Marion la guigne
J’ai déjà du vous dire en substance que je suis quelqu’un qui attire un phénomène mystérieux, et néanmoins reconnu, qui se nomme la guigne. Si je devais en faire une définition, je dirai qu’elle correspond à cette foutue habitude qu’ont les choses de partir en vrille au moment où j’en ai le plus besoin.
Je me dis que je ne suis pas la seule à qui cela arrive, certes, mais quand même.
Prenez mon ascenseur, cette odieuse petite cage à lapin. Il ne peut contenir qu’une seule personne. Pourtant depuis le tragique jour de mon déménagement, où il a séquestré une nuit durant mes placards, et où le reste du déménagement a du se faire en montant les escaliers, on coulait des jours heureux. A me hisser sans se plaindre au 8ème étage, et ce, même si je lui amenais un ou une invité. Même si l’invité en question était là pour aller au 8ème ciel, oh oh oh !
Six mois de cohabitation douce. Pas une seule panne, pas un seul petit incident technique qui m’aurait contrainte à monter 8 étages en colimaçon.
Vendredi, 22h, j’héberge Chérie et ses 35 kilos de bagages, en escale parisienne avant un week-end londonien chez son amoureux.
Je vais la chercher à la gare, on arrive chez moi. En bas, au rez-de-chaussée. On court vers l’ascenseur bien aimé. L’insolent annonce « en panne ». Ce qui veut dire qu’entre 21h30, heure à laquelle je l’ai pris pour descendre, et 22h30, heure à laquelle nous avions 35 kilos de sacs à monter, il a décidé de se mettre au chômage technique.
Je peux vous assurer que 8 étages, en colimaçon, à pied, avec 35 kilos de sacs, même à deux, c’est sportif.