Chope-Floor II : le gag
Il y a quelques années j’étais persuadée que j’étais une sorte de victime d’un immense jeu de télé-réalité, que des spectateurs sadiques tiraient les ficelles pour me faire vivre des trucs stupides. Ce qui me consolait c’est qu’ils devaient bien se marrer quand même, entre mes morts téléphoniques, une plainte pour harcèlement sexuel, mes chutes diverses et variées, et les innombrables losers qui se battaient en duel au milieu.
Ma vie est un running gag permanent.
Je répète inlassablement les même trucs à la cons, que ce soit des situations relationnelles plus merdiques que compliquées, ou mon payage de plots compulsif en soirée. Enfin pour le payage de plot, cela me permet d’avoir une réduction du chauffeur de taxi. (private joke).
Hier un truc con est encore arrivé. Et cela m’a fait rire au moins une heure, on s’amuse comme on peut.
Suite à mon article sur le garçon rouleur de pelles de l’autre soir, une lectrice, blogueuse, détentrice d’un site qui parle de ces cons de mecs, a commenté qu’il se pourrait qu’elle le connaisse.
Une semaine plus tôt , de passage sur Paris, elle était allée dans ce même bar australien, tables en bois et gros relous. Elle aussi a rencontré un brun, grand, barbe de trois jours. Il a essayé de lui rouler une pelle, dans l’émotion, toujours.
Je vous le donne en mille, c’était le même.
Ce qui fait qu’avec le Rouleur de Pelles, qui est au courant du bazar, on a désormais une amie en commun sur Facebook. Olé.
Chope-floor
Il se passe un truc bizarre dans ma vie. Je ne chope plus sur le dance-floor. Ce qui est dramatique, convenons en.
A une époque, je sortais en boîte avec mes copines, je dansais, je roulais des pelles. Je donnais mon numéro, j’oubliais de répondre le lendemain. Ou bien je prenais un numéro, il oubliait de me répondre le lendemain. Dans le meilleur des cas on n’oubliait pas de répondre, et on allait boire un verre. Puis on oubliait encore.
Aujourd’hui je ne chope même plus comme ça. J’avais fait des sourires à Garçon Correct lors d’un apéro. Je drague en discutant, fou. Celui qui ne promet rien était un lointain contact twitter/blog/plurk. Connard 1er provient de mon réseau amical.
Bref, plus de dance-floor, plus de numéro perdu. Plus de vagues souvenirs le lendemain. Plus de doute sur ce à quoi il ressemble en fait. Tristesse, on a torpillé le chope-floor.
Dans un sens tant mieux, car les rencontres sur le dance-floor sont encore plus stupides qu’Eve Angeli elle même.
Mais je vous ai menti, j’avoue, je ne chope presque plus en boîte.
Il y a peu, je vais dans un obscur et grand bar dansant, australien, table en bois et gros relous avec une copine. On boit notre bière, on se ballade, on se fait accrocher par des gros relous. Du classique.
Passe un brun, grand, barbe de trois jours, ma routine à moi. Je le regarde, il me regarde. Je vais lui parler. Dans l’émotion, il me roule une pelle.
C’est beau les rencontres de nos jours.
On continue de rouler des pelles une bonne partie de la soirée. J’ai le droit au classique, depuis que j’habite toute seule comme une grande : “Chez toi ou chez moi?”. Je réponds que je vis avec un gay, un chat, et que j’ai une copine tout le week end, et très certainement que je ne couche pas le premier soir non plus.
Soit. On roule des pelles. Soit.
Fin de soirée, je rentre, il me file son identité. Le lendemain je l’ajoute sur Facebook, il m’accepte. Il est In A Relationship.
Ah, délicieux concept de fidélité.
Je lui ai donc envoyé un joli poème qui disait entre autres que si ma démarche était vile, je n’en avais pas moins la rime facile,mais que, ceci dit, le statut n’ayant pas été dit, je ne m’en allais pas l’importuner, et que je me souviendrai de ses baisers.
Ce à quoi il m’a répondu, peu après : “Chère Marion, je ne suis pas dispo pour une union, mais en tant qu’amateur de poésie, j’apprécie”.
Ce qui est élégant, convenons en.
Draguer en soirée pour son padawan
How I met Your Mother et moi c’est une grande histoire d’amour. Des fous rires toute seule dans mon appart, tellement que je pense que mes voisins ont du me prendre pour une malade mentale.
C’est une somme de concepts relationnels inépuisables. C’est aussi Barney Stinson, le meilleur personnage de série créé à ce jour. Le plus drôle, le plus immoral, le plus génial (awesome en VO).
