Le drame de la greluche

15 mars 2010

Je vis un drame que seules les filles peuvent percevoir. Le dernier garçon en date, qui n’a toujours pas de surnom, est daltonien.

La belle affaire vous me direz, ce n’est pas sa vision des couleurs qui est au lit avec moi, pour rester polie. Et pourtant, c’est un enfer quotidien.

Il voit les verts en gris, et les rouges dans une nuance de marron, ce qui a plein de conséquences dans ma vie quotidienne, terribles les conséquences :

- Les yeux sont verts, vraiment verts, avec une pointe de jaune. Le Patient Zéro persistait à les voir bleus, mais non, moi je le sais, ils sont verts, une pipette sous photoshop vous le confirmerait avec un code couleur hexadécimal : ils sont verts. Le dernier garçon, lui, les voit gris et jaunes, ce qui doit être joli, hein, je ne discute pas, mais quand même, j’ai l’impression d’être un vampire rechapé de Twilight, vu que dans cette horreur du mythe vampirique, ils ont les yeux bronzes quand ils sont rassasiés. Un monstre échapé d’une saga littéraire naze, et qui en plus est végétarien. L’insulte quoi.

- Les garçons, tous problèmes de vision mis à part, ont à la base un mal fou avec les couleurs : comment distinguer le tangerine du orange ? Comment distinguer le prune du violet ? Et cette couleur moche, c’est quoi ? C’est taupe, bordel ! Je suis une greluche, mais j’ai un vernis taupe, bêtement, je l’adore, et je l’alterne avec un vernis rouge. Sauf que, quand je lui ai demandé comment il voyait le taupe, il m’a dit « marron un peu gris », et quand je lui ai demandé comment il voyait le rouge, il m’a dit « marron ». Désespérant.

- Je suis actuellement en quête d’une remplaçante à ma robe rouge, le célèbre piège à garçons, j’en achète une par an, elles ne me déçoivent jamais, toujours prêtes, un peu comme les scouts, mais là c’est pour que les garçons les arrachent. C’est pour ça que j’en change régulièrement d’ailleurs. J’ai aussi une robe bleue piège à garçons, toute nouvelle, très chouette, que je chéris d’amour, il la voit violette, bon, soit, c’est joli le violet, mais ce n’est pas bleu, j’adore le bleu. Bon j’ai un manteau violet, d’accord, mais même, un peu de respect pour mes efforts de colorama. Alors endésespoir de cause, je lui demande pour la rouge, pleine d’espoir de tester cette arme fatale sur lui, s’il y a un infime espoir qu’il devienne un animal enragé devant : hélas, il la verra marron, évidement.

Finalement, les magazines féminins qui disent que le marron, c’est le nouveau noir, ils n’ont pas tort.

La groupie de l’artiste

14 mars 2010

J’en ai déjà parlé, la drague est un concours de grosse bite, il faut être le meilleur pour draguer, emballer. Séduire c’est aussi se montrer sous son meilleur jour. C’est pour ça, que dans les bars, dans les discothèques, sur Attractive World, le garçon moyen va prouver qu’il est le meilleur, le plus beau, le plus riche, le plus intelligent, et parfois, le plus drôle. Rarement ce dernier hein, on drague au comptoir, pas au Jamel Comedy Show.

Bref.

Le dernier garçon entré dans ma vie, qui a l’immense mérite de ne pas avoir d’alliance et de jolis yeux, même que je n’ai pas encore de surnom bien défini pour lui, c’est un artiste, un vrai, il écrit bien, il joue de la guitare, du piano, et il chante merveilleusement bien. Il paraît même qu’il dessine, mais je n’ai encore rien vu. Ce qui me fascine, vous en conviendrez.

L’autre soir, autour d’un verre de rouge, il m’a d’abord déclamé un poème en allemand. J’ai rigolé. Il a protesté que c’était du Goethe et que c’était beau. J’ai répondu que je ne parlais pas allemand. Puis il a pris sa guitare, et a chanté successivement Starway to Heaven, puis Wonderwall. Je comprends l’anglais, alors j’ai dit : « épouse moi ».

