veronique

La grande tempête de la remise au sport

C’est encore un truc qui pousse avec l’approche de la trentaine, dans la droite ligne du vote à droite et de l’envie de se reproduire.

Le sport.

Tout à coup, on ne sait pas pourquoi, il faut bouger son cul mollasson, sortir de son canapé, enfiler des baskets et courir, danser, soulever des poids, aimer son corps, le raconter. C’est l’âge où l’on prend conscience que notre prime jeunesse ne sera pas éternelle et qu’on ne pourra pas se reposer sur ses acquis toute sa vie, ou bien l’âge où l’on se dit qu’il n’est pas trop tard pour apprendre à danser en rythme. Ou pire, on va se marier et il faut bien rentrer dans sa robe et réussir à ne pas se ridiculiser lors de la première danse.

On connait bien mon problème avec le sport, ma souplesse légendaire, ma coordination fantastique. On n’est pas super copains lui et moi. J’ai fait des tentatives, comme tout le monde, j’ai bientôt trente ans. Moi aussi j’ai un compte instagram et l‘envie de dire au monde à quel point je suis un être humain équilibré, sain et plein d’enthousiasme. J’ai fait de la boxe quelques mois. Puis j’ai changé de travail, mis un métro de plus entre mon sport et moi et finalement l’opportunité d’aller me prendre des patates par une bande de filles qui avait des trucs à se prouver en terme d’agressivité ne m’excitait pas plus que ça. En terme d’agressivité (physique), j’ai le niveau d’un bisounours sous acides, donc bon.

Puis, comme tout le monde, j’ai couru. J’ai même progressé. J’ai fait une course à la con de 5 km sans chrono. Puis j’ai réussi à tenir 55 minutes sans m’arrêter en souflottant pas mal. Le miracle. Mais le drame est arrivé, des dimanches de mariage m’ont occupé un mois entier et tué tous mes weekends. J’aurais au moins confirmé un truc sur moi : la gueule de bois gagne toujours.

Depuis rien.

La coercition du sport me fatigue. La culpabilisation des patates sur leur canapé me saoule. Laissez-nous tranquille ! Runkeeper cesse de me harceler ! Je sais, une fois qu’on s’y est mis on se sent bien, on dort mieux, on génère un truc nommé « endorphine » qui nous rend accro à la longue. Les arguments, nous, les patates de canapé, on les connait, et pourtant, on lutte de toutes nos forces.

En vrai, mon gros souci avec le sujet, c’est que les sportifs n’ont jamais fait rire personne. Sauf à leurs dépens, un marathonien sur une peau de banane c’est toujours hilarant. Se moquer de l’équipe adverse aussi. Mais en vrai, quelqu’un qui raconte ses exploits sportifs, qui montre ses abdos saillants, son cul ferme, ses cuisses fuselées, qui ça fait rire ? Personne. Je vous mets au défi de rire devant le premier partage Runkeeper venu sur les réseaux. Rien nada, même pas un sourire. Alors que bon, comme dirait Harry Potter à la fin du tome 5 « On va avoir besoin de rire ». C’est important de rire, on ne le fait jamais assez.

C’est sûr que si on se marrait autant à la salle de sport qu’au pub, j’y serai tous les soirs.

Le souci, c’est qu’en juillet, avec Dassou, on va à Calvi on the Rocks. On va confronter notre cellulite nourrie à la vodka aux cuisses fermes d’aspirantes blogueuses mode en mini short et couronnes de fleurs. On s’est donc dit qu’il serait bien de faire un peu de sport pour raffermir « tout ça », histoire de pas se détester sur la plage et nous aussi de porter le mini-short et une couronne de fleurs. On n’est pas si vieilles vous savez.

Je me suis mis en tête de me lancer dans le plan « Bonne pour Calvi » et de faire comme tout le monde, de m’inscrire à la salle de sport. Je procrastine le problème depuis quelques semaines, je la regarde depuis ma fenêtre, car la boxe m’aura au moins appris que s’il faut prendre le métro c’est foutu. Chaque soir je me dis « allez je vais m’inscrire », et chaque soir le pub ou le canapé me paraissent nettement plus agréables.

