça chante, ça danse, c’est la plupart du temps ridicule et le scénario est devenu un poil creux, mais le mien continue d’adorer, musicien dans l’âme, il chantonne avec les personnages et tape des mains quand il y a du rythme. Moi, de mon côté, je suis une boule de sensibilité, qui pleure à la moindre vocalise.

Better Off Ted : Une que je lui ai présenté et qu’on a continué ensemble, le monde impitoyable d’une grande entreprise capitaliste et quasi satanique. Cynique, loufoque, et malheureusement arrêtée au bout de deux saisons. Tristesse absolue.

Community : Ah, Community. Mes copines ne comprennent pas l’intérêt de la série qui fonctionne à l’humour de référence (geeks, et souvent très obscures). Vos potes geeks vont adorer et trouver ça génial. Moi je me demande à chaque épisode ce que prennent les scénaristes, au juste, et s’il ne leur en reste pas un peu. Du coup, j’adore.

Modern Family Pour voir ce qu’est devenu Al Bundy, pour l’accent hispanisant de sa femme dans la série et pour voir un vrai couple gay, pas une caricature, qui a adopté une petite fille. En vrai car c’est une super comédie qui change la vision que l’on a du sujet « famille » aux Etats-Unis. Surtout si comme moi vous avez trop regardé Notre belle famille plus jeune.

Mad Men : On ne la présente plus, la série sur les années 60 et la pub’, ultra réaliste. Tellement réaliste que je suis obligée de la regarder à petite dose, tellement la condition des femmes me met mal à l’aise.

Breaking Bad : Je connaissais déjà. Tellement glauque et angoissant que c’est à petites doses uniquement, même si c’est objectivement très très bien.

(petite nature)

Sinon on a regardé Walking Dead, monsieur est fan des comics, V, mais ça s’est arrêté, c’est parce que j’adooooore à la folie les séries de SF, vous parler à une fan absolue de la franchise Stargate. Du coup on a Firefly qui nous attend au chaud. On a ri, beaucoup, devant the IT crowd, et je veux regarder Games of Thrones, mais il veut lire les livres avant donc j’attends.

Les séries que l’on connaissait déjà et qu’on regarde ensemble

How I met your mother : Je sais, c’est plus très drôle, plus très novateur. Mais bordel, on veut savoir qui c’est la mère !

The Big Bang Theory : je ne peux pas m’empêcher de ricaner bêtement devant, impossible.

True Blood : Moi pour Eric, sinon par habitude car la saison 1 était bien, et pour le générique (il paraît qu’il va changer, je suis désespérée).

Scrubs : Quasi terminé la série, elle devient moins bien avec le temps, mais ça se laisse regarder, pure distraction.

Sinon, monsieur prend des cours de rattrapage sur Californication, pour qu’on regarde ensemble la dernière saison.

Les séries que je regarde toute seule, de manière plus ou moins coupable

Spartacus Blood&Sand et Gods of The Arena. En gros, cela raconte l’histoire de Spartacus, de manière plus ou moins déformée, comment il est devenu gladiateur, comment il en est venu à se révolter, etc. C’est hypra violent, hypra sexuel et vraiment cliché. Certains diront que c’est un nanar absolu. J’ai envie de dire que c’est pour ça que l’on aime. Pour moi, c’est tellement violent, tellement exagéré, mais surtout tellement assumé que cela confine au pur génie, celui que l’on regarde tout seul dans son coin comme s’il l’on était en train de vider le pot de glace.

Gossip Girl & 90210 : séries de filles, c’est le même principe que de feuilleter un magazine féminin, après on a envie de mettre du vernis et de se faire un brushing.

Pretty Little Liars : Découverte lors des vacances de Noël de l’ennui à Lyon, c’est un mélange de Desperate Housewives et de Gossip Girl, je regarde les deux, je ne pouvais qu’accrocher. Après, les garçons y sont mignons, et ils font tout pour qu’on regarde le suivant, alors…

The Vampire Diaries : Mieux que Twilight, moins trash que True Blood, moins bien que Buffy, mais sympa comme tout quand même, et puis j’adore les histoires de vampires suite à un fantasme adolescent sur Entretien avec un Vampire, alors…

J’en ai certainement oublié, je pense consulter. Mais vous pouvez suggérer aussi, hein !

Le lit, lieu de toutes les batailles

15 juin 2011

Depuis donc tois ans et demi que j’étais dans mon mini studio sous les toits, je dormais sur un canapé-lit. Amené en petits morceaux dans des boîtes, matelas encore roulé et sous plastique, depuis le grand Suédois de Lyon. J’avais choisi avec le plus grand soin un BZ, qui s’ouvre en tirant et pas un clic-clac qui s’ouvre en dépliant. C’est une différence très importante vous savez. Le BZ ayant l’avantage de pouvoir garder les draps et la couette en place une fois replié et ne force pas à tout ranger dans un tiroir du dessous. Et surtout, il n’a pas l’audace de basculer en pleine nuit car, suite à une repas trop chargé, on est devenu un peu trop lourd et on fait pencher le lit telle une vieille balance rouillée. Pour ensuite tomber sur le sol. Riez, riez, ça m’est déjà arrivé.

Je me demande d’ailleurs ce qui peut pous