Voici donc un des grands secrets de l’univers : garçons, hommes, lesbiennes, et prédateurs de toutes espèce, pour mettre une fille dans votre lit, rangez la Gold, sortez la guitare.

Olé.

Refaire sa vie

7 mars 2010

N’allez pas croire que cette expression est un truc que seuls les gens qui arrivent sur le Second Marché disent. Oui, il y a le premier Marché, le mien, celui où l’on n’a pas encore construit quelque chose avec quelqu’un, où l’on n’a pas fait d’enfant, pas de prêt immobilier, pas de monospace, pas de robe blanche pour une journée hors de prix avec nos tantes en chapeaux moches. Et puis il y a le second Marché, celui où ce que l’on a construit s’est déconstruit pour diverses raisons, et l’on repart dans de grandes explorations pour se reconstruire, seul, comme un grand, et éventuellement re-rencontrer, re-construire, sachant que refaire est plus compliqué que faire, évidement.

Avec le Stalker, l’histoire d’amour que l’on a construit sans le faire exprès, arrive inexorablement à sa fin très proche : disputes, punitions, aveux de faiblesse, de lâcheté et d’égoïsme pour lui, tout en me disant « largue moi je te mérite pas, ce mec est mieux que moi », et crises de colère d’avoir à supporter ses foutus états d’âme pour moi.

Ce qui fait que je suis dans cette situation, celle où je reconstruis ma vie, son souvenir dans un coin de la tête, avec de nouvelles exigences et préventions et que je repars à l’attaque des garçons parisiens.

Une soirée, je repère un garçon quasi en arrivant, un joli brun. Milieu de soirée, on a des gens en commun donc on se rencontre, enfin. On papote, je lui dis qu’il parle comme une sorte de mélange entre un animateur de radio old school et un prof de fac halluciné. Ca le fait rire, on se dit qu’on se voit deux jours plus tard. Il me tend un traquenard à base de chouettes cocktails dans un bar. Bien joué. On se roule des pelles sur un canapé. On se revoit, on s’apprécie, on se câline, on s’envoie plein de SMS toute la journée. C’est un chevalier qui vient à la rescousse, adorable, attentionné, génial. Je lui plais, on est dans un début de relation, je suis chiante, je lui dis que ma vie est compliquée au possible, il répond qu’il a strictement rien à foutre que j’ai un Stalker, un lapinou ou bien pimprenelle dans ma vie, que c’est le jeu, qu’on prendra ce qu’il y a à prendre sans se poser mille questions stupides. J’ai acquiescé en hochant la tête : « d’accord ».

L’humour de la situation veut qu’ils aient le même prénom.

30 000 followers, et après?

1 mars 2010

La semaine dernière, je suis allée trainer mes talons, ma robe trop courte et mon incroyable descente de mojitos à la Paris Twitte t’il. Haut lieu de rassemblement de gens qui passent leurs journées à éructer sur Twitter en faisant semblant de travailler. Oui, oui, on vous voit faire ! J’ai ainsi pu voir plein de gens que je connaissais déjà d’apéro ou bien de soirées diverses, et rencontrer certaines personnes qui me suivent sans que je le sache.

Car, oui, j’atteins doucement mais sûrement les 30 000 followers, ce qui fait que je n’ai strictement aucune idée de qui me suit, ou de qui je dois suivre en retour. J’applique donc un principe assez bête, celui de suivre ceux qui me répondent régulièrement et sympathiquement, sans sectarisme de nombre de followers, de followings, de l’importance du métier, de tweets pro ou perso, de parle trop ou n’est pas de mon cercle d’amis et c’est mal, ou d’autre concours de grosse bite en vogue sur le réseau. Twitter ne prenant son sens que quand c’est un joyeux bordel de gens qui papotent sans discontinuer de sujets qui n’ont bien sûr rien à voir entre eux. Que l’on ne vienne pas me dire que je rate des informations pertinentes à suivre plein de gens, car non, justement, l’information pertinente sera retwittée plusieurs fois, suivre plein de gens est le meilleur moyen de la voir arriver devant ses petits yeux fatigués par l’écran et les néons d’un bureau sans fenêtres.