On va y arriver.

stetson

De la validation par l’hétéro-beauf lambda

J’aime les histoires qui commencent par « En boîte avec Dassou », elles sont toujours folkloriques, colorées, riches en gueule de bois et en enseignements.
Pas plus tard que samedi, j’étais en boîte avec Dassou. Peut-être qu’un jour on se lassera de finir en boîte de nuit jusqu’à 6 heures du matin, mais comme on ne peut pas remettre en cause 15 ans d’éducation comme ça, ce jour n’est pas exactement encore arrivé. Il faut dire que quand Dassou dit « j’arrive », elle le fait par surprise « je suis là dans deux heures ! » mais arrive avec une bouteille de vodka russe et un set de shots pour se faire pardonner.

Nous dansions, buvions, et parlions avec toute une tripotée de garçons qu’on trouve en boîte de nuit : des lourds bourrés, un vieux beau triste, un mec qui porte un chapeau, un mec qui ressemble à un homme politique. C’est alors qu’un des lourds bourrés me demande si je suis lesbienne, car j’ai un look de lesbienne.
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bree van de kamp

Merde, on fait des dîners

Cela commence doucement, on se met à faire des apéros élaborés : les chips classiques deviennent des chips CSP +, on fait un cake aux lardons avec et on finit par faire son propre houmous et couper ses carottes pleine de terres achetées dans une AMAP. Dire qu’avant le paquet de chips servait à éponger – manger c’est tricher – la vodka pas chère. On invite des copains à se retrouver pour l’apéro, et on voit ce qu’on fait après. En vrai, après, on rentre, c’est tout. C’est la gentrification de l’apéro.

Puis, on ne comprend rien à ce qui nous arrive mais on se retrouve entourés de couples. Comme chacun sait, les couples vont avec les couples, inséparables, comme les oiseaux. Et les couples, cela s’invite à dîner. Alors l’un fait une invitation, puis l’autre rend l’invitation, et ainsi de suite, les entraînant dans une boucle sans fin d’invitations ; de civilités et d’autant de petits dîners.

Les petits couples font des petits dîners aussi mignons que le filet. Dans les petits couples, il y en a souvent un qui adore cuisiner. Chez moi, c’est le Dernier Garçon qui adore ça (alerte djender), on peut même lui lancer des défis : cuisiner sans viande, sans œufs, sans lait, sans blé, sans sarrasin. Mais sans vin, jamais. Il peut faire des diners à thème, sans thème, des burgers, les gaufres et les ramens. Bref, il est polyvalent du petit dîner. Je l’aide, je coupe les carottes au péril de l’intégrité de mes mains, je tartine et j’enroule pour les amuse-bouches.

« Mais que c’est beau ! »

« ça a l’air trop bon »

« Merci de nous avoir invité ! »

On a un soir, deux soirs, trois soirs de pris pour nos petits dîners, c’est un budget. Mais on aime bien, après tout c’est bon de manger, tout le monde adore manger.

On fait « yumyum » sur instagram, on devient obsédé de la bouffe, la viande devient un signe de virilité, le gras un étendard de mauvaise vie et les légumes la preuve qu’on est des gens biens. Le dimanche on va courir pour éliminer ses petits dîners de la semaine, on a trente ans, il faut bien s’entretenir, se dépasser, se prouver qu’on n’est pas juste ce machin tout mou qui n’était bon qu’à picoler chaque soir où il tenait debout.

Merde, on fait des dîners.

Les sans permis

Les sans-permis

Ce n’était pas exactement prévu comme ça à la base. J’aurais dû suivre le parcours classique : le permis à 18 ans, emprunter la voiture de maman pour sortir avec mes copines, travailler tout un été pour me payer un véhicule à moi.

Mais une forme de boboisme avant l’âge m’a attrapée. Infoutue de comprendre quoi que ce soit au code de la route, habitant pas si loin que ça du centre, dôtée d’amis avec des canapés, j’ai entamé ma destinée de piétonne. J’ai parcouru Lyon en bus et en métro, j’ai souvent couru pour choper les derniers et squatté chez des potes. J’ai même eu une résidence attitrée sur un canapé, avec mon propre trousseau de clefs.

Paris n’a rien arrangé à ma piétonnerie : il y avait des taxis et un réseau de transports rudement bien fourni. Les auto-écoles, je les regardais de loin, en m’en moquant, en riant des gens coincés dans leur voiture.