Barney, il est ce qu’on appelle un WingMan, un acolyte de soirée, un rabatteur de jolies filles pour ses potes.
Moi, bien souvent, je suis une WingGirl.
Prenez un écossais d’1m84. Il est mignon, il est sexy, il est à la mode, il est à vendre (à adopter) mesdemoiselles !
C’est un vendredi soir dans un bar électro, avec DJ, un rien branchouille, un peu bobo, carrément cool, enfin un truc dans le genre. C’est l’écossais d’1m84, l’ami non gay de l’écossais et une Marion.
Il bave sur une jolie brune au bar. :
« mais enfin Simon vas lui parler !
- Je vais pas aller lui parler comme ça… »
Parce qu’il est timide Simon, des fois. Je m’approche de la demoiselle et de son amie.
« Bonsoir mesdemoiselles ! Vous connaissez Simon ? »
Simon, en off : « J’y crois pas… Elle l’a fait… »
Il discute avec elle, embraye la conversation, se dépatouille comme il peut. Je m’occupe à droite à gauche. Celui qui n’est pas gay dragouille à droite à gauche aussi.
Horreur, malheur. La jolie brune semble être intéressée par celui qui est hétérosexuel pour de vrai. Il la joue plus fine, au lieu d’accaparer la jolie brune, il discute avec la copine faire valoir. Bon je lui parle à lui aussi pour l’occuper, en tout bien tout honneur. Histoire de laisser de la place pour mon padawan.
Enfer et damnation, un relou charge la jolie brune. J’arrive en renfort, attrape le relou par le bras, lui faire mon plus grand sourire, lui dis que je le trouve trooooop mignon.
Bon j’ai eu ensuite toutes les peines du monde à m’en débarrasser de ce relou là, je crois que c’est Celui qui est hétéro qui est venu m’aider, à grands renforts de « lâche ma femme ! » (Citation non contractuelle). C’est beau la solidarité.
Bilan : Comment draguer en soirée :
1) Il faut avoir un Wingboy ou une Wingirl, pour racoler et nous sauver en cas de coup dur
2) Il faut toujours discuter avec la copine faire-valoir.
3) A la fin, il ne faut pas oublier de prendre un numéro, une adresse mail, une ID de fiche adopte un mec. La jolie brune a le FB de Simon, et le numéro du garçon hétérosexuel. La salope, elle ne s’emmerde pas.
L’amour courtois
Je rejoins donc Connard 1er dans le métro, pour qu’on aille au ciné tous les deux. Je l’emmène à une avant première blogueur, je joue avec le feu. Rien n’a filtré. Ouf.
On papote, il m’explique sa terrible rupture avec blonde première. Qu’il a effectivement fait une crise de jalousie à cause d’un inopportun gay jeune homme qui a peloté la fesse gauche de la demoiselle. Qu’il lui a dit, classement, par téléphone qu’il ne se voyait pas avec une fille comme elle. Trop délurée, qui remettait pas assez les mecs en place. Connard 1er est un salaud méditerranéen. Il l’assume. Ensuite ils ont recouché ensemble, puis c’est elle qui l’a plaqué. Il en est très affecté. Que lui n’a jamais dragué une fille en soirée. J’éclate de rire.
« Bah j’ai pris ton numéro discrètement non ? »
Il conclut en disant qu’il arrête les Barbies, que ses potes lui ont dit « enfin tu réalises ! ». Qu’elle ne parlait que de « fringues et de voitures ».
Il me raconte son été, qu’il est sorti avec deux filles, d’abord une blonde « encore plus chagasse que l’autre », puis une italienne « un peu comme toi ». Connard 1er me flatte, Connard 1er est transparent.
Je lui explique mon été, mes péripéties avec un garçon (pas si) correct.
Connard 1er m’effleure, se rapproche de moi pour me parler près, m’attrape par la taille. Connard 1er dit qu’il est célibataire, qu’il est cœur d’artichaut, que les filles l’ont toujours plaqué. Je me moque. Connard 1er dit que l’image sociale qu’il renvoie n’est pas ce qu’il est. Serions nous donc des porcs limités ?
Il me glisse que je suis une fille qui lui correspond. Je lui dis que je peux réussir à faire de lui un mec cool.
Connard 1er me fait la bise tendrement, me dit que c’était super, qu’on se voit ce week-end.
Connard 1er m’avait dit être un garçon Old School. Effectivement, cela est vrai. Il tente l’amour courtois, la drague douce.
J’ai un peu peur qu’il se mette à réciter des poèmes maintenant.