Forcément, 30 000 followers quasi cela intrigue, j’entends ici ou là que je serais une star de Twitter, que ce que je dis serait écouté, que j’aurais ce truc tellement recherché par les agences : de l’influence. Permettez moi d’hurler à la pignole, à la branlette pour consultants web sur dosés en café et autre concours d’égo, ou pire, aux chiffres qui font bien dans les PowerPoint présentés aux clients.

Reprenons d’abord l’historique de mon compte :

Avril 2009 : Après une année à raconter des conneries en tant que @Marion_mdm j’atteins les 600 followers, pas mal de lecteurs de mon blog, des blogueurs, des collègues actuels comme anciens. Prise d’une inspiration subite, formentée entre deux verres de vins deux jours plus tôt, je lance la blague « @UnMec » et deux semaines plus tard, j’atteins les 1000 followers sur un tweet épique qui parlait de sodomie. (True story).

Dans l’été, la courbe de followers grimpe doucement mais sûrement car plus vous papotez, plus on vous suit, et plus vous êtes suivi plus on estime que c’est une bonne raison pour vous suivre. On se retrouve ainsi glorieusement cité sur Slate.fr par un journaliste taquin, et sur le blog de ces fous qui travaillent chez Buzzman. Je ne sais pas si ce cercle doit être qualifié de vertueux ou de vicieux, mais bref, j’arrive entre septembre et octobre aux 2000 followers.

Début novembre, par là, un matin, je vois ma boîte mail exploser de nouveaux followers, un truc astronomique, deux cent abonnés sur la journée, je n’avais pas vu ça depuis l’histoire @UnMec. Au bout d’un moment, je pose quand même la question sur Twitter, croyant à une nouvelle forme d’association de malfaisants spams. Que nenni, j’ai été mise dans la liste des utilisateurs suggérés lors de la sortie de la tant attendue version française de Twitter. Avec moi, quelques blogueurs, de gros blogueurs même, des sites d’infos, des journalistes, des peoples, des politiques, ce qui fait que ma courbe de followers a grimpé, grimpé, grimpé.

Le contenu de mes tweets n’a, lui, à ce qu’on m’a dit, pas bougé.

Alors, pourquoi malgré un nombre assez impressionnant de gens qui me suivent, tout ceci n’a strictement pas la moindre importance ?

Tout simplement parce qu’on n’a aucun moyen de savoir si ces utilisateurs sont vraiment actifs, s’ils continuent de tweeter et de savoir s’ils prêtent attention à ce que je dis ou non. Ensuite parce que une immense majorité des replies que j’obtiens de ces nouveaux utilisateurs, ils sont faciles à repérer, sont de bonnes vieilles tentatives de drague façon caramail « slt sa va ? », des replies vides, des trucs totalement à côté, ou bien anti daté du genre une réponse un mois après un tweet. Dans quelques mois, Twitter va faire un grand ménage sur les comptes inactifs, enfin, on saura combien cette mise sur liste aura réellement rapporté comme nouveaux utilisateurs actifs sur Twitter.

En attendant, je vais continuer de parler de mon chat, de mes chaussures et de faire des concours de « Comme ta bite ! » chaque vendredi.

