Labo de l’écriture « Nouveaux Talents » : compte-rendu

27 mars 2013

Pendant quatre jours, de jeudi à dimanche, j’ai donc participé au Labo d’Ecriture organisé avec le soutien de la Fondation Bouygues Telecom. Enfin, quand je dis “participé”, je devrais plutôt dire que j’ai été embarquée, immergée dans une aventure aussi exaltante qu’épuisante.

Cet atelier avait un but tout simple : donner à des aspirants « écrivains » une boîte à outils pour les guider vers le vrai chemin de l’écriture, celui qui fera qu’ils vont tisser une histoire et la coucher sur du papier.

A dix autour d’une table, on a écouté religieusement Bruno Tessarech qui animait l’atelier. On a parlé de ce qui compose un roman, d’où commence une histoire, de pour qui on écrit. On s’est rassurés aussi, beaucoup. Non, écrire sur la durée n’est jamais facile. Il faut un cadre, un lieu, limite passer un contrat avec soi même et se dire : « le 15 mai, j’aurais terminé ce texte, et je me débrouille ». Il nous a raconté l’histoire de Nathalie Sarraute, qui a écrit tous ses livres au troquet d’en bas, alors même qu’elle avait un immense appartement à St Germain, toujours sur le même guéridon, seule dans son coin à écouter l’animation autour. Chez elle, elle en était incapable.

Tout de suite, cela me rassure sur mon incapacité à écrire depuis mon canapé. J’ai alors posé une question rationnelle dont j’ai le secret « mais comment on fait quand on est salarié ? ». Bah, on se débrouille, on écrit le week-end et pendant les vacances. Il est évident qu’on ne va pas y arriver le soir en rentrant de chez soi, pas sur la durée du moins. Du coup, je vais tâcher de m’organiser pour me lever plus tôt certains jours, et partir écrire dans un lieu accueillant dehors, avec une petite tablette pas trop lourde.

C’est sûr que je ne ferais pas ça les lendemains d’apéros.

Il nous a expliqué que l’écrivain, ce n’étais pas celui qui était au cœur de l’action, c’était le mec au vestiaire dans une soirée, la fille dans un coin qui observe. C’est de cette capacité à observer les choses infimes et à les transformer en histoire que nait l’écrivain.

Pendant quatre jours, on a été traités comme tels, comme des écrivains, aspirants peut être mais écrivains quand même. Sans se poser la question de savoir si c’était sérieux cette histoire, si on était suffisamment talentueux, ou si on avait lu assez de classiques. Non, on était là, volontaires, attentifs et c’était bien l’essentiel. Car, toujours selon Bruno, et j’ai trouvé cela très juste, écrivain on l’est si on écrit, seul l’éditeur peut nous transformer en auteur. On peut être écrivain toute sa vie sans jamais être auteur, et qu’est ce que ça change si on n’a pas envie de l’être ?

Je dis épuisant, car pendant cet atelier, on a écouté, écrit bien sûr, sur des exercices donnés. Mais on a aussi beaucoup réfléchi : j’avais le cerveau qui tournait à cent à l’heure, pendant les quatre heure jour que cela durait. J’écoutais d’une part, je cogitais à mes propres projets, j’étais attentive aux textes des autres, je prenais des notes, et je faisais mes exercices, consciencieusement. Autant vous dire que je n’ai jamais été aussi attentive à un « cours ».

J’en suis sortie reboostée, pleine d’idées pour écrire, des trucs, des machins, des nouvelles, de la fiction. Des trucs qui font rire surtout, même si j’ai parfois cette vieille culture académique qui me fait dire que si c’est trop léger personne n’en voudra que l’écrit c’est surtout des trucs chargés, lourds, difficiles. Bruno, il a paraphrasé Cocteau et nous a dit de tout simplement faire ce qu’on sait et a envie de faire.

Je ne peux que vous inviter à aller sur le site de la Fondation dédiée à ce projet d’accompagner les écrivains http://lesnouveauxtalents.fr et si, l’an prochain, le cœur vous en dit, postulez pour le Labo, cela en vaut la peine.