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Wonder-Woman-pic1

Reboot

Un jour c’est venu comme ça. J’ai eu envie de revenir, de réécrire des articles qui ne font sourire que moi. De raconter ma vie en 2500 signes. Trois années de very slow blogging, j’ai eu le temps d’écrire un roman dont je ne me suis toujours pas dépêtrée, de changer de travail, d’appartement, mais aussi d’avancer sur plein de choses. Alors j’ai pris des notes, j’ai trouvé des sujets, des trucs qui m’inspirent, qui me font marrer. J’ai une liste. Je vous raconterai ce qui s’est passé, un peu.

En prime, le blog a fait un micro lifting. J’ai vingt-neuf ans, l’âge idéal pour commencer. Je vais essayer de l’illustrer un peu, pour qu’il ait un peu plus de gueule. Je ne promets rien, je débute en choix d’images.

J’ai déserté le blog mais j’ai fait d’autres trucs, j’ai assisté à plein de mariages et je frise finalement la trentaine. L’autre nuit, dans un rêve, mon moi du rêve disait qu’il avait fait plein de trucs dans sa vingtaine, mais qu’il ne va pas s’arrêter là. Je compte bien me dire dans dix ans que j’aurais bien profité de ma trentaine, comme je me dis aujourd’hui que j’ai eu la meilleure vingtaine au monde (ou presque).

J’ai eu soudain envie de parler de plein de trucs. Etant toujours avec le même garçon, qui lui mérite bien son qualificatif de Dernier, non je ne reviens pas avec une myriade d’histoires de bites à écrire, je les garde désormais pour la fiction, ça fait la blague. L’envie de faire un peu autre chose ici, de ne rien m’interdire, mais de toujours garder ce contact avec l’écrit. C’est en écrivant qu’on devient écrivain non ?

Alors on va parler d’un reboot, plutôt que d’un retour et « pourvu que ça dure », comme on dit.

Des nouvelles du front

Si vous avez suivi, que vous êtes encore là, polis, agréables et bien coiffés – je ne parle pas aux autres – vous savez qu’il y a bientôt un an, je m’étais lancée dans un projet aussi ambitieux que stupide, écrire un roman et l’envoyer à un concours littéraire.

Certains matins – on va arrêter de se mentir sur le « chaque » – je me levais pour écrire au café, j’avais déjoué tous les pièges ou presque : le lieu pratique et pas loin de chez moi, le matériel léger pour ne pas chouiner toute la journée que mon sac est trop lourd à cause de l’ordi, le distributeur à portée pour ne pas ne pas y aller car je n’ai pas de liquide sur moi. Ne restait que les apéros qui handicapaient parfois mon rythme. Et, contre toute attente, j’ai terminé à l’heure, quasi.
Alors je l’ai envoyé ce manuscrit, encore à moitié corrigé, imparfait, avec plein de trucs que je n’assumais pas, des idées qui m’ont fait me consumer de honte quelques jours après mais je l’ai envoyé. Il est arrivé à bon port. Je me disais qu’avec un peu de chance, j’aurais des retours positifs et que si tout allait bien je tenterais quand même le coup de l’envoyer par la poste, à l’ancienne, à des maisons d’édition, car dans le doute…

3 mois plus tard, cette andouille de manuscrit était en finale face à 4 autres copains anonymes. J’étais au-delà de l’hystérie pendant quelques jours, puis je l’ai soigneusement remisé dans un coin de ma tête, pour avoir une nouvelle montée de stress quelques jours avant la délibération finale du jury. C’est finalement un des quatre autres manuscrits qui a décroché la lune.
Ce soir-là, j’ai fêté alternativement mon départ de mon ancienne agence et noyé ma défaite dans un breuvage vert translucide dont je savais pertinemment que c’était ma kryptonite. Ce qui a donné un curieux mélange, un état proche de l’Ohio et des souvenirs brumeux. Le lendemain, j’ai cru ne jamais passer la journée vivante. Le Dernier Garçon m’a laissée à un endroit le matin, et m’a retrouvée dans la même position le soir, mi inquiet, mi rigolard.