Comment être désolé pour hier soir en un coup de fil

21 février 2010

C’était l’anniversaire du Garçon Insolent hier soir. 25 ans d’insolence et de soirées, cela se fête évidement dans une soirée insolente. 30 personnes et plus chez lui. L’occasion de mettre dans le même lieu plein de gens que je connais que très bien: le Garçon aux Suédoises, une suédoise, Simon-doux, le Sorcier de Salem, Tim, Francky d’amour, celui qui commente toujours mes statuts sur Facebook…

Du punch qui tue, du vin, de la vodka, de la musique, des serpentins, et d’autres gens, principalement des chefs de projets web et assimilés. Il y a même le Garçon Doudou qui me rejoint, il ne dénote pas, il est aussi chef de projet web. Il fait des cul-secs à la vodka, et m’impressionne.

Dans le tas, il y avait un choupi mimi, que j’avais très certainement agressé sexuellement il y a quelques mois en soirée. De mémoire, j’avais été une reloue au féminin, à lui dire « bisouuuuuuuuuuuuus », « caliiiiins » et à insister lourdement. Et ce soir là, il m’avait repoussée poliment.

Sauf que hier, il a tenté de m’entrainer dans la salle de bain, un peu lubrique. Très certainement qu’il aura mal interprété mes « Hop ! Chat bite » successifs sur sa personne. Et hier soir, je l’ai repoussé poliment.

Aujourd’hui, une fois rentrée chez moi – pardonnez moi mon père, car j’ai doudouté – je regarde mon ancien téléphone, celui de mon ancien numéro, qui est encore actif pour un petit bout de temps, mais dont je me sers plus. Je vois un appel à 4 heures du matin, et un message sur le répondeur « Ah mais pourquoi tu ne réponds pas, t’es toujours sur ton Iphone ! ».

J’appelle donc ce numéro inconnu et responsable d’une profonde perplexité:

« Oui, bonsoir, tu m’as appelée hier à 4 heures, mais j’ai pas ton numéro, c’est qui ?
- Ah euh, c’est le choupi mimi, j’avais encore ton ancien numéro…
- Ah ! ça va ? Bien rentré ? Pourquoi tu m’as appelée ? On était pas dans la même pièce à 4 heures du matin ?
- Non, j’étais parti.
- Ah, et tu voulais me demander quoi ? »

Blanc. Il poursuit un peu penaud :

« Euh, te proposer de venir avec moi ».

Blanc.

« Ah mais euh, en fait, euh, hem, ouais je suis partie peu après en fait. »

Je ne sais pas qui a été le plus gêné des deux.

Cloisonner et négocier une tireuse à bière

17 février 2010

Depuis que le Stalker est dans ma vie, j’ai appris à faire un truc assez incroyable, qui demande une discipline mentale de fer et pas mal de soirées avec de l’alcool. Cela se nomme cloisonner. C’est ériger pleins de petits murs autour de notre histoire, afin de la vivre pleinement sans pourtant pourrir ce que l’on a à côté. Des murs sans portes sur l’extérieur évidement, car il ne peut pas passer ces putains de portes vers ma vraie vie. Donc quand je suis dans ma vraie vie de Marion, je sais je me répète, c’est pour la compréhension du concept, je continue d’agir comme je l’aurais fait avant lui. Histoire de survivre, et de ne pas passer mes week-ends à fixer le plafond seule avec le chat.

Vendredi, Dassou, la seule, l’unique, l’immense, la merveilleuse, la géniale ivrogne aux cheveux blonds et robes très courtes était en week-end sur Paris. Avec Monsieur Dassou, le seul, l’unique. Disons que sur terre, il y a trois personnes qui peuvent vivre avec Dassou, rire de ses crises de larmes sur la perte d’un crayon noir, admirer son sens du style et ses cheveux de soie, tolérer qu’elle s’endorme bourrée et nue sur le sol un soir, ou bien accepter avec résignation qu’elle mette des gouttes sur l’oreiller pour prévenir ses angines chroniques : ce sont donc, sa mère, moi, et Monsieur Dassou.