Inauguration du Salon du Livre : résultats

20 mars 2013

Après un tirage au sort plein de suspense (en vrai sur random.org), les numéros tirés au sort sont 4, 10, 11, 15, 2.

Nous avons donc :

Kalleane (qui sera aussi au bar)
Yass
Molz (qui va pouvoir faire plaisir à sa belle mère)
Poni P
Moom

Je précise que l’invitation pour deux est pour demain soir, donc si vous avez pas l’occasion de venir à cette date, dites le, je la garderai pour un des autres participants.

Pour récupérer vos invitations on me mail à [email protected] Comme ça on organise un point de rendez-vous avant le début à l’entrée et hop ! (interdiction d’être en retard !)

Labo de l’écriture « Les nouveaux talents » et invitations pour le Salon du livre

19 mars 2013

Même pas ivre, j’ai postulé il y a quelques temps à un atelier d’Ecriture. Organisé par la fondation Bouygues Telecom, il se déroule pendant 4 jours et les joyeux participants vont pouvoir se confronter, échanger sur cette formidable activité qu’est l’écriture, le tout animé par un véritable écrivain. Rien que ça.

Ils devaient être ivres, car j’ai eu la chance d’être sélectionnée. Je vais donc participer à l’atelier, munie de mon plus beau stylo machouillé et de mon gros courage. Car le courage, quand on est une flipette dans mon genre, il faut le rassembler très soigneusement pour aller se confronter à une dizaine de personnes triées sur le volet, toutes bien plus douées et avancées que soi, pour parler écriture, inventer des personnages et se raconter des histoires.

Dans la bataille, je dispose de 5 invitations pour deux personnes à faire gagner, pour l’inauguration du Salon du Livre qui se tiendra jeudi 21 mars en soirée.

Donc, une fois n‘est pas coutume, je fais gagner quelque chose ici. Avouez que cela a plus de classe que du vernis à ongles. Laissez un commentaire et je tirerai au sort, de mes blanches mains complètement innocentes les 5 joyeux lurons qui viendront à l’inauguration du Salon du Livre avec un ami. Vous me reconnaîtrez, je serai pas loin du bar.

Christine Boutin Punk

6 mars 2013

Ma belle-mère est punk, gothique ou bien rock’n roll. Quand on la voit le dimanche, parfois, elle nous raconte ses soirées de la semaine. Dans des bars. Elle y a même des relous attitrés. Le relou, cette constante de 17 à 77 ans. Elle nous raconte les histoires de ses copains de sortie, celle de cette nana jeune mais dépressive et donc complètement alcoolo qui ne rentre plus dans son quartier général de bar, de ce mec qui est fiché pour avoir détourné on ne sait quoi, on ne sait comment, de cet artiste qui fait ceci et cela. Elle court aussi les expos, les cinémas et les vernissages. Elle vient chez nous avec des bouteilles de champagne, m’a même appris une recette de cocktail. Elle veut toujours aller boire un verre après le resto quand j’ai juste envie de me coucher.

Ma belle-mère, elle n’est jamais fatiguée, jamais. Elle peut se lever à 9 h en s’étant couchée à 4 heures, elle boit très peu pourtant. Quand j’ai toute ma vie entendue ma mère se plaindre de mal de dos, de ventre, de cheveux et de fatigue ; là, rien, touchons du bois. Elle emmène son mari dans un festival où ils se déguisent en steam-punks pendant cinq jours. Les deux mois qui précèdent, elle écume les puces et les machines à coudre pour fabriquer ses robes. Elle nous les montre en photos, ainsi que les broches, les cannes et les montres à gousset.

Elle déplore que le Dernier Garçon ne s’habille pas assez de façon excentrique. C’est le genre de belle-mère à ne jamais dire “alors quand est ce que vous en faites un ? ” ; à ne jamais nous harceler pour qu’un jour elle puisse porter une poussette à nouveau ; mais plutôt à demander « que devient ta chemise à jabot ? » .

Quand je vois ma belle-mère, j’ai l’impression d’être Christine Boutin. D’avoir une vie rangée, chiante, grise. Avec le Dernier Garçon on se dit qu’on est en train de virer fachos avec notre vie de couple bien comme il faut. Il faut dire que c’est vexant quand sa belle-mère passe de biens meilleures soirées que soi.

