Le point horloge biologique

18 avril 2011

Je le fais très rarement, mais j’aimerais revenir sur le post de la semaine dernière, celui qui parlait des femmes enceintes, de Facebook, de placenta, etc. Il a eu beaucoup de réactions, beaucoup de liens, quelques débats. Je n’ai pas répondu aux commentaires, donc je vais profiter de ce billet pour répondre à quelques interrogations laissées en suspens. Et que personne ne se sente visé, je parle empiriquement.

Il est évident que ce sont surtout les dindes, les nanas qui n’ont rien dans leur vie (ou pas grand chose) ainsi que dans la cervelle qui emmerdent le monde avec leur placenta, bouchon muqueux et autres césariennes (riez, riez, sur Zéros Sociaux ils ont vraiment vu passer dans les contributions une photo de césarienne…). Mais si à chaque post que je faisais je devais préciser « attention, c’est de l’humour, du second degré, c’est drôle, ne vous énervez pas, ne prenez pas tout au pied de le lettre, je suis pas universitaire pour un sou, c’est de la socio de comptoir, de l’enquête de terrain faite sous gueule de bois, ce n’est pas très important, ne vous sentez pas visés. », je crois que j’arrêterais de bloguer.

Je note aussi, qu’à chaque fois que je parle de conception, d’enfants, de chiards et de bave, je déclenche des débats passionnés, de là à dire que le lobby des heureux parents me tombe dessus, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas, enfin quoi que. J’ai déjà fortement choqué des collègues, qui me demandaient ce que je ferais si je tombais enceinte là maintenant tout de suite, en répondant que j’espère le savoir suffisamment tôt pour pouvoir avorter dans de bonnes conditions (soit ne pas partir à Espagne ou à Amsterdam en catastrophe, ou ne pas me confronter à des médecins « pro life » qui me feraient la morale, ou pire). Du coup je prends scrupuleusement ma pilule, et si je me plante je ne suis pas loin d’imposer ceinture jusqu’à la fin du mois au Dernier Garçon (ou du moins capote, je ne suis pas si cruelle).

Le problème des nullipares fiers de l’être c’est que dès qu’on est en couple un tant soit peu sérieux, on doit expliquer et justifier plein de fois pourquoi on compte le rester, à environ tout le monde. Que ce soit pour des raisons matérielles, idéologiques, ou tout bassement car quand on nous annonce une naissance, et que tout l’open-space pousse des petits cris de joie, on fait « ah. » d’un air neutre. (ça c’est moi) Même qu’on se fait traiter de sans-cœur. C’est toujours inconcevable pour plein de gens, alors que bon, on demande pas aux gens qui ont des enfants pourquoi ils ont fait ça, au juste (sauf pour rire). On se fait traiter d’égoïstes et on nous dit « tu verras, ça changera » ou bien quand on invoque toutes les raisons qui font qu’on trouve déplacé qu’on nous raconte sa biologie de femme enceinte, on nous dit « tu verras quand tu auras des enfants. »

Sur Internet, et plus récemment dans les médias, on dit qu’on atteint le point Godwin du débat quand quelqu’un fait allusion aux nazis, à Hitler, ou bien à la Shoah. C’est un point qui montre que plus aucun débat n’est possible et que toute discussion est désormais vaine.

Entre les nullipares, et les heureux parents, il y a le point Horloge Biologique. Une fois que quelqu’un a dit « tu verras quand tu auras des enfants », ou la variante « ça changera, tu te réveilleras un matin avec une folle envie de procréer », je pense qu’il n’y a plus de débat possible sur le sujet.

Promis, le prochain billet n’aura rien à voir avec tout ça.

Pourquoi faut-il interdire Facebook aux femmes enceintes?

11 avril 2011

25 ans est un âge terrible. Cela commence doucement, avec l’annonce d’un PACS pour des raisons fiscales, ce que vous pouvez comprendre aisément, puis on vous invite à un mariage au mois de septembre et il faut se trouver une robe. Puis vous voyez sur Facebook vos anciens camarades de promo se marier entre eux, car la reproduction dans son milieu social c’est le bien, avec les robes de meringue et les costumes de pingouins à l’église. Vos anciennes copines de collège tomber enceintes, des bébés en avatar un peu partout, des échographies, et le récit de leurs différents bobos de grossesse s’afficher dans les statuts, épisiotomie incluse.