Monsieur Dassou a des amis sur Paris, des garçons de son âge, la trentaine accueilllante. Me voilà donc embarquée, moi, ma mini robe et mes bottes à talons, dans de hauts lieux de la capitale, à manger et surtout boire avec des plus de trente ans. Dans le tas, il y avait une vieille copine de Dassou, rencontrée en Angleterre quand elle apprenait l’anglais en sortant en discothèque avec des espagnols : Jolie, blonde, très blonde, superbement bien foutue, pantalon de cuir, esthéticienne à Cannes.

Ca vous pose le personnage.

Dassou, son monsieur et moi sommes les premiers dans le bar. Un ami à lui, que l’on nommera Le Vendeur de Bière arrive avec la Cannoise, qui se faisait « héberger » par ses soins sur Paris. Il arrive, dit bonjour et me dit « On s’est déjà vus non ? ». En effet, quand il était avec une fille depuis longtemps, laquelle détestait Dassou, et sur Lyon, et qu’il était donc l’ennemi public numéro un. Je me suis contentée de « oui chez Monsieur Dassou, à Lyon. ».

Nous voilà donc en soirée. L’esthéticienne parle appareils à lumière pulsée, je parle de bite avec Dassou, et le Vendeur de Bière essaie de me parler. Nous voilà donc en discothèque, à picoler comme des cochons bien nourris. L’esthéticienne est dans son coin, elle est fatiguée, a mal au ventre. Le vendeur de bière tente d’entrer en communication avec moi. Je lui préfère Dassou, je lance un jeu de ChatBite sur le dancefloor, on crie « A poiiiiiiiiil » à des inconnus, on titube, on crie, on chante, on roule sur les sofas, je dis quand même à Dassou qu’il est charismatique avec ses airs de sérial baiseur. Le vendeur de bière vient me parler, on papote, je lui demande ce qu’il fait dans la vie, il vend de la bière, je lui négocie une tireuse, il me roule une pelle. L’esthéticienne rentre chez lui en taxi.

Fin de soirée, je rentre chez moi en taxi, il veut venir chez moi. Je lui dis que non, cela ne va pas être possible, qu’il y a un chat méchant chez moi. Ca tombe bien il déteste les chats. Après réflexion il est prêt à faire un effort. Je rentre seule.

Le dimanche, il m’ajoute sur Facebook et me reparle de la tireuse à bière et de la super soirée qu’on a passée tous ensemble. Il a 35 ans, une gamine, et une ex agressive.

La tireuse à bière ne mérite pas ça.

Le D-day

14 février 2010

Je sais, vous allez encore me dire que je fais dans le pathos, qu’on ne parle plus assez de bite ici et que je me transforme en vraie meuf, mais je vous jure je fais pas exprès. Pas ma faute, et faut bien que je vous raconte quelques trucs, sinon après je reçois des mails me demandant si tout va bien.

Le matin du début de la désintox, on a fixé une date pour arrêter. C’est con de fixer des dates, vraiment, je le sais, mais dans ce cas précis, c’est un peu une obligation. La désintox avait pour but de se déshabituer l’un à l’autre, de se voir moins, de s’écrire moins, de laisser le quotidien reprendre le dessus sur cette histoire trop jolie, trop disruptive de nos vies respectives.

Evidement, on s’est vus plus, écrit plus, et été encore et encore plus proches. De la fin de soirée en semaine où il me rejoint chez moi et repart en taxi au début de la nuit, tous deux dans un état plus qu’approximatif, de l’after-work au champagne, ou par nos classiques before-work. D’ailleurs, je pense que mes voisins doivent se dire que je tourne du porno pour arrondir mes fins de mois.

J’ai même cédé, et je lui ai libéré un porte manteau pour qu’il accroche sa veste, de même qu’un petit tabouret pour qu’il pose ses affaires, ce qui quand on connaît le stock de fringues que j’accumule dans mon mini-appart, et le bordel systématique qui y règne, tient du miracle. Chaque matin, il arrive avec un journal gratuit, et je passe mon dimanche à ramasser ses vieux journaux qu’il sème un peu partout.