Puis, j’entends les autres, ceux qui se marient, se fiancent, se disent qu’ils ne faut pas faire un enfant trop tard pour les femmes, sinon c’est mal, qu’il faut laisser faire la nature. Ils achètent, ils s’installent, se sédentarisent. Ils disent : “ouais on est devenus vieux, on est plus calmes”. Ils ont le permis de conduire, un crédit immobilier. Ils s’assoient sur des chaises pour parler de leurs problèmes entre eux. Face à eux, je ne sais pas quoi dire, je reste muette, interdite. Soudain, j’ai l’impression que je n’ai pas une vie si rangée que ça, que les messieurs et mesdames conformistes me prennent pour une folle dingue infréquentable, une punk qui crie « no future » en se levant chaque matin. Quand j’aurais l’impression d’avoir finalement une vie bien comme il faut, ils me disent que non, franchement c’est pas ça, qu’il faut grandir maintenant. La punk c’est moi. Alors je ricane doucement en me demandant combien d’arrêts cardiaques successifs leurs déclencherait ma belle-mère.

Je suis une Christine Boutin punk.

Les rails

8 janvier 2013

Je n’ai pas que délaissé ce blog par manque de temps, il y a eu aussi une petite part de manque d’envie tout court. Non que je n’ai plus rien à dire ici en particulier, non, même pas tant que ça, j’ai juste fait une sacrée crise de la vingt-cinquaine. Sachant que je viens de passer l’âge canonique de 27 ans, autant vous dire que cela fait un moment que cela couve. Crise me faisant singulièrement manquer d’humour et d’interactions qui constituaient ma matière première de blog.

Je n’ai pas passé mon permis moto, je n’ai pas quitté femme et enfants pour ma maîtresse, non, j’ai chouiné, voilà tout. Je chouinais car je m’ennuyais, je me tapais la tête contre les murs quand à une soirée j’entendais “Allez on rentre tous avec le dernier métro !”, je chouinais car on ne riait plus, car tout à coup tout devenait sérieux, et qu’il fallait rentrer dans le rang, se poser, se calmer. Au prétexte absurde qu’on est en couple, ce qui n’a jamais – au grand jamais – été dans mes conceptions de la chose. J’ai toujours eu un problème avec les gens chiants et ceux qui se prennent au sérieux, c’est plus fort que moi. Détestez moi pour cela je m’en tape, traitez moi d’ado attardée si vous voudrez, cela me fera plaisir.

La bonne nouvelle c’est qu’au Dernier Garçon non plus on ne lui avait pas vendu la vie à deux comme ça, ce qui fait que dans ma crise de la vingt-cinquaine, je n’étais pas tout à fait seule contre la morosité ambiante. Il faut savoir que malgré leurs origines sociales bien comme il faut, le Dernier Garçon est issu d’une lignée de dangereux punks sans chiens. C’est à dire que quand votre belle-mère en arrive à passer des soirées plus drôles que les vôtres, il faut voir à se poser des questions.

Alors j’ai fait le ménage, éliminant les toxiques et les relous, mais arrivant au final à un point où je ne savais plus sur qui compter vraiment, à me sentir un peu seule dans le fond.

Cette année, le Dernier Garçon m’avait offert un séjour à Berlin pour mon anniversaire, alors au mois de mai, on a passé plusieurs jours à boire des bières, manger des saucisses et crapahuter dans la ville. Un après-midi, dans un Biergaten – concept merveilleux qui consiste à dresser des débits de boisson et de nourriture dans un joli parc – je râlais. Je dressais l’inventaire des mérites comparés de Berlin et de la France en général, éructant encore et encore sur l’apparente absence de fossilisation avancée des gens de plus de vingt-cinq ans là bas.

Il faut que je vous précise un truc d’ailleurs : j’ai adoré Berlin comme jamais je n’avais adoré une ville. Sont-ce les débits de boisson? Sont-ce les clubs ? Sont-ce les bretzels ? Sont-ce les saucisses ? Toujours est-il que je m’y voyais déjà y vivre, me déclarant artiste, clamant à chacun que j’étais auteure , parlant allemand, mangeant des bretzels au petit-déjeuner, buvant de la bière sur les bords de Spree…. Je crois que si j’ai tellement aimé Berlin c’est qu’elle rend curieusement les fantasmes tangibles, tout du moins quand on y est.

