Question de confiance

17 novembre 2007

Je passe mon temps à me débattre dans mes propres contradictions.

Je peux draguer salement comme une grosse crevarde. Négocier l’entrée avec un videur russe en lui disant « Oh elle est belle ta chapka », draguer le taxi « vous êtes vraiment mignon » qui doit bien avoir la cinquantaine, pour certainement négocier quelques centimes de réduction, ou bien attaquer le mignon du vestiaire. Je peux aussi gratter des clopes pour mes copains fumeurs en disant au mec qu’il est super chou.

L’autre soir dans un after gay rempli d’hétéros, je me débats de relous en relous. Le premier me tient la jambe depuis trente minutes, et me voyant pas réceptive il part en en draguer une autre. Le second me propose de danser la salsa. Quiconque m’aura vu danser la salsa comprendra que j’aie refusé poliment. Je suis en train de refuser sa main tendue quand je vois le mignon du soir se marrer en me regardant. Ni une, ni deux, je fonce : « et toi ça te fait rire ? ». Pesé, emballé, on se chopera en bonne et due forme.

C’est un fait, j’attaque. Mais j’attaque seulement quand j’en ai rien à foutre, qu’au pire me prendre un énorme vent me fera juste rire.

Mais d’autres fois, je suis manche. Je suis une buse. Je suis timide. C’est quand cela me touche un minimum, alors je me planque, je dis rien, je rougis, je bafouille, je fais comme si je m’en foutais. Alors que non, je suis juste morte de trouille, une vraie fiotte.

Je tente parfois d’envoyer des signes, qui ne font, hélas, que jeter la confusion. Le pire, c’est quand, ayant tenté un rapprochement, je deviens Marion-la-bonne-copine. Un grand classique.

Je vois rien en plus, comme me disait Mister N : « Je pensais pas que tu manquais à ce point de confiance en toi ». Je ne suis pas du tout érotomane, je n’irai jamais imaginer plaire à quelqu’un alors qu’en fait non. Moi, il faut m’expliquer par a plus b que un et un font deux, sinon je ne comprends rien.

C’est officiel, je manque singulièrement de confiance en moi sur certains points.


6 réactions effrénées à “Question de confiance”

  1. Mister N. le 18 novembre 2007 3:21

    Figure-toi que moi aussi ma belle. Simplement faut pas le montrer, faut faire toujours sembler de gérer.
    Je crois pas connaître une personne qui pue la confiance en elle, mais j’en connais des tas qui font très bien semblant.

  2. loulabyy le 18 novembre 2007 13:37

    c’est clair que c’est un cas classique des nanas qui sont "exubérantes" quelque fois, et puis dès que c’est plus pour jouer… ouh là… ;-) jte comprend! on est toute comme ça, des supernanas bourées de confiance en elle ça existe pas! :D

  3. Timor le 18 novembre 2007 14:42

    Pas si étonnant que ça :)

  4. IamSolo le 18 novembre 2007 23:20

    Donc, si j’ai bien compris, toutes ces femmes qui ne m’adressent pas la parole, qui ne me regardent pas, qui font comme si je n’existais pas, – si cela se trouve…

    Pour être sérieux, tu dis : "je me planque, je dis rien, je rougis, je bafouille, je fais comme si je m’en foutais". Si cela se trouve ces hommes sont subtils et ils comprennent le sens de tes bafouilles et de tes silences. L’ennui, c’est que s’il te ressemble, il doit avoir lui aussi un "handicap" à surmonter !

    Moi, je crois que le temps permet d’apprendre à évoluer… Enfin, c’était ma contribution du dimanche soir !

  5. Falconhill le 19 novembre 2007 15:12

    Touchant, et touchante tu es.

    Marrant : aux premiers abords en te lisant, on ne voit pas forcément toute la complexité de ta gentille petite personne. Mais en lisant plus, en te dévoilant plus, tu montres… Ben tu montres que tu es un etre humain, c’est con mais c’est tellement mieux.

    Trés beau billet, agréable à lire. Merci

  6. P'tit Bedou le 21 novembre 2007 18:02

    Tout est dit! Merci…

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