Dassou et les relous

19 août 2008

Après Hélène et les garçons, le Miel et les abeilles, il y a Dassou et les relous.

Quand on est une fille, accompagnée d’une autre fille, que l’on sort d’une boite de nuit, et que l’on porte une robe/une jupe/des talons/une burka, il y a des chances que des relous nous fassent « oh mademoiselle ! »

A 15-16 ans, cela nous flattait avec Dassou, on s’arrêtait même pour discuter.

A 17-18-19 ans on avait réalisé que c’étaient des relous qui allaient faire tourner nos numéros à tous leurs potes relous si par malheur on sympathisait. Donc on ne répondait plus, et cela donnait du :

« Oh mademoiselle !
- ….
- Salope ! »

A 20 ans, on s’est dit qu’il fallait réagir différemment :

« Oh mademoiselle !
- Oui ? Bonsoir messieurs. Plait-il ?
- Euh…. On t’trouve charmante t’as vu.
- Ah. Merci bien messieurs, mais nous ne pouvons pas nous attarder là, nous sommes attendues par nos amis. Encore merci et bonne soirée à vous »

Plutôt efficace.

Il doit y avoir une théorie des relous n’empêche. Comment ces garçons pensent qu’en hélant une fille dans la rue, et en lui courant littéralement après comme ça, cela va marcher ? Peut être qu’un jour cela a marché, une fois, avec une fille dépressive, que le mec l’a dit à tous ses potes, et qu’ils ont tous fait pareil, et que par un effet de buzz c’est devenu un phénomène qui revient souvent ?

En tout cas ce week-end, Dassou est devenu un danger public.

On sort classiquement d’une boîte, on rentre à pied sur nos talons qui nous font mal. Damien se propose de nous ramener à pied, celui-ci n’étant plus très frais on entreprend de faire le chemin seules.

Premier groupe de relou.

« Oh mademoiselle ! »
On trace, on ne répond pas.
Relou : « Connasse, tu pues d’la gueule »

Là j’ai failli répondre que c’était à cause de l’alcool, mais Dassou m’a devancée : « Et ta sœur ? ».

On trace plus vite.

Une smart s’arrête : « Oh les filles ! » Dassou visiblement énervée :

« Quoi ?! Pourquoi tu t’arrêtes toi ?! Tu ne peux même pas nous ramener avec ta caisse de merde ! Casse toi, tu pues, t’es moche, t’es con, ta caisse c’est de la merde, tu sers à rien ! »

Le tout bien articulé, en rythme, avec cœur et ferveur.

A l’intérieur les mecs ont protesté, mais elle hurlait tellement que j’ai rien entendu. Puis un cheval blanc (en vrai une voiture blanche) qui contenait des garçons avec qui j’avais sympathisé dans la boîte s’est arrêté pour nous sortir de là.

Dassou c’est un danger public d’1m73, mais c’est mon danger public préféré.

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