Je crois que Facebook devrait rajouter une clause à ses conditions générales d’utilisation, celle d’interdire le site aux femmes enceintes. Elles arrêtent bien l’alcool, alors pourquoi pas Facebook, c’est au moins aussi nocif. D’abord car c’est encore plus navrant que de pathignonner sur un blog. Croyez-moi, je sais de quoi je parle. On tombe dans la niaiserie la plus pure et simple, ou bien carrément dans le gore. Je ne sais pas lequel est le pire. Oui, jusqu’à une période récente, j’ignorais tout de l’épisiotomie et j’aurais préféré rester dans une béate et douce ignorance toute ma vie.

Puis l’enfant paraît, et le profil devient l’enfant, avatar, posts, albums photos, tout y passe, alors que personne ne s’est jamais dit que ce pauvre gamin n’avait rien demandé lui, et qu’un jour, il rougira peut-être de voir des photos de lui le cul à l’air partout sur Internet sans l’avoir posté tout seul, tout ça parce que son hystérique de mère (ou de père, il doit y en avoir) n’a rien trouvé de mieux à faire, à tout hasard changer la couche ou dormir pendant qu’il en est temps, que de poster partout la chair de sa chair avec des statuts baveux. Ce qui me chiffonne le plus dans cette transformation du profil d’une personne adulte avec une vie, des occupations, un travail, à celui d’un enfant à peine né c’est qu’il crie au monde (ou tout du moins à ses amis Facebook) : regardez je suis, j’ai été, et je serais un utérus, et c’est tout ce qui m’importe désormais, mazeltoff !

Puis viennent les histoires de pédiatre, de premières dents, et puis, et puis l’enfer… C’est la version moderne du faire-part, celle qui veut prolonger l’heureuse nouvelle par pur égo afin de montrer la toute puissance sacrée de son utérus et de recevoir encore et encore des louanges pour la merveille odorante que l’on vient de faire.

Non sérieux, interdisez Facebook aux femmes enceintes.

Et parce que des images valent parfois mille mots, voici des merveilleuses captures de ce que je vous explique le tout trouvé sur non moins merveilleux site Zéro-Sociaux. Attention, ça peut être gore.

La dernière photo est un placenta, vous pourrez l’agrandir en cliquant dessus. Et le père qui a posté ça dit quelque chose du genre  » Ce fut ta maison pendant ces 9 derniers mois, t’inquiète on a un 4/5 pièces ».

Voilà.

Votre cuite, en couple.

8 avril 2011

Nous abordons ici un sujet très sensible, un sujet qui va lancer à mes trousses un grand nombre d’intégristes. Non je vais pas encore vous dire que je veux pas d’enfants et que j’emmerde l’horloge biologique. Non, ça va je vous épargne là dessus, non pas que je n’ai pas des choses à dire, mais je crains de finir par me répéter. Je vais parler d’un sujet encore plus sensible. Celui de l’alcool.

Alors oui, j’ai déjà parlé de l’alcool mignon en couple, le fameux alcoolisme de couple, celui qui fait qu’on roucoule en buvant en bouteille de vin et en boulotant du fromage, là, je vais parler des terribles cuites qui peuvent nous tomber dessus, pouf comme ça, sans même qu’on leur demande de venir, et parfois aussi en leur demandant de ramener leur fraise, soyons honnêtes.

Vous ne savez pas encore que suite à l’article sur l’alcoolisme de couple, j’ai reçu un mail, fort adorable au demeurant, me souhaitant d’être très heureuse, mais qui me priait de toute son âme d’arrêter l’alcool. Je suis très touchée de recevoir ce genre de mail, et je remercie le lecteur pour sa sollicitude, mais soyons sérieux cinq minutes…

Bref, je retente le diable, tant pis si j’ai toutes les ligues de bonne vertu aux fesses

Car oui madame, il arrive parfois, qu’en soirée, on boive trop. Beaucoup trop pour ce que notre corps peut gérer, et bien trop pour copuler avec son pathignon en rentrant, et vraiment trop pour être un être humain le lendemain. Ce n’est pas qu’on ne sait pas s’amuser sans boire, le principal argument des ligues de vertu pour nous dire qu’on est pathétiques, accros à la bibine, et qu’on finira dans un caniveau le nez rouge et le ventre boursouflé. En fait non, on s’amuse juste différemment quand on ne boit pas. On va à Disneyland par exemple. En soirée, c’est juste bon, en goût, si, si, et plus la soirée dure, plus les opportunités de trinquer avec quelqu’un se multiplient, donc on se laisse entrainer comme des chiots mal dressés. En plus, on peut dire plein de bêtises.