J’éructais donc, je râlais, quand la légendaire inspiration berlinoise s’est emparée de moi et j’ai pris la décision de remettre ma vie sociale sur les rails. J’ai décidé de faire ce que je faisais le mieux : organiser. J’ai organisé des apéros, semaine après semaine, invitant tous ceux que je connais, me disant bien que j’arriverais à en tirer quelque chose, que s’il existait encore des gens désireux de bonne humeur autour de moi, j’allais bien finir par les trouver, que je n’allais pas pleurer après ceux qui étaient infoutus de se déplacer ne serait-ce qu’une seule fois. Tout ne serait qu’affaire de circonstances et de personnes, et non de fatalité.

Ce qui est bien quand on invite les gens à des soirées, c’est que les invitations pleuvent en retour. On a ainsi donc passé notre été à sortir ; tant et si bien qu’un peu avant le mariage de Dassou, je me suis astreinte à une petit cure détox maison, freinant les sorties histoire de ressembler à un être humain le jour dit, et non à un jeune zombie.

J’ai aussi renoué avec ceux laissés à Lyon, que j’avais un peu perdu de vue dans la bataille de la vie à Paris, et qui malgré les années qui passent et les ventres qui s’arrondissent, n’ont pas décidé de devenir pénibles pour autant.

J’ai trié, viré, consolidé et (re)découvert. C’est ainsi, que depuis peu, je sais. Je sais qui viendra toujours aux soirées, qui peut garder le chat, avec qui j’ai envie de partir en vacances sans que cela vire au drame, qui est cool, humain et partant. Je sais que le rire n’est pas mort, je ne vous dis pas comme cela me fait chaud au coeur. J’ai passé ce stade où l’on croit que l’on gardera ses potes toujours – sauf Dassou – mais j’ai bon espoir que cette vie sociale sur les rails durera assez pour que je puisse la pleurer un jour.

Au mariage de ma meilleure amie II

3 janvier 2013

Laissez moi vous parler de cette fameuse robe. Quand Dassou m’a mise au courant de la date, mon premier réflexe a bien sûr été “Mon dieu, que vais-je mettre?”, la tenue étant le premier problème qui se pose quand on est invité à un mariage, bien avant les façons d’y accéder, et les divers oncles relous qu’on y retrouve. Par un miracle nuptial, j’ai aussitôt eu une épiphanie, que j’ai soumise à la mariée, la seule à même de savoir quelle serait la tenue des divers invités.

“Dis, j’ai une robe noire, à plumes que j’ai acheté pour le réveillon, ça irait ?
- Ah mais oui parfait !”.

Ce quasi miracle de la robe passé, j’ai pu me consacrer entièrement à la recherche d’accessoires coordonnés. Le jour-J tout était parfait, enfin presque…

Quelques week-ends plus tôt, on avait décidé de fêter son mariage en écumant toutes les boites de nuit lyonnaises en trottinant sur nos talons. On a bien sûr parlé de sa robe – entre deux shots – qu’elle avait eu un mal fou à trouver, ne voulant pas d’une « grande » robe pour la mairie, elle avait successivement essayé des choses trop strictes, trop chiantes, trop soirées et trop roses. Puis elle a eu une épiphanie… devant une mini robe blanche en plumes d’autruche. On a trouvé cela formidable de concert : on allait pouvoir semer des plumes de partout ensemble, car les vêtements à plumes ont cette faculté cruelle de se déplumer.

Le jour J, tout le monde a trouvé la robe de la mariée formidable et tellement originale. Moi on m’a dit “ah toi aussi tu as des plumes…”. Il n’y a pas de syndrome du vilain petit canard qui tienne quand on marie sa meilleure amie, mais croyez moi, avec toutes ces plumes, c’était de circonstances.

