Quand mon dentiste ne pouvait rien faire pour mes molaires

19 juin 2008

Cette semaine, j’héberge un Francky, venu à Paris pour s’occuper de plein de trucs ultras sérieux pour préparer un truc con qui se nomme l’avenir. Bon, ne vous en faites pas, on festoiera aussi dignement ce week-end.

Mais cette incursion de mon Francky favori dans ma petite vie parisienne m’a rappelée une époque pas si lointaine qui me parait pourtant à des années lumières de maintenant. Cet article ne parle pas de bite, il sera pour le moins mélancolique, mais ne vous inquiétez pas, c’est juste une histoire comme j’aime les raconter, parce qu’au final elles nous font grandir.

Avant-hier soir, j’ai enfin pu rencontrer LudoFJ, qui m’a dit qu’il trouvait ça marrant de lire ici, car je ne me posais jamais en « victime » des garçons. Non je ne suis pas victime des connards, mais je dois confesser, il n’y a pas si longtemps, un mec m’a fait perdre tout sens commun et m’a fait ramasser mes molaires en petits morceaux.

Il y a très très longtemps et au royaume de fort fort lointain, j’étais tombée nez à nez avec un garçon. Sur le coup, j’en ai fait un pas en arrière. Puis, par un horrible secret qui n’appartient qu’à moi, on est devenus amis, complices, et très proches. J’avais l’horrible rôle de la confidente, de l’épaule sur qui pleurer. Mais il était aussi la petite voix qui me disait toujours : « ça va aller Marion, ça va aller Marion » quand j’étais en proie à des doutes et à des angoisses concernant mon avenir. Ce garçon était définitivement trop tactile pour moi, à me prendre dans ses bras et à me parler à une distance que la bienséance réprouve.

A l’époque, on naviguait à vue dans un bordel relationnel touffu, si bien qu’un jour je lui avais posé la question du « Et si ». Et si ce n’était pas comme ça, toi et moi qu’est ce qu’on serait ? Ensemble, et puis c’est tout. Un jour au milieu de tout ça, on s’est même roulé des pelles, mais c’était encore la faute d’un mauvais rosé.

Sauf que, le temps a passé, on a été séparés par les aléas des semestres de mobilité pendant plusieurs mois, j’ai poursuivie ma vie étudiante mouvementé, lui la sienne. Je me disais que quand même, si on jour on se retrouvait dans la même ville, il fallait peut être que cette salope d’ambigüité se concrétise.

C’est arrivé de se retrouver plusieurs mois au même endroit alors que ce n’était pas prévu. J’ai craqué, j’ai tout balancé : que je ne gérais pas son ambigüité, parce qu’il me plaisait énormément et que je tenais à lui. Il est tombé des nues, car entre mes histoires de Sexy Bâtard et mes histoires de bite, il s’attendait à tout sauf à ça. Car, malgré mon mètre soixante-dix, parfois plus en talons et mon humour qui prend de la place je suis d’une habilité incroyable à me cacher.

Il a ensuite avoué, que oui il n’avait jamais été aussi complice avec une fille que moi, que oui il m’adorait, que oui je lui plaisais, que oui il y avait pensé un jour, mais que non il ne se voyait pas avec moi.

Cash, clair, efficace.

Ce n’est pas parce que la chute a été rude que j’ai pour autant tout oublié d’un coup, cela m’a pris plusieurs mois, à le voir régulièrement malgré moi, à se hurler dessus en soirée, et à s’insulter réciproquement de Connard et d’Emmerdeuse, à balancer devant ma gueule qu’il avait couché avec telle fille, à finalement atteindre un tel point de non retour que j’ai décidé de plus lui parler, jamais, jamais. J’ai changé de point de vue depuis, on se reparle un peu, mais il appartient désormais aux limbes d’une époque révolue.

Au milieu de ce semestre troublé, j’ai fait la connaissance de mon Francky qui m’a intégrée à un joli cercle de beaux garçons dont je n’avais rien à craindre : la mafia gay. Je me suis parfois retrouvée la seule fille au milieu d’une armée de chouchous. A faire des soirées à parler de bite, j’ai refait surface, et pour ça, je les remercierai jamais assez car dans le fond mon dentiste n’aurait rien pu faire pour mes molaires.

Après coup, Dassou m’avait dit : « Marion je t’interdis de te rapprocher d’un garçon hétérosexuel susceptible de te plaire ». Ouais, certes, elle est gentille, mais moi hormis draguer des connards et me faire des amis hétérosexuels, je sais rien faire d’autre. Francky me disait hier : « On est catastrophiques car quoi qu’il se passe on reproduit toujours les mêmes foutues erreurs ». Je sais pas si je reproduis toujours les mêmes erreurs, mais toujours est il que depuis cette histoire, je suis foutrement incapable de faire comprendre à un garçon qu’il me plait.