Il était une fois un couple de pathignons à une soirée. Plus spécialement à une crémaillère. Le contexte était idéal, car les soirées en appartement sont les soirées où l’on boit le plus : ça revient moins cher. Ce qui au passage fait bien rire quand on entend ceux qui nous gouvernent fermer les bars plus tôt pour empêcher les gens de piccoler. Ils arrivent avec une bouteille de rouge chacun. Ils ont peu mangé car ils viennent directement depuis un long voyage en train. A leur arrivée, ils prennent un verre de rouge. Puis un deuxième car il est très bon. Puis un troisième pour accompagner quelqu’un, c’est quand même la moindre des choses. Les pathignons se séparent, monsieur va parler musique à droite à gauche, mademoiselle va parler de bite dans la cuisine. On lui propose de la bière, elle accepte. Un garçon approche le pathignon, il lui sert du whisky, son péché mignon. Puis les choses deviennent plus floues. La demoiselle est toujours à la bière, et la rumeur veut que le garçon soit lui tombé sur une bouteille de vodka, comme ça, pouf.

Quelques minutes, heures, quarts d’heure, on ne sait pas exactement, plus tard, le garçon retrouve la demoiselle en train de discuter dans le salon. Il s’allonge sur le sol, et se met à battre des bras en cadence. La demoiselle sonne sa petite alerte personnelle, et s’en va lui chercher un verre d’eau. Le garçon disparaît, elle le retrouve un peu plus loin, un peu plus pâle, un peu plus mal, et décide de le ramener en taxi en lui parlant tout doucement.

Le lendemain, elle lui apportera verres d’eau, de coca, lui préparera des œufs avec du bacon, pour le faire éponger un peu. Toujours avec amour.

Trois semaines plus tard, la demoiselle est sans son pathignon à un apéro dans un bar. Bar désespérément pas cher pour la ville et le quartier, alors tout le monde en profite joyeusement. Les bières s’enchaînent, elle commande une assiette de charcuterie et de fromage, puis une décision quasi collective est prise, celle de passer au mojito. A un moment de la conversation où elle parlait le plus sérieusement du monde de masque à l’argile pour le visage avec un garçon, ce qui aurait dû lui mettre la puce à l’oreille sur sa condition, sa tête se met à tourner. Pas folle, prudente et pleine de sagesse, elle décide de rentrer. Elle sort, elle appelle son pathignon, loin pour le week-end, pour lui raconter sa soirée. Elle se trompe de côté, atterri au mauvais métro, prend finalement trois correspondances pour rentrer chez elle. Elle se couche, commettant même le sacrilège de ne pas se démaquiller, pratique honnie s’il en est. Sa tête tourne, elle veut son pathignon, mais elle commande à son corps de dormir, alors celui ci s’exécute.

Le lendemain, elle avait soif, elle avait faim, elle n’avait pas la force de se préparer des œufs, toute seule, comme une malheureuse, alors vers midi elle appela à la rescousse l’ultime sauveur pour se sustenter, dieu le père en personne, et faire passer cette foutue sensation d’être patraque : le livreur de sushis. Le poisson cru, le riz et la soupe remplirent leur office, mais – était-ce psychologique – bien moins que quand il s’agit d’œufs et de bacon préparés par le pathignon.

Moralité : la cuite, à deux, c’est mieux.

Les parents, les beaux-parents, et le gavage des oies

5 avril 2011

Il y a un centre d’intérêt assez répandu chez les mères, les belles-mères ou tout autre personne nourricière – admirez la rime pauvre – père, sœur, frère, nourrice, tatie, mamie gâteau ou mamie Nova, quand il s’agit de leurs enfants, ce sont les repas, et tout ce qui tourne autour.

Pour ma part, à chaque fois que je rentre chez mes parents, j’ai droit à : « mais tu aurais pas maigri ? » ou bien « tiens mange, tu es maigre », mais aussi, « mais c’est tout ce que tu manges ? Pas étonnant que tu maigrisses ».

