Chope-floor
Il se passe un truc bizarre dans ma vie. Je ne chope plus sur le dance-floor. Ce qui est dramatique, convenons en.
A une époque, je sortais en boîte avec mes copines, je dansais, je roulais des pelles. Je donnais mon numéro, j’oubliais de répondre le lendemain. Ou bien je prenais un numéro, il oubliait de me répondre le lendemain. Dans le meilleur des cas on n’oubliait pas de répondre, et on allait boire un verre. Puis on oubliait encore.
Aujourd’hui je ne chope même plus comme ça. J’avais fait des sourires à Garçon Correct lors d’un apéro. Je drague en discutant, fou. Celui qui ne promet rien était un lointain contact twitter/blog/plurk. Connard 1er provient de mon réseau amical.
Bref, plus de dance-floor, plus de numéro perdu. Plus de vagues souvenirs le lendemain. Plus de doute sur ce à quoi il ressemble en fait. Tristesse, on a torpillé le chope-floor.
Dans un sens tant mieux, car les rencontres sur le dance-floor sont encore plus stupides qu’Eve Angeli elle même.
Mais je vous ai menti, j’avoue, je ne chope presque plus en boîte.
Il y a peu, je vais dans un obscur et grand bar dansant, australien, table en bois et gros relous avec une copine. On boit notre bière, on se ballade, on se fait accrocher par des gros relous. Du classique.
Passe un brun, grand, barbe de trois jours, ma routine à moi. Je le regarde, il me regarde. Je vais lui parler. Dans l’émotion, il me roule une pelle.
C’est beau les rencontres de nos jours.
On continue de rouler des pelles une bonne partie de la soirée. J’ai le droit au classique, depuis que j’habite toute seule comme une grande : “Chez toi ou chez moi?”. Je réponds que je vis avec un gay, un chat, et que j’ai une copine tout le week end, et très certainement que je ne couche pas le premier soir non plus.
Soit. On roule des pelles. Soit.
Fin de soirée, je rentre, il me file son identité. Le lendemain je l’ajoute sur Facebook, il m’accepte. Il est In A Relationship.
Ah, délicieux concept de fidélité.
Je lui ai donc envoyé un joli poème qui disait entre autres que si ma démarche était vile, je n’en avais pas moins la rime facile,mais que, ceci dit, le statut n’ayant pas été dit, je ne m’en allais pas l’importuner, et que je me souviendrai de ses baisers.
Ce à quoi il m’a répondu, peu après : “Chère Marion, je ne suis pas dispo pour une union, mais en tant qu’amateur de poésie, j’apprécie”.
Ce qui est élégant, convenons en.