20 commentaires à “Quand mon dentiste ne pouvait rien faire pour mes molaires”

  1. Francky le 19 juin 2008 à 12:36

    Mais ne t’inquiète pas. La mafia gay, si elle sait veiller et consoler, remonter le moral, changer les idées, parler bites, boire de la vodka ou insulter les nunuches, elle sait aussi repérer et conseiller. On va passer en mode warrior detector ^^ Starting tonight ^^

    Répondre à ce commentaire Répondre
  2. Tiriel le 19 juin 2008 à 12:39

    …Alors là ça change carrément de ce qu’on peut lire par ici d’habitude.

    C’est néanmoins très intéressant, ça nous montre une facette qu’on ne connaissait pas forcément.

    Encore un bon article en somme, et une preuve de plus que nouzautre les hommes ne sommes que des connards incompréhensibles/incompréhensifs ;)

    Répondre à ce commentaire Répondre
  3. Mademoiselle le 19 juin 2008 à 14:09

    Très très bel article !
    Bravo.

    Mademoiselle.

    Répondre à ce commentaire Répondre
  4. Sylvain le 19 juin 2008 à 14:38

    Je ne peux que te comprendre! je vis d’une certaine manière un peu la même chose depuis 2 ans…
    Oui oui 2 ans le pire c’est qu’on est incapable moi ou elle de couper les ponts. On essaye de faire notre vie à coté mais ça pose quelques soucis ^^.

    Répondre à ce commentaire Répondre
  5. bykyss le 19 juin 2008 à 14:48

    c’est la même, suis même dans le même cas que toi sauf que je craque pas (bon la distance aide aussi faut dire;) y a pas moyen j’ai plus de dents..

    Répondre à ce commentaire Répondre
  6. romain blachier le 19 juin 2008 à 15:08

    émouvant et beau…je t’envoie ce que tu m’as demandé, faut que j’en trouve un pas trop mal…ah et oublie pas de voter pour moi là
    http://www.lyon69.net/merci-davo...

    Répondre à ce commentaire Répondre
  7. Simon (l'autre) le 19 juin 2008 à 15:20

    "m’a fait ramassé mes molaires?"

    Moi c’est cette phaute d’hortografe ki ma fé pleuré…

    Répondre à ce commentaire Répondre
  8. chandleyr le 19 juin 2008 à 15:41

    C’est ca que j’aime bien en te lisant c’est qu’il ne suffit pas de gratter bien fort pour découvrir la fille sensible derrière celle qui parle de connard 1er et prononce bite plus vite que son ombre. Très zoli petite histoire dans laquelle j’imagine plus d’une personne a du se retrouver d’une façon ou d’une autre. Passage malheureusement obligé du bordel sentimental ambiant.

    Très beau texte en tt cas.
    ++

    Répondre à ce commentaire Répondre
  9. LudoFJ le 19 juin 2008 à 16:16

    voilà donc dévoilée une partie des éléments qui font que tu as la Force avec toi.

    Intéressant.
    :)

    Répondre à ce commentaire Répondre
  10. Bettie le 19 juin 2008 à 16:16

    Yeah Marion, ca me fait penser à mon amoureux du collège, Philippe. Je l’aimais très très très fort, mais j’étais juste sa "bonne copine". Il a joué avec moi et a brisé mon petit coeur en miettes à la fin de la 3ème.

    Il m’a retrouvée il y a un mois par l’annuaire ! Et il m’a présenté ses plus plates excuses… C’était chou ! (mais il apparait évident que depuis 8 ans, on a bien changé tous les deux, et notre "idylle" est finito !)

    Répondre à ce commentaire Répondre
  11. 'leX le 19 juin 2008 à 16:56
  12. romain blachier le 19 juin 2008 à 17:09

    vous etes que trois sur les affiches ou y’a plusieurs versions d’affiches de trois?

    Répondre à ce commentaire Répondre
  13. SAR le 19 juin 2008 à 19:47

    Mon cycle infernal: je ne m’accroche exclusivement qu’a des nanas sur lesquelles il n’y a pas moyen, et je ne couche qu’avec des filles qui ne me plaisent pas.