Cela tient bien souvent du gavage pur et simple, quand on est rentré du ski, avec le Dernier Garçon, on est passé chez mes parents, car Lyon est à côté des montagnes, que j’y déposais mes affaires de ski, et que j’y récupérais le chat, surtout. Du coup on est passé en coup de vent, en arrivant à 14h30 et en repartant à 16h30, ce qui nous laissait juste… le temps de manger :
« Marion, alors vous avez du riz à l’espagnole pour midi (NDM : une sorte de paëlla : viande, riz, légumes, etc) , du fromage, du pain, ah et des chaussons au pommes pour le goûter… Quoi comment ça il est 15h30 et tu finis à peine ton riz ? Bah tu les prends pour le train ». Quand on y est allés en week-end, c’était petit déjeuner avec des viennoiseries quelque soit l’heure du réveil, en général 10h30, et repas de midi entrée-plat-dessert à 12h30 pétantes.

L’ironie de l’histoire veut qu’il y a encore un an et demi, chaque fois que je voyais mes parents, on me demandait si je n’avais pas encore grossi. Depuis, j’ai perdu quelques kilos par l’opération du Saint Esprit ; je dois être seule personne au monde que le couple fait maigrir. Ce qui est rassurant dans un sens : je ne deviens pas un lamantin. Donc désormais leur inquiétude majeure c’est de me voir manger.

J’ai une théorie là-dessus : quand j’étais célibataire, ils devaient se dire que je devais ne pas trop grossir pour trouver quelqu’un qui me plaise, et maintenant que je suis en couple, je dois avoir des réserves sur les hanches pour faire des enfants en bonne santé.

Du côté du Dernier Garçon, c’est le même topo alimentaire, les remarques sur le poids et beaucoup d’alcool en plus. Riez, mais même si l’on arrive à 22h30 de la gare, la bouteille de champagne est prête pour l’apéro, puis il y a du blanc moelleux avec l’entrée, puis du rouge avec la viande. Tout juste si l’on ne me propose pas un petit digestif pour bien terminer. Bien sûr on en repart avec un sac complet de victuailles : de retour d’un week-end chez ses parents en solo, le Dernier Garçon est revenu avec du crumble, de la charcuterie et du tiramisu plein la besace. Je pense que sa mère me soupçonne de sous-alimenter son petit dernier et de lui apaiser la faim avec des mots doux.

Comme beaucoup de garçons, le Dernier Garçon trouve tout plat préparé par sa mère absolument délicieux, et je le cite en écrivant cela, « ce sont des tueries ». J’ai souvent entendu des histoires de demoiselles qui avaient du mal à nourrir leur homme, car ils préféraient le gratin de leur mère, le crumble de leur mère, le repas de Noël de leur mère, le lait de leur mère… Alors ne voulant pas décevoir ce délicieux jeune homme avec mes modestes talents culinaires et mon four pourri, j’ai trouvé une solution. Je ne cuisine pas. Jamais.

Affaires de fille

1 avril 2011

(voici le vrai post du jour)

Dans la vie d’un couple qui tente d’habiter ensemble et qui se fait sans sommation jeter par le marché parisien à chaque fois qu’il craque naïvement sur un appartement, même pas très grand, dans un quartier avec plein de bars autour, il y a la terrible question de savoir chez qui on dort.

Le Dernier Garçon habitait avec son frère dans l’appartement de ses parents, dans lequel ces derniers, qui n’habitent pas à Paris, passent des week-ends assez régulièrement. Autant vous dire que la solution dans laquelle il apporte des caleçons dans mon ridicule studio avec un chat était la plus simple. J’ai une petite tendance à apprécier la tranquillité et de ne pas devoir partager la salle de bain le matin avec un beau-frère au moins aussi en retard que moi. Donc on squattait chez moi, dans le bordel, le mini frigo et les poils de chat.

Depuis quelques semaines, son frère est parti travailler à l’étranger, ce qui fait que le trois pièces familial est bien souvent vide à l’exception de certains week-ends. Du coup, le dernier Garçon fait pression pour qu’on y aille plus, au moins la moitié du temps : il y a une chambre, un salon, une salle de bain avec baignoire, un vrai four (chez moi on vivote avec un combi micro-onde grille infoutu de faire cuire une pizza), un grand frigo, un grand écran, pas de poils de chat. Bref, le Ritz.