Pour en revenir au mariage, j’ai noté un phénomène curieux que je nommerai « La terrible invasion des conformistes ». Il s’agit d’une sorte d’épidémie qui se répand parmi les invités, ils se mettent tous à extérioriser très fort et très souvent la formidable idée que c’est de choisir les chemins les plus connus : à tout hasard se marier et faire des enfants. Il y a des gens qui prennent l’expression « Mariage pour tous » un peu trop au pied de la lettre.

Il y aura par exemple toujours une fille pour dire aux autres filles : « c’est qui la prochaine ? », un parent pour dire « bientôt les enfants ! », et une dame pour parler des traditions du mariage.

Je pense même qu’il y a une clause dans la charte des Maires de France qui les pousse à faire une vanne sur le carnet de famille pendant la cérémonie.

A un mariage en 2011 auquel j’étais invitée, dans le sud de la France, le maire a dit aux mariés : « Bon le livret de famille si c’est pas suffisant, on peut rajouter des pages ! »

Mariage en 2012, région lyonnaise, autres mariés, autre maire : « Bon le livret de famille, si c’est pas suffisant, vous pouvez en avoir un deuxième ».

Je n’invente rien.

La solution pour survivre à l’invasion ? Boire.

Ainsi quand une madame conformiste dit à la mariée « attention, la mariée doit toujours avoir les épaules couvertes ! ». J’ai bu ma coupe et dit à Nathalie : « c’est pour ne pas qu’elle perdre sa virginité dans la journée ». Nathalie a rigolé et fini sa propre coupe.

Quand un monsieur conformiste m’a prise en photo et m’a dit « Oh tu fais gothique ! » – encore un qui n’a jamais vu un gothique de sa vie, car j’avais bien trop bonne mine pour ça, en plus d’avoir des chaussures bleues flashy – j’ai re-bu.

Quand la mère de la mariée a appelé pendant 5 minutes la mariée de loin, dans une sorte de transe nuptiale « Madame Nomdesonmari, Madame Nomdesonmari, Madame Nomdesonmari ! », j’ai bu, encore. Puis voyant que la mariée ne répondait pas à ce nom, elle regardait ses pieds, souriait pour les photos, mais jamais ne se tournait vers sa mère . Ce qui était finalement très logique : ce n’était pas le sien et sa situation professionnelle l’induit à utiliser son propre nom ; je me suis dit « That’s my girl ! » fièrement.

Ainsi, peu à peu, les monsieur et madame conformistes disparaissent de votre champ de vision, vous vous retrouvez à vous amuser franchement au son du DJ, à vous moquer de la mariée qui sert le champagne au moment du gâteau et semble ne plus savoir pourquoi on l’a mise là, tout en souriant, toujours. A rire avec tout le monde des plumes qui trainent partout dans la péniche, d’aller appeler le marié « hey Monsieur Nom de la mariée, ça va ? » comme la troll féministe que vous êtes devenue. A prêter vos chaussures de rechange à la mariée car elle ne tient ni debout, ni ses pompes. La mariée étant la plus bourrée: c’était elle la vedette des messieurs et mesdames conformistes du jour, elle a donc bien plus bu que n’importe qui présent. Puis, en fin de soirée, le marié vous dira, alors que vous errez sur un quai lyonnais à la recherche un taxi « Mais il y a pas de taxi ici, vous vous croyez à Paris ? ». Vous finirez sur leur canapé demandant naïvement « mais et votre nuit de noce ? ». Ma mariée lucide sur son état, rira : « notre quoi ? ».

Au mariage de ma meilleure amie I

19 octobre 2012

Dassou s’est mariée, j’ai sans doute du le dire quelque part ici, mais c’est bien sûr assez notable pour que je le raconte.

Quand Monsieur Dassou avait fait sa demande, un samedi soir de juillet 2011, il a été convenu que le mariage se déroulerait en 2012. Sachant que j’allais être témoin depuis pas loin de 25 ans, je commençais déjà à angoisser pour ma robe. En plus il s’agissait d’un mariage à l’église et j’ai comme qui dirait une légère angoisse dans les églises.

