L’amour post-moderne

28 août 2008

Dans un de ses mails concernant sa Ford Fiesta, Martin Solveig et un garçon avec une barbe douce, Laurent m’avait dit « qui parle le mieux d’amour post moderne que toi Marion ? ».

J’étais restée bête. L’amour post-moderne ? Qu’est ce que c’est que ce machin encore ? Encore un truc opaque donc il a le secret ?

Puis j’ai réfléchi, chose qui ne m’arrive que peu, rassurez vous.

Wikipédia nous dit « La postmodernité est un mouvement philosophique et intellectuel (à ne pas confondre avec le postmodernisme), de la fin du XXe siècle qui tente, après l’effondrement des idéologies de s’inscrire dans le prolongement du structuralisme et du déconstructivisme, tout en critiquant l’héritage du freudisme et du marxisme. »

Une critique des anciennes idéologies ? Moi qui râle tout le temps contre l’héritage judéo-chrétien (dédicace à Francky) ? Formidable.

Mais en amour ?

J’ai réalisé que Garçon Correct était tout sauf post-moderne. Il est même sorti tout droit d’un scénario que Bridget Jones n’aurait pas renié, que Carrie a du voir et revoir. Fin de l’année 1999 tout au plus.

Je prends ton numéro, je te recontacte, je t’emmène au jardin des Tuileries pour une balade main dans la main, je te fais des câlins. Des bisous partout. Je te présente même tes potes. A un moment je me suis même dit : « mais enfin il en existe encore des mecs comme ça ? ».
Puis à la fin je te jette comme une vieille capote usagée au motif que je préfère ma vie de célibataire.

Mister Big lui-même n’aurait pas osé, c’est dire.

N’hurlez pas au connard, je l’ai déjà fait pour vous.

Mais si on remarque la situation, il met une espèce de dichotomie extrême entre « être avec quelqu’un » et « ma vie de célibataire ».Ce qui est Old School, terriblement Old School. Désolée.

Parce que sans être dogmatique, j’essaie parfois, je prêche inlassablement la théorie du bricolage relationnel et de l’amour liquide.

On m’a aussi dit un jour « dans le fond on cherche tous quelqu’un qui nous bouleverse ».

C’est exactement ça, l’amour post moderne c’est bidouiller ses plans culs, ses plans câlins, et ses coups d’un soir. Se dire en rigolant, bourrés, en pleine nuit : « Oh ! et si on jouait à aller aux Tuileries ? ». Où l’on tâte, où l’on expérimente, où l’on touche, où l’on gratte, où l’on piétine. C’est partager ses histoires avec ceux qui vivent presque les mêmes, tout en attendant quelqu’un qui nous bouleverse.

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