Sauf que, j’ai un souci de taille là-bas. Je n’y ai aucune affaire, enfin si la valise de mes affaires de ski y traîne encore, mais je n’y ai rien de mettable hormis des chaussettes et des sous-vêtements. Or je suis une fille dans le pire sens du terme : de mauvaise humeur le matin si elle n’a pas ses cinq kilos d’affaires pour se préparer. Lui me dit d’en apporter, mais ça voudrait acheter en double tous mes cosmétiques, qui représentent déjà le PNB du Ghana, mon lisseur à cheveux (acheté chez un coiffeur, introuvable dans le commerce), me priver d’une partie de mes fringues, et surtout chaussures, quand je suis chez moi, et vice-versa. Ce qui est impossible, surtout pour les chaussures.

Quand je consens à ce qu’on y passe un peu de temps, je dois donc apporter tout mon matos et de quoi me changer. L’autre jour, j’étais trop à la bourre le matin pour préparer mon sac : la moindre des choses quand on commence un nouveau boulot étant d’arriver à l’heure. Il se propose gentiment de préparer ce foutu sac car lui n’est pas en retard.

Je lui fais donc ma liste : la jupe rouge à fleurs achetée la veille, qu’il avait trouvée désespérément courte quand je l’ai essayée devant lui, un tee-shirt noir, ma trousse de toilettes avec le fond de teint liquide posé en évidence sur une étagère, mon lisseur et des collants (j’en avais acheté des neufs la veille, rangés à côté de la fameuse jupe).

Je vous le donne en mille, le lendemain matin, c’était le drame, la jupe s’était transformée en robe rouge. Encore une preuve de la terrible incapacité masculine à distinguer la robe de la jupe, je me demande pourquoi on se fatigue à se faire belles, parfois. Les collants étaient ceux qu’il m’avait vu déchirer trois jours plus tôt, et m’avait fait la réflexion que mes collants étaient morts. Et en lieu et place du fond de teint, j’avais ma jolie boite de Terracota.

J’avais hélas oublié cette maxime intemporelle : ne jamais faire confiance aux garçons en matière d’affaires de fille.

Mauvaise passe et conséquences

1 avril 2011

Je n’ai jamais été une grande fille très ordonnée. J’oublie toujours tout, mes papiers, mes clefs, de nourrir le chat… Alors vous imaginez quand il s’agit de prendre la pilule, je l’oublie une fois sur quatre.

Je ne vous l’ai pas dit, mais avec le Dernier Garçon, il y a quelques temps, on a vécu une période difficile, lui avait rencontré quelqu’un sur Minecraft, une geekette un peu moins superficielle que moi. Il se sont vus, il s’est passé des trucs. Il me l’a avoué et j’ai décidé de lui donner une deuxième chance, car il regrettait amèrement ses actes et le mal qu’il a pu me faire, en limitant beaucoup Minecraft et en lui faisant jurer de bannir cette nana du serveur. Quand même.

Dans toute cette agitation, nos retrouvailles, ma pilule est passée à la trappe. Car oui, on a la réconciliation sur l’oreiller facile. Je n’ai pas fait trop attention au début, puis finalement après un test, j’ai réalisé que j’étais enceinte, et qu’il était un peu tard pour s’en séparer.

Malgré toutes nos réticences du début, cette nouvelle a rendu le Dernier Garçon fou de joie, et a résolu tous nos problèmes, à la trappe la geekette de MineCraft, bonjour petite famille à nous. Ce qui fait qu’on cherche un trois pièces désormais.

Guide de survie relationnelle : sortir avec un Gamer

30 mars 2011

Dans la vie d’un garçon (ou d’une fille, mais c’est plus rare), il existe parfois une passion dévorante, bien souvent incompréhensible pour le commun des mortels et qui l’enferme dans une petite bulle de graphismes en 3D. Il s’agit de la passion pour les jeux vidéos, a fortiori ceux qui se jouent en ligne : l’addiction y est encore plus grande.

Dans ma petite vie à moi, il y a un de ces individus étranges, à la myopie aggravée par l’écran, qui joue à l’un de ces jeux. Le Dernier Garçon, si doux et adorable qu’il soit, a développé une addiction pour le moins bizarre à Minecraft. Si vous ne connaissez pas, il s’agit d’un jeu sans fin, dans lequel le joueur peut environ tout faire, tout construire et tout imaginer, le tout en ligne, sur un serveur qu’il aura monté lui-même, ou bien sur une IP trouvée sur un forum de geeks, le tout avec un graphisme en legos. Je sais, dit comme cela, personne ne rêve.