Ma dernière expérience à ce sujet remonte au mois de mai. J’assistais au baptême de mon dernier neveu. Ma mère – toute occupée à sa gagatisation devant les bébés – avait eu la grande idée de confier au Dernier Garçon la lourde tâche de prendre des photos de la cérémonie. C’était une bonne suggestion pour nous distraire de l’ennui mortel.

Appliqué et consciencieux, il en a pris une de la mère en train de lire un texte. J’ai regardé le résultat, on voyait effectivement la mère en premier plan. Mais dans le fond, on voyait un prêtre à lunettes transformé en cyborg très menaçant par le truchement du flash sur les verres.

On a éclaté dans un rire – presque – silencieux pendant une vingtaine de minutes devant la photo. On a montré la photo au père, qui a éclaté de rire aussi, juste avant d’amener son fils se faire baptiser. Ma mère nous lançait des regards agacés, et ce fut bien la seule photo prise ce jour là.

Autant vous dire que je suis assez mal placée pour être témoin à l’église. Dassou bien consciente du problème, m’a rassurée en me disant que je n’aurais rien à lire ou à faire.

L’année s’est écoulée et devant l’absence de sens d’organisation des futurs mariés – et surtout de la future mariée – l’impossibilité de trouver la bonne salle et ce genre de joyeusetés, le mariage a été reporté à 2013.

Alléluia pour la robe !

En juin 2012, j’ai appris qu’il y aurait en fait un mariage en septembre, mais à la mairie. Un « petit » mariage de 40 personnes, avec la famille et les amis, qui était conçu pour se transformer en beuverie magnifique une fois les personnes âgées mises au lit.

Branle bas de combat, billets de train, trop tard pour faire un enterrement de vie de jeune fille en bonne et due forme. Dans une illumination, j’ai quand même demandé à la mariée si je pouvais porter une robe à plumes – vestige du réveillon – elle a dit « Go ! », n’ayant elle même pas commencé à chercher sa robe (détail important). J’ai passé le reste de mon été pluvieux à l’accessoiriser.

Nous voici donc au mois de septembre. Mariage prévu à 16h, les témoins avaient rendez-vous chez la future mariée pour se préparer. Je suis arrivée au beau milieu de l’apocalypse, la belle sœur, la mère de la mariée et la mariée se chamaillaient pour choisir les bons bijoux, elles n’avaient pas mangé, trop tard pour se faire livrer des sushis, la mère devait décorer la voiture, la belle sœur devait rentrer se préparer et n’avait plus le temps. La mariée n’avait toujours pas enfilé ses bijoux. Tout le monde criait à peu près, entre exaspération et presque crise de nerfs, c’était une vision assez réaliste de l’enfer.

Pour sauver la situation, Nathalie – une des témoins – a fait des pâtes, on a envoyé nos garçons respectifs décorer la voiture, la mariée soutenant ce projet avec enthousiasme en disant à sa mère de le Dernier Garçon était « décorateur ».

Ceci réglé, je suis allée me maquiller, en compagnie de la mère :

« Ah Marion, tu es venue avec le Dernier Garçon ! Il est toujours aussi mignon ? Toujours aussi sympa ?
- Euh ? oui.
- Oh super ! Qui aurait cru que tu finirais comme ça petite marionnette ? »

Ayant bien compris qu’avant ma rencontre avec le garçon qui m’a sauvé de la délinquance, de la prostitution et de la drogue je n’étais rien, je n’ai pas poursuivi la conversation et je suis allée servir du champagne aux autres témoins, m’en gardant une part plus que généreuse en prévision.

A suivre.

NB : J’ai eu quelques réclamations de retour sur ce blog. Je l’avoue, j’ai cruellement manqué de temps ces derniers temps, le travail, un nouveau projet à côté et tout cela. Mais ayant un peu de mal à écrire ces temps-ci, si j’écrivais à la main je dirais que le stylo me tombe des mains, je me suis dis que reprendre par le blog était une solution pratique, un peu comme revenir à un vieux doudou. Je vous raconterai d’autres trucs évidemment.

Partir un jour

18 avril 2012

Les choses vont et viennent selon des cycles, des emménagements, on passe aux déménagements, des arrivées on passe aux départ, et ainsi de suite. Ces derniers temps, une partie de mon entourage est dans une phase « partir un jour », pour aller s’installer un peu plus loin.