Tout se confier aussi, mes déboires de la semaine, les beuveries du week-end, les histoires de boulot, ses anecdotes concernant ses potes, les inquiétudes de sa maman, les appels de ma grande sœur, les soldes, ma serrure qui lâche, mes chaussures à talons trop haut, ses chemises cintrées et son aversion pour les cravates. Je refuse juste qu’il me raconte sa vie quotidienne, ça m’angoisse.

Se dire qu’on s’aime bien sûr, tout le temps, à chaque mail, à chaque fois, que notre histoire est trop belle et que la vie est une salope. Rire à toutes nos blagues, être d’accord sur l’essentiel, se foutre du reste.

On peut le dire, cette mauvaise idée a été une sorte de gigantesque échec. Le D-day arrive, et donc on se dit qu’on ne va pas y arriver.

Pourtant, j’y suis allée, on se prenait dans les bras une dernière fois, j’avais décidé d’être un peu costaud. La veille j’avais discuté avec une demoiselle qui a mis six ans à se débarrasser de son connard de type 4 à elle. Motivée, motivée, résolue, allez zou, file, sors de ma vie, on garde les bons souvenirs, on fonce dans le brouillard et on avise après.

Il pleurait silencieusement, les larmes autonomes coulaient sur ses joues, je respirais son parfum, celui qui me file des décharges quand je croise un mec qui le porte chez Zara. Il s’est finalement sorti du lit, s’est rhabillé, en se cachant bien pour pas que je le voie, alors que d’habitude, il me regarde tout le temps à ce moment là. Je suis allée vers lui pour un ultime câlin et lui dire au revoir. Au moment de passer la porte, il s’est effondré en sanglots, il tremblait. Il a fini par partir en courant, toujours en larmes.

Le reste de la matinée a été une sorte de cauchemar cotonneux, flou, étrange, je voyais son fantôme partout sur le trajet, rue, portiques et rame du métro, ma boîte mail était remplie de mails de ventes privées, et pas un seul de lui, rien. Je me demandais combien de temps j’allais tenir sans lui envoyer un seul mail.

3 heures plus tard, il craquait le premier et envoyait le premier mail.

A suivre ? Très certainement, mais pas tout de suite. Mais vous inquiétez pas non plus : ça va quand même.

Le conflit des générations

10 février 2010

Il faut que je vous avoue un truc. Il y a quelques temps j’ai dormi avec un garçon. Ce n’était pas le Stalker et c’était des câlins en tout bien tout honneur. C’était un week-end, on avait passé une soirée sympa, on voulait mater des séries TV, et je me suis endormie dans ses bras et vice-versa. Il n’y a pas eu de questions, de « mmm qu’est ce que c’est ? », on n’a pas vraiment réfléchi, juste une chouette nuit de sommeil. J’ai réapparu dans le monde civilisé le lendemain vers 15h.

Avec le Stalker, la rupture est proche. Non pas que l’on s’engueule, vu que quand on se voit on continue à se sourire bêtement, non pas que l’on n’ait pas envie de se voir vu que essayer de pas se voir nous fait juste comme des trous dans l’estomac. Non juste parce que cette histoire n’est pas viable à long terme, il a fait son choix, et que je ne suis pas assez stupide pour laisser durer cela aussi longtemps que les impôts. Je suis donc célibataire et libre de faire ce que je veux avec qui je veux.

Mais pourtant, on s’envoie toujours des mails, et ce week-end là, il a un peu compris que si je n’avais réapparu dans sa boite mail qu’en milieu d’après midi c’est que j’avais occupé mon temps autrement. Notez qu’il me répète chaque jour que même si ça lui brise le cœur, et même s’il est incapable de m’imaginer avec un autre mec que lui après sans avoir envie de vomir, tout ce qu’il veut c’est que je trouve un mec bien avec qui faire ma vie.

Je crois que ce que je préfère chez lui, c’est sa naïveté.