Pendant plusieurs semaines, j’ai pesté contre le jury, me demandant s’ils n’avaient pas 75 ans, ces vieux croulants, réfutant certaines critiques, dramatisant les autres. Bref, j’ai digéré longuement. Je refusais de le rouvrir, ce machin de manuscrit tout pourri, et j’ai bien failli tout foutre au feu.

Le week-end dernier, on est partis en week-end en amoureux, boire de la bière et manger des frites. Comme cela m’arrive souvent, ce fut entre deux bières qui tapaient beaucoup trop que j’ai pris la décision de m’y remettre, de faire ce que j’avais dit que je ferais dès le départ : corriger sérieusement et l’envoyer, on verra bien qui y répondra. Au moins, on ne pourra pas dire que je n’ai pas essayé.

J’espère ne pas devenir comme tous ces aspirants auteurs frustrés, qui allant de refus en refus des maisons d’édition accusent le système d’être corrompu, virent dans le complotisme le plus complet et finissent par se considérer comme des grands génies incompris, car on sait tous que les plus grands auteurs ont tous été refusés par telle ou telle maison. Moi, je suis juste une fille qui a un manuscrit à perfectionner, j’espère juste qu’il est un peu drôle, j’y ai mis un peu de moi, un peu de mes idéaux, et de nombreux cafés, chocolats, jus de fruits à m’en occuper.

Au pire, j’écrirais le deuxième.

Tous les matins elle se levait…

…pour écrire dans un café, lai lai lai lai.

Je vous ai dit que j’avais une passion déraisonnée pour Joe Dassin ?

A l’atelier d’écriture de la Fondation Bouygues, on nous avait expliqué que le plus important pour écrire, c’était de se trouver une routine. De se chercher un moment, un lieu, une façon d’écrire qui nous conviendra et nous permettra de produire (même si c’est allongé sur le sol, le tout c’est que ça fonctionne).

Je l’ai déjà dit, il m’est impossible d’écrire chez moi, mon appartement est hanté, et je n’ai pas de bureau. En sus, je suis une fonctionnaire de l’écriture, il m’est impossible de produire quoi que ce soit le week-end. Alors, j’ai creusé, creusé… ma cervelle, jusqu’à arriver à la conclusion toute simple : il fallait que je me lève plus tôt tous les matins où c’était possible pour aller écrire dans un café. Et m’y tenir, vraiment, que ce soit pas comme la résolution d’aller à la salle de sport le 1er janvier.

Alors, beaucoup de matins par semaine, je suis allée écrire dans un café. De 8 heures à 9 heures. Pas tous les matins, non, soyons sérieux, juste ceux où j’arrive à me lever, jamais le lundi donc.

J’ai commencé par la chaîne américaine au logo vert, mais je me suis fâchée avec les équipiers, alors on m’a dégotée un café bobo dans mon quartier. J’y croise les pré travailleurs du matin : ordis, tablettes, journaux. J’ai découvert que le café me rendait souvent malade juste après, alors maintenant j’alterne entre des thés légers et du chocolat chaud.

J’ai entrepris d’écrire un roman, avec pleins de personnages auxquels il arrive des trucs et des machins. Je suis une créatrice cruelle, ils n’ont jamais de chance. Ils sont imparfaits et souvent absurdes.

Je n’aurais jamais pensé que ce serait si facile d’écrire sur eux. Au début on pense que ça va être douloureux, compliqué, que les mots vont avoir du mal à sortir. Qu’on aura envie de passer l’ordinateur par la fenêtre en hurlant, en courant nue dans les rues pour évacuer sa frustration. En fait non, c’est simple, c’est limpide, c’est comme si je faisais connaissance une heure par jour avec une bande d’inconnus qui pourraient être mes meilleurs copains.

Bien sûr, de mon côté, je trouve ça cliché, bâclé, cousu de fil blanc. Je les connais tellement bien après tout. Je peux prévoir la moindre de leurs réactions, parfois le fil de leurs vies s’impose à moi. Ils ont une existence qui m’échappe dans le document Word. Ils me déçoivent ou bien me surprennent. Le Dernier Garçon, relecteur en chef, adore, mais ce garçon a l’objectivité d’une mère louve.

Bien sûr, j’adore les avis positifs, j’adorerai que ce soit publié un jour (rêvons !). Mais dans le fond, ce qui est important c’est que j’ai rencontré une chouette bande de nouveaux copains.