Je suis déjà partie un jour, il y a quatre ans, j’ai quitté Lyon car j’en avais fait le tour. Cette ville était décidément très bien pour étudier, mais une fois passée la période, si l’on n’était pas en couple, point de salut. De même qu’il me fallait bien un boulot. Alors j’ai pris mes fringues, des meubles et je suis venue sur Paris pour bosser, et j’y suis restée. Cette nouvelle ville ayant bien plus à m’offrir que ma ville natale.

Bien sûr, quand on a plein de personnes autour de soi qui déménagent pour faire le chemin inverse, on se pose forcément un peu la question : dois-je partir ?

Je ne reviendrais pas sur le débat stupide qui oppose la vie dans nos belles villes de province et la capitale, tout simplement car je trouve ça d’une débilité sans nom, que je vomis les crétins qui viennent narguer les Parisiens au moindre rayon de soleil avec leur « hé regardez moi j’ai de l’espace pour me mettre au soleil, pas vous qui vous entassez aux Buttes-Chaumont hahaha», tout comme je vomis les parisiens qui ne jurent que par leur ville d’un air snob.

J’ai toujours trouvé l’attachement extrême à une région – dont parfois on n’est même pas originaire – complètement ridicule, à une époque où tout est assez ouvert et où les déplacements sont d’une facilité déconcertante. Cessez donc de vous comparer la bite pour savoir si vous payez plus cher ou moins cher votre T3 ; chaque ville, région ou pays correspond à un mode de vie, à des avantages, à des inconvénients, chacun les siens, chacun ses choix. Puis concrètement si on n’a d’objectif dans la vie que d’avoir plus de mètres carrés, mieux vaut tout arrêter, tout de suite.

Du coup, on se pose la question, on s’interroge. S’il fallait raisonner en qualité de vie, je dirais celle que j’ai ici me convient très bien, merci. J’ai un appartement très joli bien que hanté, aucun souci matériel majeur sans pour autant rouler sur l’or (et je m’en fous), je n’ai ni le permis ni aucune envie d’avoir besoin d’une voiture, et je suis dans un secteur professionnel où j’aurais toujours plus d’opportunités ici que là-bas. Sauf que ces réflexions, j’aurais très bien pu me les faire en quittant Lyon, j’aurais très bien pu me débrouiller pour trouver un boulot là-bas, j’aurais eu un appart sympa, j’y ai des amis, et je me serais bien débrouillé pour me trouver un boulot. Mais je préfère raisonner en termes d’aspirations et d’envies. A ce niveau-là, j’ai beau être en couple, je n’ai toujours pas envie de rentrer à Lyon y mener une petite vie tranquille. Le tumulte parisien, où tout va très vite, où il y a toujours plein de gens, partout, où l’on fait des rencontres aussi vite qu’on en perd, où l’on sait qu’on peut être surpris en bien comme en mal un peu tous les jours me va très bien dans le fond. D’ailleurs, je crois que la simple idée d’être la plus vieille du bar tendrait à m’angoisser un poil.

Finalement, ma vie à Paris, on aura beau me vanter les mérites d’en partir et dénigrer cette ville pour ses défauts évidents, je crois que j’en ai toujours pas fait le tour.

La main au cul

23 février 2012

Je fais partie de cette race d’urbains actifs à la chance rare, de ceux qui auraient du jouer au loto le jour où ils ont trouvé leur logement. Non je n’ai pas de terrasse, j’ai bien mieux que ça : je suis à 10 minutes en transport de mon travail. Pire que tout, j’ai deux bus et un métro qui assurent le trajet. Je pourrais marcher, oui, mais je me fais seulement quand il ne fait pas froid.

C’était un soir habituel, j’avais raté les bus, je devais être chez moi assez rapidement, alors dans un éclair de folie, j’ai décidé de prendre le métro pour deux stations. Bien sûr, le métro est rempli à craquer, il l’est aussi un dimanche soir à 22h, alors un soir de semaine, je n’allais pas échapper à la bousculade.

Je laisse passer une première rame, je monte dans la deuxième. Tout le monde se serre, je suis comprimée de partout, je me fais toute petite, je serre mon sac contre moi comme une petite vieille.