    Répondre à ce commentaire Répondre
  14. 'leX le 19 juin 2008 à 21:21

    @Romain : toutes les affiches sont chez Emery :
    mry.blogs.com/les_instant…

    Répondre à ce commentaire Répondre
  15. Niz- le 20 juin 2008 à 9:38

    Très bon article! Mais d’une certaine manière je comprends la réaction du mec. J’ai fait à peu de choses près la même chose, c’est juste la peur de tout gâcher qui fait ça. Est-ce que ça fais de lui un Connard ? je penses pas.

    Répondre à ce commentaire Répondre
  16. Jack Larsen le 20 juin 2008 à 10:45

    Bah alors, y aura-t-il un jour où les choses seront limpides entre gens qui se plaisent? Ca me parait compromis, j’ai comme l’impression qu’on a pas fini d’être ambigüs les uns vis-à-vis des autres. Bel article, becs.

    Répondre à ce commentaire Répondre
  17. Marion le 20 juin 2008 à 11:50

    @ Francky Owi Owi

    Tiriel : Oui j’ai un coeur!

    Mademoiselle : Merci :)

    Sylvain : je ne peux que compatir, moi aussi j’ai eu du mal à m’en débarasser, mais au bout d’un moment quand la situation est trop intenable mieux vaut tout casser d’un coup et fuir vite, même si on en souffre.

    Bykyss : Moi mes dents on repoussé depuis, et je fais scrupuleusement attention à elles ;)

    Romain : Merci, et j’ai voté!

    Simon Roh merde, j’ai corrigé!

    Chandleyr : ouais je crois que ce genre de situation est assez fréquent, et que vu le bordel dominant, cela ne va qu’en empirant…

    LudoFj : "Luc je suis ton père"

    Bettie : Ah bah il s’est excusé même si c’est tard, le mien aussi s’est excusé mais bon vu que la machine avait été lancée, les excuses n’ont rien changé dans le fond, même si c toujours bon de le savoir qu’il est "désolé"

    SAR : Hum même problème que toi, sauf que je couche pas :D

    Niz : Un connard sur la durée non, car il a aussi été un formidable soutien à des moments ou j’en avais le plus besoin, un connard sur le principe oui, car il a eu des attitudes qu’on a pas avec une fille dont on veut pas :)

    Jack : tout a fait d’accord, les choses ne font que commencer. becs aussi^^

    Répondre à ce commentaire Répondre
  18. Theman le 20 juin 2008 à 15:28

    "que depuis cette histoire, je suis foutrement incapable de faire comprendre à un garçon qu’il me plait."

    Serait-ce possible de lire "…incapable d’accepter d’un garçon qu’il me plaise (m’atteigne)"?

    Marion, la pose que tu prends sur les affiches m’a interpellé. J’ai d’abord songé à Superman, puis Mr Propre, puis un déménageur/bucheron, avant de réaliser que c’est une pose que je prends parfois (surtout avec les avant-bras nus, croisés). Et là je me suis dit qu’il était pas né le mec qui oserai ce coltiner ce bucheron/déménageur…Jusqu’à ce que l’évidence me frappe : c’est Marion-là, notre Marion, drôle, pleine d’humour, de vie, sensible, féminine. Mais alors pourquoi j’ai vu un bucheron d’abord, beaucoup moins attirant, apparemment beaucoup moins…atteignable?

    Répondre à ce commentaire Répondre
  19. Marion le 20 juin 2008 à 15:35

    Theman : tu fais de la psycho de comptoir là. Désolée de te le dire :)

    Mais le pitch de la photo c’était (non pas "fais l’amour à la caméra") mais "tu as tenu 35h tu es infatiguable, tu te la pètes", et les bras croisés, c’est la photographe qui m’a dit de les mettre. La pose m’a été dictée, comme à tout les autres qui sont aussi sur les affiches. Il y a eu d’autre photos, ou je suis plus "souriante" et moins "bucheron" mais elles ont pas été retenue :) Râté pour l’analyse donc.

    Anyway : le coup "un mec qui me plaise" faux et archi faux. Ce blog reste une vitrine, et les amis qui m’ont au quotidien savent que je suis tout à fait capable d’accepter qu’un mec me plaise. Bien au contraire.

    Répondre à ce commentaire Répondre
  20. Theman le 20 juin 2008 à 20:00

    Hé Marion, humour. J’ai vraiment écrit ce post en me marrant de ta pose. Je me doute bien que tu n’es pas comme cela! Sinon ton blog ne serait pas aussi agréable à lire. Cheers.

    Répondre à ce commentaire Répondre

URL de Trackback | Flux RSS pour les commentaires

Laisser un commentaire

Nom (obligatoire)

Email (obligatoire)

Site web

Exprimez-vous ! (avec modération)

    Je Twitte
    Blogoliste