Donc il a su pour la nuit avec un autre garçon. Il n’a pas le droit d’être jaloux, je lui ai interdit. Mais n’empêche qu’il ne peut pas s’empêcher de ne pas comprendre ce que j’ai trafiqué ce soir là. Ah oui, le Stalker a six ans de plus que moi, et en terme de relations amoureuses, on a juste une génération d’écart, ce qui fait que il ne comprend jamais les mecs de mon âge

« Marion, tu vas pas me faire croire que tu as dormi avec ce mec sans qu’il y ait d’arrières-pensées ?
- Bah si, ça arrive tu sais
- Mais non, ça arrive pas, c’est un mec, il a une fille dans son lit, il y pense c’est tout.
- Mais non, je t’assure, c’est un plan câlin, c’est différent du plan cul, tu peux câliner quelqu’un juste parce que tu en as besoin sans avoir envie de sexe
- Tu le trouves comment ce mec, il te plait ?
- Bah oui, je le trouve super mignon.
- Et toi tu lui plais ?
- Mais j’en sais rien…
- Tu vas me dire qu’il a rien tenté ?
- Euh chai pas on dormait… Ah si, il m’a peut être touché le sein je crois.
- Ah ! Ah ! Donc il avait une arrière-pensée !
- Mais non, si ça se trouve il fait du somnambulisme sexuel, cela existe, il le voulait pas, juste il dormait.
- C’est complètement surréaliste ce que tu me racontes…
- Mais ça arrive souvent ce genre d’histoires.
- Pas dans ma tranche d’âge. Je te jure : les vingt-cinquenaires, je ne vous comprends vraiment pas, vous vous pourrissez la vie hein. »

Voilà, il ne comprend pas, forcément, une longue relation qui débouche sur un mariage, cela ne prépare pas à l’effroyable complexité des rapports entre garçons et filles du monde extérieur. Il reste dans des schémas classiques : on se plait, ça colle, on sort ensemble et ça dure si ça doit durer. Sauf que ça a un peu changé, à 24 ans, on bidouille sévère et on invente plein de déclinaisons à ce schéma, du plan cul au plan câlins en passant par la folle histoire d’amour qui dure pas.

Alors, mon conseil à tous les mecs de trente ans qui sont dans une relation longue, n’en sortez jamais, vous ne survivrez jamais dehors.

Gagne des capotes Manix Skyn et un apéro avec moi.

9 février 2010

Aujourd’hui, on ne rigole plus. Plus du tout. Aujourd’hui est un jour faste, un jour joyeux, un jour où grâce à moi vous allez vous remplir de corps d’endorphines. Merci de sauter de joie.

Il y a quelques temps, j’ai été gentiment invitée à un lancement d’un nouveau produit révolutionnaire, qui doit nous changer la vie, à nous les célibataires frivoles. De la capote révolutionnaire, qui chante la marseillaise, porte un bonnet Phrygien et sifflote même l’internationale. Je vais dédicacer ces blagues à Jules, qui, en mauvais blogueur, boit du vin rouge à la place du champagne. Je crois qu’il a été élevé chez les sauvages.

Blague à part, Manix Skyn, c’est un préservatif étudié spécialement pour que l’on ne le sente pas. A la soirée, on a pas pu tester, il y avait pas de lieu secret pour essayer, et puis je n’avais personne à qui rouler des pelles. Donc j’ai pioché dans un saladier pour avoir quelques capotes en plus. Sauf qu’à la sortie, j’ai eu un joli coffret avec des capotes Skyn présentée comme une boite de chocolat. Donc le deal, je garde la boite pour moi, elle décore bien ma table de chevet, le contenu je l’utiliserai quand je reviendrai à ma vie de Marion, et par contre celles que j’ai piochée et mise dans mes poches, je vous les offre.