Au bout d’un moment je réalise qu’un sac m’oppresse fortement le haut de la cuisse. Je tourne un peu la tête pour voir, je m’agite, un bras disparaît de mon champ de vision, et je réalise que ce n’était pas un sac qui frottait le haut de ma cuisse, mais un mec, qui était proprement en train de me tripoter. Je le regarde, il me tourne ostensiblement le dos, musique très fort dans les oreilles.

C’est le moment où le métro a choisi d’arriver à ma destination. Je suis descendue ; j’étais sciée de ce qui venait de se passer, et d’un coup d’un seul je me suis sentie tellement conne.

A me dire que j’aurais du lui filer un violent coup sur l’épaule, le traiter de con, de connard, de dégueulasse, lui demander c’est quoi ton problème pauvre type, et lui hurler touche à ton cul connard. Lui foutre la honte devant tout le monde comme on dit.

J’aurais voulu, j’aurais du être capable de lui dire ça, mais putain l’effet de surprise et l’incongruité de la situation ont fait que j’en ai pas été foutue. Des filles comme moi, qu’un gros dégueulasse se permet de tripoter comme ça, l’air de rien, profitant de la situation, je suis sûre qu’il y en a plein, qui sont tellement sous l’effet de la surprise qu’elles arrivent pas à se défendre.

Alors voilà, j’ai pas envie que ça se reproduise, mais si ça doit arriver, je fais un vœu : d’être capable de lui rentrer dans le lard à ce gros porc, et si on s’y met toutes, avec un peu de chance, ils y réfléchiront à deux fois.

Projet du jour, bonjour

14 février 2012

Je ne sais pas si vous vous souvenez mais il y a quelque temps j’étais passée au grand Webze (une émission sur le web qui passe sur France 5). Je suis déjà revenue sur l’émission en général sur leur site, alors j’aimerais ici revenir sur quelque chose qui y est fortement relié. A chaque fois que j’ai eu le malheur d’exposer mon visage à la TV, j’ai eu (à la louche) 75% de réactions sur mon physique. Certaines positives, certaines carrément méchantes, et d’autre que je qualifierai d’une bêtise à se taper la tête comme les murs.

Parmi le top de tête des bécasses, j’ai eu le « c’est pas bien, tu fais la gueule ». En vrai, non j’ai juste un visage pas souriant, est-ce ma faute ? Est ce que cela veut dire que je fais la tête pour autant ? En fait non, j’apparais juste telle que Mère Nature a bien voulu me créer, avec un petit peu de maquillage et les cheveux propres en sus. « Non mais tu comprends, il faut sourire ». Et donc il faut sourire quand c’est pas drôle ? Je suis quoi ? Pompom girl ?

Plus sérieusement, j’ai commencé à me dire que notre existence était faite de tout un tas de normes à la con qui pouvaient parfois devenir carrément blessantes. A la place de ne pas sourire, j’aurais été grosse, on me l’aurait sans doute fait remarquer de la même manière, sans doute pas par les mêmes personnes, mais quand même. Alors que je demande juste qu’on me laisse sourire quand c’est vraiment drôle.

C’est pour ça que j’ai eu une petite idée, l’envie de créer un espace où l’on pourrait rigoler de ces putains de normes, en parler sans complexe, sous la forme d’un webzine féminin, qui compte bien parler de tout ce qui intéresse les femmes, avec un poil d’humour, mais sans jamais dire à quelqu’un qu’elle est trop ceci ou trop cela.

Ce projet, il est sorti aujourd’hui et il se nomme : Poils & Capitons.

C’est un peu mon bébé du moment, j’ai passé pas mal de temps dessus à réunir des copines, boire des bières, définir la ligne éditoriale, l’ergonomie générale du truc, le planning, les premières contributions. Je disparais pas du blog pour autant, je n’y traiterai pas du tout le mêmes sujets, mais entre Poils&Capitons et une nouvelle à corriger (car une des nouvelles écrites ces derniers temps est une des glorieuses lauréates d’un concours de nouvelles), j’ai manqué un poil d’opportunités pour écrire ici.

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