L’amour courtois
Je rejoins donc Connard 1er dans le métro, pour qu’on aille au ciné tous les deux. Je l’emmène à une avant première blogueur, je joue avec le feu. Rien n’a filtré. Ouf.
On papote, il m’explique sa terrible rupture avec blonde première. Qu’il a effectivement fait une crise de jalousie à cause d’un inopportun gay jeune homme qui a peloté la fesse gauche de la demoiselle. Qu’il lui a dit, classement, par téléphone qu’il ne se voyait pas avec une fille comme elle. Trop délurée, qui remettait pas assez les mecs en place. Connard 1er est un salaud méditerranéen. Il l’assume. Ensuite ils ont recouché ensemble, puis c’est elle qui l’a plaqué. Il en est très affecté. Que lui n’a jamais dragué une fille en soirée. J’éclate de rire.
« Bah j’ai pris ton numéro discrètement non ? »
Il conclut en disant qu’il arrête les Barbies, que ses potes lui ont dit « enfin tu réalises ! ». Qu’elle ne parlait que de « fringues et de voitures ».
Il me raconte son été, qu’il est sorti avec deux filles, d’abord une blonde « encore plus chagasse que l’autre », puis une italienne « un peu comme toi ». Connard 1er me flatte, Connard 1er est transparent.
Je lui explique mon été, mes péripéties avec un garçon (pas si) correct.
Connard 1er m’effleure, se rapproche de moi pour me parler près, m’attrape par la taille. Connard 1er dit qu’il est célibataire, qu’il est cœur d’artichaut, que les filles l’ont toujours plaqué. Je me moque. Connard 1er dit que l’image sociale qu’il renvoie n’est pas ce qu’il est. Serions nous donc des porcs limités ?
Il me glisse que je suis une fille qui lui correspond. Je lui dis que je peux réussir à faire de lui un mec cool.
Connard 1er me fait la bise tendrement, me dit que c’était super, qu’on se voit ce week-end.
Connard 1er m’avait dit être un garçon Old School. Effectivement, cela est vrai. Il tente l’amour courtois, la drague douce.
J’ai un peu peur qu’il se mette à réciter des poèmes maintenant.