Childproof

J’ai un énorme défaut. Je l’ai déjà dit, je ne sais pas faire la conversation. Je ne sais pas parler de la pluie et du beau temps, je ne sais pas rire à des blagues qui ne me font pas rire, je ne sais pas non plus feindre l’intérêt. Genre jamais.

Cela fait de moi quelqu’un de très honnête, forcément, de formidable avec ses amis – je les ai choisis – mais d’exécrable en société. Les mariages où les vieilles tantes, belles-soeurs, viennent engager la conversation sur un sujet qui me passe complètement au dessus sont proches du calvaire. J’ai une sainte horreur de raconter ma vie à des inconnus, je déteste qu’on me regarde bizarrement quand je dis ce que je fais dans la vie, même si je les comprends moi aussi je trouve cela bizarre, j’ai tendance à résumer cela par “brasser de l’air sur internet”, ce qui n’est évidement pas une profession. D’ailleurs, c’est rigolo, mais “élever des brebis” n’est pas non plus une ambition très acceptable. En même temps, Internet, il faut tout réexpliquer à chaque fois, c’est agaçant.

Concrètement, c’est assez handicapant socialement. Je passe pour une névrosée introvertie ou bien pour une vieille harpie. Je préfère la harpie. J’arrive tout de même à assumer, car il y a toujours dans le lot quelqu’un que ça va faire rire, sauf aux mariages avec les vieilles tantes, mais j’ai perdu tout espoir de faire rire qui que ce soit que je ne connais pas personnellement et pour qui je n’ai pas beaucoup d’amour à un mariage.

Cela devient plus compliqué quand il faut s’extasier devant un enfant. C’est à dire que j’arrive à un âge où l’on croise des petits enfants en soirée, oui. Des petits, des plus grand, des filles, des garcons, des bruyants, des qui cherchent à attirer l’attention. Moi les enfants qui ne me sont pas proches (déjà que les proches…) que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, cela ne m’intéresse absolument pas. Je n’ai rien à leur dire, je me contrefous de savoir leur âge et s’ils travaillent bien à l’école. Je veux dire, on ne se connait pas. D’ailleurs, sérieusement on dit quoi à un enfant ? On applaudit quand il tape sur un tambour ? Faut il lui faire des bisous ? Lui dire qu’il est beau, intelligent ? Bien sûr, on me donnerait un manuel, je serais bien incapable de faire semblant.

L’autre soir, un enfant a tenté d’entrer en communication avec moi. Là où le chat est malin, il ne va pas vers les gens qui lui sont ouvertement hostiles, l’enfant est venu me voir. Je n’ai rien contre lui, bien sûr, on n’a juste pas le même âge et pas les mêmes centres d’intérêts, peut être que dans 15 ans on discutera lui et moi. Et il m’a fait “coucou”. Dans mon dos, alors que je discutais d’un truc qui m’intéresse – sans doute de soins pour la peau – avec une copine. Je ne savais pas quoi faire, alors je n’ai pas bougé, pétrifiée. Il a refait coucou, plusieurs fois. Je n’ai toujours pas bougé, je ne savais pas quoi faire. Fallait-il faire un high-five ? Faire coucou en retour, au risque qu’il me lance la balle ?

Ce n’est pas du trolling, c’est un fait. Je rigole doucement quand on nous dit que certaines choses sont naturelles, que dalle ! Il y a des gens pour qui cela fait partie d’eux de s’extasier et de faire coucou, pour qui c’est mignon, sympa, rigolo. Un peu comme certains aiment le sucré, et d’autres le salé. Puis il y a les autres, qui n’ont pas ce même sens de l’humour et aucune sensibilité à ce genre de mignonnerie.

Je suis pire que childfree, je suis childproof.

Labo de l’écriture « Nouveaux Talents » : compte-rendu

Pendant quatre jours, de jeudi à dimanche, j’ai donc participé au Labo d’Ecriture organisé avec le soutien de la Fondation Bouygues Telecom. Enfin, quand je dis “participé”, je devrais plutôt dire que j’ai été embarquée, immergée dans une aventure aussi exaltante qu’épuisante.

Cet atelier avait un but tout simple : donner à des aspirants « écrivains » une boîte à outils pour les guider vers le vrai chemin de l’écriture, celui qui fera qu’ils vont tisser une histoire et la coucher sur du papier.

