Mon meilleur ami homosexuel
Je vous ai déjà expliqué que comme toute célibataire qui se respecte j’ai des copains homosexuels. Avec lesquels je peux parler chiffons, garçons, boissons. Dire du mal des garçons et des pétasses blondes.
Un soir, j’ai rejoint mon nouveau meilleur ami homosexuel parisien pour une soirée resto japonais, film triste. Il arrive comme d’habitude, bronzé, tiré à quatre épingles, son parapluie Burberry à la main.
On va manger : sushis makis pour moi, sashimis pour lui. On papote, il me parle de sa salope d’ex, je lui parle de mon goujat d’ex, on parle boulot, mode de vie, séries TV. On part se promener, je le mets en concurrence avec mon Francky, lui disant qu’il imite mieux Nicolas Sarkozy que lui. Il trépigne, est jaloux : « quoi ? Il y a quelqu’un qui l’imite mieux que moi ? ». On pense devant une boutique de déco, il me dit qu’il adore ce genre de cuisine design.
On fonce vers le ciné pour voir « Le premier jour du reste de ta vie », à la sortie on dit que c’est beau et touchant. On prend un bus, on rentre.
C’est sympa les soirées tranquilles avec son meilleur ami homosexuel.
Ou pas.
Si quelqu’un a volé la testostérone de Connard 1er, sa bite, sa virilité, son côté bête sauvage qu’il me les rende. Merci.
Pont des blagues (ou pas)
Mes gentils collègues avaient décrété que toute blague pourrie se nommait une « Marion ».
J’ai expliqué cela à Connard 1er, que cela a beaucoup fait rire. En échange, il a fait des blagues pourries pas drôles et a ajouté : « Alors une blague pourrie drôle c’est une Marion, et une blague pourrie pas drôle c’est une « Connard 1er »! » (c’est son prénom à la place hein !).
Mardi soir, ponts des arts, il y a une exposition photo sur les ravages du paludisme. Connard 1er commente :
« Je savais pas que le palu tuait autant de gens…
- Ah ouais ? On peut mourir d’illettrisme ? » (Ce qui est une Marion)
- Tu parles de mon ex là? (ce qui n’est pas une blague, si si)
- Bah, non, palu, pas-lu, illétrisme, quoi.
(temps de réflexion, éclat de rire)
- Ahhhhhhh, très, très bon Marion, très très bon.
Connard 1er, il est nul en blagues, mais il est vraiment bon public.
NB : Je n’arrive mystérieusement pas à me souvenir d’une blague estampillée « Connard 1er »
L’amour courtois
Je rejoins donc Connard 1er dans le métro, pour qu’on aille au ciné tous les deux. Je l’emmène à une avant première blogueur, je joue avec le feu. Rien n’a filtré. Ouf.
On papote, il m’explique sa terrible rupture avec blonde première. Qu’il a effectivement fait une crise de jalousie à cause d’un inopportun gay jeune homme qui a peloté la fesse gauche de la demoiselle. Qu’il lui a dit, classement, par téléphone qu’il ne se voyait pas avec une fille comme elle. Trop délurée, qui remettait pas assez les mecs en place. Connard 1er est un salaud méditerranéen. Il l’assume. Ensuite ils ont recouché ensemble, puis c’est elle qui l’a plaqué. Il en est très affecté. Que lui n’a jamais dragué une fille en soirée. J’éclate de rire.
« Bah j’ai pris ton numéro discrètement non ? »
Il conclut en disant qu’il arrête les Barbies, que ses potes lui ont dit « enfin tu réalises ! ». Qu’elle ne parlait que de « fringues et de voitures ».
Il me raconte son été, qu’il est sorti avec deux filles, d’abord une blonde « encore plus chagasse que l’autre », puis une italienne « un peu comme toi ». Connard 1er me flatte, Connard 1er est transparent.
Je lui explique mon été, mes péripéties avec un garçon (pas si) correct.
Connard 1er m’effleure, se rapproche de moi pour me parler près, m’attrape par la taille. Connard 1er dit qu’il est célibataire, qu’il est cœur d’artichaut, que les filles l’ont toujours plaqué. Je me moque. Connard 1er dit que l’image sociale qu’il renvoie n’est pas ce qu’il est. Serions nous donc des porcs limités ?
Il me glisse que je suis une fille qui lui correspond. Je lui dis que je peux réussir à faire de lui un mec cool.
Connard 1er me fait la bise tendrement, me dit que c’était super, qu’on se voit ce week-end.
Connard 1er m’avait dit être un garçon Old School. Effectivement, cela est vrai. Il tente l’amour courtois, la drague douce.
J’ai un peu peur qu’il se mette à réciter des poèmes maintenant.
Quand nos cycles s’harmonisent
C’est un truc que j’avais lu dans un magasine féminin, les filles qui vivent ensemble ont leur règles en mêmes temps. Car, sauf si pilule, leurs hormones se mettent à fonctionner de concert.
C’est classe la nature quand même.
Moi je dois être proche de mes potes, car on a tous nos règles en même temps.
Avec Flo, dès que l’une fait des choses avec un garçon, on peut être sûre que quelques jours plus tard ce sera le tour de l’autre. C’est pratique, on est solidaires dans le désert comme dans la félicité. C’est beau.
Avec Mister N, c’est pire. Le jour où je me fais jeter comme une capote usagée, il m’annonce le soir même que sa fille aux yeux fous du moment lui a dit qu’ils devaient cesser de se voir. Paf.
Cocasse, alors que j’ai adopté Pénélope et qu’on coule des matinées heureuses et câlines, il s’est retrouvé à garder une chatte enceinte. Bim, elle a accouché sous des yeux, en pleine nuit, de quatre adorables chatons. Il va en garder un, c’est un mâle, et lui et moi on va monter une dynastie de chats qui vivront heureux et avec beaucoup de chatons.
Marrant aussi, le soir où il m’annonce qu’il est pris entre deux feux : une demoiselle et puis une autre, je me retrouve deux heures plus tard moi aussi prise entre un ciné avec Connard 1er (ce soir, si tout va bien) et un rencart probable avec le garçon qui ne promettait rien (Nouveau venu ! Dites bonjour !).
A suivre donc.
NB : Pour ceux qui s’inquièteraient, Mister N va bien, il a eu une période pas cool, mais lui et ses chatons coulent des jours heureux sous le soleil du Sud de la France en ce moment même.
Des nouvelles de Connard 1er
Avant de vous raconter quelques bêtises effectuées ce week-end, j’ai un scoop. J’ai eu des nouvelles de Connard 1er par un ami commun. (Un ami pour moi, un pote de sa copine pour lui)
Je me souviens que lors de la torride entrevue cinéma que nous avions passée ensemble, il m’avait expliqué qu’en bon garçon organisé (et maniaque, hum) il comptait en finir de sa relation avec sa nana en faisant coïncider la rupture avec son départ en vacances à lui. Ce qui est d’un cynisme et d’un égoïsme à toute épreuve, convenons en. Comme il me l’avait si bien dit en citant Mitterrand « tu comprends il faut laisser du temps au temps »
Toujours est-il que lors d’une soirée, cette gentille demoiselle (qui n’a jamais demandé de tomber sur un salaud pareil) déconnait avec un garçon de type homosexuel. Le dit garçon lui touche la fesse gauche. Connard 1er voit ça, devient une vengeance rouge au masculin et la largue sans ménagement : « si tu fais ça c’est que tu m’aimes pas, pia pia pia ».
Forcément, elle n’a pas compris ce qui se passait. La pauvre chouchounette.
Je crois que là on a atteint le summum de la saloperie.