Pourtant, chaque jour, il me parle de Minecraft, il me montre tout fier le temple Maya qu’il a construit de ses blanches mains en empilant les briques, la cascade de lave qu’il a installée pour piéger les intrus, je le vois construire inlassablement une ville dans le désert, faire des petites échoppes, me montrer avec la larme à l’oeil l’Anubis géant qui a été construit par un des autres joueurs ou bien les vidéos de ses créations reprises par les gros pontes du jeu. Je le vois aussi faire des projets fous, comme de monter avec son meilleur copain le plus gros serveur français, ou de construire une ville sous marine, râler contre les Newbies du serveur qui veulent faire des bâtiments qui ne vont pas avec l’architecture qu’il a patiemment mise en place, en fatiguant ses jolis yeux.

Le problème, c’est que tout ceci prend du temps, occupe mon ordi car il n’a pas pu s’empêcher de l’installer dessus afin d’y aller “5 minutes quand on a besoin de lui sur le serveur” et me rend quand même furieusement perplexe, même si j’adore certains jeux vidéos hein. Alors depuis plusieurs mois que Minecraft est dans ma vie malgré moi, j’ai conçu des règles de survie pour mon couple, afin que je ne crise pas totalement et que lui puisse s’épanouir en construisant des temples mayas surtout. Alors, pour aider les personnes en détresse face au phénomène, je les partage, et sachez que je les pense valables pour tout jeu chronophage.

Règle numéro 1 : Ne le laissez pas jouer quand vous êtes là, ensemble, chez vous, chez lui, heureux, sauf si vous êtes expressément occupée à autre chose. Moi par exemple, les week-ends, il y a toujours un moment de l’après-midi, si l’on est à domicile, où je m’endors comme une bienheureuse en bavant un peu. Du coup il en profite pour sortir l’ordinateur et jouer. Ce qui explique du coup pourquoi ce jeu de malheur est présent sur MON ordi. Ceci est valable aussi le soir, si vous dormez avant lui. Pratique.

Règle numéro 2 : Parfois, un administrateur de serveur est appelé à la rescousse par ses ouailles pour un truc qu’ils ne peuvent pas gérer seuls. Laissez-le y aller juste 5 minutes, cela entretiendra son côté super héros à vos yeux. Mais pas plus, s’il commence à traîner et à continuer sa ville dans le désert, je lui lance un regard noir et je pars bouder dans la cuisine.

Règle numéro 3 : Au grand jamais, mais jamais, vous n’accepterez d’y jouer. (Sauf si vous vous êtes rencontrés sur World Of Warcraft). Car votre vie sociale risque de mourir en même temps, et vous ne voulez pas la mort de votre vie sociale non? Enfin, c’est votre problème après tout.

Règle numéro 4 : Essayez de lui souffler des idées pour rendre l’entreprise rentable, il ne le fera pas de lui-même : il est un artiste, un créateur, un pur, un vrai… Car quitte à perdre son boulot, ou rater ses études à cause d’un jeu trop prenant, autant que cela paie une partie du loyer.

Règle numéro 5 : Ne perdez jamais de vue le fait que vous pourrez le laisser seul quelques jours, vous le retrouverez à la même place, l’oeil un peu plus cerné, certainement sous-alimenté et les lèvres un peu plus sèches, mais le terrible jeu en ligne l’aura occupé à la perfection, le privant de toute velléité d’aller voir ailleurs

Pourquoi les chats domineront le monde

15 mars 2011

Je vais encore vous parler de mon chat. Ce qui est toujours mieux que vous parler de mon mec, accordez moi au moins cela. Je suis une fille à chat, et comme toutes celles de mon espèce, je sais de source sûre que l’espèce la plus intelligente sur terre n’est ni le dauphin, ni la souris, mais le chat.

Oui les chats domineront le monde. Je passe sur leurs exceptionnelles capacités physiques, le mien ayant survécu quasi indemne à une chute du toit, ce qui reste mon traumatisme premier. Alors imaginez, s’ils prenaient forme humaine, on aurait une armée de soldats agiles, forts et têtus prêts à nous asservir pour leur donner à manger et un radiateur.

Les chats sont mignons, quoi qu’ils fassent. Chaque jour des milliers de gens s’échangent des photos et des vidéos de chat sur le net, parce qu’ils trouvent ça mignon. Ils vous diront que cela les fait rire, mais en vrai, à chaque photo, chaque vidéo de chat que l’on met devant quelqu’un, ses yeux se mouillent, sa voix devient plus aiguë, son visage de crispe dans l’émotion, et un son s’échappe de lui : « muh ».