Pour gagner, c’est simple, il faut deviner combien j’ai réussi à en embarquer et elles sont pour vous. S’il y a plusieurs gagnants, je divise le nombre de capotes offertes par le nombre de gagnants. Remise en main propre (on oublie pas le gel hydroalcoolique hein) et on se fera un tit apéro sur Paris avec les gagnants et ceux qui veulent pour fêter ça.

Précisons que je ne testerai pas les capotes avec un lecteur, du moins pas ce soir là.

Les comms sont toujours très durs (CTB de circonstance) à mettre en ligne, mais vous pouvez poster, je les vois apparaître dans ma boite email.

L’anglais du couloir

4 février 2010

Je vous l’ai déjà expliqué, mais j’ai un voisinage particulier, Gilles, que vous connaissez, un couple de cinquantenaire dont la femme est chiante et se mêle de tout, l’autre jour elle a réussi à me tenir 15 minutes de conversations sur l’ascenseur, et une collocation d’anglais.

Tiens d’ailleurs, début janvier, je rentre chez moi le soir. J’essaie d’ouvrir la porte. La clef ne tourne pas. Je m’énerve, je tempête, je pleure. Rien, nada. J’envoie un twit de détresse, j’ai plein de gentilles réponses compatissantes. J’appelle un serrurier, histoire qu’il vienne me délester d’un rein et d’un bras pour que je puisse entrer chez moi. Dans la bataille, le serrurier sort un chalumeau, ya des étincelles de partout, et cela fait un bruit pas possible. La voisine chiante sort, commence à demander au serrurier qui il est, le prenant pour un Arabe Cambrioleur pas discret. Moi j’étais planquée dans un coin, par peur des étincelles. Je réapparais en disant que ma clef ne passe plus, elle me demande si j’ai bien testé ceci et cela, car évidement, elle s’y connaît très bien en serrurerie selon sa qualité d’emmerdeuse de cinquante ans. Je la rassure, il n’y avait plus rien à faire pour cette pauvre serrure, il fallait l’achever, je tente un sourire, le serrurier dit qu’il n’est pas un voleur : elle reste tout de même sur le pas de la porte. C’est ma version à moi du chien qui garde les enfers.

Il y a aussi les anglais, toujours prêts à me prêter un tire-bouchon quand je viens taper, le visage baigné de larmes car je ne peux ouvrir la bouteille de vin que j’ai en main. Rappelons que je l’avais oublié chez un garçon, le mien, que mon chauve préféré m’avait offert un limonadier que j’ai gardé dans mon sac à main pendant des semaines, avant de m’en séparer à regret quand j’ai vu que il y avait un peu beaucoup de portiques de sécurité à traverser pour prendre l’Eurostar. Ou alors toujours prêts à faire hurler la voisine d’en face car ils transforment régulièrement leur appartement en discothèque, ou bien prêts à laisser la porte entrouverte toute la nuit, car ils sont rentrés bourrés, et que à 8 heures quand le réveil sonne, personne n’arrive à se lever.

Ils ont des amis anglais aussi, que je croise dans le couloir, souvent. A mon grand regret, parfois.

C’est qu’il y a quelques temps, avec le Stalker, on avait décidé de se rejoindre en fin de journée, le 18h30-19h30 étant notre version de parisiens pressés et débordés du 5 à 7. Je n’ai pas sorti le jeu de cartes, et on a fait nos affaires comme on en a l’habitude : en faisant beaucoup de bruit.

Ma porte est un peu fine, donc on entend quasi tout ce qui se passe dans le couloir. Après notre séance destruction de canapé lit qui grince, et étant revenus à des choses plus saines comme des câlins, on a entendu une voix s’élever dans le couloir, qui parlait en anglais, au téléphone. Un garçon, un innocent, qui criait un peu fort en disant à la personne au bout du fil qu’il l’attendait depuis une demi heure devant sa porte.

On a éclaté de rire, évidement.

Le Stalker a préféré attendre que l’anglais s’en aille, excédé, pour sortir de chez moi. Personnellement, je pense me consumer de honte à tout anglais croisé dans le couloir.

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