A dix autour d’une table, on a écouté religieusement Bruno Tessarech qui animait l’atelier. On a parlé de ce qui compose un roman, d’où commence une histoire, de pour qui on écrit. On s’est rassurés aussi, beaucoup. Non, écrire sur la durée n’est jamais facile. Il faut un cadre, un lieu, limite passer un contrat avec soi même et se dire : « le 15 mai, j’aurais terminé ce texte, et je me débrouille ». Il nous a raconté l’histoire de Nathalie Sarraute, qui a écrit tous ses livres au troquet d’en bas, alors même qu’elle avait un immense appartement à St Germain, toujours sur le même guéridon, seule dans son coin à écouter l’animation autour. Chez elle, elle en était incapable.

Tout de suite, cela me rassure sur mon incapacité à écrire depuis mon canapé. J’ai alors posé une question rationnelle dont j’ai le secret « mais comment on fait quand on est salarié ? ». Bah, on se débrouille, on écrit le week-end et pendant les vacances. Il est évident qu’on ne va pas y arriver le soir en rentrant de chez soi, pas sur la durée du moins. Du coup, je vais tâcher de m’organiser pour me lever plus tôt certains jours, et partir écrire dans un lieu accueillant dehors, avec une petite tablette pas trop lourde.

C’est sûr que je ne ferais pas ça les lendemains d’apéros.

Il nous a expliqué que l’écrivain, ce n’étais pas celui qui était au cœur de l’action, c’était le mec au vestiaire dans une soirée, la fille dans un coin qui observe. C’est de cette capacité à observer les choses infimes et à les transformer en histoire que nait l’écrivain.

Pendant quatre jours, on a été traités comme tels, comme des écrivains, aspirants peut être mais écrivains quand même. Sans se poser la question de savoir si c’était sérieux cette histoire, si on était suffisamment talentueux, ou si on avait lu assez de classiques. Non, on était là, volontaires, attentifs et c’était bien l’essentiel. Car, toujours selon Bruno, et j’ai trouvé cela très juste, écrivain on l’est si on écrit, seul l’éditeur peut nous transformer en auteur. On peut être écrivain toute sa vie sans jamais être auteur, et qu’est ce que ça change si on n’a pas envie de l’être ?

Je dis épuisant, car pendant cet atelier, on a écouté, écrit bien sûr, sur des exercices donnés. Mais on a aussi beaucoup réfléchi : j’avais le cerveau qui tournait à cent à l’heure, pendant les quatre heure jour que cela durait. J’écoutais d’une part, je cogitais à mes propres projets, j’étais attentive aux textes des autres, je prenais des notes, et je faisais mes exercices, consciencieusement. Autant vous dire que je n’ai jamais été aussi attentive à un « cours ».

J’en suis sortie reboostée, pleine d’idées pour écrire, des trucs, des machins, des nouvelles, de la fiction. Des trucs qui font rire surtout, même si j’ai parfois cette vieille culture académique qui me fait dire que si c’est trop léger personne n’en voudra que l’écrit c’est surtout des trucs chargés, lourds, difficiles. Bruno, il a paraphrasé Cocteau et nous a dit de tout simplement faire ce qu’on sait et a envie de faire.

Je ne peux que vous inviter à aller sur le site de la Fondation dédiée à ce projet d’accompagner les écrivains http://lesnouveauxtalents.fr et si, l’an prochain, le cœur vous en dit, postulez pour le Labo, cela en vaut la peine.

Inauguration du Salon du Livre : résultats

Après un tirage au sort plein de suspense (en vrai sur random.org), les numéros tirés au sort sont 4, 10, 11, 15, 2.

Nous avons donc :

Kalleane (qui sera aussi au bar)
Yass
Molz (qui va pouvoir faire plaisir à sa belle mère)
Poni P
Moom

Je précise que l’invitation pour deux est pour demain soir, donc si vous avez pas l’occasion de venir à cette date, dites le, je la garderai pour un des autres participants.

Pour récupérer vos invitations on me mail à mondedemarion@gmail.com. Comme ça on organise un point de rendez-vous avant le début à l’entrée et hop ! (interdiction d’être en retard !)