Tenez, je prends l’exemple de mon chat, qui est une femelle en vrai, mais vous connaissez ma politique sémantique sur le sujet. Pendant deux mois, deux foutus mois, elle a été insupportable. Elle a commencé par devenir méchante, à vouloir mordre à chaque fois qu’on l’approchait, je ne pouvais pas poser un pied par terre sans qu’un fauve me fonce dessus pour me dévorer le mollet. Puis elle est devenue distante, du genre à nous observer de loin perchée sur la Freebox, et à venir contre moi juste quand je dors profondément de telle sorte à ce que je sois trop endormie pour la caresser. Je reste persuadée qu’elle faisait exprès de se coller à moi pile quand le Dernier Garçon prend toute la place de l’autre côté, afin que je reste coincée. J’ai cru à sa crise d’adolescence, et qu’elle allait me réclamer un scooter. Puis elle a eu ses chaleurs, s’est frottée à nous juste parce que ses hormones lui dictaient de le faire, pour redevenir distante une fois terminées. Le lendemain elle partait en stage chez mes parents, enfin, en pension, pendant que je dévalais, au sens propre, les pistes bleues.

Je craignais de rentrer et de retrouver le même chat horrible qu’avant. Mais par miracle, elle est redevenue comme avant avant. Limite collante, à réclamer des câlins, à ronronner, à dormir sur moi : hier, elle m’a même volé mon oreiller. Et nous, bêtes comme nous sommes, on trouve cela : TROPMEUGNOOOOOOON. Et on a les yeux qui se mouillent, la voix qui devient aigue, le visage qui se crispe dans l’émotion, et on dit « muuuuuuhh », en cœur… Désespérant.

Le pire dans l’histoire, c’est que le Dernier Garçon a pris une photo, pour montrer au monde, et à sa mère (!), à quel point elle était TROP MEUGNONNE.

Au secours, j’ai créé un mec à chat.


NB : Je déroge, exceptionnellement, à ma manie de ne mettre aucune image, mais c’est qu’elle est vraiment trop meugnonne, vous comprene
z.

Les joies du ski

14 mars 2011

J’étais donc partie pour une semaine à la montagne avec le Dernier Garçon. Notre première semaine en amoureux, rien qu’à deux, on a choisi de la passer à faire une activité sportive. Je crois que parfois, je n’ai pas toute ma tête. J’ai déjà fait du ski, des colos quand j’avais 8, 9 et 10 ans, des classes de neige quand j’étais en primaire. Je suis de Lyon, ce n’est pas loin, rappelons-le, je suis géographiquement prédisposée à savoir skier. Puis un week-end à 16 ans, et quelque chose comme une journée de ski il y a 5 ans. Autant vous avouer tout de suite que je pratique le ski comme tout sport dont je me suis approché dans ma vie, du karaté, à la danse, en passant par le volley, et tous les sports scolaires divers et variés : très mal.

Le Dernier Garçon, lui, fait du snowboard, et il en fait bien. C’est là que je vois l’extrême patience de ce garçon, car en général, les gens doués dans un sport – surtout un sport dans lequel ils s’amusent comme des petits fous – les boulets, ils les refilent à un prof et partent dévaler les pistes noires. Lui s’est occupé de moi, a porté mes skis au pied des pistes, m’attendait quand je galérais et ne m’a pas forcé à faire une seule piste rouge. Bref un amour.

Je suis d’accord pour reconnaître que je suis un boulet des pistes, j’ai une peur bleue de la vitesse, dès que ça va trop vite je fais « hiiiiiiiii » et je m’arrête en dérapant, je pleure dès qu’il y a du verglas, et je n’ai aucune, mais alors aucune condition physique. Tenez, un après midi, ma jambe gauche a refusé de tourner. Elle fonctionnait tant bien que mal, me permettant de tourner dans la douleur et de m’arrêter quand ça allait trop vite (soit tout le temps), et à un moment elle a dit « non, débrouille toi » et c’est ainsi que je me suis retrouvé en chasse neige, face à un sapin en hurlant « Putain de bordel de merde !!! », alors que s’arrêtait derrière moi un inconnu à ski médusé, qui devait se demander si j’avais toute ma tête.
Mais si je suis un boulet des pistes (et des remontées mécaniques, et des locaux à ski, et du sport en général), je l’affirme bien fort : sur les pistes, l’enfer c’est les autres. Il y a d’abord les gens qui vont vite et qui passent à côté de moi en faisant « froucccccccch frouch ! » car la neige est dure. Moi ça me fait peur et je m’arrête. Il y a aussi les gens aussi lents que moi. Moi ça me fait peur et je m’arrête, car j’ai peur de leur rentrer dedans, vu que ma jambe tourne mal. Il y a aussi les gens qui vont vite et qui skient aussi bien que moi, j’ai peur car je soupçonne que leur jambe gauche va décider de s’arrêter de tourner pile au moment où je suis sur le passage. Il y a aussi les gamins qui vont vite car ils ont peur de rien. Moi ça me fait peur, et j’ai surtout envie de leur dire « petit con, moi à ton âge j’avais peur (et je m’arrêtais). ». A noter que ma jambe défectueuse et moi, on a failli renverser deux enfants à l’arrêt, juste par manque de précision notoire dans les virages.

Un seul accident est à déplorer : le Dernier Garçon, à qui une skieuse qui allait vite a coupé le passage en faisant « frouch frouch », m’est rentré dedans. Je m’en suis sortie avec une peur bleue de la piste en question, qui était ironiquement bleue, un hématome, bleu, lui aussi, à l’avant-bras et une furieuse envie de rentrer avec les œufs.

Malgré les courbatures géantes, mon incapacité chronique en sport et les gens qui me font peur sur les pistes, on a mangé plein de fromage : en fondue, en raclette, cru, sur du pain, avec de la confiture, baffré du jambon de Savoie acheté sur le marché, et bien sûr torpillé de la bière au Génépi, du vin rouge de Savoie, du vin blanc de Savoie, et de la liqueur des montagnes. Car il ne faut jamais perdre de vue l’essentiel.

Boulot, blog, fréquence et tralala

4 mars 2011

Chers lecteurs, chers lectrices,

Ceux qui me suivent depuis longtemps savent que je ne parle que peu de mon boulot ici, tout au plus vous savez que je suis Community Manager car c’est marqué sur Twitter, et ceux qui ont fouillé un peu savent où et depuis quand. Il y a trois ans pile poil j’arrivais sur Paris pour un stage, et je racontais un peu mes premiers pas dans ce nouveau monde, puis ma vie de blog est devenue essentiellement amoureuse, ce qui me convenait très bien et empêchait que mon blog potache, romantique et parlant de bite n’interfère dans mon boulot, même si je ne m’en suis jamais caché auprès de mes collègues, clients, patrons divers et variés.

Depuis deux semaines, pas d’article ici, ce n’est pas que je vous aime pas, au contraire, si j’étais pour le mariage je vous épouserai, juste qu’un certain remue-ménage professionnel m’a empêchée d’écrire. Je vous ne l’ai jamais vraiment dit, mais je suis une dilettante de l’écriture, j’écris mes articles relativement vite mais je suis incapable d’écrire quoi que ce soit si je ne suis pas en condition. Il faut que j’ai eu une idée au préalable, en rentrant d’une soirée, en papotant avec quelqu’un, en lisant quelque chose, en observant quelqu’un dans la rue, le métro, en visite d’appartement, auquel cas l’article se sera mis en place tout seul dans ma tête comme un grand pendant mes temps morts, métro, douche, maquillage… Puis il faut que je sois en condition, derrière un écran, de bonne humeur sinon j’écris des trucs méchants, sans un truc qui me préoccupe trop. A noter que j’adore écrire quand j’ai la gueule de bois, cela me fait rire à mes propres blagues comme une débile derrière l’écran. On s’amuse comme on peut. J’essaie de m’astreindre à un rythme d’un article par semaine, mais parfois c’est incompatible avec le reste.

Ces deux dernières semaines, il se trouve que j’ai trouvé un nouveau taff, posé ma démission, envoyé des lettres en recommandé, négocié mon préavis, planifié mon mois de mars. Je suis une petite nature, je sais, mais c’était un poil trop de choses à gérer en même temps pour me retrouver avec le sourire derrière un écran, remplie d’une idée con à griffonner. Il faut le savoir, après les serpents, ma plus grande phobie sont les démarches administratives de tout bord. Pourtant, j’ai des bouts d’articles dans un bout de cerveau qui me démangent, oui, c’est un peu sale comme métaphore.

La semaine prochaine je suis au ski avec le Dernier Garçon, donc pas d’article, pas de présence du tout sur le blog, mais c’est pour la bonne cause… celle de me ridiculiser sur les pistes…

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